II. — Influence italienne
Les expéditions d'Italie mirent réellement en contact intime deux nations et deux civilisations. Cette rencontre fut grosse de conséquences historiques et sociales. La vie tout entière s'en ressentit, dans l'habitation comme dans la vie mondaine, dans l.i société comme dans les arts. Ce fut surtout le vocabulaire de la guerre qui subit une profonde transformation.
Nous avons montré que l'ancien répertoire militaire subsistait encore à l'époque de Rabelais, lorsque l'influence italienne commença à s'exercer. Le roman rabelaisien nous ofire à la fois les vestiges du vieux fond national et les nouvelles acquisitions venues d'outre-monts. On y assiste à la fusion des deux courants qui se croisent, vivent quelque temps côte à côte et finissent par se fondre en un ensemble unique. Toutes les branches de l'art militaire furent h cette époque élargies et développées ou complètement rénovées. Nous allons passer en revue les principales
(i) On lit le nom au xv" sicclc dans Guillaume Coquillart, et, au xvi<!, dans Brantôme (t. I, p. 244) : « J'ay ouy conter à de vieux mortes ptyes du chasteau de Lusignan ». De mCMTie dans La Vefve, comédie de Larivcy, 1579, acte IV, se. 1 : « I-:!lcs [les femmes] font comme les morte paycs^ qui, pour honorablement rendre la place, veullent un assault ».
de ces transformations, qui subsistent pour la plupart clans la langue moderne.