‹ La langue de RabelaisChapitre 206 sur 218 · IV. — Recueils médiévaux · texte numérisé non relu

IV. — Recueils médiévaux

Plusieurs recueils de sentences jouirent d'une grande vogue au Moyen Age. Ce sont comme des échos lointains de la sagesse antique, classique ou orientale.

Catonet. — En tête viennent les Distiques de Dyonisius Cato, écrits probablement au m' ou iv' siècle. Dans les 174 distiques que renferme ce livre de morale, la sagesse du paganisme alterne avec celle du christianisme. Le plus ancien manuscrit est du ix'^ siècle et porte pour titre : Liber Catonis philosoplU. La plus ancienne version française en vers est du xii*^ siècle (3). Le Catho ou le Cat/ionet est resté jusqu'à la Renaissance un des ouvrages didactiques les plus répandus.

Villon le cite (p. 89) et le chevalier de la Tour Landry expose dans son dernier chapitre « trois enseignemens que Cathon dist

(i) Il est donc superflu de voir, dans ce proverbe (comme le font Le Duchat et Burgaud des Marets), un sens profond : « Montrer, à l'aide d'une invention nouvelle, l'ignorance des anciens ».

(2) (J. Comédie des comédiens, i633, acte III, se. i (Ane. Théâtre, t. IX, p. 344) ; " Pour moy, je suis d'advis que nous pratiquions le vieux proverbe, qui dit qu'on doit remédier aux accidens par les choses qui leur sont contraires ».

i3) Cette version, accompagnée du texte, est reproduite dans Le Livre des Proverbes de Leroux de Lincy, t. II, p. 439 A 458. Cf.. sur les différentes versions, l'étude d'Ulrich, dans les Romanische Forschungen de 1904, t. XV, p. 41 à 69 et 70 à 100.

SOURCES LIVRESQUES .\g^

à Cathonet son filz », On le trouve dans les vieilles Farces. Dans celle du « Conseil au nouveau marié », le docteur recommande (Ane. Théâtre, t. I, p. 60) :

Le dit de Cathon fault garder,

Qui dit louange de femme :

Souffre la quant elle est sans blasme,

Et la supporte patiemment.

Et dans la « Moralité des Enfans de maintenant », Instruction en prescrit la lecture {Jbid., t. 111, p, 9) : Se veulx bonne vye ensuivre.., Estudie un petit livret Que fist autrefois Cathonnet, Qui est tout plain de bonnes meurs.

Au xvi" siècle, Jean Macé et Pierre Grosnet popularisèrent ce traité de morale en quatrains sous le titre de : Moi^ dores du grand et saige Cathon, Paris, 1533.

Rabelais met plusieurs de ces sentences dans la bouche du juge Bridoye (1. III, ch. xl à xlii), qui se borne à citer le premier ou le deuxième des vers des distiques :

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