I. — Basque
Le fragment basque, qui manque d'ailleurs dans les premières éditions, porte un cachet vulgaire assez prononcé. Il est l'œuvre d'un de ces laquais basques qui étaient au service des grands seigneurs du xvi' siècle (i). Rappelons que Grandgousier en avait un à son service (1. I, ch. xxviii): « dont sus l'heure envoya le Basque, son laquais, quérir à toute diligence Gargantua ».
En dehors de ce morceau, on ne rencontre chez Rabelais, en fait de basque, que l'exclamation lagona edatera (1. I, ch. v), c'est-à-dire « Compagnon, à boire! » (2), exclamation qui manque au Pantagruel de 1533 et qui répond à l'équivalent des Suisses et Lansquenets : Lans, trinque !
Rappelons la plus ancienne mention linguistique du basque. Elle figure dans une chanson du xv' siècle recueillie au pays basque et insérée dans le recueil publié par Gaston Paris (3).
En dehors de cette mention isolée et des bribes recueillies par Rabelais, le basque est resté complètement étranger à notre littérature comme à notre langue.