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V. — Contes grivois

On a recueilli de nos jours de nombreuses versions de contes grivois dans tous les pays de l'Europe, sous le nom de Knjpiadia (8). Ces traits libres abondent dans les Fabliaux ainsi que dans certaines œuvres du xvi® siècle, comme les Serées de Bouchet et surtout le Moyen de parvenir (9).

Chez Rabelais, on pourrait faire rentrer dans le même cadre : l'Histoire du Lion et de la Vieille femme (10) (l. II, ch. xv), dont le point de départ se trouve dans un épisode initial des Grandes Cronicques, où il est question d'une « playe large et rouge comme le feu Sainct Antoine », mais où la scène se passe entre Grand Gosier et Galemelle ; — la Manière de rebâtir les murs de Paris {ibid.) (11), l'Histoire de la Sœur Fessue et de l'Abbesse de Croquignole (1. III, ch. xixL sujet aussi d'une

(i) Recueil de Fabliaux, éd. Montaiglon, t. V, p. 104.

(2) Cf. Bédier, Fabliaux^ p. 21a 22.

(3) Ancien Théâtre, t. I, p. 21 à 3i.

(4) Ed. Crâne, no 221 à 222.

(5) Serées, t. I, p. 108 : Conte de la femme bercée.

(G) Moyen de parvenir, t. If, p. 224 (forme amplifiée du précédent).

(7) Cf. l^hilippot, Vie et Œuvre de du Fail, p. 422 à 424.

(8) Recueil de documents pour servir à Vétude des traditions populaires^ t. I à XII, Paris, 1883-1889 et 1897-1911.

(9) XJ" Apologie pour Hérodote d'Henri Estienne renferme également nombre de récits tirés de la tradition orale ou empruntés aux nouvelles italiennes (cf. Louis Clément, Henri Estienne, p. 92 à loG). On sait que, dans la seconde partie des Joyeux Devis de Des Périers, plusieurs contes sont tirés de V Apologie d'Estienne.

(10) Voy. l'article de II. l'utcz, Rcv. Et. Rab., t. V, p. i55 (exclusivement d'ordre littéraire).

(11) Cf. Krliper, p. jb .

CONTES POPULAIRES ail

farce populaire « l'Abbesse et ses Sœurs », dont l'héroïne porte également le nom de Sœur Fessue (i).

Pour tous ces sujets scabreux, on pourrait trouver plus d'un pendant dans Kryptadia, qui renferme des versions parallèles, de source populaire, recueillies aux quatre coins de l'Europe.

(i) Fr. Michel et Leroux de Lincy, Recueil de Farces, Moralités et Sermons joyeux, Paris, 1837, t. II, no 8 : Farce nouvelle à cinq personnages, à sçavoir: l'Abbesse, Sœur de Bon Coeur, Sœur l'Esplourée, Sœur Safrete et Sœur Fesue (sic).

Le conte proprement dit est anonyme, collectif, sans attache dans le temps et dans l'espace. Individualisé et rattaché à un moment ou à un endroit déterminé, il devient légende. Nous avons vu, dans l'histoire de la Mélusine, ce passage d'un état a l'autre.

Les principaux personnages des légendes populaires sont les Saints et le Diable.

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