II. — Anjou
Une tradition qui n'est appuyée sur aucun document veut que Rabelais ait passé une partie de ses années de moinage au couvent des cordeliers de la Baumette près d'Angers (15 10). En tout cas, il fait mention dans Gargantua de cette localité (ch. xii), comme, dans Pantagruel, des « pesliers de Saumur en Anjou » (ch. iv), des « vins blancs d'Anjou « (ch. xii), etc.
dans son Tableau de Philostrate (p. 1271, éd. 1611): « Quelque gros mascheFouyn de bourgeois vivant de ses rentes lequel n'a plus d'autre exercice que le pot et le verre, et à se donner du bon temps avec je ne sçay quel sallebrenaut, son voisin, qui le courtise et luy raccompte des nouvelles » (cité par Delboulle, Romania, t. XXXII, p. 447).
Le mot est un composé synonymique (de sale et brenaut), analogue au synonyme rabelaisien chiabrenas, simagrée, dérivé verbal de chiabrenasser {chiasser et brenasser) ou cliiabrener, faire des simagrées, ce dernier fréquent chez notre auteur. Cf. Tahureau, Dialogues, p. 107, passage déjà cité.
(i) Un glossaire rabelaisien du xvii« siècle, l'Alphabet de l'Auteur François (inséré dans l'édition Varionnn), renferme également quelques mots de terroir. Voy. les mots chaple, phlegmon inflammatoire, et lignoii, le fil ou filet des petits enfants. C'est à coup sûr l'œuvre d'un Poitevin. Suivant une conjecture d'H. Clouzot, l'auteur serait un descendant de Barthélémy Perreau, doyen de la Faculté de médecine de Poitiers, en i5u. Voy. Rev, Et. Rab., t. IV, p. Sg et suiv.