‹ La langue de RabelaisChapitre 190 sur 218 · THÉOPHILE FOLENGO · texte numérisé non relu

THÉOPHILE FOLENGO

(A PROPOS DE LA € Tempête »^

Un des épisodes les plus connus des navigations de Pantagruel — celui des moutons de Panurge (ch. vi à vin) — a été inspire à Rabelais par les Macaronées de Théophile Folengo, dont l'édition définitive remonte à 1530. Notre auteur en a tiré le canevas, ?ur lequel il a brodé de brillantes improvisations, comme le dialogue entre Panurge et Dindenault.

On a également prétendu, mais à tort, que l'épisode capital du Quart livre, la Tempête (ch. xviii à xxii) dérive de la même source, tandis qu'il s'agit d'un lieu commun qu'on rencontre dans toutes les littératures. Dans l'Antiquité, la description qu'en a donnée Virgile est célèbre, et Rabelais s'en est souvenu. Au Moyen Age, rappelons la tempête décrite par Wace et par l'auteur du Roman de Tristan (i) ; plus tard, celle qu'on lit dans une des branches du Roman de Renart (2) et dans le Mystère des Actes des Apôtres (3) de Bourges (1536).

A l'époque de la Renaissance, la description de Folengo, dans ses Macaronées, a fourni quelques traits secondaires, mais seulement quelques traits, à Rabelais. La « Tempête » du Pantagruel se distingue de toutes celles qui l'ont précédée par le réalisme des détails, la vie débordante de l'ensemble et surtout le vocabulaire nautique qui lui donne un relie! puissant.

Les rapprochements de détails, qu'on a tenté d'établir pour cet épisode entre Folengo et Rabelais, sont ce qu'il y a de plus superficiel. Tel ce passage (ch. xviii): « Le pilot... commanda tous estrc à l'herte... fît mettre voiles bas, mejane, contremejane... », qu'on rapproche de ces vers des Macaronées, chîint XI :

(i) Voy. Jal, Archéologie navale, t. 1, p. 192 et suiv

(2) Cf. Rev. Et., Rab., t. X, p. Sqj à 393"

(3) Ibidem, p. 307.

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