II. — Monnaies anglo-françaises
Au xiv' siècle remontent les noms de monnaies anglaises qui circulaient en France pendant que les rois d'Angleterre régnaient à Paris :
Angelot, monnaie d'or portant l'image de l'ange Saint-Michel, tenant les écussons de France et d'Angleterre ; d'une valeur de 7 fr. 40 cent., frappée en 1422 par le roi d'Angleterre. Suivant Le Blanc, l'angelot valait quinze sols (1. 111, ch. xxv) : « cinquante beaux angelots ».
Noble à la rose, monnaie d'or portant en effigie la rose de York ou de Lancaster, frappée par Edouard III en 133 1 (i). Froissart en fait le premier mention (t. II, p. 94) : « Et là avoient en un sach cent livres d'estrelin, monnoie d'Engleterre, car adont (en 1326) il n'estoit encores nulles nouvelles de nobles ».
Salut ou salut d'or, monnaie portant sur un des côtés la salutation angélique, frappée par Henri V et Henri VI, valant environ 12 francs (1. I, ch. xlvi): « Lors commanda Grandgousier que... feussent contez au moyne soixante et deux mille salu2 ».
Les Nobles et les Saluts, comme les Angelots, étaient depuis longtemps sortis d'usage : « Ces vieux doubles Ducats, Angelotz, Nobles à la rose retourneront en usance » {Pantagr. Prognost., ch. vi), et notre auteur s'en sert à titre de monnaies historiques, surtout dans les occasions solennelles.
meilleur de ceulx que jadis les Coraxiens... vendoient un talent d'or la pièce. Et que penses-tu, O sot à la grande paye, que valoit un talent d'or} » (1. IV, ch. vu), — « L'un des deux unions aux aureilles de Cleopatre estant à l'estimation de cent fois six sesterces » (1. V, ch. xlii), pour cent fois cent mille, c'est-à-dire dix millions de sesterces (comme Pline évalue cette célèbre perle).
(i) « Pour la fondation et entretenement d'icelle [Abbaye de Thélème] donna à perpétuité vingt trois cent soixante neuf mille cinq cens quaorze nobles à la rose d« rente foncière, indemnez, amortyz, et solvables par chascun an à la porte de l'abbaye « (1. I, ch. lui).
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