L — MESURE DU VERS
i° Les terminaisons -ion (-ions), -iez de l’imparfait de l’indicatif et du conditionnel sont encore dissyllabiques : avïon : merrïon 4295 , ferions 442 1, erïez i2o5o M2, aviez1 io4i, estiez : diez 16879, cuideriez : travailleriez i332, etc.
Les noms propres en eus ont ordinairement la diérèse : Peleüs , Menesteüs, Oëneüs, etc. Au contraire, ceux en aüs resserrent en une syllabe, et ceux en ax prennent la finale aus , qui est toujours monosyllabique : Aïaus, Menelaus , Proteselaus, etc. Idomeneus garde la synérèse, qu’il avait en latin.
Les diphtongues latines oe, eu, ai subissent presque toujours la diérèse : Oëneüs 27393, Teücer 9022, Eüfras 7944, Eüf rates 6822, Aiaus 186. 260, etc., mais Eufrème 6674 à côté de Eüfremis 12161. i25i5 (exception apparente: Eucalegon 24683 = Ucalegon). Notons aussi Ierapolin (ou Jerapolin?) 26731.
Laomedon du latin est conservé tel quel dans i3 exemples;
(les lacunes comblées par H = B. N. i45o); M1 = Montpellier, Bibl. Faculté de Médecine, 25i (les lacunes comblées par D = B. N. 783 et J = B. N. 1610); M2 = Milan, Bibl. Ambroisienne, D 55 (les lacunes comblées par A = B. N. 60 et R = Rome, God. Reg. i5o5). Nous avons, de plus, des collations ou copies de certains passages importants pour les manuscrits H (= B. N. i45o), A1 et A* (= Arsenal, 334o et 334a), N (= Naples, Bibl. nazionale, XIII, c. 38, en grande partie collationné), I (= B. N. i553), J (= B. N. 1610), G (= B. N. go3), V1 et V*(= Venise, Bibl. Saint-Marc, fr. XVII et XVIII), Pi et P2 (= Saint-Pétersbourg, fr. 3 et 6), G1 (= Cheltenham, Bibl. Phillipps, 8384), etc; la copie des fragments de Perpignan (aujourd’hui B. N. Nouv. acquis, fr., 6534 = P3), et naturellement les fragments imprimés (Bâle et Bruxelles (= B1), Bordeaux, Nevers, Strasbourg, Vienne (Bibl. impér. et roy ., 2571 =.W), etc.). — Nous rappellerons ici que ces manuscrits, et les autres, pour lesquels nous n’avons que de courts échantillons ou des renseignements restreints (notamment les mss. de Londres, L1, L2 = Brit. Mus. Harl. 4482 et Addit. 3o863), ont été provisoirement classés par nous de la façon suivante dans nos Notes pour servir au classement des manuscrits du « Boman de Troie » ( Études romanes dédiées à G. Paris, Paris, 1891) : Fam. I, sect. 1 : AB1M2R — Vi' V2— A2I; — sect. 2 : FGLL*N (ensemble = x) ; - Fam. Il, sect. 1 : DEH JM1 (ensemble = y); — sect. 2 : BGG1KMW (ensemble = z) — A4L2. Depuis, nous avons reconnu : i° que EH, quoique appartenant pour le fond à la section y, s’en séparaient souvent (soit tous deux, soit l’un d’eux), presque toujours pour donner la bonne leçon; il en est de même de J, qui est encore plus indépendant; 20 que R était un manuscrit contaminé, mais plus rapproché de la I” famille que de la II*; 3° que N était de beaucoup préférable à F, auquel il est cependant étroitement apparenté; 4° enfin, que M, quoique faisant partie de la section 2 de la famille II, s’en séparait par beaucoup de bonnes leçons appartenant à la famille I.
1. Cette 2* personne est ici et le plus souvent écrite - eiez dans M2, dont nous suivons de préférence la graphie. Nous laissons en suspens la question du choix entre les deux formes.
mais au vers 989, Li reis de Troie Laamedon M2F (où les autres mss. ont Laomedon avec une syllabe de trop), il faut admettre la synérèse, à moins qu’on ne corrige Reis de T. Laomedon , ce qui supprimerait une exception au système ordinaire de l’auteur.
La diérèse se trouve sans exception dans tous les exemples (si nombreux) de Troïen = Trojanum.
20 Le mot visio donne vison 3855 et vision (forme savante) 10209. Pour le composé *advisionem , la critique des manuscrits donne au vers 29660 avison, « apparence, » et exclut avisïon.
3° L’élision de l’article sujet singulier li n’est pas fréquente. Voici quelques exemples, dont le travail définitif de l’édition augmentera ou diminuera peut-être légèrement le nombre: l’uns ii63i, Vemperére 26931 (: frère), rabaissement 11769 (: genz, rég. plur.), U airs 25i86, el’esperiz M2 29272 (var. li esperiz ), Vainz nez 4224, Vengignos 24448, Vescriz 15199 (: petiz).
4° Aucun des exemples d’hiatus cités par M. Settegast n’est justifié par la critique des manuscrits. En revanche, nous en avons relevé plusieurs qui sont assurés : pere e 7697 , faire e 7894, lance o 11882 M2, dotance e i5466 AM2,' autre ovre 16084 M2F (N), derompue e i683o, autre enz 17270 M2FN, veie el 17773, corone e 22986, tormente e 28287 M2’ règne e rés 28317 M2M*H l, pere aveient 29436 M2FN, home e 29646 M2M‘C 2.