PROVENCE 19 I
fois clans Rabelais), du prov. faribolo, sornette (faribol, volage). Mot passé dans d'autres provinces (Poitou, Saintonge, etc.).
Guedoujle, flacon d'huile ou de vinaigre (fréquent), du prov. gadou/le, goiidoujle, flacon garni de paille dans lequel on rapporte ordinairement d'Italie l'eau de fleur d'orange.
Mas, habitation champêtre (l. IV, Prol.), du prov. mas, ferme, métairie,
Patac, ancienne monnaie provençale, valant environ deux deniers (l. III, ch. xxvi): « Tant que le sac de bled ne vaille trois patacs ». Villon dit patavd.
Poulemart, fil à voile, grosse ficelle (deux fois dans Rabelais), terme nautique provençal qu'on lit dans un document lyonnais de 1472: « fil dQ polomar pour faire les cordeaux » (cité dans Puitspelu).
Ramasse, traîneau des Alpes formé d'une grosse branche et guidé par un homme, qui sert à descendre des montagnes où il y a de la neige (Mistral). Deux fois dans Rabelais.
Seignij, sire, titre d'honneur (1. III, ch. xxxvii : « Seignij Joan, fol insigne de Paris »), du prov. segne seigneur.
Il faut ajouter à cette liste toute une série de mots provençaux finissant en ade : Aillade (sauce à l'ail) ; harretade (salut avec la barette) ; jarretade (coup sur les Jarrets) ; carbonnade (viande grillée) ; friscade (boisson fraîche), joncade (jonchée) ; petarrade, saccade (secousse), soubarbade (soubarbe), taillade (coupure), virade (tour), etc. Et analogiquement : Accolade, anguillade (coup donné avec un mouchoir tortillé), bastonnade, esrajlade, feuillade, œillade^ oignonnade (cf. aillade), sanglade (coup de sangle), etc.
Cette question de la finale ade est d'ailleurs complexe. Le provençal et l'italien (dialectal) l'ont également propagée, et il est parfois malaisé d'en préciser l'origine. Peu d'entre ces vocables remontent au xv* siècle {esplanade, passade, ruade, etc.); la plupart appartiennent à l'époque de Rabelais (i).
(i) Roger de Collerye s'est amusé à écrire un « Cry pour les clercs du Chastellet contre les Bazochiens », composé de rimes en ade, et une chanson des amoureux qui débute ainsi :
Œillades, guignades, oustades.
Aubades, fringades, bringades, Passades, poussades, gambades Se font pour acquérir ma grâce.
Voy. Œuvres, éd. Charles d'Héricault, i853, p. yS et 273-274. Oustades y signifie « saluts respectueux ».