I. — Editeurs et Commentateurs
L'édition des Œuvres de Rabelais, donnée en 1853 par le bibliophile Jacob, se borne simplement à renvoyer à Jal (p. 372) : « Lexplication de tous les termes de m.irine eût exigé des développements que ne comportait pas cette édition. Voir l'Archéologie navale ».
Burgaud des Marets, dans son éditioii de 1857, essaie d'infirmer l'opinion de Jal au moins sur un point précis (t. II, p. 131, note).
Marty-Laveaux donne pleinement raison au critique [Œuvres de Rabelais^ t. V, p. xliii) : « Rabelais conn ît quelquefois le mot mieux que la chose. Jal le lui reproche, mais malgré quelques inexactitudes, certaines impropriétés, l'effet littéraire pittoresque n'en est pas moins produit sur tout lecteur qui n'est pas historiographe de la marine ».
Jean Plattard, dans sa réimpression critique (1910) de l'édition partielle du Quart livre, a abordé à son tour la controverse (p. 43-44) : « Le souci de décrire dans le détail !e tumulte et la confusion, qui ne sont qu'indiqués en traits généraux chez ses prédécesseurs, a été probablement le principe de cet étalage de connaissances nautiques. Puis, insensiblement, comme il est arrivé fréquemm.ent à Rabelais, il s'est étourdi et grisé lui même du son de ces termes nouveaux : il les a recherchés, entassés, iprodigués pour le plaisir de jouir en artiste des richesses de cet étrange vocabulaire. Aussi les spécialistes n'ont- ils pas eu de peine à découvrir dans cette érudition navale d'assez graves erreurs. Jal, dans son Mémoire sur les Narigatlcns de Pantagruel^ ne trouve que caprice et fantaisie dms l'emploi de ces
termes nautiques. Sans examiner s'il n'exagère pas le nombre des erreurs de langage et des fautes de manœuvre commises par frère Jean et le Pilote, on peut dire que ses reproches sont moins graves qu'il ne le croit ».