III. — Comparaisons diverses
Rangeons ici certains rapprochements qui n'ont pu être placés sous les rubriques précédentes :
Aimant. — J'ay une pierre philosophale qui m'attire l'argent des bourses, comme l'aymant attire le fer (l.II, ch. xvii). — Est ce quelque vertu latente dedans les marmites qui les moines y attire, comme Vaijmant le fer attire} (l. IV, ch. xi).
Cornemuse. — Vous espouserez une femme criarde et malplaisante comme une cornemuse (1. III, ch. xlvi).
Dague. — Panurge estoit... fin à dorer comme une dague de plomb (l. II, ch. xvi). Cf. 1. III, ch. xxvii : « ... fins comme une dague de plomb ».
Hermite. — Mangeant mon bled en herbe, comme un hermite vivant de salades et racines (1. III, ch. ii).
Lois. — Orça, nos loix sont comme toille d'araignes, orça ; les simples mouscherons et petits papillons y sont prins, orça ; les gros taons malfaisans les rompent, orça; et passent à travers, orça (1. V, ch. xii).
Cette comparaison qu'on lit dans Diogène Laerce {Solon, 1, 58) et dans Plutarque (Solon, ch. v), est ancienne dans notre littérature. On la rencontre déjà dans le « Miroir du mariage » d'Rustache Deschamps (Oeuvres, t. IX, p. 150):
Ne faictes mie comme l'yraigne :
Qui ses fix tent, afin que praigne
Mousches pour soûler son venin :
Les petis mousches met à fin
Si tost qu'ilz viennent en sa toile,
Mais quand gros mouschc hurtc au voile,
Tost à toute sa toile ront...
Larivey nous offre cette variante {La Vefoe, 1579, acte I, se. iv) : « La justice ressemble au filet d'une araigne : il retient les petits moucherons, mais les grosses mouches le percent et passent à travers ».