‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 6 sur 12 · S LA CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

S LA CIRCULAIRE

Montréal, le :6 mai 1901.

MoxstEur, —Permettez-nous de faire appel à votre zèle en faveur d’une œuvre de propa-

A Nos COMPATRIOTES, zxin

gande nationale et religieuse ; car, nous vous l'avouons ici franchement, même après les magnifiques éloges qui ont été faits de la conférence sur (a Langue française au Canadu,—même après le vœu exprimé par NN.

SS, les Evéques de voir ce beau et si utile travail répandu et lu dans toutes les familles canadiennes, —méême après cela, C'isons-nous, nous sommes Con vaincus que, sans votre coopération active et dévouée, nous pourrions encors manquer, en grande partie du moins, d’atteindre notre but, qui est la diffusion d> la conférence de M. Tardivel parmi tous nos compatriotes. :

Au contraire, avec votre concours, cher monsieur, le succès, nous le Sa-ons d’avance, est assuré ; parout notre œuvre, devenue vôtr sera connue, appréciée, encouragée, le zèle de tous stimulé ; et toutes nos maisous d'éducations spécialement, depuis le séminaire, ie col lège et le couvent jusqu’à la plus modeste école de nos campaxnes, auront un dépôt, uno ample réserve d'exemplaires de notre brochure et deviendront ainsi autant de moyens sûrs de faire arriver la conférence sur la Langue française au Canada à tous les foyers. Que si une école manque ab-olument de ressources nécessaires pour ge Procurer par elle-même un millier ou, au moins, quelques centaines

XIV A NOS COMPATRIOTES

d’exempluires, afin de se mettre par là en état de continuer l'importante propagande pendant plusuurs années, vous ne manquerez pas de suggtrer à quelques amis éclairés de léducatiou, à quelques zélés et généreux compatriotes de votre localité, l'idée de se joindre à vous pour faire à votre école don de la somme requise ? Il ne faut pas oublier que nous avons là une occasion unique de faire le bien sur une aussi vaste échelle ; profitons-en : il n’est pas probable que tout un ensemble de circonstances aussi favorables se présente, du moins de longtemps.

Notons que l'ouvrage formera une brochure élégante : couverture coloriée, en papier très fort équivalant presque à un cartonnage ; avec titre, castor et feuilles d'érable en or ; texte orné de six belles gravures, savoir : des portraits de saint Jean-Baptiste, de Champlain, de Brébeuf. et de NN. SS. de Laval, Plessis et Bourget. Une telle brochure, ayant une valeur de plus de 10 cts, pourrait se vendre au moins 5 cts, en sorte qu'avec le temps une école rentrerait dans ses fonds, et au delà, à moins qu'on ne préfère l’offrir en récompense — ce sera un joli et bon prix—ou en faiie une distribution absolument gratuite,chose que nous ne conseillerions pas toutefois, tant de gens étant portés à déprécier ce qui ne leur coûte rien!

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Mais, en revanche, il est fort utile, l'expérience l'a prouvé, de distribuer à profusion, dans les écoles, des prix d’assiduité : rien n’exerce une influence plus salutaire sur les enfants durant toute l’année et ne les affectionne davantage à leurs études et à leur école. Les enfants, règle générale, comprendront facilement la conférence de M. l'ardivel, car le style en est aussi simple qu'il est élégant; mais même les enfants trop jeunes pour la lire, peuvent s’en faire les porteurs à la maison, où ils entendront les autres membres de la famille en parler et «e hâte. ront d'arriver au bout de leur & b c, afin de la lire eux-mêmes

Nous ne négligeons rien pour offrir à tous nos compatriotes du Canada et des Etats-Unis un livret aussi joli qu'utile.

De plus, si on le désire, on Pourra se procurer une jolie demi-reliure en toile coloriée à raison de 4 cts l'exemplaire: s'entendre pour cela avec la librairie Beauchemin, No 258, rue St- Paul.

Comme les commandes commencent à affluer et qu’il est toujours possilile que, même avec le plus grand soin, il se glisse quelques erreurs, nous nous proposons de publier les noms de tous ceux qui nous honorent de leurs commandes, ainsi que le nombre d'exemplaires demandés par chacun: de la sorte une erreur sera remarquée et corrigée plus tôt.

XvI A NOS COMPATRIOTES.

Enfin, si nos concitoyens voulaient bien nous permettre de le dire ici en toute simplicité, nous ajouterions que notre motif dominant, à mes amis et à moi, en cette entreprise, c’est le motif religieux qu’un vrai Canadien ne doit jamais séparer du motif national. Certes, nous avons bien des raisons d’aimer et de chérir notre belle langue: mais, entre autres et surtout, nous avons celle-ci, savoir : que pour les Canadiens-français comme pour tout peuple catholique, du reste, la langue maternelle est invariablement le meilleur véhicule des premiers enseignementsde la Foi que nous devons à nos bonnes mères et à nos dévoués Curés.

C’est elle qui nous aide le mieux à conserver les précieuses traditions de la famille chrétienne ; toujours, dans le cours de la vie, elle arrive à nos oreilles comme tout imprégnée de l'esprit chrétien et chargée pour ainsi dire des plus doux et des plus touchants souvenirs de l’enfance. Sa puissance sur une äme bien née ne le cède en rien à celle d’une mélodie sacrée, Dès lors, on comprend la sagesse toute divine de l'Eglise dans le zèle qu’elle met à instruire les peuples dans leurs propres langues; on comprend la raison des travaux si pénibles et si longs auxquels se livrent partout les missionnaires pour instruire même des tribus barbares dans leur idiome particulier On comprend

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enfin combien nos compatriotes des Etats. Unis, par exemple, ont raison de travailler à conserver l’usage de leur langne maternelle dans l’église aussi bien que dans la famille et l’école. C’est entre leurs mains, tout particulièrement, que nous voudrions voir Passer, avec nos plus chaudes sympathies, Ja belle conférence de notre ami, M. Tardivel, sur /4 Langue française au Canada.

Sincèrement à Vous,

ALPHONSE LecLarRe,

Président du Comité.

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