L. CONSTATS
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seul autorisé par la rime, à l’exclusion de fat. Cf. fa : ba 1025g, :vena 8969, :eü 3oo3i, etc.
A côté de cait (= cogito) i46i5 ( : recuit), 011 trouve, et beaucoup plus souvent, du moins à la rime, cai. Cf. cai : lai 5773. 6g3g. 12287. 24o53. 29187. De même, la dentale finale est tombée, au lieu de se changer en/, dans dei (dltam pour digitam). Cf. dei : tei 63o5, :mei8 533. 16889, se/8607, m’9689.
On ne trouve dans Troie ni le masculin lai ni le féminin laie, qui se rencontrent dans la Chronique ; mais seulement lait à la rime (cf. lait : retrait 34g, laiz : faiz 225, etc.), et laide à l’intérieur.
Enfin, nous signalerons la chute de la dentale finale dans bor 23379 (:or)> dans nequeden i864i. 23687 (: Troïen), 5oi5 (; sen M2) : il n’y a pas de rime qui assure nequedent1.
III. Labiales. — En ce qui concerne les labiales, nous n’avons à signaler que la chute exceptionnelle de Vf finale, issue de b, de p ou de v : tré : gré 19285, chié : comencié 2 2465, chaiti : Heleni 16371.
IV. Continues. — On sait que, lorsque Y s était suivie d’une liquide, d’une spirante ou d’une sonore, elle était sonore et a disparu de très bonne heure dans la prononciation (déjà, dans le Rollant , blasme, pasme figurent à l’assonance en a , tandis que, lorsqu’elle précédait une sourde ( p , t, c), elle était sourde et n’a disparu qu’au xne siècle, et tout d’abord dans les poèmes de Wace, de Benoît de Sainte- More (la Chronique comprise), de Guillaume de Saint -Pair, de Marie de France et de Garnier de Pont-Sainte-Maxencea.
Ainsi, la rime setmes : pesmes 7969 n’est admissible que si l’on prononce sèmes $ : pèmes : or, la graphie semes se trouve plusieurs fois dans M2, et au vers 7898, où
que M2 offre un autre exemple de faillit : dit : f. 282g, leçon appuyée en partie par F, qui donne dit : contredit, et par les autres mss.. qui retournent les deux vers de façon à amener la rime correcte bien : rien.
1. Dans l’exemple des vers 5oi5-i6, cité par M. Stock, où RM1 éd. donnent nequedent : esgardement, M1 donne neporqaant : esgardement, M2 donne au deuxième vers : Par grant esgart e par grant sen, et F, retournant ce vers, écrit : Par grant esgart es par san grant, ce qui l’oblige à écrire au premier vers neporquant, comme M1, changement qui se présentait de lui-même.
2. Elle se prononce encore dans Chrétien de Troyes, qui est postérieur. Voy. Fœrster, Cliges, p. lxxiii, et G. Paris, Romania, XV, 6 1 4 sqq.
3. Pour l’amuïssement du t devant m, cf. uitmes : pruismes 8079.
M2 a seine, F écrit seine. Les exemples qui suivent montrent que, clans le Roman de Troie, l’s est également muette devant une sourde, du moins devant t : destre : sceptre (pron. cètre) 22985, saietes : prestes 7839, saie te : preste 9017, arbaleste : saiete 28755, hastent : combatent 843g, deshait : plaist 13617, ocist : petit 12267, dit (part, passé) :fist i4o8i, crisolite : ametiste 14689. 16659, ^ es •’ escrites 16761; uitmes : pruismes 8079.
La distinction de s et de z n’est pas strictement maintenue, surtout pour certains mots.
Pris (pretium) rime plus souvent en s : pris : pénis (= pœnaivus) 23893, : aidis 8147, : Relis 1 39 1 6 l, : Eüf remis 12161,
: Filimenis i5865, : lis (irc personne) 17487, : Paradis 13371. 16639, : païs 7713. 1298611. 23281, : des confis 19247, : lis1 (lilium) 1 4845, : trais 67. 717. 2037. 17295, :maumis 24007,
: sis 6697, : apris 6779.
Pour z, nous n’avons trouvé qu’une rime sûre : priz : diz (clictos) 19689. Les rimes avec dis (decem) ne sont pas décisives (voy. ci-dessous).
Dis (decem) rime d’un côté avec piz 84 13. 22127, de l'autre avec vis 23391, sis 6747. i4oo3, et, enfin, avec pris (pretium) 3i3. 7785. 13379. 25665, qui admet comme lui s et z. Mais diz, 2e personne singulier du présent de dire, ne rime qu’en z (: cû’z(dictos) i5363, : merciz 8899, : marriz g8i5), tandis que la ire ne rime qu’en s (: enemis 2 245, :païs 6607. 25708) : c’est sans doute un hasard. Raïz a z : raïz : escriz 1 280 1 .
Fis, irc personne du parfait, a toujours s : vis : fis 24525; mais fais, 2e persoi ne du présent, est douteux à cause de deux rimes avec pais , qui est hybride (4097. 20629); cf. fais : revais 2657. De même fais (fascem), qui est fréquent : fais : eslais 7263, :mais 7753. 8949. 19253, :esmais 221 55, : Achillès 26947 ; la rime avec pais 26703 laisse quelque doute.
Pais a tantôt z : paiz :faiz (factos) 25787, : laiz 4385. 6667, : traiz 9203; tantôt, et plus souvent, s : pais : mais 3283. 3583. 3697, etc., : mauvais 35o5, : Ulixès 25233. 26695, : Circès 26843, etc.; les rimes avec palais 12757. 27371 restent indécises, mais appartiennent plus probablement au groupe
1. Cf. la rime lis : sis i33ig, qui montre qu’ici ce mot n’a pas le z, qu’on peut observer dans certains textes du xue siècle. Toutefois, il faut mentionner, à
titre de renseignement, la rime Cador de Liz : Daviz (rég.) 8091, où il n’est pas sûr que Liz soit lilium. Ici même, on a fiz (filius) et non fis. Voy. plus bas.
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des rimes en s, car ce mot n’offre pas de rime probante en z, tandis qu’il en a plusieurs en s : palais : mais 3019. 1 i8i5, : adès n583.
Feiz (— vicem) a toujours z. Il en est de même de fiz (= filius) : flz :mordriz 675, : hardiz 2189, : esliz 3567, etc., même au régime singulier: fiz : merciz 17007, ; entrepleviz 24829, : saisiz 28438, etc., et au sujet pluriel : fiz : esliz 28497. Mais fil se rencontre aussi, rimant toujours avec des mots où 17 est suivie d’un yod , et, par conséquent, probablement 1 mouillée : fil: péril 27767, : gentil 2 6269. — Péril a un z quand il prend Y s flexionnel : saisiz : periz i35o3, periz : partiz 21895, etc., ce qui indique la mouillure, au moins facultative, de 17. Au contraire, sorcil rime probablement en s : sorcis : soutis 5n3, dont il faut rapprocher soatis : bis 21 921 .
La confusion de s et de -z semble être une pure négligence dans mis : fis (fidus) i3o685.
Bracchium donne ordinairement braz : braz : esclaz i4o85, : maz 2o563, : parz 19167, : baraz 2i385, : talevaz 2ii4i- 22755, etc. Braz rime également avec faz (facio) i63i. i85g, etc. (qui rime avec solaz 150761), avec laz 53g5. i3o65. i3355 (qui rime avec plaz 2 4 1 3g, faz 17655, et solaz 1281), avec porchaz 26637 (<ïui rime avec faz i5o5j. 25585. 28579). Aucun de ces mots ne rime en s, sauf braz qui rime avec a cas au vers 26085 : Adonc rechiet pasmée a cas , où la variante de M2, e quaz, suggère une correction probable : e quasse : sa brace.
Un point intéressant à noter, c’est le 2 pour Ys aux cas en s des noms verbaux conrei, convei, tornei, otrei : conreiz : palefreiz 4789. 5327, ; estreiz 2863 1, : dreiz i5657, : baillereiz 9795, : freiz 9257, : feiz 5027 (cf. conreiz : torneiz 2445); — conreiz : feiz 17359, ; destreiz 2io3i ; — torneiz : feiz 6597. 11949. 21169, : destreiz 15119. 21219, : herbeiz 23529; — otreiz : dreiz io443, : feiz (fides) 26i5i, : prez (= prest -f- s) 218901. 27185 (peut-être aussi 11713 : vondreiz : otreiz FGN).
1. Nous disons «probablement», parce que, à côté de péril : gentil 4ioi, péril : eissil 4i3g. 25073, on a péril : il 11775, et, d’autre part, eissil : il 2899. 3299. 7499. 10379, eissil : il 4009, eissil : mil 19615, où il semble difficile d’admettre la mouillure.
2. Gentil a VI mouillée dans certains textes, par exemple dans le Roman de Thcbes, comme le montre la rime seveliz : gentiz ioi55, où le z ne peut provenir du mélange de s et de z, inconnu à ce poème. Voir notre édition, Société des anciens textes français , 1890. Ici nous n’avons que s : gentis : vis (vivus) 26707, : bis 35969' ; cf. vis (= viles) : chailis 12969. Dans la Chronique , il y a s et c.
Conreiz s’explique par la dentale du primitif germanique red : il a probablement influencé les trois autres mots de terminaison semblable.
Pour z résultant de la disparition de l mouillée devant s, voyez plus bas, aux Liquides.
Ann 4- z donnent cinz : ahanz : combatanz 3731, :anz 679; anz : granz i5g. 23o3g, panz : branz 9929. — Au contraire, rn 4- s (dans jor) ne donne qu’une rime en z : corz : jorz 799, contre deux rimes en s : jors : estons 28105, : colors 2353. Pour ton (tornum), nous n’avons relevé qu’une rime en s (: dotons 4877), aucune en z.
Y. Liquides. — L7 suivie d’une consonne est complètement vocalisée, comme le prouvent les nombreuses rimes citées plus haut (sous ou, p.^), et les rimes suivantes : hosteus : damedeus 10981, teus : deus 13759. 2go33, : Gneus 5335. 6765 ; channeus : damedeus 61, auteus : deus 26101.
Exceptionnellement, 17 tombe sans compensation devants dans tés (taies) : nemés 1 94g5.
Les mots en è ou ï 4- / 4- yod 4- s donnent simplement eiz : conseiz : segneiz 6955. 19927, : sacheiz 19839, : feiz 12943. 197 11 (FNM éd.). 19939. 26537. 26847 (M2FN), ; dneiz 26908 4 apaneiz : fneiz 22527, anteiz : feiz 19147, tnepeiz : fneiz 7371, feeiz : dneiz 29859, feiz : conseiz 19939, etc.; ceux en ï 4- l 4- yod -4 s donnent -iz (exceptionnellement -is) : peniz : pantiz 21895, : manniz 26869, : tnahiz 28761, etc.; fiz : espeniz 29271, ; ganiz 29321, : petiz 27193, : obiz 28929, : depantiz 28o3, etc.; mais vis (= viles) : chaitis 12969 (cf. p,*&, n. 2). Ce traitement de 17 mouillée n’a lieu ici que si elle est précédée de ï ou de ï (voyelles palatales), non pas si elle est précédée d’une voyelle vélaire ou semi-vélaire, comme cela a lieu dans la Chnonique (munaiz, genoiz).
Devant un t, 17 mouillée se vocalise comme 17 pure : despout (despoliet) ; coust 84oi.
Esmal rime en al (: igual i58g); de même munal (: val 18495) et fenmal (: mal i4652 ^).
Le produit de ë, ï latins 4- l rime avec le produit de è, ï latins 4-/4- yod : esteiles • menveilles 29652 1 FNM. Ces deux vers manquant à un grand nombre de manuscrits, la forme n’est pas tout à fait assurée, car les rimes de mots similaires, comme veiles ( vêla -4 s) : esteiles ( *stëlas pour
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stellas) 1121. 5971. 2833 1, ne prouvent rien. Elle trouve cepen dant un appui dans le Roman de Thèbes, 847, celles (celas) : merveilles, dans le Drame d'Adam, pages 60 et 62, esteilles : merveilles, et dans la Chronique, 33g6o, merveilles : veilles.
I après i est souvent remplacée par r dans les mots suivants : Pire (Pylos) : sire 9127, : pire 9215 (cf. Pile : vile 3527); — Sezire (Sicilia) : empire 8101 ; — concire : dire 6713. 19913. 24715. 25575, : empire 20 r. 517. 19913 M2 (cf. concile : vile 24895); — mire (milia) : pire .7987. 9769. 12289. i39ï3,
: ocirre i8i43.
La prononciation de IV devant une 5 semble avoir été assez faible pour que l’auteur ait fait rimer parfois voyelle (ou diphtongue) + r 4- s (z) avec voyelle (ou diphtongue) H- s (z) : galos : Prolhenors 8645, resplendors : dous (duos) 1 458 1 , Grezcis : veirs 9373, Achillès : envers 10637, dos : entors 14399, se cors : vos 4189, vos : plusoi's 18247, csforz : noz 19851, lais : travers 19695, sospirs : entends i4g65 FNR; — ou même voyelle (ou diphtongue) 4- r 4- s (z) avec r 4- voyelle (ou diphtongue) 4- s (z) : bras : parz 19167, : regarz 1267, Esdras : eschars 6865 M2R, mars : Eiifras 7943, Epistroz : morz i2o5i FN, estros : secors 8881, proz : jorz 5977, près : envers 19123, enverse : presse 8980 \ Perse : engresse 1 4 1 73 , grosse : destorse 9271, gros : cors 10760 33 , treis : veirs 18955.
Signalons encore la rime de voyelle (ou diphtongue) -I- r 4- consonne autre que s (z) avec voyelle (ou diphtongue) -}- consonne autre que s (z) : piece : tierce 1759, roge : serorge 13785, force : caboce 2i3o5 M2y. 27043, corage : encharge 21915, barge : rivage 27503 ; celle de r + voyelle + muette avec voyelle + muette + r : trovent : covrent 7219, et celle de voyelle 4- n + muette 4- r avec voyelle 4 n 4- muette : encontrent : acontent 8647 1.
Avir, qui rime avec plaisir 5g45, remonte à *adbitrium, forme populaire admissible pour arbitrium : cf. adbetere el ar, vieille forme de ad.
Les deux nasales m et n sont assez voisines pour pouvoir, par licence, rimer ensemble. Cf. tienent : criement io485. La rime de la liquide l et de la nasale 11 est un peu plus hardie. Cf. Aténes : télés 5683, espaules : aunes 20617.
II et h semblent confondus dans les rimes suivantes : mai-
1. La prépondérance est, au contraire, donnée à l’r dans la rime membres : tendres 53 1 5 .
LA LANGUE Dl ROMAN ÜE TROIE
gnent (indic.) : acompaignent 25007, demeigne : remaigne 25o5i, saine : areine ii25i M2EHM, estreine : régné 8.317. Pour ce qui est du premier exemple, nous constatons que la forme maignent à l’indicatif se rencontre également dans la Chronique, y. 23g55 (: constraignent) : il y a là sans doute un cas d’analogie. Demeigne, qui se rencontre isolément dans plusieurs textes, est une forme parallèle de demeine, qui n’est pas incompatible avec l’origine du mot, dominium (cf. chevetaigne , à côté de chevetaine 37 181. 81 25). Quant à saine (pour saigne)f que l’on trouve ailleurs, surtout écrit sainne (cf. prov. sannar, mod. sannà), il est probablement dû à l’influence de la première n de sanguinare , sang’nare. Régné , mot savant, se trouve un peu partout avec une n pure; cf. la rime si fréquente femne : régné 3g37, 4o83, etc., régnés : femnes 19611, et de plus estreine : régné 8317.