FRANÇAIS
Nous voici arrivés, après un long détour, à l'objet principal de nos études, au foyer vers lequel convergent toutes nos recherches.
On se rappelle la scène facétieuse de la première rencontre de Panurge avec Pantagruel. L'écolier errant, après avoir étalé ses connaissances polyglottes, est ainsi interpellé (l. 11, ch. xi) : « Dea, mon amy, dist Pantagruel, ne sçavez vous parler Françoijs ? — Si faictz tresbien, seigneur, respondit le compaignon, Dieu mercy : c'est ma langue naturelle et maternelle, car je suis né et ay esté nourry jeune au jardin de France, c'est Touraine ».
Nous aussi, après avoir montré le caractère aléatoire des bribes polyglottes de Rabelais, après avoir fait ressortir l'importance considérable de ses apports helléniques et italiens, nous voici amenés au moment d'aborder la langue « naturelle et maternelle » du génial écrivain.
Ce français est le plus vaste qu'on ait jamais conçu. Nous l'envisagerons tour à tour dans le temps et dans l'espace, dans ses survivances du passé et dans ses innombrables variétés provinciales.