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En fait, la langue anglaise n’est l’unique langue officielle que d'une minime partie de l’Empire britannique: l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les petites colonies de la Couronne peuplées d’Anglo-Saxons.
La langue française a été la seule langue officielle de l'Angleterre pendant plus de quatre siècles. L'anglais ne lui fut mème substitué qu'après avoir été imposé au Pays de Galles. Dans les trois royaumes celtiques, les idiomes nationaux reprennent peu à peu la place qu’on leur avuit enlevée. Le parlement britannique «à refusé d'insérer dans le bill du Home Rule un article interdisant au parlement d'Irlande de supprimer la langue anglaise comme langue officielle.
Dans ces trois pays, le gouvernement britannique encourage et subventionne l'enseignement des langues celtiques. Il en est de mème dans l’ile de Man. A Jersey et à Guernesey, le français et l’anglais jouissent d’une parfaite égalité. Il en est de même à Malte pour l'italien et l'anglais. Dans l'immense empire des Indes, les nombreux dialectes nationaux jouissent, dans l'administration civile et judiciaire comme à l’école, d’une place infiniment plus large que celle qui est faite, au Canada, à la langue française. Certains Indous reprochent mème aux Anglais de les avoir trop longtemps maintenus dans l’ignorance de la langue anglaise!
Mais l'exemple le plus topique de la libéralité anglaise contemporaine, la réfutation la plus éclatante de la thèse des anglicisateurs du Canada, c'est la place faite à la langue hollandaise dans le régime administratif et scolaire de l’Union Sud-Africaine. La liberté que les prussianisants d'Ontario refusent aux Canadiens-français, après cent cinquante ans d’une fidélité inviolable à l'Angleterre, les vrais Anglais l’ont octroyée sans réserves aux Boers vaincus sur les champs de bataille. Au parlement. devant les tribunaux, dans toutes les branches de l’administratian et dans toutes les écoles primaires, secondaires ou supérieures de l'Union, 1a langue de ceux qui furent pendant un siècle les ennemis acharnés de l'Angleterre occupe une place au moins égale à celle de l’anglais. Cette place, on la refuse, dans huit sur neuf des provinces du Canada, à la langue des pionniers du pays, à l’idiome qui fut pendant près de cinq siècles celui des souverains et du parlement de ia Grande-Bretagne!
Ce seul contraste marque toute la différence entre la mentalité des Anglais civilisés d'Europe et celle des Canadiens d’ori-
“français. L’une d'elles est : “Dieu et mon Droit”. Elle marque l'origine des “droits individuels. Cette origine, plus haute que toute autorité humaine qui “s’en écarte, c’est cellé à laquelle tout homme libre rattache son droit de résis- “ter à l’ injustice et à l’oppression. C’est à cette source que le Canadien-fran- ‘“‘çais puise son droit de parler la langue de ses res; et toute loi dont l’ap- “plication le priverait de ce droit suprême... ferait violence aux principes ‘mêmes dont la conservation est l'objectif et la raison d’être de tout gouverne- “ment”. (Traduit des Debates, House of Commons, 1890, col. 620-21.)
PSE
gine britannique, dont une fort proportion du reste, se compose de descendants d'Écossais et d'frlandais rénégats.
La langue et l’unité nationale
L'un des arguments favoris des adversaires du français, c'est que lPunité de langue est nécessaire à l'unité nationale. C'est l'argument suprème des Prussiens et des Américains. Nouvelle preuve de la pénétration du germanisme et de laméricanisme chez nos voisins d’'Ontario.
Sans justifier la tyrannie prussienne ni l'esprit d'uniformisation intense des Américains, cet argument a quelque valeur dans ces pays.
En Posnanie et dans le Schleswig, comme en Alsace-Lorraine, la conservation des idiomes nationaux tient les habitants des provinces conquises en relations directes et intimes avec le peuple de leurs pays d'origine. Elle contribue indubitablement à entretenir chez eux les regrets de la séparation et l'espoir du retour à leur ancienne patrie. Hi n'en est pas ainsi pour les Canadiens-français. Séparés de la France par mille lieues ‘d'océan et plus encore par les évolutions profondes que l'ancienne France et la nouvelle ont subies depuis un siècle et demi, depuis la Révolution surtout, les Canadiens de langue française ne songent pas plus à faire retour à la France que les Angio-Saxons de la Nouvelle-Angleterre à redevenir les colons de la Grande-Bretayne.
Aux Etats-Unis, l'affluence énorme de populations venues de taus les pays d'Europe justifie dans une certaine mesure le régime scolaire qui tend à les 2ssimiler par Fenseignement d'une langue commune, Aucun groupe de race étrangère ne peut invoquer, en faveur de sa langue, de droits spécifiques. \
Au Canada, la situation est toute autre, En dépit de la folle imprévoyance des gouvernanis et de la faiblesse du sentiment nalional, l'invasion étrangère ne sera jamais aussi considérable qu'elle à été aux Etats-Unis: le climat et l'état colonial repoussent un grand nombre d'immigrants. De plus, les Canadiensfrançais, pionniers el véritables fondateurs du pays, appuient leurs réclamations pour lenseignement et la conservation de leur idiore national sur un droit positif sanctionné par l’histoire el par la constitution. Je crois l'avoir suffisamment déinontre. Ce droit, aucun des groupes de nouveaux-venus he saurait l’invoquer. Les ennemis du français n’ont donc aucune raison de prétendre qu'en donnant à la langue française, dans l’école et dans l'administration, la place qui lui appartient, ils seront forcés d'en faire autant pour l'allemand, litalien, le polonais ou le suédois. En droit et en fait, on ne saurait trop le répéter, le Canada est un pays britannique anglo-français, et tous les colons
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etrangers qui viennent S'y fixer devraient en être avertis. IS devraient aussi avoir toute facilité de se nationaliser en choisissant à leur gré les méthodes d'assimilation franco-canadiennes ou anglo-canadiennes, ou, mieux encore, les deux. L'enseignement des deux langues officielles du pays devrait être général dans chacune des provinces de la Confédération (1).
7 Si l'on va jusqu'à prétendre qu'un peuple bi-ethnique et bi- Hngue ne peut former une ration homogène el que la minorité doit parler la langue de la majorité, on se heurte aux démentis les plus éclatants de l'histoire.
Les tentatives d'assimilation violentes par la langue ont-elles produit des résultats si heureux que le Canada anglais doive s'en inspirer ? L'unité morale du Royaume - Uni at-elle été consommée par la destruction violente et arbitraire de l'idiome national de l'frlande? Cette entreprise n'a du reste réussi qu'à noilié. Le rapprochement des deux peuples n'a-t-il pas, au contraire, fait infiniment plus de progrès depuis que lAngleterre, mieux inspirée, au lieu de proscrire la langue irlandaise de lévole, en a rétabli l'enseignement”
Les Prussiens sont-ils bien avancés dans leur ocuvre d’assi- Milation des Polonais, des Danois et des Alsaciens-Lorrains?
Par contre, la France de Louis XIV, de la Révolution et de "Empire, en respectant les usages et les coutumes des Alsaciens elen leur laissant toute liberté de parler leur dialecte, a conquis pour toujours l'affection de ce peuple, germain d'origine et de langue,
La Belgique, avec ses deux peuples si profondément divisés par le sang, les traditions, le tempérament et la langue, est-elle moins unie, son patriotisme est-il moins ardent et moins fécond en actes Rioïques, que celui des peuples d'un seul sang et d'une seule Jangue”?
La Suisse, avec ses trois groupes ethniques aussi distincts ujourd’'hui qu'aux jours de Guillaume Tell, avec ses trois lansues officielles, auxquelles il faut ajouter le dialecte romand du canton des Grisons, aussi pur que la langue de Mistral — la Suisse est-elle moins nationale, au sens le plus vrai du mot, est-elle moins prèle à défendre ses libertés ct à protéger l'intégrité de son terrioire contre tout agresseur, français ou allemand, italien où autrichien, que si le groupe le plus nombreux de son peuple, elui des Allemands de Berne, de Büle et de Constance, avait cherché à imposer sa langue aux Francais de Genéve, de Lau- “nue où de Neufchaätel, aux Italiens du tessin. aux Romanches ‘es Grisons? L'unité du peuple suisse s'est consommée, paree
(1) Ceci ne doit pas étre interprété comme la justification de mesures 'Pressives contre les Canadiens d’origine étrangère. Je ne parle ici que des iroits spécifiques du français, ‘au regard de l'histoire, de la constitution et des ois organiques impériales. Les étrangers fixés au Canada conservent le droit
“alurel de parler leur langue maternelle et de la faire: aseigner à leurs enfants,
concurremment avec l'anglais ou le français.
qu'après des luttes séculaires de races et de religions, inspirées de l'esprit sectaire et étroit qui règne encore au Canada anglais. les divers groupes du peuple suisse sont tombés d'accord pour baser l’unité nationale sur la liberté de chacun de ces groupes el le respect ile leurs droits particuliers.
Il en sera de même au Canada HE n'y aura de véritable unité nationale que le jour où les Canadiens-anglais compren dront ce que nous, Franco-Canadiens, avons compris depui: longtemps: la Confédération canadienne est” née d'une pensée d'alliance féconde des deux races; elle ne vivra que par le res pect réciproque de leurs droits.
‘L'enseignement bilingue n’est pas pratique””
“Mais, prétendent encore les anglicisateurs, l’enseignemen de deux langues à l’école primaire est une impossibilité; c’es un surcroit de travail et d'efforts qui empêche l'enfant d’acqué rir les connaissances pratiques.” Rien n’est plus singulier que |: facilité avec laquelle une foule de gens se laissent prendre à ce argument d'éducation pratique. Il faut rendre cette justice, et : ceux qui l’invoquent et à ceux qui le gobent, que ni les uns n les autres ne semblent, pour la plupart, avoir la moindre notio de ce qui constitue l'éducation pratique.
Il suffit d’avoir étudié quelque peu, dans leurs principes € leur application, les programmes séolaires des pays bilingue: pour se rendre compte de l’inanité de cette objection.
Tous ces pays ont passé par la phase que traverse en ce mc ment l'Ontario: les protagonistes de l’assimilation et de l’uni 1 guisme ont tout tenté pour éliminer l'une des langues. Ils or été forcés d'y renoncer; et partout, dans ces pays, l’enseignemer des deux langues se donne aujourd’hui à l’école primaire, de | manière la plus complète et la plus pratique.
En France même, où l'unité de langue, de vie intellectuel et de moeurs a atteint le plus haut degré, où la très grande maj( rité de la population met son orgueil à parler l’idioine le ph parfait des temps modernes, il se produit un réveil extrêmemer intéressant des anciens dialectes et particulièrement de la la gue harmonieuse des félibres. Ce n’est pas une simple mode. Le hommes de haute culture ont compris que ces dialectes const tuent l’un des apports du patrimoine intellectuel de la natio: Les gens pratiques eux-mêmes ont constaté que l'enfant à l'on enseigne d’abord sa langue maternelle, à qui l’on apprer à faire aux choses l’application propre des mots de son patoi parle beaucoup mieux par la suite la langue nationale et « fait un usage plus intelligent et plus parfait.
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Le bilinguisme au pays de Galles
Mais l'exemple le plus lumineux, celui qui devrait s'imposer à l'attention sympathique des hommes d'Etat et des éducateurs de nos provinces anglaises, c'est celui du pays de Galles, le moins connu mais non le moins intéressant des pays celtiques. Conquis sous Edouard Ier, il a subi plus directement que l’'Ecosse et même que l'Irlande, le poids de la domination anglo-normande. Fait curieux, c'est la première des possessions britanniques où la langue anglaise ait été imposée par un statut du parlement, près d’un siècle avant qu'elle ne devint la langue officielle de l'Angleterre elle-même.
Lorsque le gouvernement britannique introduisit dans toutes les parties du Royaume-Uni un système d'écoles publiques subventionnées par l'Etat, il décida que l'anglais serait la seule langue d’enseignement. La langue galloise fut bannie non-seulement de l’école mais même des salles et des cours de récréation. Tout comme sous le régime prussien en Posnanie et sous le régime français en Bretagne, on inventa toutes sortes de châtiments et d'humiliations pour faire renier à l'enfant la langue du foyer. Le Chancelier de l’Echiquier, M, Lloyd George, me racontait, cet été, qu'il sentait encore sur ses doigts la brûlure des coups de règle qu’il avait reçus à l’école, lorsqu'il osait prononcer les mots de la langue bénie qu'il avait apprise de sa mère,
Ce régime dura près d'un demi-siècle. Il ne donna pas les résultats qu’en attendaient les assimilateurs. Les Gallois résistèrent avec opiniâtreté et déjouèrent les calculs de leurs oppresseurs. Non-seulement persistèrent-ils à parler leur langue en famille et dans les relations de société, mais ils mirent tout en oeuvre pour en assurer la conservation. Ils fondèrent dans toutes leurs paroisses des sociétés littéraires qui furent autant de foyers où s’alimentait l'amour de l’idiome national et de toutes les traditions de la petite patrie. Dans ces cercles, on ne parlait que le gallois, on y récitait des poëmes gallois, on y lisait des compositions et des récits écrits dans la langue naticnaie. Les plus instruits y faisaient de véritables cours de langue. Ils fondèrent même une sorte d’institut libre de pédagogie celtique.
Tout cela faisait échec à l'oeuvre d’assimilation; mais cette oeuvre n'en produisait pas moins ses effets désastreux. Partagés entre cette double formation intellectuelle, la plupart des enfants “prenaient mal les deux !langües. Les autorités britanniques se décidèrent enfin à changer de régime. Vaincus par la résistance opiniâtre des Gallois et, dans une certaine mesure, cédant à une pensée plus généreuse et plus intelligente, ils se décidèrent à adopter les méthodes bilingues. Ils introduisirent la langue Maternelle dans le programme des écoles primaires. Ils se bor- “èrent d'abord à lui faire à peu près la place que le Règlement
No XV fait au français. Mais le bon sens et la largeur d'espri qui caractérisent aujourd'hui la domination anglaise, en Angle terre, les menèrent plus loin. Ils comprirent qu'ils n’en pou ‘aient rester là. Avant recomnu à la langue galloise le droit : la vie, ils lui firent une place de plus en plus large dans toute les branches de l’enseignement. Et aujourd'hui Île gallois s'en seigne concurremment avec l'anglais, à l’université, dans le écoles supérieures et secondaires comme à l'école primaire. L société libre de pédagogie galloise, fondée pour contrecarrer le desseins Cu gouvernement, reçoit aujourd'hui Îles subventions d l'Etat et sert aux instituteurs de l'Etat qui vont, chaque été, s’ perfectionner dans la connaissance de l’idiome national.
Quel a été le résultat? J'en ai recueilli le témoignage, € juillet dernier, des lèvres mèmes de M. Alfred DAVIES, fonctioi naire supérieur du gouvernement britannique à Londres, secr taire général du Board of Education pour le pays de Galles et | Monmouthshire. M. Davies m'avoua qu'au début il n'était pi favorable à l'introduction du régime bilingue. Il ne crovait p: à son succès. Il avait simplement obéi aux ordres du gouvern ment. Mais avec la loyauté qui caractérise les vrais Anglai loin de mettre des entraves au nouveau ré il appliqua tou son intelligence et sa bonne volonté à le fai issir, Les résu tats, me disait-il, ont fait plus que désarmer outes mes obje tions: ils ont dépassé les espérances ges plus ardents partisai du bilinguisme. En neuf ans, les enfants gallois ont fait plus « progrès dans toutes les matières que les générations précédent n'en avaient fait en cinquante ans. La génération actuelle si sa langue maternelle, la parle et lPécrit grammaticalement: plus, elle parle et écrit l'anglais infiniment mieux que les ancie élèves des écoles uniquement anglaises. Sur toutes les autr matières, les progrès sont également marqués. Nous somm maintenant convaincus, ajoutait-il, que l'emploi de la langue m ternelle vaut beaucoup mieux, durant les premières années d'éc le, que l'usage de l'anglais pour l'enseignement des divers matières du cours.
Je lui demandai si les contribuables et les parents de lang anglaise, très nombreux dans le pays de Galles, avaient acce] de bon coeur le nouveau régime. Pas au début, dit-il; no eûmes même de grandes difficultés à leur faire accepter qu’ en tentàt l'essai. Dans tous les centres mixtes, il fallut organis des classes séparées pour les élèves gallois et les élèves angl: Les parents de langue anglaise ne tardèrent pus à s'apereev que les élèves des classes bilingues faisaient, dans la secon période de leur cours, des progrès beaucoup plus rapides que leurs; puis, lorsque la première géné ation formée à l'école lingue commença à se répandre dans la société, les jeunes £: et les jeunes filles pourvus du double enseignement se foisai
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ont réclamé pour leurs enfants les bienfaits de l'enseignement bilingue. Il est aujourd'hui universellement établi, non-seulement dans toute la principauté de Galles mais dans le comté anglais adjacent, le Monmouthshire.“ Naturellement, la séparstion continue d'exist-r dans les classes inférieures; car, fidèles au principe essentiel de la méthode bilingue, l’enseignement, durant les premières années, se donne exclusivement dans la langue . maternelle: en gallois pour les petits Gallois, en anglais pour les : petits Anglais. Lorsque les deux catégories d'élèves ont atteint . un degré à peu près identique de connaissance des deux langues, : ils fréquentent les mêmes classes, tout en jouissant jusqu’à la fin de l'avantage de cours spéciaux dans leur langue propre. Ce régime a créé entre les enfants des deux races une émulation : intelligente qui a non-seulement développé les facultés propres à chacune d'elles, mais à même créé entre les deux peuples une : cordialité et un respect mutuels qu'ils n'avaient jamais ressentis : quand l’un dominait l’autre.
: Ce témoignage si instructif et si probant m'a été confirmé sans réserve par M. Owen EDWARDS, inspecteur géréral des : écoles primaires du pays de Galles, et par M. Llewellyn WIL- : LIAMS, avocat distingué au barreau d'Angleterre et député à la : Chambre des Communes. M. Williams, dont la culture anglaise “est parfaite, a l’insigne honneur d’être le premier avocat gallois ‘qui a violé la loi tyrannique des Tudors en plaidant dans sa lan- {sue maternelle devant les tribunaux gallois. Grâce à cette ini- Îtiative, qui n'a pas tardé à devenir un usage général, la loi de iproscription est devenue désuète.
Au congrès général de l’enseignement, tenu à Londres en 1911, pour tous les pays de l'Empire britannique, M. Davies et M. Edwards ont rendu au succès de l’enseignement bilingue le #nême témoignage que celui dont ils m'ont fait part. Leurs constatations ont été corroborées sans réserve par les congressistes Le l’Union Sud-Africaine, de Malte et des autres pays bilingues de l’Empire.
[ Le Dr MERCHANT lui-même
a rapporté de ce congrès des
udiments de notions justes. Dans le rapport que lui ont dicté
S proscripteurs de la langue française dans l'Ontario, il est gorcé d'admettre que “les meilleurs résultats sont obtenus lorsguc l'idiome maternel est la langue d'enseignement an début” (41).
3 Que les g avernants et les éducateurs de l'Ontario imitent d'exemple des gouvernants et des éducateurs anglais: qu’ils indroduisent et pratiquent de bonne foi, avec intelligence et loyaute,
le véritable enseignement bilingue; et ils obtiendront
les
| (1) Rapport cité, page 72.
es
mèmes résultats qui ont prévalu au pays de Galles, en HIrlan en Belgique, en Suisse, en Syrie et en Egypte, sous ja dominati turque, et même en Alsace-Lorraine, sous la férule des ‘barbar allemands. Les enfants canadiens-français feront des prog rapides dans la connaissance de toutes Îles choses utiles; et parents anglais eux-mêmes ne tarderont pas à réclamer pour le enfants un enseignement plus large et plus intelligent que ce qui se donne aujourd'hui dans toutes les provinces anglaises Canada, Toute la population canadienne s'en trouvera mieux l'unité nationale sera infiniment plus assurée que par le tri phe, du reste fort problématique, de la politique et des métho arriérées et tvranniques adoptées par Île gouvernement de F tario.
Le régime prussien et le régime ontarien
La comparaison entre le régime scolaire de l'Alsace-Lot ne et celui de l'Ontario à soulevé maintes protestations. Hr sans doute pas agréable pour les Anglo-Canadiens, qui parler bruvamment de la ‘barbarie’ allemande, de se voir mis su mème pied que les despotes prussiens. Si ce rapprochen s'impose, la faute n'est pas à nous qui le constatons mais à ( qui ont introduit dans l'Ontario, en l'aggravant, le régime tauré par les Prussiens en Alsace-Lorraine. Pour échappe l'odieux de cette comparaison, les défenseurs du régime onta nous ont opposé les mesures vexatoires imposées aux Alsac Lorrains dans l'administration politique et les entraves mis la jouissance de leur liberté individuelle, ou en’:ore les pros. tions édictées contre la langue française durant l'état de gu
Ce n'est pas sur ces points que la comparaison porte. n'ai jamais fait mystère de mon admiration pour le senti des libertés politiques et individuelles qui honorent les À Saxons. Je n'ai pas mème comparé le régime scolaire aller dans son ensemble avec les méthodes générales d’enseigne adoptées dans l'Ontario. La seule comparaison que j'ai c'est celle du régime scolaire appliqué aux Alsaciens-Lorraii langue française, après la conquête de 1870, et de la situ faite aux Canadiens-français de l'Ontario par le Règlemen XVII J'ai affirmé et je répète que le régime prussien est libéral que le programme ontarien. Du reste, il s’inspir( mêmes mobiles et cherche à se justifier par les mêmes ments. Les conquérants de l’Alsace-Lorraine disent comn Ontariens: ‘‘un seul empereur, Un seul Empire, un seul drc une seule langue.” Outre le motif politique que j'ai indiqu a un instant, ils invoquent un autre argument qui fait total défaut à nos assimilateurs. Les Alsaciens, disent-ils, et les Lorrains, sont d'origine germanique: en leur impos: langue et l'esprit germaniques, nous ne faisons que les fair
+ ‘ trer dans leur cadre naturel. C'est au nom du mème principe uen que les Russes, nos alliés dans la conquête de la liberté et 14 dé “rie fense de la civilisation, ont persécuté et tyrannisent encore les progrès Ruthènes.
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Mais en dépit de cette théorie, si fort en honneur dans le Canada anglais, les Prussiens subissent trop l'influence de la civilisation supérieure de l'Europe pour l'appliquer à rebours du
gaises du , dt | bon sens et des faits. Ils reconnaissent l'existence des Lorrains
mieux el
le triom- * tt mème des Alsaciens de langue française. Plus de deux cents méthodes communes sont classées comme françuises. Dans ces communes, t de l'On- l'usage de la langue française est officiel, ce qui n'existe dans
aucune municipalité d'une seule des provinces anglaises du Cunada. Environ quatre cents écoles primaires sont également : classées comme écoles françaises ou bilingues. Dans toute école où vingt pour cent des élèves parlent la langue française, il y a separation. si moins de la moitié des élèves sont de langue fran- I n'est : Guise, on leur enseigne à lire et à écrire l'allemand dès la preparlent St 4 ière année; mais on leur donne tout de mème cinq heures de mis sur le # jusse française par semaine durant les deux premières années, rochement . Si la majorité est de langue française, on commence par leur enais 4 CEUX S Seigner à lire et à écrire en français. Sept heures par semaine égime INS- Sont consacrées à l'enseignement proprement dit de la langue happer ® française durant les deux premières années, pour les enfants de ie Ontaritl Six et sept ans; trois heures pour les enfants de huit et neuf ans AlsacienS- ©et deux heures pour les enfants de dix à quatorze ans. Dans es mises “À Stoutes les écoles, l'enseignement de la religion est donné dans la S prOSCTID" Sjingue maternelle durant quatre heures par semaine, de guerre.
porte. Je sentiment ©