‹ La Langue étrusqueChapitre 70 sur 74 · L INSCRIPTION DE PEROUSE · texte numérisé non relu

L INSCRIPTION DE PEROUSE

n'y a pas de raison pour ne pas y reconnaître des mots voisins de sepultura. Ils se rapportent à la racine SAP, jap, bâtir, couvrir : Uig. jeplumek, bâtir.

Voilà les termes que l'on peut expliquer le plus directement, à l'aide des mots et des textes déjà étudiés. En s'appuyant sur ces résultats qui portent sur plus de la moitié des termes composant l'inscription, il est aisé d'obtenir quelque clarté sur le reste.

Le groupe sleleth caru îe^an (1. 3 et 4) est comparable à cehen cet te^an (V. p. 159) que nous avons rendu par: « dans cette cella ». Te%an est « dans » ; sleleB, par la permutation orthographique que nous savons possible entre le c et Ys, doit être identifié avec ciel, cella; caru, de la racine KAR, signifie : ce qui est en face. Il faut expliquer les trois mots : « dans la cella d'en face. »

Hintia (1. 14) est encore un mot connu : nous avons rendu hinBiu par « à l'intérieur » dans l'inscription de San Manno. Hinba cape doit être : « caveau intérieur », ou peut-être « caveau en arrière ». Cape est de la racine kab, chose creuse.

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Intemamer (1. 18-19) est comparable aussi à hinQa, hiniïiu. Il désigne de même quelque chose qui est à l'intérieur, au fond. Cf. le latin intimus, et pour la désinence, cf. manimeri. (p. 147). Ce terme est associé à un mot d'une sonorité un peu étrange mlerçinia. Si pourtant on suppose IV assimilé au ^, on voit que ce mot se rapproche de vocables connus, tels que le grec [asàiÇ<ù. Il appartient à la racine mel (BEL), et doit signifier sectionner : les sections, les alvéoles du fond.

Dans acnina ciel (1. 17), acnina est de la racine kan (KUN) qui indique la rectitude, la suite ; ce terme paraît désigner la cella « qui suit ».

Le mot yiem ou #wû G- 13 et 22) est un mot net : Il appartient à la racine gem, gum (V. KO M), signifiant ce qui est enterré (cf. au mot Gémonies, p. 99). Il doit s'appliquer plus spécialement à une sépulture souterraine. Lignes 22, 23, on le voit en connexion avec speliïuta. Il semble bien que le mot cœmeterium appartient à la même racine et correspond à ces mots-là. Le sens de dormir, contenu dans xotpao), est sans doute postérieur à celui de cacher, d'enfouir.

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A yiem est associé fus le, 1. 13. Cest un vocable de la racine os, bos (OZ), signifiant ce qui est brisé, ce qui se sépare, en particulier les os : T. c'ag. osulmek, s'écailler. Cf. le latin fossile. — Le même terme se trouve à la ligne 4, avec une désinence fusleri ; il doit y signifier aussi les ossements.

L. 27-28, dans le groupe ipa spelanefti, ipa est un mot que nous avons déjà rencontré, et expliqué par la racine up (OB), avec l'idée d'attache ; il s'agit sans doute d'une sépulture annexe. — Un peu plus loin, (1. 30, 31) dans le groupe speM reneiïi, reneiïi est un vocable de la racine ran, arn (V. IR) qui indique la fente, la séparation ; il s'agit sans doute d'une sépulture séparée.

Les termes %ea et %ia des lignes 35 et 19, ne sont évidemment qu'un même mot, dans l'orthographe duquel e et i sont explétifs, et qui appartient à la racine TAK, donnant l'idée de toucher. Le sens est « aussi » ; uig. ta et, aussi ; ait. taa, daa, en même temps.

L'inscription comprend un groupe trois fois répété : %uâ enesci (1, 7-8, 26-27, 3 5"3^) c|u.i,

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dans les deux premiers cas au moins, précède des mots se rapportant à la tombe. Le mot %uci semble net et ne peut guère être attribué qu'à la ratine soc, TOC, donnant l'idée de génération et multiplicité. Enesci est comparable à hen que nous avons rapporté (p. 176) à la racine en (V. MIN et JING) signifiant la descendance : T. c'ag. inai, le plus jeune.

Epi (1. 8) qui précède tulara, est de la racine pel, BEL et signifie partie ; ce terme reparaît sous la forme cplec, 1. 10-11, précédé du démonstratif cenu, et y a le même sens : partie du bâtiment circulaire ; chambre commune (scuna) de cette partie. Cf. pour ce mot : ait. polgus, c'ag. bolek, section, partie. — Le mot aiïumics (1. 36-37) qui vient en parallèle avec les termes précédents, désigne aussi des tombes. L'a, vu la longueur du mot, doit y être préfixe ; la racine est tum (V. KOM) désignant la chose grosse, gonflée, le tumulus.

Dans le petit nombre de vocables qui restent encore inexpliqués on remarque les deux groupes QunxulQe falas (1. 12-13) et sranc^ul Ui falsti (1.

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15). Ces groupes suivent des noms de personnages ; ils se présentent comme des qualificatifs honorifiques, et s'appliquent, soit à ces personnages, soit peut-être à la divinité dont ceux-ci dépendent ; mais dans ce cas le terme exprimant la dépendance reste sous-entendu. Falas ou falasti est de la racine pal signifiant brillant, célèbre, manifeste (V. BEL). Cf. le latin palatn, l'italien palese, et le nom de Voilas. — Thunyulbe, de la racine tun (TUNG), voisine de tin, signifie le jour, et plus particulièrement le point du jour ou le crépuscule : Uig. tungmek, paraître, briller. — Sranc^ul appartient à la racine sar, JAR, qui exprime l'idée de fente, d'éclat d'aurore : ait. jarkin, l'aube ; jak. sarsin, le matin ; cf. serenus. Quant à Ui ou 9/ ce doit être un mot de la racine IT ou id qui indique la possession, le pouvoir : Uig. iti, idi, seigneur, maître. Ce mot apparaît à la suite d'un nom propre dans une inscription : Larbi Lautnit Praisintis 6/ (Florence, 250).

Les derniers mots de l'inscription, à partir de tin %tri (1. 41-45), constituent une finale évidem-

ment analogue à celle de San Manno; on n'y distingue plus de noms de personnes, ni de termes se rapportant au tombeau; on peut donc être à peu près sûr à priori qu'ils ont un sens religieux. On distingue parmi eux le mot ca, qui est la copule (cf. p. 171), le mot bunyuM (cf. I. 12) qui signifie brillant, et peut-être plus spécialement d'après le sens propre à la racine TONG, soleil couchant, qui retourne. On reconnaît aussi le mot ceya qui nous a donné en d'autres endroits le sens de fille, avec la sémantique de feu, d'éclat. L'idée de fille n'étant pas applicable ici, il faut prendre celle d'éclat, et sans doute plus spécialement d'aurore. 1%, de la racine ig, EG, indique l'idée de possession, et paraît correspondre à l'uig. ige ou au jak. ièèi, maître, seigneur, dieu, analogue de 8». En groupant les quatre termes dont nous venons de parler, on a le sens de « maître du crépuscule et de l'aurore. »

Les quatre mots précédents semblent nets. Ein a déjà été expliqué (p. 168) par l'idée de fin, beau. Ce mot, sous la forme in, se retrouve dans une inscription dédicatoire où il doit désigner l'objet

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d'art : Inturke Vel Sveitus (Fabretti, n° 2614, ter). Zeri, de la racine %er (V. KIR), signifie le rayonnement. Unacya, de la racine ONG, signifie l'aspect beau, la coloration ; et 0/7, de la racine JIL, indique aussi la beauté, l'éclat.

Enfin l'inscription se termine par le mot <(i%U7P> que l'on doit rapporter à la racine SIK, signifiant piquer, entrer dans, se ficher dans, puis être en repos. T. c'ag. sigmak, protection ; uig. sikiu, lieu de refuge ; cf. wfâ, silence. Les morts énumérés dans l'inscription se placent sous la protection de la divinité solaire.

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