AVANT-PROPOS XXIX
enfin, d'autres Canadiens qui se sont fait accroire que notre langue n'est susceptible d'aucun amendement. Les lecteurs animés par ces sentiments ou mus par ces dispositions diverses, pourront — en toute connaissance de cause, cette fois — apprécier cette opinion comme bon ou mauvais leur semblera et, si le cœur leur en dit, me lancer les foudres dont ils disposent. Une critique vigoureuse, acerbe, acidulée, déchirante, à la saumure, à la cantharide, au vitriol, au picrate, à la mélinite, voire au tomahawk, n'est pas pour me désobliger. Hélas! il y a déjà jolie lurette que j'ai passé l'âge à qui les coupeurs d'oreilles sont un épouvantement ! Le volètement des chauvessouris de sacristie n'effarouchera pas davantage ma conscience, ni ne la dévoiera; pas davantage ne m'épeureront les clappements de bec des hiboux que la lumière fait boubouler et dont le chuintement sinistre d'oiseaux ténébreux clangore en cris de Pierre l'Ermite, à ce qu'ils s'imaginent, mais plus réellement en criailleries zigzaguantes de jars capitolins flairant, à temps perdu, quelque nouveau Capitole à sauver. L'on me fera probablement un crime aussi de m'en prendre à un homme dont le mérite le plus clair est d'avoir de l'âge — à quoi je répliquerai d'abord que l'attaque est venue de lui; ensuite, que, de bon compte et de bonne guerre, l'âge ne saurait être un bouclier qu'à condition qu'il cesse d'être une arme offensive. Et je