DIVERTISSEMENTS
nouv. Lxviii): « La vraye recepte de faire devenir un homme parfaict en la science de follie, par bécarre et par bémol ».
Gamme. — Plusieurs expressions en dérivent : « Pour sçavoir la gamme » (1. II, ch. xx) et « Pantagruel entra en la haulte gamme » (1. II, ch. xvii), à côté de « Nous sommes... hors toute la gamme » (l. IV, ch. xix) (i).
Ensuite: « fol en diapanon », à côté de « fol barytonant » (1. III, ch. xxxviii).
Même image chez Marot (« fol à haute gamme »), chez Des Périers (nouv. xcni) : « ... pensant mettre ce fol en sa haute gamme, luy demandèrent... », et chez du Fail (xiv'' chapitre, interpolé, des Propos rustiques) : «... s'il n'eust cité des fols de la haute gamme ».
Technique. — Pour renforcer la négation (1. III, ch. xiv) : « J'ay songé tant et plus, mais je n'y entends note ». Cette formule remonte au xv' siècle (2).
Soljîer, avec son sens à la fois propre et figuré (1. II, ch. xii) : « ... en plein chant de musique, sans solfier les points... », à côté de (1. I, ch. xvii) « le peuple tout solfié {■^) et habaliné », c'est-à-dire troublé et confondu.
Sesolfier, composé de c sol fa (4), même sens métaphorique (1. IV, ch. xLiii) : « Et restions tous pensifz, matagrabolisez, sesolfies et faschez ».
L'un et l'autre verbes, tirés de la techniqjie musicale, expriment le plus haut degré d'intensité, d'où la notion d'un trouble extrême, d'un bouleversement complet de l'âme.
Instruments. — L'orgue a produit ces deux métaphores :
1° Dire d'orgues, dire vrai, proprement chanter harmonieusement comme l'orgue (1. III, ch. xxxiv).
2° Registres (d'un orgue) : « La teste me faict un peu de mal, et sens bien que les registres de mon cerveau sont quelque peu brouillez de ceste purée de septembre ».
Rebec, d'où visai ge de rebec, visage contrefait (1. II, ch. m), semblable aux figures grotesques qui ornaient jadis les manches de rebecs.
Ces données trouveront leur complément dans les Erotica verba,
(i) Voy. t. I, p. 201 et 407-408.
(2) Voy. ibidem, p. 40S.
(3) L'édition princeps donne soif ré (celle de 1542, folfré), coquille pour solfié. Cf. ci-dessus, t. Il, p. 2 10-2 11.
(4) G. Kastner, Parémiologie musicale, p. 98.