Animaux sauvages
Aigle. — Ils te jetteront sur quelques rochiers, comme les aigles iettent tortues pour lès casser (1. III, ch. xxiii).
Loir. — Icy ont leur vie assignée, soudain deviennent gras comme glirons (4), qui par avant estoient maigres comme pies (1. V, ch. iv).
Lynx. — ... voyant plus penetramment qu'un oince (5) (1. 111, ch. xxv)
(i) Toutes les mules sont capricieuses. Celle du pape est censée l'être au superlatif.
(2) Les yeux de la taupe sont infiniment petits, si bien que l'on a cru longtemps que cet animal était aveugle.
(3) Les taupes se creusent des galeries souterraines, aboutissant toutes à un gite principal, où chacune vit isolément.
(4) C'est-à-dire comme loirs. On dit aujourd'hui « gras comme un rai d'église » (Rolland, t. VII, p. 56).
(5) L'œil du lynx est brillant, mais doux et expressif: à cause de cette vivacité, les Anciens lui attribuaient une vue perçante.
322 ÉLKMENTS PSYCHOLOGIQUES
Loup. — Elle [la vache] crioit horriblement, comme si les loups la tenaient aux jambes (1. II, ch. vi).
Ours. — Voicy sortir Pantagruel tout velu comme un ours (1. II, ch. II).
Renard. — Ces pauvres hères toussissoient (i) comme renards... (l. H, ch. xxviii). — Couillatris tressaillant (2) tout de joye..., comme un renard qui rencontre poulie esguarée (l. IV, Prol. nouv.).
Tigre. — Je la battrai en tigre (1. III, ch. xn). — Il en devint jaloux comme un tigre (I. 111, ch. xxviii).
j. — Poissons, hvtraciens, insectes.
Tous les oracles sont devenuz pluz muts que poissons (1. III, ch. xxiv). — Panurgc estoit cxlenué comme un liaran soret (I. II, ch. xiv).
Au reguard des lettres d'humanités, de cognoissance des anticques histoires, ilz en estoient charge:^ comme un crapaud de plumes (1. Il, ch. x). — Tumba comme une grenouille sus le ventre (1. II, ch. xxix).
— Et alors Pantagruel avec grande puissance se leva, emportant son berceau sus l'eschine ainsi lié, comme une tortue qui monte contre une muraille (l. II, ch. iv).
On rechasse les moines de toutes bonnes compagnies..., comme abeilles chassent les freslons d'entour leurs rousches (1. I, ch. xl).
— Je vous en tueray comme de mousches (1. I, ch. xliii). — Frère Jean les abattoit menu comme mousches (l. IV, ch. xli)
Certaines de ces comparaisons sont simplements plaisantes. Pour peindre un rire bruyant et confus, Rabelais dira : « Et racontans cette nouvelle histoire, les feirent rire comme un tas de mouches » (1. I, ch. xn) ou « tous les vénérables dieux et déesses s'esclaterent de rire comme un microcosme de mousches (\. IV, Prol. nouv.). C'est une plaisanterie analogue à celle qu'on lit dans une I*'atrasie picarde :
Fiches mouques sus la palissate Qu'i se teurdaient de rire... (3)
VégfvTaux. — En opposition aux animaux, les végétaux n'ont fourni qu'un nombre très restreint de comparaisons. C'est le seigle qui revient le plus souvent (4).
(i) Cf. Essai de proverbes : « Toux de renard, comme toux envieillie et qui dure jusqu'à la mort »
(2) On sait que le renard est la terreur des basses-cours : il se nourrit surtout de poules.
(3) Cf. Rev. Et. Rab., t. V, p. i32.
(4) '< Les mestaiers. . . frappereftt sur ces fuuacicrs comme sus seigle verd