‹ La langue de RabelaisChapitre 76 sur 218 · Livre Troisième · texte numérisé non relu

Livre Troisième

Les principaux facteurs de la vie sociale — le costume, la cuisine, les monnaies et la musique — échappent encore dans Rabelais à l'influence italienne. En ce qui touche le costume, par exemple, quelques appellations de coiffure militaire {capeline), certaines désignations du costume ecclésiastique (barbute, capution, domino, soutane), voilà à peu près les seuls vestiges que l'italianisme ait laissés dans cet élément important de la vie et des mœurs de ses contemporains. Encore ne connaît- il que sottane au sens de jupe de femme: ... « vestue sus la sottane et verdugalle de damas rouge cramoisy... » (Sciotiiachie). 11 ignore l'italianisme, devenu plus tai-d populaire, caleçons (de l'ital. caUoni), mentionné par Henri Estienne dans ses Dialogues (t. I, p. 223): « Une façon de haut de chausses qu'on appelle des calessons ».

Le costume civil reste entièrement en dehors des influences d'outre monts. Eminemment conservatrice, sa nomenclature est en grande partie constitu(je des éléments du passé, auxjuels se sont ajoutés, au xvi' siècle, des apports des différents pays autres que l'Italie. Ce caractère négatif mérite de retenir l'attention.

A l'instar du costume, la cuisine, comme les monnaies et la musique, relève en premier lieu du passé. Alors que le domaine professionnel et technique s'est comme renouvelé au contact de la nouvelle civilisation, les éléments essentiellement sociaux en portent des traces à peine perceptibles.

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