Refu esleiz a emperére
Sur Tost princes e comandére.
Dans la première, qui seule doit nous arrêter, l’autre n’offrant aucune difficulté, emperére est au cas sujet et la tournure est analogue à estre tenu (pris) a , se tenir a, où, par une espèce d’anacoluthe, la construction est faite, non pas grammaticalement par l’emploi du cas régime qu’exigerait la préposition, mais suivant le sens, en employant la forme ordinaire du prédicat, l’idée dominante étant celle qui est exprimée par le prédicat : le résultat de l’action plutôt que l’action elle-même. (Ici on songe moins à l’élection qu’à son résultat, comme le montre le second vers.) Dans notre exemple, la rime et la mesure du vers ont sans doute influé, non pas sur le choix de la première tournure, qui est légitime, mais sur l’emploi successif des deux tournures1.
L’s analogique ne semble pas avoir atteint le cas sujet du singulier des noms de cette classe, sauf/e/. Sire est assuré par la mesure du vers 162. 1022. 3714. 6901. 8166. 8212. i3494» etc., et par la rime 837 (: dire). 2873. 35n, etc. ( : martire). 4227. 16857, e*c* (-empire). 3485 (: ocirre). 348 1 ( : ire), etc. Le, seul exemple de sires que ne détruise pas la critique des manuscrits (du moins avec le matériel dont je dispose actuellement) est au vers 28880 : Que lor sires esteit venu, où M1 donne : Qu’il virent lor seignor venu, et E Que lor s. virent v., ce qui se lie mal au contexte. Mais il est facile de corriger venu en avenu , comme au vers 28865 : Que sis pères esteit venuz. — Combatére est assuré par la rime ; cf. mère : c. 7680. 16774. De même governére 7837 (: frère, rég. sing.), trovére 5173 (:clére), emperére 5420 (: frère,
1. Voy. Ad. Tobler, Li dis dou vrai aniel (Leipzig-, 1871), p. 26, et Vermischte Beitræge zar franzœsischen Grammatik (Leipzig, 1886), p. 221.
aussi au sujet singulier). 26931 ( frère , aussi au sujet singulier), trichiére 26601 (: losengiére), maire 25 100. 29012. 29068 (-.faire). 97. 3737. 25i35. 26769 (: afaire). 6021 (: traire). 2757. 7761. 20i45 (: retraire), mendre 3973 ('.entendre).
VIL Noms propres d’origine latine. — La plupart des noms propres latins ou sont invariables, ou présentent des formes calquées sur le latin.
Nous citerons parmi les noms invariables ou mixtes :
/r0 déclinaison latine. — Esiona (rég.) 2779 (: naistra). 3248 (: ça), mais aussi Esionan 3919 (: an). 6335 (: antan) et Esionain 18179 (: antain); — Antenoridas (probablement régime, quoiqu’il suive ot non) 3i32 (: pas) = accusatif pluriel de Antenoridæ; — Dardanides (rég.) 3i43 (: après); — Y lia 3i35; — Cea 3 1 36 (= Scæa); — Trojana 3i4o; — Hermiona 29419 (: mena).
2e déclinaison latine. — Beaucoup de noms de cette déclinaison n’offrent pas de rime probante ou ne se présentent pas à la rime. Notons cependant Peleiis (rég.) 1 45, Patroclus (rég.) 253. 10269 M2 M éd. ( Patroclon FNM*E), Priamus (rég.) 3926. 266201, Tideüs (rég.) 383, Troïlus (rég.) 384, Polidorus 26619, Colcos (rég.) 823 (: os), mais Colcon 1123 (: Jason, suj.), Teücer 9021 (: fer), Palladion 262972, Idomeneüs (rég.) 27959, Argus (rég.) 879. 947, Deïphebus (rég.) liÿi, mais Deïphebon 4178, Thenedon (suj.) 4691 (intérieur) (rég.) 4^89. 4617. 6933, Y lion (suj.) 3029 (donjon, en apposition). 3077 (: façon). io365 (: non).
3° déclinaison latine. — Hector (suj.) 9397 (: sicamor). 10817 (: Prothenor)* ; — Castor (suj.) 2533 (: sor). 2285 (: Nestor, aussi suj.); — Antenor (suj.) 12119 (; Mennor pour Mennon, cf. Sicamor (rég.) : Mennor 7440- 26213 (; Agamennor (voc.) pour Agamennon). 24871 (: honor), mais Antenor s (avec o ouvert) 24845 (: cors); — Nestor (suj.) 25369 0 thesor). 2286 (: Castor). 19665 (: Libanor), mais Nestors 22422 (: defors);
x. Ordinairement, ce nom est ainsi décliné : Prianz (suj.) 419. 459- a853. 3947. 4023, etc., Priant (rég.) i83. 291. 637. 12755, etc. Cette forme est amenée par celle du sujet, qui provient du traitement de Yn redoublée appliqué à Ym devant s. Au cas sujet, on trouve exceptionnellement, v. i45a2, Prians (: chans = campos), qui est, d’ailleurs, conforme aux lois de la phonétique, et Priant I02e3. io35i. u833.
2. A côté de le Palladion, il faut noter le Pallade 26498. 36954 (intérieur), et au cas sujet li Pallades 26563 (intérieur). 26591 (intérieur).
3. Ce nom fait au cas sujet Prothenors (cf. 8645, P. : galos).
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— Jupiter (voc.), 21681 (: enfer). 1609 intér. (rég.); —
Sanson (suj.) 18021 (; Salemon, suj.); — Thelarnon (suj.) 8g65 (: Esdron ). 2o535 et 20948 (: Agamennon). 11387 (: Sarpedon); — Margariton (suj.) 15768 (: Thelarnon); — Merion (suj.) 5629 (: région). 8191. 8353. 8427; — Dolon (suj.) 8971 (: Polixenon ). 24633 (: Eucalegon) ; — Agamennon ^passim); — Sarpedon (suj.) 11387. 1 7 197 ; — Jason (suj.) 1123 (: Colcon, rég.). 989. 11 17 (: Laomedon, suj.). 715 (: Eson, rég.); — Poilus (rég.) 2093 et 2419 (: plus); — Thetis (rég.) 147. 29007. 29355; — Paris (rég.) 169, etc.; — Filemenis (rég.) 7307, 16014, etc.; — Diomedes, Achilles, Ulixes et autres noms en ès; — Aïaus , Proteselaus , Menelaus* et autres noms en -aus, où la diérèse a fait place à la synérèse; — Eneas , Thoas, Calcas, etc.
Theano, étant devenu un homme, a passé à Theanus, qui fait régulièrement Theans au cas sujet et Thean au cas régime (il n’y a pas de rime, mais les bons manuscrits sont d’accord).
Les noms étrangers au grec et au latin sont aussi généralement invariables : Doglas (rég.) 9152 (: Edras, suj.); — Carsibilant (suj.) 257 {: Priant, rég.); — Fanüel (suj.) 9873 (: poutrel); — Ludel (suj.) 9191 (: quarrel), etc. (les rimes manquent pour la plupart).
Cependant on trouve Daviz au cas sujet 147 19 0 petiz) et à l’intérieur du vers 18022 : il est vrai qu’on le rencontre aussi au cas régime 8091 (: Liz), ce qui pourrait faire croire à une forme unique altérée Daviz; mais l’origine de Liz est douteuse.
Dares (par hasard, assurément) semble n’être employé qu’au cas sujet. Tantôt il garde cette forme sans changement (. Darès io5. 5i83. 23721), tantôt il est remplacé par Darius, qui donne au cas sujet Daires 12 291 (: li sajetaires). 30095 (intérieur), et surtout Daire, assuré par la mesure (87) et par la rime (i4o48. 24299. 26040), et au cas régime Daire 8799. 10972. 21395 et probablement 21173 ( tesmoing Daire A, ce dit Daire FN, etc., M1 2 a une grande lacune).
Ateines perd le plus souvent Y s (= Athéna ), comme le montre la mesure du vers. Cf. 188. 470. 11317. 1 3494- 20537.
1. Menelau (rég.) est assuré par la critique des manuscrits à l’intérieur des vers 4763 et 11476; la même désinence se trouve peut-être à la rime au vers
10339 : Fist sevelir Protheselau : vassau M2(EH Protheselal : vassal, FN Protheselax : vassax, M éd. Fu sepeliz Protheselax).
Les noms suivants ne se trouvent pas au cas sujet; au cas régime, ils se terminent :
i° En an (= am) : Larissan : Arisban 26667, Diomedean 26727 (: ahanj. 26812 (: Ypodamian) ; ou en -en : Astrinomen 26819 (intérieur);
20 En -on (== um) : Mercurion 3855 (: vison), Santippon 11985 (: poumon), Egiston 28201 (: achaison), Neptolemon 17187 (: arçon), Ismaron 27051 (: Palladion, rég.), Polixenon 8972, Esdron 8966 (qui est peut-être pour Esdran) (cf. Esdras, suj., 91 5i), Sigeon 2585g (: covreçon). 25899 (: sermon), Egeon 27450 (: lison), Dorion 56io (compaignon) , etc.;
3° En -in : Ierapolin 26731 (: orfelin), Caribdin 28742 (: fin).
Il faut encore noter :
i° L’emploi curieux du cas régime comme sujet dans Forbanta(=Phorbanta, d ePhorbas) 2§r]2h (: guerreia), Tolias (pris pour une ville) 56i5 (= Ætolias, rég. plur. mal compris), Musas (furent appelées) 29030, et Laudomata (= Laodamanta) 15195 (ot non li uns) . 2g465. 29478, qui, bien que faisant fonction de régime ou de prédicat, auraient sans doute été, l’un comme l’autre, employés comme sujets, si c’eût été nécessaire ;
20 Les génitifs : Escalopi 564 1 (’ Polidri, suj.), Dardani 27263 (:establi), Atreï (: boni), Heleni 4007 (: menti). 16371 (: chaiti), Junonis i6585 ( : dis ), Veneris io34g (: bis), Apollinis 16599 et 26005 (:bis). 21881 et 25i5i (: mis). g4i et 22117 (:vis). 25421 (: ris). 27081 (: ocis), Antenoris 25i5i (: mis). 2523i (: Ditis), Chironis 29008 (: Thetis), Polinicis 27864 (: Ditis), Nestoris 20484 (: entrepris) , Pelopis 24923 (intérieur);
3° Le génitif pluriel en -orum devenu or : Libanor1 (les puiz de) 19665 (: Nestor), où la préposition (et aussi le changement de o fermé en o ouvert) indique que nous avons affaire à une simple transcription de la part d’un auteur assez ignorant du latin3, et sarrazinor (a entaille) 10177 (: entor), qui n’a rien que de régulier et pour la construction et pour la rime. Cf. pascor : jor ii53, :flor 4787;
4° Le datif Apollini 2 5473 (: autresi);
5° Le nominatif fortis, épithète appliquée à Samson 18021.
1 . L’o ouvert de Libanor ( Nestor rime avec or et sor ) semble rendre douteuse l’explication par Libanoram remplaçant Libani ; mais il s’agit d’un nom propre purement savant, tandis que sarrazinor est aussi populaire que ancienor et est devenu, comme lui, un adjectif invariable.
2. Une autre preuve de cette ignorance se trouve dans l’expression puiz d’idée 26682, qui traduit certainement podia Idæa d’un texte latin.
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B. — Pronom
Le pronom emphatique de la 3e personne est, selon la règle, lui pour le masculin, li pour le féminin : lui : ambedui 6i5. 971, etc., : refui 16289, •’ conui 33961. 36i5, etc.; li : gehi i5a3, : départi 434i, .* pri (ire pers.) 13477. x4249* 26767;
: descovri 29793, : oï 22007. H ny a qu’un exemple assuré de li pour le masculin, ami : li 1771 7. — En deux ou trois endroits, le manuscrit F donne liei pour li, mais il serait imprudent d'en rien conclure.
El pour elle (ele), pronom féminin sujet, est fréquent. Cf. i524. 1529. 1610. 17625. 17740. 19613. 20093. 20222, etc.
Le neutre, el (= illud), au cas sujet, se trouve à la rime, v. 20253-4 :
Peser m’en deit e si fait el :
Trop ai le cuer muable e fel.
Au cas régime, le , il est souvent appuyé sur un pronom ou une particule qui précède : jol (= jo le), sel (— si le ou se le), çol (— ço le), quil (— qui le) 14409, etc., quel (— que le) i3245, etc. Parfois aussi sur l’infinitif faire (fairel): la plupart des manuscrits écrivent faire le, faire el, d’autres faire en modifiant le vers ; la forme correcte est donnée par M2 aux vers 8321. 10297. 1 ^799 ; elle ressort de la comparaison des manuscrits aux vers 18969. 25343, 29262.
Le pronom régime masculin le se trouve appuyé avec les mêmes particules, mais non avec faire1. Il en est de même de les avec je, si, se, qui, que, ja, qui donne : jes, sis (souvent écrit sils dans M2), ses, quis (écrit parfois, dans tel ou tel manuscrit, quils) 5998. 9369. 12267. 20028. 20861. 23o33, ques (écrit parfois, dans tel ou tel manuscrit, quels) 3o562. 19829, etc., jas 2639. 8661 (jais M2). 22i45. Ajoutons ces = ce les 21 652 (NR éd.) et des (écrit dels) = de les 26995 M2 et 26996 M2, qu’il faut rapprocher de dels, des , dans le Roman de Thèbes, 2701. 7248. 7266. 7604. 9695 (ms. S).
1. On le rencontre même appuyé à un nom, du moins dans M2, au vers 10157 : Sa mérel prist entre ses braz (E : Quel p. sa mère; F : Sel p. sa mère), — et aussi à ele, au vers 1846 : Quant elel vit (I : Q. elle le vit, avec une syllabe de trop), et à contre 7326 : Resplendirent contrel soleil FM2.