‹ La langue de Rabelais (volume 2)Chapitre 203 sur 254 · I. — Noms hébreux · texte numérisé non relu

I. — Noms hébreux

Voici les équivalents des noms hébreux (3) :

(i) C'est-à-dire savants qui vivent à la lumière des lampes (Sénèque, Lettres, cxxii, 16).

(2) Voy. ci-desus, t. II, p. 290-292.

(3) Voy, Rev. Et, R^b., t. VI, p. 458 à 463.

La forteresse de Belinia, du « Néant » (1. IV, ch. xvii) ; les îles de Chaneph (i), des « Flatteurs » (ch. lxiii), de Ganabin, des « Voleurs » (ch. lxvi) ; de Tohu Bohu, du « Chaos » (ch. xvii), et de Ruach, du « Vent » (ch. xliii). Finalement, le royaume de Gebarim, des « Forts » (ch. v), ou des « Coqs » (2), c'est-à-dire des Gaulois, avec leur roi Ohabé (3), « lequel et tous ses subjectz pareillement parlent languaige François tourangeau ».

Restent à expliquer les deux appellations suivantes :

Cheli, île où règne le bon roi Panigon (1. IV, ch. x) : « L'isle de Cheli, isle grande, fertile, riche et populeuse, en laquelle regnoit le roy sainct Panigon ». C'est proprement l'île de la « Paix )) (sens de l'hébreu sclieli).

Chesil. Pantagruel, après avoir « évadé une forte tempeste », rencontre neuf vaisseaux chargés de moines, « lesquelz alloient au concile de Chesil pour grabeler les articles de la foy contre les nouveaux haereticques » (1. IV, ch. xviii). Ailleurs, « par la dénonciation du concile national de Chesil... [les Andouilles] feurent farfouillées, guodelurées et intimées » (ch. xxxv). Ce nom répond à l'hébreu kessil, fou, exprimant ainsi la même idée essentielle que celle de son S5'nonyme Lanternois.

Ajoutons ici les noms arabes des gommes pharmaceutiques, dont on usait pour composer des clystères, donnés à deux îles de la géographie rabelaisienne : « Depuys passasmes... les isles de Teneliabin et Geneliabin, bien belles et fructueuses en matière de clystères » (1. IV, ch. xvii), que la Briefve Déclaration transcrit plus correctement : Teleniabin et Geleniabin (4).

En somme, la nomenclature hébraïque est essentiellement négative et se rapproche, sous ce rapport, des appellatifs grecs correspondants que nous allons examiner.

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