Peut-être fin : cosin. Voyez la note
LA LANGUE DU ROMAN l)E TROIE
Neis (nivis) 10179 (: freis) et feiz (fides) 26i5i (:otreiz) n’ont que la forme analogique : de même paluz 23486 (: aguz) .
Les adjectifs et participes qui n’ont en latin qu’une forme pour le masculin et le féminin ont généralement ici une forme unique, sauf les exceptions connues, qui remontent au latin vulgaire : dolente, douce , comune, corteise (et les autres adjectifs en -ensis). Cependant grant, s’il n’a pas pris Ve final analogique des adjectifs de la ire déclinaison, a déjà assez souvent l’s de flexion du masculin, comme les noms féminins de la 3e latine. Ainsi, on a, au cas sujet singulier. granz 3g (: romanz), i5q et 23o3g (:anz), i84o3 ( :aidanz ), 24697 (:Prianz), 7261 ( :quanz ), 7949 (iportanz), à côté de grant 761 (-.lisant), où l’on pourrait aussi admettre le cas régime à cause de la possibilité de la tournure impersonnelle (Avint une merveille grant), 5723 (: Priant), 26979 0 dutretant); et au cas régime, grant 48 1 (: avant), 7781 (-.dotant), 9916 (-.tenant), i3io6l (: acontant) , 2867 (: déniant, 3e pers. subj.), 4619 (: semblant), et à l’intérieur du vers, 2968, etc. Signalons encore : semblant (prédicat sing.) 5m (: li auquant) ; — pesant 1 4347 (: lisant)1 ; — soignant (pris substantivement, «concubine») 7887 (: combatant); — fort (rég. sing.) 1926 (: resort), 2969 ( : tort ), à côté de forz 897 : (borz). — Télés 5684 0 Athènes ) ne doit pas surprendre, tet étant un des mots qui ont pris facultativement de très bonne heure Ve féminin analogique.
V. 5e déclinaison masculine ( noms à accent fixe). — Les noms de la 2e et de la 3e déclinaison latine en -er ne semblent pas avoir subi l’addition de 1 ’s analogique. Ainsi, on trouve à la rime: frère 54 19 ( ’.emperére ), maistre 18808 (:estre); et à l’intérieur du vers, assurés par la mesure : povre 56i2. 11176. 12935, autre 29964, père 2861. 12119. 12649. 225o3. 22865, etc., maistre 490. 837. 1021. 3714, etc. Les exemples d’addition de Vs cités par Lebinski ( frères 4224- 983g. 2853i, pères 4o74- 12119. 28865. 28960) sont exclus par la critique des manuscrits. Quant à livre , il n’a sans doute pas le droit de figurer ici. En tout cas, on ne trouve dans le
1. Au vers 16182 : Et com pesante destinée M2 cd. (\UE : Et coin très pesant destinée ; FN : Com doloronse destinée; M : Et tant pesante destinée), on peut hésiter à corrig-er une leçon qui n’a rien, en somme, de choquant; pesante, deux vers plus haut
(Ha! las, com pesante aventure), ne prouve rien, à cause de l’élision.
REVUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
Roman de Troie que la forme livres au cas sujet. Cf. 1 488 1 (: livres — libros) et 2o56o : Çodit li livres en apert1.
Homo n’a que les formes régulières : hom, home ; home , homes. Au cas sujet, il rime toujours en -on. Les exemples cités par Settegast comme irréguliers deviennent réguliers quand on compare les manuscrits. Ce sont : 2222 Nel sévent encore home né (éd. Ne nel set onquore home né); — 4657 Nule rien qui vos ot plorer (éd. Nul home); — 17753-4, F donne sans doute la bonne leçon : Ne hom tochiez (lis. feruz) ne adesez. Moût riches plaiz ont encontrez (éd. Home feriz ne adesé. Molt ont riche plait encontre). Cependant le cas régime adesé permet de soupçonner que la leçon de M2E, N’ orne (M2 Orne) féru ne adesé , est la bonne; il faudrait pour cela corriger les deux vers qui précèdent : Puis que je serai d’eus partiz (lis. saisi), Nen iert ja puis escuz saisiz (lis. escu saisi)), en admettant au premier vers le prédicat au cas régime (voy. § I. 4), et au second la tournure familière à Benoît de Sainte -More que nous avons relevée plus haut, § I, 1 : — i8235 Autre de mei le conquerra. C’est cil qui ja plus n’en ferra, Ne mei ne home que je aie. Mei, que donne M2, au lieu de la leçon commune je, montre que nous avons bien ici affaire au cas régime. Ce cas régime nous semble pouvoir être expliqué par l’apposition. Cf. § I, 2.
Cornes ne donne également que des formes régulières, Au cas sujet, cuens est attesté par de nombreux exemples où il rime avec suens. Cf. 1021. 3713, etc. Cante pour comte (voy. Phonétique, A) 171 se justifie par l’emploi fréquent que fait notre auteur de l’apposition au cas régime. Cf. § I, 2.
VI. Noms à accent mobile. — La constatation que nous avons faite chez Benoît de l’emploi fréquent du cas oblique pour le cas sujet nous permet de diminuer le nombre des irrégularités réelles dans les noms à accent mobile. Ainsi, seror 5099 (: ftor) doit être considéré, non comme un cas sujet, mais comme un cas oblique, et s’explique par ce fait qu’il est prédicat (voy. § I, 4). Il en est de même de baron 16891 (Seit reis, seit princes o baron), qui est aussi un prédicat au singulier. Au vers i244o, les barons est un exemple
1 . Lebinski, qui cite livres 2o56o, ne donne pas d’exemple de livre au cas sujet,
ni pour Troie ni pour les autres textes étudiés.
du cas régime pour le cas sujet (voy. § I, 5), et jostérent a le sens neutre réfléchi, « s’assemblèrent ».
Li pire, prédicat pluriel, se trouve aux vers 9215 et i245i, aussi assuré que la forme régulière li pejor, également prédicat pluriel, aux vers4o8. 7612. 9262. Pour ce mot, comme pour fiz (voy. § II), la forme moderne s’annonce déjà. A côté de neutre pris adverbialement, pis (== pejus), on trouve pejor dans l’expression aveir le pejor 281. 6870. (Dans la Chronique, v. 18781, on trouve auront le pire.)
Maire au régime singulier est assuré par la rime aux vers 821 et 25i35; sans doute aussi duitre 5975 M- éd. (< duitres M^, r. plur.), bien que NR donnent doitor et F duitor.
Amita ne donne pas, comme dans la plupart des textes du xne siècle, par la combinaison de la déclinaison romane avec la déclinaison germanique, ante (suj.), antain (rég.), au singulier. L’analogie y a développé une déclinaison double : on a d’un côté ante , de l’autre antain pour les deux cas du singulier. Cf. lor ante (rég.) 171, et d’autre part antain (suj.) 18606, Et que m’ antain en plort as ieuz. Naturellement aussi, on a antain au régime(cf. 18179). C’est sans doute par hasard qu’on ne trouve pas ante au sujet. — De même, on trouve, au cas régime, Esiona 2779. 3248, à côté de Esionain 18179 (et de Ésionan , voy. § VII), et Polixenain aussi bien au sujet (cf. 17481. 17569. 26o53) qu’au régime (cf. 5521. 5553.
Cette double déclinaison, issue de la déclinaison primitive dans les mots à accent mobile, est encore plus nettement accusée (ce qui est naturel, puisqu’il s’agit d’un nom masculin) dans félon. Nous avons, en effet, d’un côté : félons (suj. sing.) 27221 (.'boissons, rég. plur.), félons (suj. sing.) 1 2 1 4 1 (: barons, rég. pl.) et félon (rég. sing.) 741 ( :non ); de l’autre : feus ( suj. sing.) i922i(voc.). 24541.27615. 28223. 29587 (:eus); feus (préd. sing.) 8393. 9679. 17885. i852i. 27565. 291 71 (: eus); feus (apposition au sujet singulier) 8565. 8837. i5823. 19997. 22719 (:eus). 2445i (: chevalereus M2M4E, :eus FNM éd.); fel (rég. sing.) 20253 ( :el = illud) (fel, sujet pluriel, manque à la rime, le mot qui rime ordinairement, eus, exigeant l’emploi du cas régime lorsque fel est prédicat; cf. 6847- 24573. 26421. 28047); feus (rég- plur.) 7245 M2. 118963. 24959 (: eus); feus (apposition au sujet pluriel) 2 1271. 23445 (:eus).