V. Kvinti Arntias selansl te^ alpan turke
Le mot alpan, qui accompagne turke, appartient à la racine alp, olpÇV. UL), qui signifie : richesse, distinction, bénédiction, bonheur ; àX©-^, honneur, distinction. On peut le rendre par hommage.
Dans la seconde inscription, le mot selansl, que nous rapprochions plus haut de tlenakes, est de la racine sel et signifie beau, brillant. Le terme te%, que ce mot qualifie, appartient à la racine te^,
TUZ, qui signifie ordre, radiation. Ces deux mots ensemble servent à désigner l'objet d'art.
Ils ont pour parallèle dans la première inscription, le mot kulpiansi; celui-ci appartient à la racine kil, cil, (V. JIL), qui indique aussi, d'une part, le rayonnement, l'éclat, et qui, d'autre part, donne l'idée de faire éclater, de tailler, de couper, de « sculpter. » T. jak, kilbian, rayonnement, éclat. Ces deux sens de la racine conviennent au cas présent.
Ces inscriptions signifient donc : « A V. Kvinti Aruntias, belle statue offerte en hommage. »
« A V. Kvinti Aruntias, objet beau et précieux offert en hommage. »
Une statuette d'Apollon lauré qui est à Paris, au cabinet des médailles, porte ce texte :
Mi fier es ...ulare aritimi Fastî Ruifrim trke klen hya.
Le mot qui suit fleres est d'une lecture douteuse au commencement ; mais on sait qu'il doit désigner Apollon ; le nom aritimi est employé comme épi-
thète de ce dieu, et signifie : du matin; c'est une variante d'Artémisius. Le don est fait à Fasti Ruifrim par un de ses enfants qualifié de clen ceya. A cause de la permutation possible du s et du c, il faut voir dans ceya une forme orthographique de sey ; clen ceya est donc la fille. Le sens de l'inscription est :
« Ceci est la statue du soleil du matin. A Fasti Ruifrim ; don de sa fille. »
Sur une statuette d'enfant on lit :
Velias Phanaknal Thuphlbas
alpan menaye clen ceya tubines tlenayeis .
On connaît les deux derniers mots; ils signifient : très belle offrande funéraire. L'objet est offert en hommage, alpan, à Velia, par sa fille clen ceya: Le seul mot encore inconnu est menaye, qui suit alpan.
Ce mot appartient à la racine man qui indique la prééminence ; il doit signifier : pour honorer; T. jak. mahi, témoignage honorifique.
Le sens de l'inscription est donc :
« A Velias Phanaknal Thuphulthas, hommage et témoignage de vénération de sa fille. Très belle offrande funéraire. »
Sur la statuette d'un dieu lare, conservée au British Muséum, se trouvent ces mots :
Kanvate selvansl Leftanei alpnu ecn turke Lartii.
Le mot que qualifie selvansl, kanvate, est de la racine kan, gan, (V. KUN) indiquant la douceur, la beauté, l'agrément (Cf. kana). — Entre alpnu et turke est un mot ecn, qu'il ne faut sans doute pas confondre avec le démonstratif cen, mais qu'on doit rapporter à la racine ag9 eg (V. AK), signifiant l'élévation, la quantité, l'honneur, la louange ; uig. okmek, louer, estimer ; ayav, beaucoup.
Le sens du texte est : « Objet d'art agréable ; offert en témoignage de grande estime à Leôanei par LarOi. »
Un vase étrusque est décoré d'une scène qui
représente Alceste et Admète. Derrière Alceste est Charon qui se prépare à la frapper de son marteau. Alceste et Admète sont désignés par leurs noms : Atmite, Alksti ; et près de Charon se lit cette inscription :
Eka erske nak ayruni fier Orke.
Etant donné le sujet, il est aisé de reconnaître dans ayrum le nom de l'Achéron . Il se peut d'ailleurs que, dans l'esprit des Étrusques, l'Achéron n'ait pas été un fleuve, mais un symbole de l'amertume de la mort ou de sa tranquillité : T. uig et c'ag. akru, douleur ; T. uig. akru, silencieux; c'ag. agrin, ogrin, silencieux, secret.
Le mot nak, qui précède ce nom, est de la racine ank, ONG, désignant la principauté, et signifie : le maître; aval;.
Quant au mot erske qui doit aussi désigner Caron, il appartient à la racine ER ou erk} indiquant d'une façon générale la force, et peut-être plus spécialement ici la rudesse, la dureté; cf. rigor.
Il faut traduire :
« Ce personnage est le dur maître de l'Achéron ; objet d'art [offert] en don. »
Izj.0 LA LANGUE ETRUSQUE