‹ La langue du Roman de TroieChapitre 8 sur 22 · De querre Esiona, lor ante · texte numérisé non relu

De querre Esiona, lor ante

Com Antenor, le riche cante,

L’ala en Grece demander.

23795-6. Ghascun jor creissent lor damage.

Pirrus li forz, li proz, li sage...

Cf. 3029. 1 1 1 7 1 . u335. 12722. 16823, etc.

3° Adjectif en apposition indirecte au sujet, c’est-à-dire modifiant l’idée du verbe et équivalent à un prédicat (rare) :

1 9779-82. N’i distrent plus a cele feiz :

Toz deshaitiez e toz destreiz,

A Agamennon repairiérent.

238001-2. (Vint au tornei)

Des armes son père adobé :

Soz ciel nen ot plus bel armé.

2461 3-4* Puis gar qu’il n’en estorcent vis :

Se tu les aveies ocis...

Cette construction est surtout employée avec premier :

2269-71. Herculès respondi premier :

Leial conseil et dreiturier Donez, sire, sanz nule dote.

Cf. 1786. 2785. 3339. 8467. 12037. I2373. 28552, etc.

Cependant le cas sujet se rencontre aussi, et plus souvent :

8293*4. Hector josta trestoz premiers,

Veiant dis mile chevaliers.

Cl. 234i. 833 1 . 95 1 3 , etc.

4° Adjectif ou participe employé comme prédicat :

3909-10. Lor a vrons tel do mage fait

Qui a toz jors iert mais retrait.

6355-6. Tant com aie cent chevaliers,

E se ne fusseiz messagiers...

6865-6. De chevaliers ne de serjanz :

As Troïens seront aidanz.

10617-8. Ne chevaliers de si grant pris :

Il et Hector sont enemis.

i84a8-3o. Qu’il ne garde lei ne droiture.

Noblece, honesté ne parage.

Vers amor qui puet estre sage?

Cf. 33 1 . 18599.

REVUE DES UNIVERSITES DU MIDI

Cette catégorie est de beaucoup la plus nombreuse, et les exemples du pluriel sont bien plus fréquents que ceux du singulier : ce qui montre que la langue de Benoît tend déjà sensiblement à la distinction du pluriel au moyen de l’s (z). Le singulier n’a, d’ailleurs, pas encore d’s analogique au cas sujet dans les déclinaisons à accent mobile et dans la 2e et 3e latines en er : sur ce point du moins, comme pour les noms féminins (voy. plus loin, § IV), l’altération est moins avancée I.

5° Sujet du verbe mis au cas régime :

84 1 5-6. Des lances volent les esclaz :

Moût fu sor lui granz li baraz.

12943-4. Grant sont li renc, grant les conseiz,

Qu’il se mandent par plusors feiz.

18725-6. Achevée tresqu’a petit.

Ainsi com reconte l’escrit (cf. 18951).

22685-6. Dont set cenz chevaliers esliz Orent sanglenz testes e piz.

Cf. 10738. 12440- i45o8. 17367. 23344* 2538o. 26537, e^c*

6° Sujet d’une proposition elliptique après corne (peut-être après plus que), dans les phrases comparatives (emploi assez rare) :

14419-20. Cil l’a hurté corne vassal

Fortment de sei e del cheval (cf. 27784).

8945-6. Ensemble traistrent cele part

Fier e hardi plus que liepart (M2E).

FMJM éd. donnent corne l. : il y a probablement lieu de corriger, d’après les vers 7228 et 854o, plus de liepart (texte critique).

II. Cas sujet pour cas régime. — Les seuls exemples à citer concernent presque tous le mot fiz2 :

28436-8. Quant li père Palamedès

L’ot pris e qu’il en fu saisiz,

Bien en voleit vengier son fiz.

1 . Dans un certain nombre de cas où l’emploi du cas régime pourrait s’expliquer par ce fait que le mot sert de prédicat, il vaut mieux admettre le neutre. Voy. plus loin, $ III.

2. Nous rappelons une fois pour toutes que les exemples omis par nous, parmi ceux que citent Settegast et Lebinski, ne sont pas justifiés par la critique des manuscrits.

Cf. 17007. 28497. Il s’agit d’ailleurs d’une forme qui a prévalu en français moderne et qui était de bonne heure entrée en concurrence avec la forme régulière Jil avec l mouillée T.

Mahez (rég.) 7975 (: apelez), pour Maheut, offre une double irrégularité.

Contenz 2809 M1 2 (:genz). 7751 (:enz). 17169 (: adenz) et esforz 9619. 10925. 14^99. 21479, sonl invariables. Gela tient évidemment à ce que le premier se rattache à cum-*tentiare (cf. contencier), et le second à ex-*fortiare (cf. esforcier).

Gluz au cas régime 1720 (Gart ne seies ciperceüz. Or te baillerai ceste gluz) ne semble pas devoir être corrigé en admettant l’emploi du prédicat au cas régime (aperceü : glu): on trouve, en effet, la gluz à l’intérieur du vers 1891 dans M2FDE.

Bien qu’on ne trouve ni dans le Roman de Troie, ni ailleurs, sen au cas sujet, il n’est pas sûr qu’il n’ait pas été considéré, au Moyen-Age, comme un mot différent de sens. Il est donc peu logique d’admettre cette forme comme un doublet de sens au cas régime, comme le veut Lebinski (loc. cil., 18). Voici les exemples que fournit à la rime notre texte : sen : Troïen 2695. 58i3. 68i5. 12475. i32i3, : Asternanten 15387, : Otevïen 28593.

Il faut noter à part un certain nombre d’exemples du cas régime au pluriel, où il ne faut pas voir l’emploi du cas sujet pour le cas régime, mais qui s’expliquent par l’emploi fréquent en ancien français de noms abstraits au pluriel, là où le français moderne met le singulier :

i453. Moût l’a espris de granz amors (cf. 84o5).

1268-4. Moût i a Medea ses ieuz,

Douz, frans, simples e sanz ergueuz (cf. 5094).

9189-90. Greu l’asaillent de granz vertuz,

Mais vassaument s’est desfenduz (cf. 719).

17007-8. A toz crie Prianz merciz

De la venjance Hector son fiz.

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