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B. — VIE MONASTIQUE

Nombre d'adages se rattachent au monde des clercs et des moines, qui jouent un rôle considérable dans le roman rabelaisien. On sait que maître François appartenait lui-même à ce milieu clérical et que son œuvre en présente généralement les premiers témoignages littéraires.

Ces souvenirs monastiques ont, pour la plupart, acquis, après Rabelais, une valeur proverbiale. Plusieurs nous ont été trans-

(1) On lit dans Mathurin Cordier (p. 279) : « Cela est vrajr comme V Evangile, là verius est responso Apollinis. Sic ethnici dicebant de re verissima... Nos autem Ghristiani dicimus, Tarn verum est illud, quam Evangelium ».

(2) Précellence, p. 2 56. On lit ce même dicton dans la Comédie des Proverbes (acte il, se. m) : « Tu es bien dessalé, tu sçais bien qui choisit et prend le pire est maudit de l Evangile ».

(3) Voy, la Passion de Greban, v. 25970, et le Mystère de la Passion d'Arras, éd. J.-M. Richard {1891) :

173-29. Or est fait l'accomplissement, Ce que de moi a esté dit Par les prophètes et escripts :

Pour ce dy consummatum est.

mis dans leur langue spéciale, dans ce latin culinaire, si usuel parmi les moines et dont la fameuse harangue du maître sorbonniste Janotus de Bragmardo nous donne un échantillon accompli.

— Ne bouge, dist Gymnaste, mon mignon, je te vais guérir, car tu es gentil petit monachus :

Monachus in claustre Non valet ova duo :

Sed, quando est extra, Bene valet triginta (i).

Les clercs parlaient naturellement un latin plus correct. De là, le proverbe :

— Mais quoy? je parle latin devant les clercs (1. III, ch. xxxii), c'est-à-dire je parle aux gens de ce qu'ils savent mieux que moi.

Guillaume Bouchet rapportant l'anecdote sur l'interprétation du latin d'un prieur par ses serviteurs, ajoute (t. I, p. . $7) : « 11 ne faut jamais pa/'^er latin devant les clercs ».

Les adages d'origine monacale sont si communs chez Rabelais qu'il importe de les envisager sous quelques rubriques d'ensemble :

Beuverie. — Aymez boyre du meilleur. Si faict tout homme de bien. Jamais homme nohle ne hayst le bon vin, c'est un apophthegme monachal (l. I, ch. xxvii).

L'expression « chopiner theologalement », c'est-à-dire boire copieusement, est fréquente dans le roman, et Henri Estienne explique vin théologal (2) par « vin bon par excellence et fust ce pour la bouche d'un roy » {Apologie, t. II, p. 7).

— Jamais je ne m'as'-ubjectis aux heures (3); les heures sont faites pour l'homme et non l'homme pour les heures. Pourtant je fais des miennes à guise d'estrivieres, je les acourcis ou allonge, quand bon me semble (1. I, ch. xli) :

Brevis oratio pénétrât ccelos,

Lotira potatio évacuât scyphos.

Où est escrit cela ? Par ma foy, disi Ponocrates, je ne sçay... Erasme, à la fin de son colloque « Epicureus », cite le premier vers seulement :

Pénétrât et brevis oratio ccelum...

(i) Ces vers ont été ainsi parodiés par d'Assoucy (Aventures, p. 91) : « Monachus in bello non valet ova duo, dit le Pédant; mais in culina valet bene trif^inta u.

(2) Cf. Erasme, Adaf^ia, fol. 494 : « Puntificaîis cena. Hac tempestate apud Parisios vulgari joco vinum theologicum vocant, quod sit validissimun minimeque dilutum ».

(3) .leu de mots sur heures (horcc) et Heures (prières).

La formule rabelaisienne est un écho immédiat des milieux monastiques. On la trouve, une dizaine d'années auparavant, sous sa forme française, dans le recueil de Nucérin (15 19) : Briefve oraison tantost monte au ciel Et longuement boire fait les verres vuyder. Dans les « Propos des bienyvres », les mots sacrés et profanes alternent à chaque réplique (1. I, ch. v) : « Je ne boy qu'en mon bréviaire (i)... Chantons, beuvons, un motet entonnons (2) ».

— On temps jadis peu de gens dipnoient, comme vous diriez les moines et chanoines, aussi bien n'ont ilz aultre occupation, tous les jours leurs sont festes : et observent diligentement un proverbe claustral, de missa ad mensam, et ne differeroient seulement attendans la venue de l'Abbé, pour soy enfourner à table : là, en baufrant, attendent les moines l'Abbé, tant qu'il vauldra (1. III, ch. xv).

Cf. Comédies de Proverbes (acte 1, se. 11) : « Attendez-moi à la porte de la ville, mais non comme les moines font Vabbé », c'est-à-dire sans l'attendre, comme font les moines une fois attablés au premier son de cloche,

— L'on dict, que matines commencent par tousser et souper par boyre. Faisons au rebours, commençons maintenant noz matines par boyre (1. I, ch. xli).

Ignorance. — Nostre... feu abbé disoit que c'est chose monstrueuse voir un moyne sçavant. Par Dieu, monsieur monamy, magis magnos clericos non sunt magis magnos sapientes (1. I, ch. xxxix).

Gabriel Meuriera ainsi versifié ce proverbe monacal (p. 135) : On dit communément en villes et villages, Que les grands clercs ne sont pas les plus sages. Régnier l'a rendu, à son tour, dans sa IIP Satire :

N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins, Pardieu! les plus grands clercs ne sont pas les plus fins.

— Il sera grand clerc on temps advenir. Si n'estoient messieurs les bestes, nous vivrions comme clercs (1. I, ch. xvi).

Contrepèterie pour : Si n'estoient messieurs les clercs, nous vivrions comme bestes.

— Frère Jean des Entommeures..., un vray moyne si oncques en fust... ; au reste, clerc jusques es dents en matière de bréviaire (1. 1,

(i) C'est-à-dire flacon en forme de bréviaire. Cf. 1. V, ch, xlv, et f Ane. Prologue du Quart livre : « Vous me donnez. Quoy ? Un beau et ample bréviaire... Doncquesvous voulez qu'à prime je boive vin blanc: à tierce, sexte et nonne, pareillement : à vespres et compiles, vin clairet,.. »

(2) Jeu de mots fondé sur le sens équivoque d'entonner : 10 verser un iquide dans un tonneau ; 2° mettre sur le ton ou l'air (de là motet).

ch. xxvii). — Jadis un anticque prophète de la nation Judaïcque mangea un livre, et fut clerc jiisqiies aux dents {\. V, ch. xlvi).

Cf. Cholières (t. II, p. 386): « Par le sang goy, il est sçavant jusques aux dents, et est subtil en diable » ; et Comédie des Proverbes (acte I, se. vu) : « Tu es un sçavant prestre, tu as mangé ton bréviaire », et (acte III, se. i) : « Philippin est sçavant jusques aux dents, il a mangé son bréviaire ».

Bréviaire. — La locution proverbiale matière de bréviaire, c'est-à-dire sujet sacré réservé aux clercs, revient souvent dans la bouche de Frère Jean, à propos des textes cités de la Sainte Ecriture :

— Car il est encores petit. Crescite. Nos qui vivimus^ multiplicamini (i); il est escript : C'est matière de bréviaire (1. 111, ch. xxvi). — Il est escript, Mihi vindictam (2), etc. Matière de bréviaire (}. IV, ch. viii). — Beati immaculati in via (3). C'est matière de bréviaire (1, IV, ch. x). — Contra hostium insidias (4), matière de bréviaire (1. IV, ch. xxiii). — Patience, dist frère Jean. Mais, si tu 7ion vis dare, presta qucesumus. C'est matière de bréviaire (1. IV, ch. liv).

Ou bien l'expression fait allusion à un épisode de l'histoire sainte :

— Quelz gens> demande Pantagruel. Matière de bréviaire, respondit Frère Jean... Pourquoy Potiphar... (1. IV, ch. xxxix).

Ou encore, notre locution est synonyme de parole d'Evangile :

— Cela (5), dist frère Jean, n'est point matière de bréviaire. Je n'en croy si non ce que vous plaira (1. IV, ch. xxvii).

C'est du Bréviaire ou livre des Heures que dérivent les proverbes ou dictons monastiques qui suivent :

— Gargantua faisoit chanter Magnificat à matines et le trouvoit bien à propos (1. 1, ch. xiii).

Magnificat est le premier mot du cantique de Marie chez Elisabeth, qui se chante aux vêpres ; donc « chanter magnificat à matines », c'est renverser l'ordre établi et faire quelque chose hors de propos. C'est une des actions de travers que pratique Gargantua.

(i)Cf. Genèse, 1,22 : « Crescite et multiplicamini », et Deux. Epitre aux Cor. y iv, 11 : « Semper enim, nos qui vivimus, in mortcm tradimur... ». — Frère Jean, peu ferré sur le texte, cite les passages sacrés au petit bonheur.

(2) Cf. Deutéronome, ch. xxxii, etc.

(3) Cf. Psaumes, xcviii, i.

(4) l''ormulc' du Urcviairc.

(5) Il s'agit de la question: Les héros ou demi-dieux sont-ils immortels ?

Cf. Henri Kstienne {Apologie, t. II, p. 175) : « Ces prescheurs faisoyent venir les passages de l'Escriture à propos des spéculations qu'ils songeoyent, encore que d'eux mesmes ils ne vinssent non plus à propos que Magnificat à matines (i), pour user de leur proverbe » (2).

— En moins de deux jours il [Panurge] sceut toutes les rues, ruelles et traverses de Paris, comme son Deus det (1. II, ch. xvi).

C'est-à-dire : Deus det nobis suam pacem^ formule de grâces dite après le repas. Cf. Turnèbe, Les Contens (1584, acte I, se. m) : « Mais qui diable est celuy qui ne me cognoistroit en ces rues icy, que je sçay par cœur mieux que mon Deus det ))}

— Tu aimes les soupes de prime : plus me plaisent les soupes de leurier, associées de quelques pièces du laboureur salé à neuf leçons. — Je t'entends, respondit frère Jean. Geste métaphore est extraite de la marmite claustrale. Le laboureur, c'est le bœuf qui laboure, ou a labouré : à neuf leçons, c'est à dire cuict à perfection (1. III, ch. xv).

La leçon était la lecture d'un chapitre tiré de l'Ecriture ou des Pères de l'Eglise, chanté ou récité à matines. Tout office comporte 3 ou 9 leçons, c'est-à-dire est plus court ou plus long. Notre auteur nous en donne lui-même le commentaire : « Eux mesmes [les religieux] souvent allumoient le feu sous la marmite. Or est que, matines ayans neuf leçons, plus matin se levoient par raison. Plus aussi multiplioient en appétit et altération aux aboys du parchemin (3), que matines estant ourlées d'une ou trois leçons seulement ».

La leçon est ordinairement terminée par les mots : Tu autem, Domine, miserere nobis ! auxquels on répond : Deo gratias ! L'usage exigeait que le supérieur avertisse le lecteur de terminer sa leçon en lui disant : Tu auiem, etc.

Dès le xv" siècle ces mots ont acquis une valeur proverbiale pour désigner quelque chose d'essentiel, une conclusion : Hach. — Venez i, monseigneur le provost Vous en dira le tu autem.

Thares. — Prisonnier ! La cause pour quoy ? Qu'ay je mefFaict, dis en ung mot ?

(Mistere du vieil Testament, t. VI, p. 67).

(i) Sous la même forme chez Mathurin Cordier (p. 262) : « Autant à propos que Magnificat à matines, Nihil est a re magis alienum ».

(2) Adrien Monluc le cite également dans le Prologue à.e la Comédie des Proverbes : « Quelques docteurs de nouvelle impression veuUent tondre sur un œuf et corriger le Magnificat à matines ».

(3) Il s'agit du livre du plain-chant. Le sens en est: chantant à gorge déployée devant le livre de plain-chant.

Interrogué sans ce qu'il dorme, Nous en dit tout le tu auteni...

(Coquillart, t. Il, p. i36).

Rabelais s'en sert à plusieurs reprises :

— J'y estois, dist Gargantua, et bien tost en sçauras tu le tu autem (1. I, ch. xiii).

.Mon emy, voulez-vous plus rien dire? Respondit Baisecul : Non, monsieur : car en ay dis tout le tu autem (1. II, ch. x).

Et to Jt le tu autem ay icy en peu de chapitres rédigée... {Pantagr. Progn. Au liseur).

Après Rabelais, on lit cette même locution chez du l'^ail (i), Turnèbe (2), Brant me (3), et le Moyen de parùenir en donne l'explication dans son chapitre lx (« Article »).

Psaumes. — Les proverbes monastiques accusent souvent l'emploi profane et facétieux des textes sacrés. En dehors des exemples déjà allégués, les Psaumes, principalement ceux qui ont place dans le Bréviaire, en offrent plusieurs exemples :

— A quel usaige (dist Gargantua) dictes vous ces belles heures? A l'usaige (dist le moyne) de Fecan, à troys pseaulmes et troys leçons, ou rien du tout qui ne veult (1. I, ch. xn).

Les heures du Bréviaire comportent (on l'a vu) plus ou moins de leçons. C'est aussi le cas des Psaumes, dont le nombre varie suivant les solennités. De là l'acception figurée d'insignifiant ou de très important. Avec le premier sens, la locution proverbiale se lit déjà dans la Farce de Pat/ielin, où elle s'applique à un avocat sans causes.

— Tu auras du miserere jusqu'à vitulos (1. III, ch. xxiv). C'est-à dire on t'en donnera tout du long dans le temps qu'il

faut pour chanter le psaume li (4), qui commence par mise/'ere et finit par vitulos.

Cette locution « depuis miserere jusqu'à vitulos » a été employée par Calvin (5) et par plusieurs écrivains

(i) Propos ruatiques, t. I, p. 91 : « Et estoit maistre Pierre Braguette celuy qui faisoit tout le tu autem ».

(2) Les Contens, acte II, se, i; « Je n'eusse este en repos tant que j'en eusse sceu le tu autem ».

(3) Œuvres, t. VII, p. 2 : « Aucuns qui sçavoicnt le tu autem... » Madame de Scvignc, comme La Fontaine et Scarron, s'en sert encore

[Lettres, éd. Monmerqué, t. IX, p. 146) : « Qu'il suive ses conseils, voilà le tu autem ».

(4) C'est le premier de sept psaumes de pénitence.

(5) Rcformalion contre Anl. Catclan (t. IX, p. 127 des Opéra) : « Que

du xvi" siècle, principalement de l'école de Rabelais (i).

En somme, quelques-uns seulement de ces proverbes monastiques, si nombreux et si variés, remontent au xv' siècle. La plupart sont pour la première fois attestés dans le roman de Rabelais, et c'est grâce à la popularité de son œuvre, qu'ils ont fait fortune chez les écrivains de l'époque. La décadence de la vie monastique a entraîné progressivement la disparition de la parémiologie monacale.

Généralités. — Si vous desirez estre bons pantagruelistes..., ne vous fiez jamais aux gens qui regardetit par un pertuys (I. II, ch. xxxii). — Gens qui oncques ne regardèrent que par un trou (1. V, ch. I).

L'expression figure sous cette forme chez duFail (t. II, p. 139): « Les bons religieux et autres gens qui ne regardent que par un trou ».

Le Duchat en cite une variante (2) : « Defiez-vous des gens qui ne voyent le jour que par une fenestre de drap », c'est-à-dire par un capuchon. Et il ajoute ce commentaire : « Proverbe em-, ployé dès l'an 1 508 par Jean de Salisbury, évêque de Misnie. Gui Patin, dans une lettre de mai 1668, traite les moines « testes encapuchonnées qui ne voyent le monde que par une fenestre de drap ».

— Vous mesmes dictes que l'habit ne faict point le moine : et tel est vestu d'habit monachal qui au dedans n'est rien moins que moine (1. I, Prûl.).

C'est le bas-latin Habitus non facit monachum, sed professio regularis, qu'Olivier Maillard cite au xxxvi' de ses Seî^mons

eroit on à un tel galant sinon de le remettre à son chapitre, où sa leçon luy soit chantée, selon le proverbe des moynes, usque ad vitulos ».

(i) Du Fail (t. II, p. 95) : « Mais qu'il se hastast de déloger, sur peine non qu'il auroit le fouet, mais un autre qui le feroit dancer depuis miserere jusques à vitulos » .

Cholières (t. II, p. 200) : « Si j'avoie envie de vous estriller, j'en ay à présent bien les moyens, et de vous en donner du long et du large usque ad vitulos ».

Pasquier (1. III, ch. vu): « Clovis reçut de saint Remy le saint sacrement de baptesme, et vescut des lors catholique, sans aller recevoir par procuration des coups de bastonnade, depuis miserere jusqu'à vitulos ».

Comédie des Proverbes, acte. II, se. m ; « J'ay pensé estre gratté depuis le Miserere jusques à vitulos.

(2) Dans les Ducatiana.

sur le Carême, proverbe tiré des Decrétales de Grégoire IX, du xiii' siècle (i).

On le rencontre en français dès le xii'^-xiii' siècle : « Li abis ne fait pas le religieux, mais la bonne conscience », lit-on dans les Proverbes ruraux (n° 85). De même dans les Fabliaux

Li abis ne fait par l'ermite...

et dans le Roman de la Rose :

1 1092. Tel ha robbe religieuse, Doncques il est religieux.

Cest argument est vicieux Et ne vault une vieille guaine, Car la robbe ne fait le moine.

Au xv' siècle, Aiielot le donne sous cette forme : « L'habit ne fait mie le moine » (n° 88), et un recueil contemporain l'accompagne de ces vers explicatifs :

Ampla corona satis, nigra vestis, vota rotunda Non faciunt monachum, sed mens a crimine munda (2). Charles d'Orléans le rappelle dans un de ses rondeaux (n" cxcv) :

Uabit le moine ne fait pas, L'ouvrier se cognoist à l'ouvrage, Et plaisant maintien du visage Ne monstre pas tousjours le cas.

— Auquel son s'éveillèrent les ennemis : mais sçavez-vous comment ? Aussi estourdis que le premier son de matines, qu'on appelle en Lussonnois Frotte couille (1. II, ch. xxvii).

Au son des matines, les religieux s'éveillent en sursaut et tout étourdis. F^asquier a commenté ce proverbe (1. VIII, ch. xxxiii).

— ... seulement l'ombre du clochier d'une abbaye est féconde

(1. I, ch. XLV).

Allusion au reproche de vie débauchée fait aux moines. Un proverbe courant au xvi' siècle fait allusion à leur malpropreté. \J Essai de Proverbes le rend ainsi (v" maison) : Qui veut tenir bien nette sa maison, N'y doit tenir prestre ni pigeon.

Du Fa il, dans son xx' des Contes d'Eutrapel le donne sous cette forme :

Qui veut tenir nette maison,

Ne loge Prestre, Pigeon, n'Oison.

(1) Ibidem. Cf. Loysel, înstitutes, t. I, p. 353.

(2) Proverbes communs, e'd. Langlois, n» 357.

— J'y recongneus le grand chemin de Bourges, et le vis marcher à pas d'abbé... (1. V, ch. xxvi).

C'est-à-dire lentement, d'après l'allure grave des abbés. Le Manuscrit du V" livre lui substitue « à pas d'ostarde »,

Ce sens diffère essentiellement de son pendant : « Faire un pas de clerc » (i), c'est-à-dire commettre une faute par inadvertance ou par inexpérience. La raison en est que la première expression est prise en bonne part, la dernière, ironiquement : « Pour ce que souvent les clercs font des desmarches impertinentes en leurs comportemens, lesquelles on appelle Pas de clerc » (2).

(i) Cf. Mathurin Cordier, p. 53 : « Voyla Pierre qui se marche en pas d'abbé (Eccum Petrum incedere video) et la Comédie des Proverbes (acte U, se. v) : «... a fait un pas de clerc... »

(2) Essai de Proverbes, v° clerc.

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