‹ La langue française au CanadaChapitre 18 sur 34 · XXX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXX AVANT-PROPOS

ne crois pas qu'à m'observer, en l'hôtel de Bourgogne ou de la lune opaline, le gentil Cyrano de Bergerac, mon bon maître, eût senti se coaguler son sang généreux, car plût à Dieu que je n'eusse visé une cible, plutôt que de viser à un but. Sur ma foi, je ne me soucie miette de brocarder un bonhomme qui s'est mis au blanc sans y être invité et qui, à la vérité, eût été mieux inspiré de rester à l'airière où il n'eût pas eu à se plaindre du commerce des embusqués. Au reste, il a une plume et des loisirs; qu'il se justifie autant qu'il le pourra, et le Saint-Esprit l'assiste! Il n'aura d'ailleurs pas à courir jusqu'à Berlin pour trouver des juges de son geste, de sa posture à l'égard de la langue française. . . Aussi de rien n'aurai-je à me repentir si j'ai pu déshabiller quelque peu nos saints de bois et découvrir leurs icônes, qui prétendent en imposer à la vénération des adorateurs; mais je me féliciterais de fleurdelyser à l'épaule, sinon au front, pour qu'ils se reconnaissent eux-mêmes au moins, tous ces faux bonshommes qui nous prêchent leur véreuse morale et qui sont, n'est-ce pas que trop vrai, les grands responsables du gauchissement de nos exaltations, de notre incurie pour notre langue, du mésusage de nos aptitudes et énergies, de notre patriotisme à contre-fin, de cette veulerie, pour mieux dire, en quoi tout cela se transforme à la continue, de cette veulerie qu'ils enruban-

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