CHAPITRE VIll MAGIE ET SORTILÈGES
La magie règne en souveraine au xvi' siècle. Tout le monde croit fernrvement aux sortilèges, aux sorciers (i) et aux sorcières, qu'on brûle avec conviction. L'in-quarto de l'angevin Jean Bodin, De la Démononianie des soj'ciers (1580), triste monument d'une crédulité aveugle, en témoigne suffisamment.
Rabelais est un des rares esprits de son époque qui observe, sous ce rapport comme sous tous les autres, une attitude sceptique, et qui ne craint pas à l'occasion d'en plaisanter, comme dans son portrait vivant de la « sybille de Panzoust » (1. 111, ch. xvii) que Panurge vient consulter dans sa chaumière (2). Mais le domaine de la magie est si vaste (3) qu'il tient une place importante dans son œuvre. Nous n'envisagerons ici que certains aspects particuliers.