‹ La langue française au CanadaChapitre 3 sur 34 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

nitions!" Ce cri d'alarme traversa peu à peu les discours lénifiants des optimistes donneurs d'assurance, puis il alla se répétant de bouche en bouche. Vieillaids, femmes et enfants même, toute la France se mit à fabriquer, jour et nuit, "des canons, des munitions"; les défenseurs de Verdun reçurent "des canons, des munitions," donnèrent échec et mat aux terribles assiégeants, et Verdun est resté ville française. L'histoire dira plus tard combien Verdun redoit au cri d'alarme du sénateur Humbert.

Plutôt de m'extasier devant l'invincibilité de notre parler, durant ce siège de Verdun que la langue française subit chez nous, j'ai voulu faire entendre à mes compatriotes qu'ils manquent d'armes suffisantes, que la langue qu'ils parlent n'est point fortifiée comme elle devrait l'être pour résister aux attaques de ses assaillants: "Des canons, des munitions!" Par déférence pour ceux de mes compatriotes de l'Ontario qui se sont laissés convaincre que mon essai devait nuire à leurs revendications scolaires devant les tribunaux, et pour répondre de la meilleure manière à ceux qui m'accusèrent de fournir des munitions à nos adversaires, j'ai retiré cette communication de la Société royale, par lettre en date du 3 juin, c'est-à-dire avant qu'un seul membre de la Société royale, ayant lu cette communication, ait pu y faire la moindre objection fondée. Et j'ai déclaré que je publierais cet essai

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