‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 3 sur 19 · DE · texte numérisé non relu

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très pittoresque. On connaît peu, en effet, en France le tourbillonnement, on plutôt le poudroiement de la neige, tel que nous l’avons ici, et que les Anglais appellent driftiny. Ce sont donc les circonstances locales qui nous ont imposé ce mot, et nous disons avec beaucoup de raison : il y a, ou il fait de la poudrerie, il poudre. Nous avons aussi le terme contraire: pour indiquer que la neige ne poudre pas et qu’elle est devenue humide par suite de l'élévation de la température, nous employons le verbe peloter, auquel les dictionnaires ne reconnaissent pas cette acception, bien qu’ils donnent pelote de neige. Nous dirons encore des chemins d'hiver qu’ils sont boulants, lorsque la neige fait boule sous le sabot du cheval, que le cheval se trouve botté et qu’il court risque de s’embourber, c’est-à-dire de s’enfoncer dans la neive comme dans un bourbier. Nous disons également que les chemins sont moulineux, que la neige est moulineuse, lorsqu'elle forme une espèce de sible mouvant. Ces adjectifs viennent, le premier du verbe bouler et le second du verbe mouliner . leur dérivation est donc parfaitement juste. Ronsard dit, dans un sens analogue : “ Les glacez pelottons flottans que l'orage par les monts boule.”

Barauder et renvoi sont encore deux termes dus à notre climat. Les renvois sont des pentes de glaces ou de neige dureie que le patin du traîneau creuse dans le chemiu et qui font barauder la voi-

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ture, c'est-à-dire, glisser latéralement jusqu'à une petite accumulation de glace qui arrête brusquement le mouvement et renvoie les voyageurs ds l’autre sens, Les patins ou lisses, où lices du traîneau sont deux mots auxquels nous avons donné une acception que la nature même de l’objet nous indiquait. Et il y a aussi l'expression cœhot par laquelle nous désignons les fosses qui se creusent dans la neige du chemin et qui font cahoter la voiture. Ici, cependant, nous ne faisons qu'appliquer à un chemin de neige un terme qui s’'employait déjà pour un chemin d'été. Berlot, berline, carriole, sont encore des appellations qui nous servent à désigner certaines voitures d'hiver particulières au pays, et pour lesquelles nous n'avions pas de noms correspondants dans la langue française; nous avons donc été obligés de créer un mot et de donner à deux autres une nouvelle acception. Une autre expression aussi juste que pittoresque, c’est le mot bordages, par lequel nous désignons les glaces qui se * forment sur les bords des rivières avant que le milieu soit congelé, et qui tiennent encore à la rive après que la débâcle s’est faite. Sur le Saint-Laurent, ou les bordages sont beaucoup plus considérables, on leur donne le nom de battures. Nous avons encore le mot pont, que nous appliquons surtout à la glace qui se forme sur le fleuve en face de Québec, et c’est avec raison, puisque, presque tou-

jours, l’eau reste libre en aval et sur une certaine étendue en amont de ce pont; c’est donc un véritable pont d® glace. Il y a bien des années, le fleuve avait pris, en une seule nuit, depuis les rapides de Lachine, en haut de Montréal, jusqu’à l’Ile-aux- Grues, dix lieues eu bas de Québec, c’est-à-dire sur un espace de 210 milles (environ 350 kilomètres). On a étendu, pour cet hiver seulement, la signification du mot pont à tout le fleuve, et l’année de ce remarquable phénomène est restée connue sous le nom d'année du grand pont. Pendant cet hiver, on n’a pas été obligé de construire des patinoirs artificiels, car le fleuve lui-même formait un immense skating-rink, comme disent les puristes. Et, sur cet espace ouvert à tous les vents, lorsque les jeunes filles patinaient, la jrudence exigeait qu’elles s'enveloppassent la tête d’un nuage où d'un nubé en fine laine.

. Il ya encore une expression pour laquelle je ne demande pas le droit de cité, puisque les dictionnaires le lui ont déjà accordé, — mais que je signale comme l’une de nos plus heureuses adaptations ; c’est le mot raquette que les grands puristes remplacent, bien à tort, par souliers à neige. Cette dernière expression n’est ni plus ni moins qu’une absurdité, attendu auc la raquette n’a rien du soulier, si ce n’est qu'elle s'attache au pied comme ce dernier, On pourrait avec autant de raison appeler le parapluie un

chapeau à pluie, puis qu'il couvre la tête comme le chapeau, ou bien encore appeler le patin un soulier à glace. Pour marcher à la raquette, on se sert du mocassin, ou soulier mou, et l’on met généralement des mitasses, sortes de longues guêtres en laine ou en peau.

Ce mot raquette me rappelle une plaisante histoire du temps passé, On sait que Mgr de Laval avait établi une école et une ferme modèle à St-Joachim, huit lieues en bas de Québec. L'hiver il s'y 1endait quelquefois en raquettes. Or dans l’histoire de l’Hôtel- Dieu de Québec, il est dit que le prélat faisait ses voyages en acquettes, ce quiest évidemment une faute d'impression, Mais M. l'abbé Brasseur de Bourbourg, dans le travail historique qu'il a bien voulu consacrer à notre pays, a cru voir là une chose inconvenante pour un évêque, et il a corrigé en substituant au mot acquettes les mots simple habit

de gros drap.

Et, puisque j'en suis à parler des mots que nous a inspirés notre saison d'hiver, c’est peut-être le lieu ici de citer la sucrerie, avec tous les termes qui s’y rapportent. La sucrerie proprement dite, c’est la forêt d'érables avec sa cabane à sucre, et tous les ustensiles qui servent à fabriquer le sucre d'érable. Par Les sucres, on entend l’époque où se fait le sucre et l’ensemble des travaux que nécessite cette exploi-

tation. Ainsi on dit : Je vous paierai aux sucres; je vais aux sucres, je travaille aux sucres, je reviens des sucres. Entailler, c'est pratiquer dans l’aubier de l’érable une entaille où incision diagonale par laquelle la sève s'éconle, et établir une pièce de bois rainée, avec nn vase, pour recueillir cette sève. La petite pièce de bois, qui se nomme coulisse, goudrelle ou gouterelle, a huit où dix pouces de longueur sur deux pouces de largeur; elle est fixée daus le bois même de l'arbre, au-dessous de l’entaille, et inclinée vers le sol à son extiémité inférieure ; elle sert de conduit ou de gargouille pour faire tomber la sève ou eau d'érable dans le vase qui peut être une auge, un cassot où une boîte en fer blanc. Pour creuser cette auge, on se sert d'un instrument qui disparaît rapidement aujourd’hui : c’est la fille ou herminette à gouge. Le cassot est une petite boite étanche faite d’écorce de bouleau. On fait bouillir la sève dans de grandes chaudières en fonte, et quand, par suite de l’évaporation, elle a acquis une belle couleur brune, on l'appelle réduit ; c’est alors qu’on peut en faire de la trempette en y ajoutant du pain émietté, On dépose ce réduit dans des bidons et quand il y en a une quantité suflisante pour faire une brassée où un brassin on le remet sur le feu et, par une nouvelle ébullition, il prend la consistance du sirop, puis épaissit jusqu’à la {are avec laquelle on fait des toques ; enfin, il devient du véritable sucre que l’on laisse refroidir

un peu pour le verser ensuite dans les moules. Pour agiter le sucre, on se sert de la mouvette; faire lu tournée, veut dire aller recueillir l’eau sucrée au pied de chaque arbre pour la rapporter à la cabane; exploiter une sucrerie se dit fuire couler.

La plupart de ces expressions, je le sais, se trouvent dans les dictionnaires, mais elles n’y ont pas l’acception que nous leur donnons ici, pour l'excellente raison que l’industrie à laquelle elles s'appliquent est particulière au pays et n’est pas connue en France.

Notons en passant: bordée de neige, terme que nous employons parceque la neige nous arrive le plus souvent, comme une véritable bordée ; croûte, Ja couche durcie qui se forme à la surface de la neige et qui est bien différente du verglas. Nous disons : La croûte porte, c’est-à-dire, on peut y marcher sans enfoncer. Il y a encore le frasil qui désigne une glace rompue en menus morceaux et mélangée d’eau ; ce terme est emprunté aux charbonniers de France qni nomment ainsi la poussière de charbon. Et cette expression pittoresque : glace chambrée, qui s'applique à la glace dans laquelle le soleil du printemps à creusé une multitude de petits alvéoles ? L’anglais a une expression aussi heureuse dans le mot honey combed. Et glissade, glissette ? Jamais vous ne parviendrez à faire disparaître ce mot de notre vocabulaire tant qu’il y aura des côtes, de la neige, et des enfants au Canada,

À se

Quelques autres mots qui se rapportent à la glace trouvent naturellement leur place ici. Les buttes et les buttons sont des buttes de glaces flottantes (hummocks); un champ de glace s'appelle une baie ; si la glace est mince, on dit: des peaux (field ice); glace bosculée, bosculis ou bourdignons, signifie de la glace tassée et offrant une surface rugueuse (packed ice) ; glace cassées (loose ice), langue de glace, s’expliquent d'eux-mêmes ; il y aussi les corps morts qui sont des ilots de glace, et le mdchis, ensemble de glaces cassées et moulues. La glace est fière quand elle est dure et ferme,

Il me serait impossible, sans donner à ee travail une étendue qu'il ne doit pas avoir, de relever tous les termes et locutions que nous pouvons réclamer comme nous appartenant ; en voici cependant encore un certain nombre que je ne saurais passer sous silence,

Tons les Canadiens, en hiver, portent le casque, qui west pas aussi militaire qu’on pourrait le penser. C’:st une esp ce de bonnet en fourrure, ou bonnet à poil; il nous est indispensable et il fallait le nommer de quelque façon ; or, comme il a plusieurs points de ressemblance avec le casque militaire, nous lui avons donné ce nom. Les femmes, de nos jours, portent aussi le casque ; autrefois, c'était la thérèse, bonnet garni d’ouate ou de fourrure. Nous avons

encore ici le capot, qui n’est ni le capot du marin ni la grosse capote du soldat, mais qui tient de l’un et de l’autre; il est plus lourd que le paletot. Cette acception est passée dans notre langue et elle y restera, de même que le verbe encupoter, au s'encapoter, auquel nous tenons et qui est tout aussi rationnel que caoutchouter, accepté par les dictionnaires.

Encanteur, que nous employons de très vieille date, est donné au supplément de Littré, de même qu'encadreur.

Nous avons encore le verbe se peter, qui veut dire se camper fièrement, résister. Théophile Gautier, au reste, emploie ce mot à peu près dans le même sens que nous : “ Quand l'actrice, comme une statue qui se piète sur son socle, a redressé sa haute taille...” Le mot crans s'applique aux rocs dénudés et taillés presque à pic que l'on trouve sur les berges des rivières. Nous disons, “Ce navire est venu s’échouer, se briser surles crans. Littré, dans son supplément, admet un sens à peu près analogue,

Parmi les noms des arbres particulier à ce pays, il en ést un certain nombre que la France a admis, entre autres, épinette, qui désigne une variété de bois très commune ici, et que Bernardin de Saint-Pierre appelle improprement sapinette, puisque, l’épinette

étant plus grande que le sapin, c'est un augmentatif et non un diminutif qu’il eût fallu employer. Il y en a beaucoup d’antres espices qu'on ne trouve pas dans les dictionnaires, par exemple, le merisier (dans son acception canadienne), le bois d'orignal, le bois de plomb, le pommetier (dans le département de l'Oise, on a le pommolier), la pr'uche, qui, tant pour son bois qu’à cause de son écorce, entre pour une Si large part dans le commerce que nous faisons avec les Etats-Unis. J'espère pourtant que ce mot finira par être reconnu, avec sapinage qui est si joli, et cage, et plançon, dans leur acception canadienne, et cageu. Il faudra bien aussi que l’Académie se résigne, un jour ou l’autre, à accepter notre meullier, et notre voiturier qui valent bien mieux qu'ébéniste et carrossier, et les expressions traîne, tabogâne et mitasses, qui, pour avoir une légère odeur de boucane, n’en sont pas moins d'excellentes adaptations. Il en sera de même, je l'espère, pour carré, char et lisse ou lice, qui ont beaucoup plus de raison d’être que square, wagon et rail, et pour char urbain et chemin de fer urbain au lieu tramway. On nous a aussi reproché chéquer et chéquage, que nous avons dû créer, parce que la langue francaise ne possède pas de termes équivalents, et que le chéquage n’est pas la même chose que l'enregistrement du bagage tel qu’il se fait en France. M. Malézieux, cependant, dans son ouvrage sur les chemins de fer américains, nous donne raison et écrit hardiment, comme nous,

Ar LL

chèque, chéquer, chéquage. Et, dans le fait, j'aime mieux d're «chéquer que stopper ; notre verbe a au moins pour lui une excellente raison d’être : la né :8si 6, tandisque l’autre n’est véritablement qu’un mit de fantaisie,

Je pourrais en outre signaler un certain nombre de mots qui ont une couleur fort poétique et que nous ne sa: r.fierions pas sans une sérieuse résistance. Ce sont, entie autres, la brunante, qui ne paraît dire plus que la Lrune, le mot revollin dont nos marins 82 servent au lieu d'embrun ; cailler, pour se laisser aller au sommeil ; s'endormir, pour avoir sommeil ; | parolie, petit: assemblée, brumasser, pour dire qu’il tombe une pluie très-fine, qui tient plutôt du brouillard (Littré le donne comme néologisme) ; de même qu'un grand nombre d’autres fréquentatifs, qui s’emploient surtout dans les campagnes, comme poussailler, machouiller, colletailler, mouillasser, bourrasser, cisailler un cheval, c’est-à-dire, tirer rapidement et alternativement les guides.

Je mentionnerai le mot centin, qui désigne la centième partie d’une piastre, et que nous avons dû adopter à la place de centime qui désignait déjà la centième partie du franc ; l'adjectif curreauté, étofte carreuutée, pour étoffe à carreaux ; pagée, qui indique chuque division d’une clôture comprise entre deux pieux. Cette curieuse expression vient sans doute de Ja ressemblance frappante qu'offre une clôture, surtout la clôture en zigzag des terres

des terres nouvelles — avec les pages ouvertes de ces anciens livres qui se pliaient dans un: étui comme certaines cartes modernes ; les lignes d’écriture sur chaque page représentent assez bien les perches de la pagée. Clôture d'embarras est aussi une expression pittoresque tirée de la nature même de la chose ; en effet, cette clôture, faite de branchiges et de troncs d'arbres jetés pêle-mêle, offre aux bestiaux plutôt un embarras qu’un obstacle infranchissable, Suuter les rapides, portager et pagayer, sont encore des expressions pleines de justesse que les circonstances nous ont fcrcés d’employer. Citons encore pouvoir d'eau, chantier, fuire chantier et camp ou campe, petite cabane dans les bis; vo yageurs, dans le sens de bûcheron des chantiers d'en haut; dissident, pour contribuable appartenant à la religion de la minorité dans une municipalité scolaire ; grand brûlé et petit brûle, partie d’une forêt que le feu a détruite ; catalogne sorte de tapis fabriqué dans nos campagnes ; drubliére, cédrière, frénière etc; crosse, espèce de raquette recourbée avec laquelle on joue à la balle, — ce jeu nous vient des sauvages ; épluche ou épluchelte de blé d'Inde, espèce de corvée pour éplucher les régimes de maïs ; fort, pour village parceque, dans les premiers temps de la colonie, tous les villages étaient fortifiés ; habitant, pour cultivateur où paysan, parce qu'il y avait autrefois des

privilèges accordés à ceux qui se fixaient sur le sol, aux habitants, et refusés aux simples passants comme les soldats, les commis, etc ; ripe, ruban de bois qu’enlève le rabot ou la varlope ; repoussis petites tiges qui poussent après qu'on a abattu les gros arbres ; éére à la hache, être appauvri, n’avoir plus que sa hache pour vivre ; saboter, en parlant d’une voiture que cœhote et qui vous secoue comme. le pied dans un sabot ; rang et concession, division d’une paroïsse ou d’un canton: il demeure au troisième rang ; j'ai une terre dans les concessions ; cordon, chemin qui divise les rangs ; trait carré, endroit où le cordon frappe an autre chemin à angle droit.

Je ne voudrais pas être -trop long, cependant -je désirerais citer encore une trentaine de mots ou d’acceptions qui méritert, il me semble, d'avoir leur place ici. |

Ainsi, nous disons acculoire au lieu d’avaloire ; nous avons œuditer, qui est aussi régulièrement formé qu'auditeur ; nous disons barrer et débarrer une porte, une armoire, un tiroir, etc., au lieu de fermer à clé. La butterie et la tasserie d’une grange sont deux expressions canadiennes doublées de normand ; tomber en bottes; cette singulière locution ne vient pas pas du mot botte qui siguifie faisçeau, mais du vieux mot bote ou botte qui signifie tonneau ; d’où, tomber en botte, c'est-à-dire tomber comme un

tonneau dont les cercles se sont détachés ; caucus est un mot de couleur latine qui a passé par l'anglais ; qu’on nous en trouve un meilleur et nous nous engageons alors à dire cercle au lieu de club; souxer, est un verbe original et plein d’hirmonie imitative ; on dit: souxe ! pour exciter les chiens : c’est la le radical de notre verbe; clairons, pour aurore boréale, est presque français, puisqu'on appelait ainsi autrefois uue éclaircie dans le ciel ; conférencier, dans le sens que nous lui donnons, passera de lui-même dans la langue française, il est déjà accepté par beaucoup de bons écrivains. Etre degradé en route, se dit ici aussi bien sur terre que sur mer; on dérène un cheval; on dit aussi échiffer, échiffes dans le sens d'éffilocher. Ce mot vient probablement de chiffon, ou peut-être de l'anglais chaff qui signifie balle ou déchets de grains. La ferrée est une bêche ordinaire ; autrefois elle était en bois et n’avait qu’une pièce de fer à l'extrémité du tranchant ; c’est ce quiluia valu son nom. ÂMal-à-main, malchanceux sont deux expressions populaires, de même que narcher au catéchisme, qui signifie suivre les exercices du catéchisme pour la première communion; ont dit même simplement: marcher. Je ne sais pas trop d’où peut venir cette curieuse expression ; gurdons-la, dans le genre familier, à titre d'originalité, Nous disons menoirs et travail, au lieu de limons et brancard ; c'est peut-être une mauvaise habitude, Frotter les

GE bottes, les souliers : je me demande pourquoi on nous reproche cette expression, attendu que, dans l’importante opération dont il s’agit, le frottage l'emporte de beaucoup sur le cirage. Nous disons aussi presque toujours grillé pour hâlé; ce doit être un terme de province. Zndictement est un vieux mot français que nous avons repris sur l'anglais ; il tend toutefois à disparaitre. Ouaouaron, un mot de neuf lettres qui se tient debont avec deux consonnes seulement ; c'est un chef-d'œuvre d'harmonie imitative ; il vient du mot huron ouaroune, et rend exactement le cri de l'animal. Partisannerie fera son chemin. Qualification et qualifie, dans l’acception que nous leur donnons, sont une adaptation de l'anglais. Octave Feuillet emploie le mot qualifié avec le même sens que nous, dans La Veuve: “... Vous devez vous adresser à votre confesseur ; il est la personne la mieux qualifiée pour recevoir ces sortes de confidences. ” Je cite de mémoire ; il se peut que la phrase ne soit pas construite exactement de cette facon. Tinton, c'est l'appel suprême que fait la cloche de l’église par petits coups répétés, avant les offices ; il dérive trèsnaturellement de tinter. Transquestion, transquestionner sont deux expressions que vous arracherez difficilement du répertoire des avocats sans une pluie d'oppositions afin de conserver. Notre locateur, si logiquement formé, ne se trouve pas dans le code Napoléon, mais il est aujourd’hui admis par Littré,

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