Monnaies
C'est Henri Estienne qui a fait ressortir pour la langue gé-
(i) D'une part, dans le Prcedium rusticum (i554, version française, 1564, sous le titre Maison rustique) et, de l'autre, dans le Théâtre de V Agriculture (iGoo).
(2) On lit souvent cette forme primitive dans les Serces de Bouchet, et elle est encore vivacc en Poitou : chauffourer^ écrire mal, barbouiller (Lalanne).
(3) Œuvres^ éd. Lalanne, t. "V, p. 220 : « Je m'en rapporte à eux sans cerchcr de m'amuscr d'en chafourer le papier ». Littré cite le verbe sous la forme escafourer (leçon fautive).
Cette origine technique est déjà indiquée par Le Duchat (dans Ménage) : « Chaffourer^ chaufvurer, barbouiller. Métaphore prise de
nérale l'importance de cette source métaphorique. Il prend les « mestiers » de la monnaie pour exemple de la richesse qu'il attribue à notre langue (i), en en relevant tour à tour les matières et les ustensiles qui servent à sa fabrication.
Voici les termes rabelaisiens qui en dérivent :
Affiner, rendre fin l'or qui est à bas titre (1. I, ch. l) : « Or affiné à vingt-quatre karatz », d'où épurer le sang artériel (1. III, ch. xiii) : « purifié et affiné ». De là, aussi, le sens de « tromper », fréquent chez Rabelais, par exemple dans cette série synonymique (1. IV, Prol.) : «... beliné, corbiné, trompé et affiné ».
BUIon, alliage de cuivre et d'étain (1. II, Prol.) : « un aultre livre du mesme billon ».
Coupelaud, coupelle, épreuve (l. 1, ch. xiv) : « Gargantua le sçeut si bien que au coupelaud il le rendoit par cueur à revers ».