‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 38 sur 48 · ERA PANNES CON DEN EAN 1 PATIO EP VEMNINE NE NME PENSANT ONE NIET NPA · texte numérisé non relu

ERA PANNES CON DEN EAN 1 PATIO EP VEMNINE NE NME PENSANT ONE NIET NPA

aux novices ès humanités soucieux d'apprendre franchement autant que sommairement ce qu'est la littérature française, depuis le moyen âge jusqu'au XXe siècle. Directeur de la Revue des Deux Mondes, maître de conférences, de langue et littérature françaises, interviewer de Léon XIII, Brunetière a professé une doctrine ‘fondée sur la tradition humaine, ou, si l'on veut, sur l'identité constante du sens commun ... S'il n'est pas arrivé à la complète dictature intellectuelle qu'il méritait par ses fortes qualités, c'est qu'il a trop dédaigné le désir et l'art de plaire” (Larousse). Dans toutes ses œuvres il n'a cessé de combattre ceux qu'il appelait ‘les ennemis de l'âme française’; en quoi il ne fut point si mécréant que l'université Laval ne l'invitât à donner des conférences à

Montréal.

Page 81-(55). René du RoURr, ‘La langue française au Canada”, article de la Revue hebdomadaire, Paris, reproduit

par le C'anada, Montréal, 4 juil. 1912.

Page 81-(56). ‘La langue française à l'étranger”, Bull. de la S. du P.f., vol. 1, p. 86.

Page 82-(57). LAVEDAN.

Page 84-(58). Essais sur la littérature canadienne, 1907, ss

Page 85-(59). Ainsi le Premier congrès de la Langue française au Canada (qui avait cependant affiché, parmi ses inscriptions les plus engageantes, le vers de Zidler: C'est notre doux parler qui nous conserve frères), eut soin d'exclure de sa participation nos frères protestants.

___A la séance générale des quatre Sections de la Société royale (Ottawa, 17 mai 1916), la délibération suivante a été soumise à l’assemLlée en majeure partie composée de Canadiens-anglais protestants—et adoptée à l'unanimité:

It was moved by His Grace Archbishop Bruchési and seconded by Sir William Peterson, that the Society endorse the views expressed by the President in his address that in the schools of the Dominion increased attention be paid to the study of French language and French literature. — Carried.

— J'ai dit, en avant-propos, de quelle façou, d'autre part, M. DeCelles, président de la Section française de cette même Société royale, a accueilli mon étude défendant la langue française au Canada, mais touchant à un élément de notre clergé catholique. L'observateur peut comparer la tolérance des uns avec celle des autres.

— Un autre exemple de cette vigilance janséniste qui se déclenche à la moindre allusion effleurant notre catholicisme rigoriste, mais que l'honneur de la langue française trouve généralement insensible: Le 13 avril 1916, M. Silvercruys, invité à donner une conférence à l'Alliance française d'Ottawa, soumit préalablement quelques sujets au président de ce cercle, qui choisit, parmi ces sujets, Jamimes et Verhaeren. Parlant à des intellectuels, M. Silvercruys exposa donc Verhaeren tel qu'il est réellement et tel que tous les pays littéraires l'admirent, à savoir un poète jouant vulontiers de la chanterelle panthéiste. Le président du cercle d'Ottawa ne put se tenir de protester séance tenante contre la négligence du conférencier à gazer, à jeter un mouchoir sur la gorge de Dorine, je veux dire à mettre une sourdine hypocrite sur la corde panthéiste de la lyre verhaeréenne:

Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées . . .

À quoi M. Silvercruys aurait pu répondre, tout comme Dorine à Tartufe:

Vous êtes donc bien tendre à la tentation.

Et la chair sur vos sens fait grande impression! Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte: Mais, à convoiter, moi, je ne suis point si prompte; Et je vous verrais nu, du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenierait pas;

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mais il n'a dit rien du tout, Estomaqué, coi, il n'en revenait pas, il n'en est pas revenu, et ne nous reviendra probablement pas davantage . . .Le 31 octobre 1916, M. Tridon survint (V. note 91); mais le même président lu même cercle de la même Alliance française ne jugea point à propos de protester, de faire part à M. Tridon de l'impression ‘‘écœurante”’ (style Tridon) qu'il produisit sur son auditoire canadien, de dire ni quoi ni qu'est-ce. Les auditeurs en restèrent, plus que le président, pantois, et n'en sont pas revenus: mais M. Tridon reviendra peut-être, lui, pour nous parler, cette fois et d'aussi tridonnante façon, de Jeanne d'Arc.

Page 85-(60). Mgr BOURNE, archevêque de Westminster—discours prononcé à Notre-Dame (Montréal), Congrès eucharistique, 10 sept. 1910:

1f the mighty nation that Canada is destined to become in the future is to be won for and held to the Catholic Church, this can only be done for making known to a great part of the Canadian people in succeeding generations the mysteries of our faith through the medium of our English speech. In other words, the future of the Catholic Church in this country, and its consequent reaction upon the older countries in Europe, will depend to an enormous degree upon the extent to which the power, influence and prestige of the English language and literature can be definitely placed upon the side of the Catholic Church.

Deux années plus tard (24 juin 1912), au Congrès de la Langue française au Canada, S. E. Mgr STaGni, délégué apostolique, prononça les paroles suivantes qui ont assez l'air d'une réponse officielle à l'archevêque de Westminster:

Au dix-septième siècle, ce fut la langue française qui fut le premier organe de la vérité catholique au Canada et dans la plus grande partie de l'Amérique du Nord. C'est encore la langue de presqu: tous ces apôtres et religieux dévoués qui apportent encore de nos jours la bonne nouvelle aux peuplades sauvages de l'Ouest et du Nord de ce continent, jusqu'au cercle polaire . .. Ce que nous voyons au Canada se vérifie à peu près dans tous les pays où ily a des mes à gagner à la vérité de l'Evangile. C'est la langue du plus grand nombre des apôtres de ces siècles derniers. Voiià

es unes

une gloire que les chrétiens de toute autre langue doivent bien envier au doux parler de France.

Et Mgr G.-A. GuER1TIN, évêque de Manchester, confirmait ainsi, de son autorité de prélat américain, les déclarations du délégué apostolique:

O langue française, c'est toi qui as été l'élue du Seigneur. Le Christ t'a prise dans ton berceau et t'a sacrée de ses mains pour être son porte-parole. Tu as eu l’incomparable honneur d'être désignée pour succéder aux idiomes d'Athènes et de Rome dans la propagation de l'Evangile. C'est toi l'ange du salut et le missionnaire des nations.

Cependant, les évêques canadiens de langue anglaise n'en démordent point. A titre documentaire, entre autres, la déclaration qui se trouve dans la lettre pastorale de Mgr McNally, évêque de Calgary, reproduite par la Vcrthwest Review (Winnipeg) du 5 février 1916, page 6:

As to country, to all men of good-will, no matter what their earthly origin, who are here to make this country their home, it should suffice to call themselves Canadians. What is the meaning of patriotic duty, as God intended it, other than loyal co-operation with our fellow-beings in the community in which we find ourselves, aiding one another through the pilgrimage of this life, till it be swallowed up in life unending? We are living in the present, not in the generations gone by; and a union productive of ever-increasing greatness here, and culminating in the possession of perfect union in the real and eternal Father, can never be achieved bv futile and senseless harking back to the corners of th= earth where our various grandfathers chanced to spend their little period of probation. 1 could never believe that men of reai intelligence, and of genuine faith in an eternity with our common Father, could sincerely share in the racial ‘‘frenzy,'" as the Holy Father portrays it, which, in its last analysis, is of the earth, earthly, the incarnation of an empty vanity and a contemptible selfishness, and utterly unworthy of minds imbued with true brotherly love and heavenly aspirations.

Page 86-(61). GarxEAU, vol. 3, p. 352.

Page 86-(62). Louis FRÉCHEME, ‘La Capricieuse” (La Légende d'un Peuple, 890).

Page 86-(63). /listoire du Canada des Frères des Ecoles chrétiennes, 1914, p. 351. Cf T.-B. Béarn, Histoire de Cinquante ans, eh. VE Charles Gailly de TauniNEs, La

Nalion canadienne, 1894.

Page 87-(64). SiecrriEn, Le Canada- Les deux races, 1906, ch. vai.

Page 88-(65). Op. cit. t. IV, p. 200.

Page 88-(66). Op. cit., l’réface, Bibliographie, et p. 469. Art. 43 de la capitulation de Montréal Les papiers du

gouvernement resteront sans exception au pouvoir du marquis de Vaudreuil et passeront en France avec lui...

Art. 44 -Les papiers de l'intendance, des bureaux du contrôle de la Marine, des trésoriers anciens et nouveaux, des magasins du Roi, du bureau du Domaine des forges de Saint-Maurice resteront au pouvoir de M. Bigot intendant et ils seront embarqués pour la France dans le vaisseau où

il passera . ..

Page 89-(67). Au risque de faire sourire de pitié les lecteurs qui comprennent le français, il me faut dire aux journalistes qui m'ont fait attribuer de la bassesse à notre clergé, qu'ils se méprennent sur mes expressions autant que sur mes intentions. Cette expression de ‘‘bas clergé” n'impute aucune bassesse au clergé. Elle sert tout innocemment aux historiens laïques pour désigner les curés et les vicaires, particulièrement ceux des banlieues ou des faubourgs et de la campagne, et pour distinguer leur groupement de celui du “haut clergé” qui se compose des chanoines, des protonotaires apostoliques, des évêques et des autres princes de l'Eglise. Et s'il faut l'autorité d'un dictionnaire à ces journalistes, je les réfère à Hatzfeld &

Darmesteter.

Page 89-(68). Comme échantillon de la prose que la Croix, entre autres journaux cléricaux, sert à notre bas clergé pour le renseigner sur la France. les deux extraits suivants d'un premier-Montréal intitulé tout simplement La Justice de Dieu et signé ‘Un prêtre":

Les Allemands, pour leur honte éternelle, ont massacré de petites victimes qui n° --nt pour toute défense que leur sourire et leur innocence . .. Le: ‘rançais n'avaient pas mérité ce châtiment? Oh, non! N'allez , as leur dire cela, Mais vont-ils regretter ces chers disparus? C'est douteux. Des enfants, chez eux, il y en a généralement trop! En France, les familles nombreuses sont honnies, montrées au doigt et trouvent difficilement à se loger. Les enfants qui ne sont pas tués dans leur corps sont tués dans leur âme. Par des lois iniques et impies, on les empêche de gagner le ciel en leur ôtant le moyen de connaître Dieu et de pratiquer la vertu qu'il récompense.

Les cathédrales de Reims et d'Arras, et quantité d'édifices religieux ont été détruits: c'est une impiété impardonnable pour les Allemands de s'en prendre à Dieu même pour se venger de leurs insuccès dans leurs combats. Mais qu'importe à Dieu la disparition de ces beaux monuments, qu'une nation vaniteuse conserve comme des musées, pour sa glonfication auprès des autres peuples, lorsqu'il a à lui faire expier tant de confiscations, de profanations, d'abandon, à la ruine, de chapelles, de couvents, de collèges, de monastères, de séminaires, d'églises de campagnes et de cette belle église de la patronne de Paris, Sainte Geneviève, d'où l'on a chassé Dieu pour en faire un reliquaire (qu'on me pardonne le mot) de charognes: pou en faire un Panthéon de tous les cadavres de ceux qui furent l'essence de la pourriture morale de la France. — (La Croix, Moutréal, 13 mars 1915).

Cette haine féroce ne date donc pas de Combes ou de Viviani, puisque la première désaffectation de l'église Sainte-Geneviève pour l'établissement d'un Panthéon français remonte à 1791 et que c'est depuis près d’un siècle (1830) qu'on y lit l'inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante.

Quant aux leçons de patriotisme, voyons celles que ce même journal donne aux prêtres canadiens, sujets britanniques:

La Croix tient ‘la Russie et l'Angleterre responsables

de la guerre” (5 déc. 1914):

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