‹ La langue de Rabelais (volume 2)Chapitre 5 sur 254 · IDIOMES ADVENTICES · texte numérisé non relu

IDIOMES ADVENTICES

Le nombre des idiomes adventices est important et tout en n'ayant qu'une valeur secondaire pour le sujet qui nous occupe, ils n'en présentent pas moins un certain intérêt linguistique. Tandis que quelques-uns d'entre eux, comme le basque, y trouvent leurs premiers textes de langue, d'autres, comme le turc, ont un aspect fantaisiste qui rappelle parfois celui du Bourgeois gentilhomme de Molière.

Une autre catégorie, embrassant les idiomes germaniques — écossais et flamand, suisse et souabe — nous permettra d'établir le double courant linguistique de cette source qui a laissé nombre de doublets dans le vocabulaire. Enfin, nous nous arrêterons à l'arabe et surtout à l'hébreu qui ont exercé indirectement — par les versions latines correspondantes — une influence scientifique et sociale dépassant leur portée linguistique.

Les divers idiomes que nous groupons sous cette rubrique, de valeur linguistique inégale, ont tous ceci de commun qu'ils peuvent être détachés de la trame du roman sans grand inconvénient pour l'ensemble. Ils n'ont fourni en effet à Rabelais que des traits insignifiants ou secondaires. Joyeux ou pittoresques, détails qui sont restés à la surface plutôt qu'ils n'ont pénétré dans la substance de l'œuvre.

Tout autre est le caractère des langues réellement pratiquées ^ à l'époque de la Renaissance. Le latin, le grec et l'italien, tout particulièrement les deux derniers, ont agi à la fois sur l'esprit national, en le fécondant en tout sens, et sur le trésor de la langue qu'ils ont infiniment agrandi.

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