IV. — Saiutonge
Les provinces du Sud-Ouest, Angoumois, Auniset Saintonge, fournissent quelques citations géographiques à Rabelais et on a
(i) L'édition de 1542 lui substitue : tordoit.
(2) C'est probablement le même terme provincial que « beaulx tribards aux ailz » (1. II, ch. xxxi), morceaux de cochon rôtis à l'ail, pendant de haste, broche à rôtir et viande rôtie (d'où bastille et hastereau). En Berry, on prononce triballe, morceau de cochon rôti.
(3) Voy. l'excellent Glossaire du Bas-Maine (1899) de C. Dottin.
pu, grâce à ces quelques détails en établir la topographie (i). 11 est souvent question dans le roman de Saintes, de Brouage, de la Rochelle, importante rade sur l'Océan.
Quant aux termes du terroir saintongeais, il est difficile de les préciser chez Rabelais. D'une part, plusieurs de ces mots locaux sont communs au groupe dialectal de l'Ouest tout entier ; et, d'autre part, les derniers Dictionnaires du patois saintongeais laissent infiniment à désirer: celui de Jônain (1869) est insuffisant, celui d'Eveillé (1887), nul. Parmi les commentateurs, Burgaud des Marets, patoisant de marque, attribue souvent à la Saintpnge ce qui est commun aux provinces de l'Ouest.
On comprend les réserves qui s'imposent dans de telles conditions. Notons cependant comme saintongeais:
Cacquerole^ écaille, coquille, escargot (mot fréquent chez Rabelais), commun à la Saintonge (Jônain) et à la Provence {cacaroulo, escargot, limaçon).
Debouq, debout (1. II, ch. xiv), forme donnée comme saintongeaise par Burgaud des Marets.
Holos! hélas ! et ^alas! (2) même sens. Formes saintongeaises de cette exclamation que poussent tour à tour Grandgousier, devant l'agression de I^Icrochole, et Panurge, au fort de la Tempête.
La Saintonge compte au xvi' siècle plusieurs écrivains : Alphonse le Saintongeois (j), Palissy (4), et d'Aubigné (5), qui ont employé des vocables du cru.