L. Sainéan, op. cit., pp
2. Il faut rendre également au provençal toute une série de mots, cités par M. Sainéan comme venant du vieux français ou des patois de la France du Nord, notamment tous ceux qai ont conservé le c latin devant a ou Vs devant consonne : cabot, cambriole [déjà cités], carne (viande gâtée), escoute (oreille), esgar (vol entre complices), estable (chapon), esteve (fraude) [du prov. estevo = manche de charrue], estoc (esprit, finesse), estoffe (butin), astreignante [ceinture), fustiller (tricher), galine (poule), jaspiner (1 avarder), ostau (prison). Plusieurs de ces mots ont disparu de l'argo actuel. Quelques-uns, signalés par Vidocq, n'ont dû avoir qu'une existence locale, et n'être usités que dans le Midi.
et cette source, à l'heure actuelle, semble bien tarie définitivement. Il serait intéressant que la question fût reprise de près, et que tous les mots fussent passés au crible par un dialectologue, pour déterminer la part des divers apports dialectaux dans la formation de Fargot ancien.
Les parlers picards ont donné quelques mots caractéristiques. Broquille est un diminutif du picard broqiie = broche, qui, du sens de « petite épingle » qu'il avait en argot ancien, a passé aujourd'hui à celui de « minute » (au sens spécial). — Pieu^ très intéressant, est la forme picarde de peau, attesté dès 1396 au sens de « lit » ; à la même époque le dérivé peausser, piausser signifie se coucher * : par une nasalisation dont on ne voit pas nettement la cause, le mot devient pioncer, au début du xx^ siècle, avec le sens de <' dormir ». De nos jours, le langage populaire, ne reconnaissant plus évidemment la parenté des deux mots, tire directement de pieu un nouveau dérivé, se pieuler z= se coucher (se mettre au pieu).
Aux patois vosgiens, on doit sinve = niais (en lorrain : moutarde sauvage; lat. sinapis); à la Suisse romande, rapiat (primitivement : galeux) ; à la Champagne, marlou (primitivement : matou)', à la Normandie, pif (gros nez). On pourrait multiplier les exemples.
Les noms de lieux ont aussi fourni leur contingent. Se douterait-on que la tune^ qui désigne dans la