Cf. la rime Aténes : télés
: conseiz 6g55. — Ré (cf. ré : amassé 34 1, .'duré 12907, etc.; rez : enterrez ig383, etc.) a un e fermé, parce qu’il vient de ratis et non de rëte. — La rime degète : regrète 26017 n’a rien que de régulier. — Conreer et effreer sont aussi réguliers, la dentale entre voyelles étant tombée et è ouvert à la protonique persistant, au lieu de devenir ei. (Cf. conreiz et voy. ci-dessous, p. £0.)
5° e, de ea (æa) latin, dans les noms propres, est aussi fermé. Cf. Pantesilée : recontée 625, : contrée 23285, : serrée 23517, etc. ; Galatée : fée 798g, : espée 13873. i54gi ; Cée : lée i4o5g. De même, dans le mot étranger au latin, Tharé : nomé : Tharé 8og5, Tharez : nez gg33. — Dans Ludet ( :quarrel 9191) et Fanüel (: poutrel 9873) il est, au contraire, ouvert, sans doute à cause de la ressemblance de ces noms propres avec les mots terminés en et, où Ve est ordinairement entravé comme provenant du suffixe ellus. De même, Ve est ouvert dans Jupiter (: enfer 21681) et Teücer(: fer 9021), mais il est fermé dans Leander 22607 (:aler).
'6° e ~f- nasale et e H- nasale + s riment avec ue + nasale et ue -4- nasale + s , ce qui prouve que la diphtongue ue commençait à devenir ascendante (voy. sous eu et ui). Cf. sen : suen 63g63, sens : huens i8435, tens : suens 25823, porpens : suens 9229, Cicilïen : buen i858i.
70 Le nom latin Troianus, que l’auteur avait à employer si souvent, rime de six façons différentes, toujours avec la diérèse de Vi :
a) En en (cf. 6°) : Troïen : sen 2695. 58i3. 68i5. 12475. i32i3, : nequeden i864i. 23687 FNGM éd.; Troïens : tens 58i. 7179. 20471. 2o8o3. 20987. 21111. 23735. 24929. 27423, ; rens 11896*. i3go3. 22695. Cf. sen : Otevïen 285g3, Athéniens : rens 18609, : tens 8489. 1 4447 . 1 5857 ; Galïens : tens ioi85, Alizonïens : rens 12 243.
b) En uen : Troïen : suen 1076049. 13187, Troïens : suens 109. Cf. Siciliens : buens i858i et Paftagonïens : suens 2o5i5.
c) En ein : meins (= minus) : Troïens 5275.
d) En ain : Troïains : humains 6 4L : premerains 2i53. 18745. 25273, : prochains 7669 M!M éd.1 ( prochain : antain M2RNH est sans doute à préférer). Cf. Frisïains : premerains 5549, lndïains : Germains 14091, dis e uitaine : Tricïaine 8225.
1. Les rimes prochain : soverain 25ogi, .* certain 2545 1, etc., et l’absence de rimes en ien pour ce mot, montrent que Benoît écrivait prochain et non prochien
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e) En an : Troïans : chans (— campos) 2299 M2FNM.
f) En ien : Troïien : chien 12967, : bien 2409. 7695. 8847. 9979. io855. 11989. 12189, 12761. i8835. 19507. 20671. 21743; 23745. 238o3. 24127. 25167. 253oi, : rien 21073. 258i3; Troïiens : chiens 754i, : biens 22915, : riens 9177. 10599. Cf. biens : Crestïens 29389, chiens : Citarïens 3849-
Les formes a, b , c, d ne sont que des graphies différentes (encore Troïen domine-t-il) pour une prononciation unique en è ouvert. Troïan est savant; quant à Troïien (il faut écrire ainsi quand ce mot rime en ie), c’est la forme que prennent ordinairement les mots en -anum sous l’influence de la gutturale ou du yod.
Les formes b et e manquent seules à la Chronique des Ducs de Nonnandie.
Nous avons cité à leur place les exemples se rapportant à d’autres noms propres en -ianus. Ajoutons les rimes non probantes : ancïènes : Amazonïènes 2 3353, Athéniens : Troïens i885i.
8° ë (æ) latin ne se diphtongue pas et donne é fermé dans deus (■= deus), dans Greus (= Græcus) et dans ere, imparfait de estre. Cf. ère (3e pers.) : frère 4921. 29241, érent : eschapérent i5i3i, : amenèrent 6843, : tornérent 15676, : robérent 25989; — deus : teus 13759. 29033, : auteus 26101 : — teus : Greus 5335. 6765
Le futur de estre est toujours, à la 3e personne du singulier, iert. Cf. iert : quiert 4o5g, : Jiert i538i.
I. — i° Deux verbes en Icare hésitent entre ei et i a la tonique. On a : folie : ftcimbie 11967, mais seie : reftambeie 7625; plie : mie 17175, mais soplei (ire personne) : mei 15079, desplei (adj. verbal de despleier) : esfrei io563, : conrei 19973. — Olreier n’a que ei : otrei : segrei 27693, : mei 45oi, otreie : veie 4oo5. 12981; au contraire, preier n’a que i : mercie : prie 931, : die 3383, : mie 4829. De même alie, forme analogique qui suppose le latin vulgaire, d’ailleurs connu, lëgare.
A l’atone, ces verbes n’ont naturellement que ei : preier : esmaiier 1 499 1 .
20 Mercier a un e pur, selon la règle, à cause de la dentale : trover : mercier 643 r, grez : mercïez 16983; mais aussi iê : liez : merciiez 2107 (cf. 6953 EM éd.), merciié : espleitié
1 . Ve fermé est ici confirmé par les formes parallèles dé, Gré. Cf. dé : volenté 7905, raseüré : damedé 255oi, gré : tré 19285, grés : reniés 8973. 20985. 27235.
663 1. — Oblïer, fier , crier n’ont que e : oblïer : aler 1745, crïer : ester i636i, : endurer 14985, fier : garder 3621, : rnostrer 364 1, crié : ploré i64i3. — Espiier, cliastiier , sacrefiier n’ont que ie : espiié : targié 28886, espiier : merveillier 3277, : espleitier 28973; chastiier : enseignier 24507; sacrefiié : irié 1693, ; lié i3i6i ; sacrefiier : repairie r 6961 . — Tous ces verbes ont naturellement i à la tonique parce que 17 y provient de i long latin, ou de e long influencé par une palatale (mercedem), ou qu'il est d’origine germanique (espiier) ou savante (sacrefiier). De ce dernier, il faut rapprocher umeliier, qui rime à la 3e personne de l’indicatif présent, non seulement avec merde 5807, sacrefie 5961, mais encore avec vie 10557, lapwr; cf. lapient : ocient 27741.
3° ë + yod ne se sépare pas de i long. Ainsi sire rime avec dire 83y, avec ocirre 3485 et avec ire 348 1 , comme avec empire 4227. 16857. 26575 et avec marbre (mot savant) 2873. 35n,etc. D’autre part, on a : lire : tire i65i5, pire : tire ia45i, etc.
O. — Mot , qui est déjà dans le Rollant avec un o ouvert, se rencontre ici également avec un o fermé : mot : tôt 279, moz : toz i4i, : proz 12745; mais, par contre, on a moz: les noz 19258.
O ouvert tonique libre (= ô du latin classique) ne se diphtongue pas et reste ouvert devant l dans certains mots : parole : escole 81, :vole 24625. 27409; volent : afolent 9103. Cf. chose : rose 5io5.
Il rime, au contraire, en o fermé devant r dans certains mots : demore : secorre 8889, : secore 18071. 20359, : décoré (— decurrat) 24265, : sore 2637, :d’ore 333i. 4019. 13935.
1 7 7 7 1 : — dévoré : plore 25o85, ; l’ore 18673, : d’ore 21089; — acore : l’ore 20621.
Il en est de même pour l’o entravé suivi de rn : retorne : morne no5. i5o5, etc., : a orne (—ad ordinem) i5683; sejorne : a orne 10695, : atome 8i3i. 18911, etc.; ajorne : morne 7609, aubornes : mornes 5 1 4 r . La nasale semble avoir exercé son influence, malgré la liquide interposée. (Cf. Horning, la Langue et la Littérature françaises, p. 20.) Chrétien de Troyes connaît également ces rimes. Ajoutons que, dans la Chronique , les vers II, 3685-6:
C’est merveille cum tu viz ore,
Que tuz li poeples ne t’acure,
exigent une correction : acore y a certainement un o fermé,
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comme l'indique la graphie anglo-normande acure, et dre (ad-horam), avec o ouvert, est inadmissible; il faut corriger Vore, ou bien : curri viz une ore.
Or (avec d bref en latin) a l’o ouvert a la finale des noms propres, qu’il soit ou non suivi d’une s de flexion : Antenor, Hector , Nestor, Polimestor , etc., Antenors : cors 24845 (par exception, Antenor : honor 24871, : Agamennor pour Agamennon 26213); — de même os : Dindicilos : os 1 334 1 , os : Colcos 823; mais, par contre, precios : Theros (— Thera) 23167, avec o fermé.
ô suivi d’une r dans une syllabe fermée se diphtongue dans muert, tuert, autant qu’on peut en juger par la graphie des manuscrits, ces mots rimant toujours ensemble : muert : tuert 2283i, : detuert 12053. A noter la rime muert ; porquiert 601, qui montre que la diphtongue ue commençait à devenir ascendante.
Dans les mots bon , son, 0 ouvert tonique en roman (= ô du latin classique), suivi de n, que la syllabe soit ouverte ou fermée, tantôt ne se diphtongue pas et rime alors avec ô, u + n, tantôt se diphtongue en ue et rime alors souvent avec e. On a d’un côté: bon (subst.) : Deïphebon 4177, .'sermon 6433, : gonfanon 25o3 ; bons1 2 : respons 3471 ; li son (possessif) : sablon 9881 , les sons : compagnons 24o3 ; — de l’autre, buens (subst.) : sens i8435, Cicilien : buen (adj. préd. sing.) i858i; suens (adj. pris subst.) : porpens 9229, : tens 25823, suen (adj. pris subst.) : sen 63963.
Inutile d’ajouter que lorsque son est adjectif possessif proclitique et que bon précède le substantif auquel il se rapporte, ces deux mots gardent la forme non diphtonguée.
Homo, contrairement à ce que l’on pouvait croire d’après l’édition, ne se diphtongue jamais dans notre poème 2 et rime toujours en o fermé (= à, ü latins). Cf. lion : baron 10317, : non 12127. 15187, :faç°n 27203, : Palladion 26881, : Patroclon 10269, ; retraçon 6399, : desfension 11099, : tison i3373, : son (= summum) 29823.
Il en est de même de sonus et de sonat, sonant, qu’on trouve
1. Bons est ici un adjectif employé comme prédicat au singulier. C’est une exception : dans ce cas, la forme employée par Benoît de Sainte-More est la forme diphtonguée.
2. Il se diphtongue dans la Chronique, comme le montre la rime Jérusalem : hoem 3iqb2. C’est là un des nombreux points qui distinguent, au point de vue de
la phonétique, la Chronique du Boman de Troie.
diphtongues dans certains textes. Gf. sons : chançons 5289, : boissons 2371, sone : araisone 3 279. i5433. 19547, done:resone 1923. 24225, resonent : douent 10697. — Trône a également un o fermé (voy. ci-dessous, sous oï).
01. — La diphtongue oi n’est jamais ici une transformation de ei (— ê, ï toniques libres); elle vient uniquement de o fermé (= ô, ü latins) -b yod ( soing , poing, loing , point, joint, etc.), ou de o ouvert (= au latin) -b yod ( bloi , poi, joi , Troie, joie , etc.), qui ne riment jamais ensemble. Aucun des exemples de confusion réunis par M. Settegast ( loc . cit., p. 25) ne résiste à la critique des manuscrits.
Certains noms propres en onia, onia donnent dans les manuscrits tantôt oine, tantôt one (avec o fermé) : les rimes Paftagoine : trône 6793, Pajlagoine : essoine 81 11. i5855 (cf. essoigne : broigne 6781. 21167. 2I363, etc.) semblent assurer les deux formes pour Paphlagônia. Pour Lacoine (— Helicônia de Darès), nous n’avons que la rime Lacoine : trône 7899 ; mais, à l’intérieur du vers, il n’y a guère que Lacoine (cf. cependant Lacone 6673, dans N), de sorte qu’il faut peut-être considérer la forme en o comme une licence due à la rime.
La rime despout : cost (M ^ coût) 84oi M2M!M semble indiquer que ô 4- l 4- yod -p consonne ne se diphtongue pas ; mais la graphie, dans un même manuscrit, est trop variable sur ce point pour que nous osions affirmer qu’il en est de même dans le cas où la syllabe est ouverte. Ainsi, l’on trouve recoille (subj.) et recueille, moillent et mueillent, joille et fueille , orgoil et orgueil (ergoil et ergueil M2), oïl, oill, huel, uel, etc. C’est un point qui demande à être étudié en détail et que nous ne pouvons examiner ici.
OU. — ou, provenant de ô, ü -b / suivis d’une consonne, rime avec o fermé, ce qui prouve que la diphtongue ou, si elle est encore descendante, tend à se réduire à o fermé, dont le son se rapproche de plus en plus du son moderne ou. Cf. sous (solus) :vos 1437. 12863. 18147, : nos 3q5i, : angoissos i4ioi. 21023, : engignos i48io3; tribous : enoios 29001; douz : toz 20719; despout (despoliet) : cost (M2 coût) 84oi M2M‘M ; tomoute : gote 4521. Ces exemples prouvent de plus que la vocalisation de 17 est déjà un fait accompli. Nous ne pensons pas néanmoins qu’il faille écrire ous ni eus le produit de ô latin + s, nos plus anciens manuscrits conservant la graphie primitive en o et aucune rime n’appuyant les deux autres.
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Nous relevons un grand nombre de rimes semblables avec dous (duos), qui a également la diphtongue à demi ascendante en o fermé : dous : vos 6089. i3io65. 269083 FNM (M2 éd. y manquent), : escos 6896, : rescos i3io627, : desirros 7261, : precïos 25517, : haïnos 28553, :orgoillos 27483, :angoissos 10657. 14067, : corajos 19401, : merveillos 22701, : perillos 19171. 22721; ambedous : vos 12729, : merveillos 6717, .‘precïos i4549? : hainos 28959, : resplendors i458i. Il convient d'en rapprocher Ions : fameillous 9105. 21077.
Il faut mettre à part, comme offrant quelque incertitude, les deux exemples suivants, où nous avons affaire à des noms propres ignorés de l’auteur, qui a pu les traiter avec quelque liberté :
5643-4- En i aduistrent trente e dous {.xxx. tex. éd.).
De la terre de[s] Tricïous MSR (var. trecious, trecicx, etc.).
Tricïous vient sans doute du Tricca de Darèsi, la ville dont étaient originaires Machaon et Podalire. Il faut en rapprocher la « gent Treïcïène » (var. Traïcïène), que conduisent à la bataille les mêmes personnages aux vers 8225 sqq., où il faut peut-être corriger la leçon de M2M éd. M1 : Furent la gent traïciène en Ont mise la gent tricïène, en la combinant avec la leçon de FP3 : Ont m. la grant g. griffaine (cf. N : Ont mis la g. g. de gritaine ), et en observant que E, qui est un des bons manuscrits, donne treïcïeinne. Tricïous , qu’il faudrait écrire Tricïos (« habitants de Tricca »), représente *Trîceosum = Triceus pour Tricceus (dérivé de Tricca ) -f- osum.
568 1-2. De Pile en i ot Creneous
Trestot par conte vint e dous.
Creneous appartient à M2 (var. Creneus (dissyll.) éd., Croenex J, Tenedex E, Tenediex M1, Menedous N, Epineis FN) : il représente Cernus de Darès (ms. L). Le changement de Cer en Cre s’explique aisément par la fausse interprétation d’un sigle. Si l’on admettait, comme dans Tricïos, l’addition du suffixe - osus , l’addition de Ye pourrait s’expliquer ici encore par la juxtaposition des deux suffixes eus et osus.
1. Tricca est la leçon de l’éditeur Mercerius [ex Tricca), l’un des meilleurs manuscrits, L, donne extrici, les autres sont plus corrompus encore.
Parallèlement, ou (avec o ouvert) -f- consonne rime avec o ouvert -h consonne, ce qui prouve que la diphtongue est encore descendante. Cf. cous (— colaphos) : os 201 33, : dos 71 55; tout : ot i5685 M2 3, vout : pot1 29499.
EU, UEU, IEU. — i° De même que ou (avec o fermé ou o ouvert) rime avec o fermé ou o ouvert, et ui avec i (voy. plus loin)2, de même la triphtongue ueu (= ô + Z+ cons.) rime avec la diphtongue eu issue de el ou de ill -f- consonne. Cf. dueus : eus 61 561. 6389. 12083. i32i5. 17069. i8483. 18995. 24343, : cheveus 16703; vueus (rég. pl.) : eus 20165.
20 On a, d’autre part, ueu (produit régulier de — ô + Z + yod q- cons.) et ieu (produit régulier de ë -f- / + yod -f- cons.) rimant ensemble : ueuz 3 (= oculus) : vieuz (= *veclus) 202 1 3 . 22607. 22955. 23269. 2365i. 25557, orgueuz : vieuz 28046 h Cf. scirqueuz : vieuz i454i, qui semble appuyer comme étymologie a. h. a. sarc + suffixe oleum, olium( comme dans orgueil ), et exclure sarcophagus.
3° Enfin, le mot cieus (== cælum) rime avec le produit de locus, jocus (je donne la graphie de M2, à moins qu’il ne manque) : ceus FNR : geus FN (jeus R) 4261 ,jues : ciels 14687, ciels : jues 29025 (cf. 1611) ; ciels : lues 25945. 27355.
Sauf la mouillure de 17 provenant de la gutturale, laquelle ne peut avoir d’autre effet que de remplacer dans vieuz l’s finale par z au sujet singulier et au régime pluriel, on voit que cieus et vieuz sont dans les mêmes conditions phonétiques (æ latin, comme è, donnant régulièrement couvert en roman), d’où il suit, à notre avis, d’un côté, que le produit de oculus doit être ici euz , et celui de *orgolium -f- s, *scircolium -f- s, orgueuz, scirqueuz (l’u marquant simplement la prononciation dure du g et suivant traditionnellement le q) ; de l’autre, que le produit de locus, jocus (aussi de focus, qui d’ailleurs rime avec locus 12899) doit être leus,jeus (feus), ce qui permet de se rendre compte de la rime des vers 10237-8 et 2 2 255-6, leu:preu 4.
1. Pot (=potuit) rime avec ot (=habuit) 238 1. 2951, etc., et ne doit pas, par conséquent, être écrit pont.
2. Il faut encore signaler la rime ue : e (dans duel : braiel 20999, :chevel 27167), qui correspond au groupement ueu : eu, que fournit dueus dans les exemples cités dans ce paragraphe même, et aussi la rime ue : ie dans muert : porquiert 601.
3. Nous donnons les formes théoriques régulières, sans préjuger les questions de prononciation et de graphie.
k. Preu (toujours écrit prou dans M2) rime avec neveu i4o3i. 24937 et avec veu (= votum) 21179. 21983.
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Nous avons ainsi un nouveau pendant aux deux groupements ou : o (avec o fermé et o ouvert) et au groupement ui : i«.
Lues M2R (locos) : fues (« fiefs ») M2R ( lous : fous N, leus : feus F) 6109. 28071, nous semble devoir être lu leus : feus; il ne faut pas oublier que oilz (oculos) et fieus figurent à la même assonance (oe) dans le Rollant.
Enfin, il convient de s’arrêter un instant sur bues = boves. Ce mot, qui rime, selon la règle, avec ues (= opus) 1339. 1707, rime, aux vers 12037-8, avec lues adverbe. Il semble bien que lues, à qui on donne communément comme origine loco -h s adverbiale, ait été traité autrement que locus, locos. L’étymologie locis permettait, ce nous semble, d’expliquer ce changement de traitement et aussi la raison du maintien, dans la graphie, de ue (pour ce mot et pour lueques), à une époque où ô était depuis longtemps passé à oe ou même à eu moderne.
UI, I. — ui provient ici, très régulièrement, de ô latin, suivi d’un yod provenant d’un i en hiatus ou d’une gutturale ( truis , pruis, nuit, cipui, nuire , etc.), ou (Je ü long + yod ( duire et ses composés, fruit , etc.).
Il rime souvent avec i de toute provenance, ce qui prouve que la diphtongue était, ou du moins commençait à être ascendante. Cf. destruire : martire 2629, : ocirre 9583; enviz : destruiz I2i3i M2, respit : nuit 24679, : enuit 4m; cuit : desconfit 9279, eslit : recuit 3 puis 6017 M^Rj pris (pretium) : truis 67. 717. 2037/; 17295, : puis 42i3; conquis : puis 1709, sis : truis 2808^ muire : mire 11847, Tiuire '• Taire 113701, puisse : isse 15259. 23o45. 29725, : honisse 63 1 5.
ui est réduit a u dans pertus (cf. pertus ; desus 7789, : jus 1 5 1 7, : plus 28745) et us (ostium) i542i (: plus).
B. — Consonantisme.
I. Palatales. — Sace rime, comme dans beaucoup d'autres textes, avec des mots en -ace — te (ti), ce (ci) H- A^oyelle : sace : place ( subst.) 21279. 25329, face 6173. 8715. 10765. 19891, : Trace 7693. 26615. 26945. Il faut sans doute admettre une
1. Si ce rapprochement ne paraissait pas convaincant, rien n’empêcherait d’ad-
mettre les rimes cieus : gieus, cieus : lieus, vieuz : ieuz; mais alors la rime leu : preu nous obligerait à admettre deux formes differentes pour le produit de locus.
forme latine *saciam refaite sur faciam. — Les formes primitives tace, place sont assurées par les rimes: tace: face (subj.) 2548i, place : face (subj.) 839, : menace io83; des place : face (subj.) i5g3, :face (subst.) 26067, etc. Mais les formes nouvelles le sont aussi : taise : aise 23i3i, plaise : aise 20091, desplaise : aise io3q5. 2 2455.
Le suffixe -itia donne ordinairement -ece : deslrece : hautece 455, : for ter ece 2201. 4ig3, etc richece :proece 4627 (cf. Boece : Grece 333g, 10793); mais on trouve aussi proeise 2g3g (: corteise).
Les formes negun et segur (s eg ura in), signalées par M. Stock dans le Roman de Troie comme dans la Chronique, ne peuvent être assurées ni par la rime ni par la mesure du vers. Sur six exemples de negun qu’il relève dans l’édition de Troie, deux seulement se retrouvent dans M2, i32i4 et i33g5 (les autres mss. ont neisun ou nul). Il est vrai que M2 en a d’autres qui lui sont particuliers; cf. i25o. 1274. 5282. 5348, etc. Pour segur, à l’exemple unique cité, 4475, M2 donne seüre; de même, seüreines au vers 1 4883, au lieu de seguraines , que donne l’édition (et aussi H), et seüriance (avec MlE) au vers 27385, où l’édition donne seiirance, et AV segurance. Il serait donc, ce nous semble, imprudent d'attribuer ces formes à Fauteur.
H. — L’h est presque toujours muette dans hauherc (l’auberc), ordinairement écrit auzherc, osherc dans M2 et dans le fragment de Bâle (B1), ce qui confirme. Cf. 8807. 10025. i4n6. 21469, etc. — Il en est de même de heaume (Veaume); cf. 1881. 2335. 6532. 18529, etc.
II. Dentales. — A la 3e personne du singulier du parfait des conjugaisons autres que la première, le t ne persiste, selon la règle, que lorsqu’il est protégé par une dentale (vit 56. 10823, etc., cf. s’entroblit (au subj.) 21. 1 46g5), ou une labiale (dut 236i. 27777, conut 4333. 7599. 7695. 9921, etc.; crut (= crevit) 2817, mut, ii863, etc.), et dans les parfaits faibles en u (corut, morut, valut, etc. *). — Fu est
I. Aux vers 55-6 : N’est merveille s’il i faillit, Qui onc n’i fu ne rien n’en vit M*R, où FN, pour rétablir la rime avec failli, écrit : Car onc vérité n’en oi, il faut voir une exception, à moins qu’on ne préfère la leçon de DE, Il i faut, sin somes par fit (« tout à fait sûrs »), où la présence du t serait aussi étonnante, indépendamment de la place irrégulière de par, dont on trouve cependant ailleurs des exemples isolés; nous n’oserions, en effet, lire o arjît (= perfecti), à cause du sens. 11 est curieux