INTERPRÉTATION DES INSCRIPTIONS PRISES POUR EXEMPLE
D'après ce qui précède les six inscriptions dont nous avons donné le texte au début de ce chapitre doivent être interprétées comme il suit :
1 . Tous les mots sont expliqués, à l'exception de parais, à'eterav et de papalser.
Paryis est un mot de la racine par, BAR, indiquant la communauté; c'ag. barca, tous ensemble; ait. arkis1 ', caravane, par l'idée de compagnie. Le vocable se retrouve dans l'italien parocchia.
Eterav est de la racine et (V. AT), signifiant compagnie, amitié ; il. répond au grec ê-capeia, société, hétairie.
Papalser, de la racine ap, pàp (V. AB), doit signifier aïeul ; tzv.tz%qc,.
L'inscription doit se traduire :
« A AleOnas v. v. Thelu, élu de la pairie, élu de rhétairie, ses deux fils honorables ; cinq fois élu ; bien né ; 69 ans1. — Six aïeux honorables. — Un ancêtre prince, 66 ans. »
2. Dans la seconde inscription, ne sont pas encore connus deux mots honorifiques à la dernière ligne, et le mot tentas à l'avant-dernière. Les deux mots honorifiques sont eftl et matu.
1 . 69. Il peut y avoir doute sur le premier chiffre, mais la lecture 69 convient mieux que 29.
E§1, de la racine et, AT, indique le nom, la valeur, la noblesse; saOXoç, bon, s'y rattache par insertion de s ; cf. les noms propres tels que Attale, Attila, l'allemand edel.
Matu, mot de la racine BAT, signifiant haut, puissant ; uig. batumafc, devenir puissant.
Tentas. La formule ^lc maruyva tentas doit être comparée àmarunuy^ spurana cepen tenu. Ce rapprochement semble indiquer que tentas est un relatif du mot TEN que nous connaissons comme nom divin. L'ordre de magistrature désigné par marunuyya est placé sous la protection du dieu Ten.
L'inscription se lit :
« A ArnO AleOnas fils d'Arn8, 43 ans, serviteur du Père Tamera, ses six fils princes, nobles ; élu juge de Ten; noble, puissant, bon. »
3. Dans la troisième inscription, un seul terme est inconnu : le mot cepen qui précède tenu. Cemot, qui qualifie le nom divin, est de la racine cap, cep (V. KAB) et signifie chef, grand ; c'est lui qui reparaît dans le nom propre latin Coponius, dans le nom de montagnes Cévennes, dans le titre d'échevin. lia en étrusque un analogue en p initial :
pepnas. Cette inscription doit être traduite : « Aules AleGnas, fils d'ArnO et de Thanaquil Rufi; élu, supérieur, prince, magnifique ; juge du grand Ten ; deux fois prytane de Ten ; deux fois préteur. »
4. Dans la quatrième inscription tous les mots sont connus. Le sens est :
<f Larth Alethnas, fils d'Arnth et de la fille de Rufi ; 60 ans ; bienheureux ; honorable, de bonne race ; [serviteur de] Tamera brillant, haut, grand. »
5 . Dans la cinquième inscription, en passant la seconde ligne abîmée, il ne reste qu'un mot non encore connu, muleth. Ce mot, de la racine muh BOL, indique la masse, l'importance; cf. les mots latins moles, multus. Le sens de ce texte est :
« Arunth Alethnas fils de Sethre ; important, magnifique, élu; bienheureux, honorable, de bonne race. 70 ans ; bienheureux. »
6. Dans cette dernière inscription, tous les mots sont connus. Voici le sens : « Arunth Gurcles,flls de Larth et de Ramtha fille de Nepti ; élu de la pairie, grand ; juge souverain du grand Ten ; X 5 ans; bienheureux. »
INSCRIPTION DE CAMNAS LARTH
Camnas : lari) : lardais : atnalc. clan an iufti. lavtni : ^ivas : ceriyu tt'samsa : sw6zÔ : atrs : rc \ escunac : alti suftiti muniï xivas murs! XX
(Tarquinii, Fabretti, n° 2335)
La première ligne de cette inscription contient le nom du possesseur principal du tombeau : Camnas Larô, fils de LarÔ etd'Atnei.
Dans chacune des trois autres lignes est répété le mot subi, ce qui indique trois sépultures distinctes ou parties de tombeau affectées à des personnes dépendant du principal possesseur. Les mots qui accompagnent subi dans ces trois lignes sont an, tesamsa et alti.
Alti indique ce qui se trouve en bas, ce qui est en dessous, inférieur. Mot de la racine al, branche de la racine TAL.
An indique ce qui est en avant, ce qui est en haut, supérieur. Racine ONG.
Telamsa est un mot de la racine te%, TUZ, qui désigne ce qui est étendu, égal. Tesamsa subi est la partie moyenne du tombeau, celle qui est située au rez-de-chaussée. Les deux autres parties du tombeau sont au-dessus et au-dessous.
La partie supérieure est réservée aux « serviteurs » de Ziva. C'est ce qu'indique le terme ceriyu, mot de la racine KUR qui désigne ce qui enceint, ce qui couvre, le lieu gardé, l'abri.
A la partie inférieure sont vingt places pour les gens de Ziva. Nous connaissons Zive comme nom divin. (V. p. ni). Ces places sont exprimées par le mot mur si qui est un des noms du tombeau. On a, par exemple, une inscription funéraire ainsi conçue :
Mi murs arnbal vêtes, etc. (Fabretti, n° 429 bis). Le mot appartient à la racine or, BOR, et désigne la place, la demeure.
Quant à la catégorie de serviteurs de Ziva auxquels est affecté ce tombeau inférieur, elle est désignée par le mot munB, au lieu de lautn. Ce mot est de la racine MUNG et peut être pris dans le sen de gens de peine, gens faibles et qui ont
besoin de protection, sens plus modeste encore que celui de lautn.
Pour la partie moyenne du tombeau, il n'est pas indiqué d'affectation à certains défunts ; mais il est dit que cette partie comprend Yatr et le scuna. (Nous laissons de côté le terme trop bref rce).
Atr est un porche, une entrée, ou un vestibule ; le mot est de la racine TAR qui donne l'idée de lien ou de passage resserré; il est voisin à' atrium. Scuna, qui se trouve sur plusieurs sépultures importantes, est un mot de la racine KON; il signifie une salle commune ou un lieu de repos en commun. Cf. en grec xoivbç ou £uvbç, commun, et konak, demeure, établissement, en turc.
Le sens général de l'inscription s'établit donc ainsi :
« [A] Camnas LarO fils de Larô et d'Atnei; le tombeau supérieur réservé pour les affranchis de Ziva ; le tombeau moyen avec vestibule et chambre commune; et le tombeau inférieur avec vingt places pour les esclaves de Ziva. »