‹ La langue du Roman de TroieChapitre 15 sur 22 · C. — Verbe · texte numérisé non relu

C. — Verbe

i° Personnes. — La ire personne du pluriel hésite entre on et ons. Nous trouvons à la rime pour la première forme : savon : non 123, : toison i32i, traïson : rentreron 2663, prison : non 3457, Palladion (rég.) : creon 25309, desfensïon : lison 16771, l’on: l. 13373, poon : prison (rég.) 12485, : mencïon 23 123, raison : dïon 26215, etc.; — et pour la seconde : lisons : paveillons 23619, : compaignons 27319, : visions 29717, : tenions 26529 .paveillons : dirons 24237, doterons : respons 5775, prisons (rég. pi.) : façons (subj .), perdons : semons 19893, etc.

La forme en -on semble dominer, du moins dans le manuscrit M2, qui donne aussi (isolément) -ornes à l’intérieur du vers; cf. aiomes 17016, eüssomes 16894, etc.

La 2me personne du pluriel est toujours -eiz au futur, selon la règle : menreiz : Jeiz 34i5, baillereiz : conreiz 9795, dreiz : prendreiz 6x3i, destreiz : ireiz 12879, etc.

La 2e personne du pluriel étymologique du subjonctif présent de la ire conjugaison en eiz (= etis) est assez fréquente. Cf. ameiz. 4669 1 (:avreiz). 14969 (: destreiz), baisseiz 19477 (:feiz), gardeiz 2bb8,j (: tengeiz, même temps), hauceiz 26915 (: dreiz), ailleiz 2671 (: atendeiz, même temps).

Cette forme s’est étendue, comme dans d’autres textes, à des verbes qui n’y avaient pas droit. Cf. vengeiz (de venir) 21939^: trovereiz), guerpisseizbZSo (: avreiz), maintegneiz 19521 (: feiz), tengeiz 2 5588 (: gardeiz), sacheiz 19839 (: conseiz, suj. sing. de conseil). 3287 (: dreiz). 20687 et 22259 (: destreiz). 7463 et 19565 (: feiz), et probablement io35 (: demoreiz, subj.), combateiz 6997 (aserreiz) (graphie de M1 2), atendeiz (var. atendissiez) 2671 (: ailleiz, même temps).

A l’imparfait du subjonctif, la forme normale -eiz se rencontre assez souvent, soit telle quelle, soit transformée en oiz , pour qu’on puisse l’admettre comme appartenant à l’auteur, bien qu’elle soit assurée par une seule rime (veïsseiz : feiz 1 161 i)a.

A la ire personne du singulier de l’indicatif présent, l’e analogique ne se montre pas encore : désir 1997. i5o8i, etc., refus 4637. 24622, etc., pens 10953, bais i3663, hast 17686, coveit 17853, sent 22733, desespeir 24523, ruant 17775, etc.

De même au subjonctif présent de la ire conjugaison, ire et 3e personne du singulier : demant 1959. 18389. 2o685, saut (de sauver) 18096, hast 3333, acort (de acorder) 24553, aint (de aimer) 17756, plaist (de plaissier) i86o5, esfreit (de esfraier) 22758, etc.

La 3e personne du pluriel accentuée, à l’imparfait du subjonctif, n’est assurée que dans un passage :

11 43 1-2. Por tant fu bien aparissant,

Ainz que li trei jor passissant.

20 Temps et modes. — L’imparfait de la ire conjugaison en -oe est absolument distinct de celui des autres conjugaisons

1. Le subjonctif est douteux, mais à la rigueur admissible, à cause de l’indétermination : TVe a ceus ne serez tolues Qui vos aiment ne quos amez.

a. Les mots de ce genre riment ordinairement ensemble; cf. 11617. ï37a3. 29261, etc.

REVUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI

en eie, avec lequel il ne rime jamais. Les exceptions apparentes signalées par M. Settegast ( loc . cit., p. 5o), sont presque toutes détruites par la critique des manuscrits. Les autres disparaissent en prenant esteit (esteient) comme l’imparfait du verbe ester, « se tenir, rester, » et non de estre (cf. 535y. 8277. i4653. 17235), ou en le substituant au verbe employé (cf. i4638* où esteit convient mieux au sens que estreit). Il en est de même des exemples de confusion fournis par des manuscrits autres que celui de l’édition, comme, par exemple, FN, aux vers 1467. 14067 et 24683.

D’ailleurs, les imparfaits en oe sont assurés à la 3e personne du singulier par de nombreuses rimes avec sot, pot, ot, plot : avec sot : gitot 4129, devisot 25399, desirot 28543, alot 6799, etc. ; avec pot : g uardot 763, mandot 1217, amot 27025, etc.; avec ot : desirot 5435, amot ii23i, demostrot 27605, etc.; avec plot : mirot 4329, cuidot i382i, etc. ; — et par la rime Epistrot : amot i2o5i.

Le parfait en ié ne sort pas du groupe des verbes dont le radical est terminé par une dentale: pechié : pendié 26773, peceiérent : abatiérent 9041- 9893, abatierent : mahaigniérent i5633 (mais abatirent : firent 9697 ; cf. destendi : chai 2i4o5), fièrent : combatiérent 11219, perdiérent : s’aidiérent 21025. — Au vers 27987, où l’édition donne recoilliérent : joiérent, il faut lire, avec M2, recoillirent : joïrent.

Les formes analogiques du subjonctif en - ge , après une dentale, une nasale ou une liquide, fréquentes dans les manuscrits, surtout dans M2, sont assurées par les rimes suivantes : prenge : renge (n. f.) 9849 , '.venge 12075. 19993. 24207, : losenge 25339; prengent : vengent 2io5; — pardonge : esponge (spondeat) 29299 M2 (F pardone : espoigne, M pardoigne : esloigne, etc.); reponge : donge 25077 M2 (< repoigne : doigne FMjE éd.); — auge (ire personne) : vauge 12039 M2 (aille : vaille FM*E éd. M), auge (3e personne) : Jauge 27131 M2M (alge : falge éd., aüle : faille FM1!!), mais aut : chaut 2 1 2q3, ; faut 22000; auqent : vauqent 22475 M2 (aillent : vaillent FMjEM éd. *).

Vienge et tienge riment le plus souvent ensemble :

1. Torge (ir* personne) se trouve plusieurs fois dans M* à l’intérieur du vers,

par exemple vers 1878. Cf. retorge 18209 R ( restorge A, torgenté d., lacune dans M2).

cependant vienge est assuré par la rime crien ge, plusieurs fois employée :

1 35 1 5-6. Ainz en voudrai sofrir grant peine «

Que, se vos plaist, a ço nen vienge :

Mais moût me dot e moût me crien ge.

Cf. 843i. 21209. 2i887. 22o3i . D’où la légitimité des graphies suivantes : vienge : crienge (subjonctif ire ou 3e personne du singulier) 12769. 23665. 24853, c. : avienge 15273 297321, vienge : retienge i5283, : sostienge 22855, covienge : detienge 14697, et autres semblables, surtout dans M2. Mais à côté de tienge, on trouve teigne 12985 (: remaigne) et ateigne : chasteigne i685i, comme à côté de prenge, preigne 22601 (: compaigne). 19475 (: ovraigne).

Il faut encore noter, au subjonctif de ester, la forme analogique estace, au lieu de estoise, qui ne se trouve pas, du moins à la rime ( estois , ire personne de l’indicatif présent, se trouve au vers i488) : estace : espace 55o3 M2N, :face 25199 FNM éd., : menace 25655 FGN (F estage, rime fausse), se restace FM (s’arestace M*M1EN) : place 17585. A l’indicatif présent, nous relevons contrestont i5832 (: avront).

A côté de la forme régulière aidier, on trouve exceptionnellement la forme analogique ajüer, refaite sur les formes toniques ajae, etc. :

4og. Com li bastart s’i ajüérent (M2 aujuerent).

Qui le jor trop i endurèrent.

Parmi les participes en -eit, qui semblent formés d’après l’analogie de collectas, nous citerons : toleit 8627 (: dreit). i24o3. 17789. 24771 (: destreit). 13673. 22063. 29469 (: aperceit). 28795 (: creit), chaeit 28699 (: destreit), eschaeit 6i63 (: dreit), meschaeit 16373 (: creeit); — et au pluriel, toleiz 18273 (: destreiz). 21689. 2929r (: dreiz). 21807 (• fe^z )> e^c- Cf. le substantif acoilleit 3599 (: haeit).

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