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III. — FLEXION

A. — Substantif, adjectif et participe

I. Masculins parisyllabiques : Cas régime pour cas sujet. — Le système de la déclinaison est déjà sensiblement ébranlé dans le sens moderne, principalement dans la ie déclinaison masculine. La substitution du cas régime au cas sujet a été relevée par nous dans plus de i5o exemples. Naturellement, les manuscrits plus éloignés de l’original par leur date cherchent souvent à rétablir la correction grammaticale, au risque de rendre l’expression moins nette ou de s’écarter de la phonétique de l’auteur. Il serait superflu de donner ici une liste complète : nous nous contenterons de faire observer, en citant quelques exemples, que la plupart des violations de la règle se rattachent aux cas suivants :

i° Sujet placé après un verbe au singulier pris impersonnellement, accompagné d’une négation et souvent aussi d’une particule indéterminée (onques, aine , etc.) :

633o-2. Ne me remest seror ne frere,

Ami, parent ne bienvoillant :

Ja n’avrai joie a mon vivant.

Cf. 26123. 26782-4, etc.

REVUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI

9623-4. Que il seront hui desconfit :

N’en seit or ja plus pris respit.

1 6769-70. Onques ne nasqui chevalier

Del derreain très qu’au premier.

20228-9. De mei n’iert ja fait bon escrit,

Ne chantée bone chançon.

Cf. 14595. 1 4834, etc.

De même, mais moins souvent, dans une proposition affirmative :

6673-4. Et de Lacoine, qui tant vaut,

I vint Eufrème l’amiraut.

23853-4. Tant com il seient dui ne trei.

Iluec asembla tel tornei...

Les exemples, peu nombreux d’ailleurs, où le nom est au pluriel, empêchent qu’011 ne soit tenté de corriger le cas régime en cas sujet, alors même que la correction est suggérée par certains manuscrits postérieurs. Cf. i4i66 : Car or i avint unes genz M2 ( Car venu i sont MŒM, Car venue i fu éd. , Mès lors i uindrent N, Après venoient F)1.

Cette construction provient évidemment par analogie de la suivante :

23869-70. Ou ot ocis mil chevaliers

En sol les quatre jors premiers ;

et celle-ci n’est qu’un cas particulier de la tournure bien connue (il) a, i a (toujours avec le cas oblique), qui nous est restée. La tournure impersonnelle actuelle (il arriva trois voitures de provisions, il surgit des difficultés , etc.), où, toutefois, l’ellipse du pronom neutre il n’est plus possible, explique suffisamment les tournures dont nous nous occupons. Pour des exemples tirés d’autres textes, voyez Ad. Tobler, Vermischte Beitræge zur franzœsischen Grammatik (Leipzig, 1886), page 19 1 et suivantes.

20 Nom ou adjectif en apposition au sujet à l’aide dè

x. Les exemples du pluriel pour le singulier avec un, surtout au féminin, ne sont pas rares dans notre poème, comme, du reste, ailleurs. Cf. en uns vergiez Lor fu Talamon enseigniez 3869-70 (FRHIA^M éd.), en unes places 7689-28352, unes tors 2 3353, unes aires 25708, unes gomes esperitaus 14821, et voyez Lebinski, Die Déclination der Substantiva in der Oïl Sprache. I. Bis auf Chrestiens de Troies (Posen, 1878), p. 38.

l’article ou d'un adjectif déterminatif (démonstratif, possessif, etc.) :

237o41-2. Que Pirrus amena o sei.

Licomedès, le riche rei...

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