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I. — Monnaies historiques

Passons rapidement sur les appellations historiques, simples réminiscences livresques, utilisées pour donner une couleur archaïque au récit, ou pour obtenir un efïet facétieux.

L'antiquité hébraïque est représentée par le sicle, monnaie d'une valeur difficile à fixer: «... à l'édification du temple de Salomon chacun un sicle cVor offrir, à plaines poignées, ne I)ouvoit » (1. V, ch. XLii).

La numismatique gréco-romaine a fourni le talent d'or et le sesterce, le premier valant dix talents d'argent, répondant à 55.609 fr. de notre monnaie ; le dernier, monnaie d'argent dont la valeur a beaucoup varié (2).

( I ) Jean-I3aptiste Cartier (mort en i85g), agronome et statisticien, fondateur de la Revue de Numismatique française, y a publié (t. XII, 1847, p. 336 à 349) une « Lettre à M. de la Saussaye sur les monnaies de Rabelais ». La page introductive renferme des aveux effarants, dans le genre de celui-ci : « Il ne me restait d'une ancienne lecture du Cynique de Chinon qu'un sentiment invincible de dégoût . . [et après une seconde lecture] j'ai bientôt été las d'un Hux de grossièretés à faire rougir les bagnes du xixe siècle ». Les explications de Cartier sont pour la plupart tirées de Salezade, d'où leur caractère superficiel et aléatoire. Elles trouveront un correctif dans le Mémoire sur les monnaies du règne de François J" par K. Lcvasseur, Paris, 1902.

Ajoutons-y le livre classique de Le Blanc, Trait} historique des monnaies de France, Paris, 1690, et, quant aux monraics exotiques, Salezade, Recueil des monnaies tant anciennes que modernes, Bruxelles, 1767.

(a) « ... le moindre de ces moutons vault quatre foys plus que le

Le Moyen Age est rappelé par le bêlant d'or, monnaie d'origine byzantine, employée par Rabelais comme appellatif général ou comme pièce d'or antique d'une valeur plutôt symbolique (1. I, ch. xxxiii). Nous y reviendrons plus loin.

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