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Contes d'animaux

Les divers noms, individuels ou collectifs, qu'ont porté au xvi^ siècle les récits populaires — Contes de la Cigogne, Contes de ma Mère l'Oye, Contes de Loup — remontent en fait à des contes d'animaux, fables ou apologues.

On a vu également, dans l'énumération des Propos rustiques de du Fail, plusieurs titres se rapportant au Renard et aux autres animaux du cycle du Roman de Renard, constitué par des apports successifs en grande partie de source orale (3).

La formule initiale — « Du temps où les bêtes parlaient » — dérive, elle aussi, des contes d'animaux, des récits ésopiques, comme l'avait déjà reconnu Henri Estienne (4). Celui-ci l'attribuait avec raison aux Fables d'Esope, « lesquelles se trouvoyent dès lors traduites en nostre langue », et « que nos prédécesseurs lisoyent fort curieusement (5) ». Le Moyen Age et la Renaissance attribuaient à Esope tous les apologues connus: Esopet désignait tout recueil de fables.

de soubhaictz médiocres en matière de coingne'e (advisez quand sera temps de boire) je vous raconteray ce qu'est inscript parmy les Apologues du saige Esope ».

(i) Recueil de Fabliaux, éd. Montaiglon, t. V, p. i33. Cf. J. Bédier, Les Fabliaux p. 177 et suiv.

(2) Réimprimé par Jannet en i853, p. i52 à i55.

(3) Voy, L. Sudre, Les Sources du Roman de Renard, Paris, 1893, et tout récemment Lucien Folet, Le Roman de Renard, Paris, 1912.

(4) Cf. ci-dessus, p. 2i5.

(3) Précellencc, éd. Huguet, p. 252.

Du Fail, dans le vu® chapitre des Propos rustiques, parlant du bonhomme Thenot du Coin, lui donne entre autres occupations celle d' « attiser son feu, faire cuire des naveaux aux cendres, estudiant es vieilles Fables d'Esope... ».

Rabelais cite souvent l'ancienne version de VEsopet (i). Il en a tiré nombre de fables. Il lui doit l'Apologue des Membres et de l'Estomac que cite Panurge, dans sa déclamation sur les débiteurs et emprunteurs : « Somme, en ce monde desrayé, rien ne debvant, rien de prestant, rien ne empruntant, vous voirez une conspiration plus pernicieuse, que n'a figuré /Esope en son Apologue » (1. III, ch. m).

Il lui est aussi redevable de l'Apologue du Roussin et de l'Ane, que Panurge raconte à Maître Edime (1. V, ch. vu), excellent exemple, par son ensemble et ses détails, d'un conte d'animaux, dont le sujet est à peu près celui de la fable de La Fontaine : « Le Rat de ville et le Rat des champs ».

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