RDE). De querre Esiona lor ante
Com Antenor, le riche cante...
Cf. i3495 M2 éd.
56i3-4 (RN). De Pise en i aveit oitante
Li vieuz Nestor, totes a cante.
Cf. 563 1 RNM2. 11539 R* 18701 NMéd. (A chante, M‘E honte : conte).
10791-2 (M2E). Mais trop par est as Greus pesante,
Car, si com li livres nos cante... (Méd. chante).
Aux vers 6637-8, M2 fournit la rime avant: requant( irepers. sing. subj. prés.) (var. chent N, rechant F, avenant y éd.).
Au vers 679, M2 écrit : Chanté vos sera li haanz, et F : Conté vos seront li haan : il faut sans doute lire canlé. Voy. cidessous, note 2.
4° Ordene (indic. prés, de ordener) rime avec Diane 7637, et pene (— pinna) avec tumiane (= Oupiapa) i3365. Mais famé i8i53 (: dame) n’est pas assuré par la critique des manuscrits : il faut lire femne (ou fenne) : régné, rime très fréquente.
AI. — i° La diphtongue ai, à la tonique, lorsqu’elle est suivie d’une consonne autre qu’une nasale, vient exclusivement de a yod. Dans vais ( fais : revais 2657), seul assuré par la rime (non pas vas), il y a attraction de 17. Vait (: estait 10197, •' gavait 8653, : trait 11899,. etc.) se rencontre plus fréquemment que va (: trovera 1797, : ora 356i).
1. Voy. Settegast, loc. cit ., p. 19 sqq. Nos exemples sont naturellement plus nombreux.
3. Ce changement se trouve encore dans Pean Gatineau. Voy. Dr Werner Sœderhjeln, Das Martinleben des P. Gatineau, Bemerkungen iiber Quellen und Sprache (Helsingfors, 1891), p. 16 : Une iglise, si com l’on cante, Ou il mist chenoinnes cinquante (les exemples sont nombreux à l’atone : canta , canler, etc.).
Ai ne rime avec è que dans les finales en ais, ait, aist , aisse, aistre : lais : travers 19695; — palais : adès n583; — set : hait 9709. 17183, : plait 7473, : deshait 8217. 9473. Cf. otreiz (plur. de otreï) : prez (= prest -f- s) 2i89ol(a). 27185; — test : desplaist 17245; — presse : laisse 21161, : s’eslaisse 11983; — estre : naistre 1723. 10625. 11027, etc.; : maistre 3947. 5947. 763 1 , etc.
20 Ai et ei ne sont guère confondus que devant n et h :
a) Rein (remum) :funain 28953 ; reins : funains 909, pleins : mains 554 1, : novains 23191, etc.: — ateinz : mainz 6009, empeinz : gaainz i6o45, esteinz : ainz 25477, preinz : ainz 28629, etc.: — esteint : maint 1 3437, empeint : gaaint 8733, ateint : maaint 9233, etc.; — Heleine : chevetaine 25863,
: sis aine 81 65, etc.; meine : vilaine 4817, : disaine 8187; demeine : chevetaine 19051, peine : prochaine 25i47, : saine 26557, etc- ; areine : darreaine 7689, etc.; — demeines : chevetaines 12695. 16799, : premeraines 15905, etc.; — creime : aime i8o85.
b) Teigne (= teneat) : remaig ne 12985, ateigne : chastaigne i685i, enseigne : compaigne 6755. 7067. 9913. 13909, etc., : engraigne 8659, : maaigne 8773, etc.: entreseigne : Es paigne 11307, preigne : ovraigne 19475, feigne : maaigne 7461, estreignent : plaignent 21427, : maaignent 21627, etc.
Nous n’avons relevé, en dehors de ces deux catégories de mots, que baleie : raie H2i5, et baleient : traient 118923. 170551, et tarqueis : eslais 12335.
E. — i° è ouvert (de ë, æ latins) et é fermé (de ë, ï latins) entravés sont encore séparés, sauf devant les nasales : maissèle, mamèle, ancèle, estincèle, qui semblent faire exception, viennent de *maxella, *mamella, *ancella, *scintella, par un changement de suffixe bien connu. Senestre rime en e ouvert (; estre 8941) par analogie avec destre, mot auquel il est souvent opposé.
Prest rime ordinairement avec des mots venant de ï bref : s aie te : preste 9017, saietes : prestes 7889, arbaleste : preste 8725, arbalestes : prestes 7 1 35, prez : icez (ecce-istos) 8685. io5o5. 13917, cez : prez 22547, mais aussi avec est , qui a
(«) Nous numérotons provisoirement ainsi, par un chiffre plus petit placé à droite et en haut du nombre qui désigne le vers précédent, les vers qui ne figurent pas dans l’édition.
1 . Il y a peut-être eu en ancien français, dès le xn° siècle, deux formes parallèles, baleier (puis baloier, balïer ) et balaier, qui nous est resté (balayer).
REVUE DES UNIVERSITES DU MIDI
originairement un e bref. Que Ton adopte pour étymologie præstitem, ou præsto, que nous préférerions, il faut admettre que, dans ce mot, æ était de bonne heure passé à e fermé. Cf. præda , qui a donné preie (proie).
E alterne avec i dans meesme 29279 (: esme1), comparé à meïsme : abisme 28749.
20 La confusion de é et de è que Ton rencontre dans M2, au vers io5oi, Diomedes ala après : Chevaliers ot prou e assez , où la plupart des autres manuscrits ont adès (et de même io32i et 11 583), est due à la répugnance du scribe à admettre adès dans ce sens un peu spécial, ou simplement à ce qu’il a employé le mot qui lui venait naturellement sous la plume, sans se préoccuper de l’exactitude de la rime. Au début de ce long poème, il était naturellement plus attentif : ce qui explique qu’au vers 991 il ait écrit avec la plupart des manuscrits : que Jason Ert arivez e Hercules E autre chevalier adès, alors que, par contre, FN écrivaient : que Jason Et Hercules iert arivez Et d’autres chevaliers assez. Pour ce sens de adès,
3° e et ie ne sont pas confondus, comme il arrive dans certains dialectes, en particulier dans les textes anglo -normands. Une exception apparente : entére, qui rime avec frère 8989. C’est une variante de la forme normale entire, amenée sans doute par les besoins de la rime : entière (forme ordinaire ici) est analogique. — Misère, qui rime aussi en é fermé (: mère 24967. 28397, 'père 293005) est un mot savant2. Cf. matire (= materia) 23127 (:dire). — Guider, ici comme dans la Chronique et le Roman de Rou, remplace cuidier, qui n’offre pas une seule rime assurée. Cf., au contraire, pour cuider : cuidé : autorité 905, : tormentê 5o57, cuider .'penser 27619, outrecuidez : volentez 18373. — Au contraire, irié est seul assuré, à l’exclusion de iré ; mais régné ne rime qu’en é; cf. r. : quiteé 29353, : demandé 1243, : retorné 2377.
4° Discret (cf. discrez :senez 23o63, : passez 27389) est un mot savant et ne constitue point, à proprement parler, une violation de la règle qui veut que ë (ï) latin donne ei. (Cf. segrei : mei 3889. 1 77 1 9 , : tei 255i3, : otrei 27593; segreiz
1. Il y a ici le même changement de æ latin à e que dans præsto et præda.