‹ La langue grecque [microform]. Mémoires & notices, 1864-1884Chapitre 14 sur 19 · QU'UN HOSPICE NATIONAL S'ÉLÈVE A STAVRODROMION, ET IL S’É- LÈVERA · texte numérisé non relu

QU'UN HOSPICE NATIONAL S'ÉLÈVE A STAVRODROMION, ET IL S’É- LÈVERA

Oui, nous pouvons hautement l’espérer, à cette époque surtout-où l'empire ottoman est dirigé par des ministres éclairés et d'une haute capacité, bien éloignés de mettre aucune entrave au développement intellectuel et moral’; à eette époque où nous voyons sur le trône un prince bienveillant, qui souvent s’est plu à déclarer qu'il considère tous les peuples soumis à son sceptre comme les enfants de la même patrie, qui désire les voir unis et associés dans une concorde fraternelle, qui veut le progrès dans les arts, dans les sciences et dans les lettres.

(1) Ce lycée a été fondé dans le courant de l’année 1869. — Stavrodromion est le nom grec de la ville de Péra. Ce dernier nom (dérivé du grec πέρα, au-delà), n’est employé que par les étrangers.

Un an à peine s'était écoulé, depuis le jour où si siadis prononçait ces nobles paroles, lorsque le 24 mai 1870 éclata le terrible incendie qui réduisit ue la plus,.grande partie de la ville de Péra. Le ps τ cos syllogos ne fut pas épargne par le fléau. n que ques instants le local qu’il occupait, sa bibliothèque, ses archives devinrent la proie des flammes. On pouvait donc craindre que tant de généreux efforts ne fussent perdus, tant de glorieuses espérances np

Mais l'énergie des hommes du Syllogos, leur pre tisme, leur foi dans l'avenir, les sau va du ro Ομ ment; etla catastrophe qui semblait devoir les PERS ne fit que les animer d’une ardeur nouvelle. Ι fut résolu que le Syllogos ne serait pas abandonné, qu se nouveau local, plus vaste et plus convenable remplacerait l’ancien, que la bibliothèque serait reconstituée, les séances hebdomadaires reprises, les conférences rouvertes, le Recueil des Mémoires continué. À ses anciennes attributions la Société a même voulu ajouter une sorte de patronage qu'en fait elle exerçait déjà

sur les sociétés analogues fondées chaque jour dans

les divers centres de populations helléniques en Turnfin elle a décidé qu’elle accorderait sa protecaux écoles existantes d'instruction primaire, οἱ llerait dans la mesure de ses forces à en mulli-

quie. E tion travail abre.

ne ce programme s exécute dans toutes ses parties. Le journal le Néologos, organe pou de la Société à Constantinople, fournit de nombreux té moignages de son activité directe ou indirecte.

Le Recueil des Mémoires vient tout récemment de s'enrichir d’un quatrième volume, qui contient tous les documents échappés au sinistre du 24 mai. Une commission composée de MM. le Logothète Aristarchis, président, et Maliadis, secrétaire, Basiadis, Maurogenis, Tagis, Chasiotis, Tsigaras, a mené à bonne fin ce travail, dont elle nous fait connaitre, dans une inté-

DISCOURS DE M. BASIADIS. 305

ressan£ie préface, toutes les difficultés. « Il est des occasions, dit le rédacteur, où une œuvre commencée ἢ besoin d'une impulsion nouvelle. Pour nous, cette im-

pulsion est venue du désastre même, qui semblait devoir nous anéantir. » (1)

(1) Qu'il nous soit permis de rappeler ici en quels termes M. A, Croiset, membre de l'Institut, vice-président de l'Association des études grecques, parlait dans la dernière assemblée générale de cette association, du Syllogue, auquel la Société vient de consacrer un de ses prix (@) :

« Le Syllogue de Constantinople est une des plus utiles créations de cet esprit grec contemporain que nous voyons partout si avide de culture, si actif à multiplier les écoles, si généreux à les doter, et pour qui les intérêts mêmes du patriotisme se confondent comme naturellement avec ceux de la civilisation.

Quinze gros volumes in-4° portent témoignage de l’activité du Syllogue... A côté des études qui ont pour principal intérêt soit de faire connaître aux lecteurs les résultats essentiels de certains travaux scientifiques récents, soit de ramener l'attention sur des problèmes littéraires et moraux bien souvent traités déjà, 1l en est un grand nombre d'autres qui apportent à la science des faits nouveaux ou des idées nouvelles : ainsi dans le dernier volume, je trouve, d’une part, un certain nombre d'inscriptions récemment découvertes ; de l’autre, chose plus inattendue, six lettres inédites de l'empereur Julien. M. Pappadopoulos Kerameus, qui les publie, est convaincu que les bibliothèques de l'Orient ont encore plus d’un secret à nous livrer. Le Syllogue a entrepris la publication, depuis l’année 1873, d’un recueil des Monuments vivants de la langue moderne (συλλογὴ τῶν ζώντων μνημέιων τῆς Ἑ)λληνιχῆς γλῶσσης). On trouve dans ce recueil des monographies sur les dialectes d’une foule de pays helléniques ; monographies généralement bien faites, méthodiquement conçues et exécutées avec soin. Il n'est pas besoin de beaucoup de réflexion pour comprendre à quel point les travaux de ce genre peuvent être précieux pour les savants de l'Occident; ceux-ci ne sauraient avoir pour recueillir les faits de cet ordre, ni les mêmes facilités, ni peut-être les mêmes aptitudes que les indigènes, Le Syllogue ne saurait trop s'engager dans cette voie. Il rendra par là de très grands services à la science de tous les pays. La Grèce moderne peut rendre encore à nos études classiques un autre genre de service : c'est d’aider la Grèce antique à y maintenir son rang. Par ce temps de programmes utilitaires, qui sait si ce ne

(ἡ) Annuaire de l'Association, 1886, p. LxxxvT.

du français comme langue scientifique chez sas υλέρι nations, l’auteur continue ainsi : « Certes, on ne rev se pas en arrière; le latin est bien une langue morte, . tant pour le langage scientifique que pour le Ἐν vulgaire ; l'usage d'écrire en latin les eo scie " fiques est perdu et, suivant toute “vraisemD sn renaîtra pas; tout eflort de restitution serait supel ᾿ Mais, pour stériles qu'ils soient, les regrets ne son pas interdits, et on nous permetira de regretter que l'unité de langage scientifique ait été ainsi se L'emploi des quize langues diverses qui se Soi ee actuellement dans les pays civilisés est un formida e empêchement, et je pense qu'après avoir passe quelques heures à déchiffrer un livre allemand, un livre anglais, un livre italien, des notices russes, hollandaises, danoises, suédoises, etc. (1), on ne Sera Pas ee de soupirer après le temps où la connaissance d ΡΝ He gue unique, d'une incomparable clarté, ds toutes ces langues vivantes qu'on ne peut savoir que superficiellement. » | PA RE Ces plaintes sont assurément fondées, et ces reg | légitimes. Ce que d’autres ont senti comme lui, she gardant au fond de leur pensée, l'auteur a eu le ES de l’énoncer hautement. Cependant, à côte de ces légitimes regrets, n’y a-t-il pas place aussi à de légitimes espérances ? Si, comme langue scientifique . 16 latin est condamné sans retour, cette perte n'est-elle pas réparable? À ce serviteur devenu caduc ne ie donner un substitut plus vaillant? Ce successeur Π eslil pas même tout prêt, sous notre men en quelque sorte, si bien que pour le mettre à ] oh nous na vons pour ainsi dire qu'un signal à donner:

. 4 ὀ : ‘anteur vi er eut ajouter l'es- (1) Aux idiomes que l’auteur vient de nommer, on peut à D

: àc ais, les

pagnol, le portugais, le hongrois, le tchèque, le polonais, pétrases te) alu Ψ UD) + : Ξ : . ous € à dialectes du slave proprement dit, le roumain, le turc, l'hinc anie,

sans parler du latin et du grec, et que 5815-6 encore:

C'est là ce que je demande au lecteur la permission d'examiner maintenant avec lui.

Partout où il est régulièrement constitué, l’enseigne-

ment classique comprend l'étude, plus ou moins effective, des deux langues latine et grecque. Toutes deux doivent ce privilège à la grandeur de leur rôle historique, à la richesse de leur littérature, à la perfection de leur organisme. Durant tout le moyen âge, le latin avait été seul cultivé ; à l'époque de la renaissance le grec est venu s'y joindre, et on sait combien son influence servit alors aux progrès des sciences et des lettres, et hâta l'émancipation de l'esprit humain. Cependant depuis environ deux siècles, le culte des deux langues a toujours été faiblissant, et de nos jours on pourrait craindre que cette décadence ne finît par aboutir à un complet abandon. Le prodigieux développement des sciences, de l’industrie et du commerce, l'extension toujours croissante des relations internationales, ont créé aux sociétés humaines des intérêts nouveaux, et par suite à l'éducation de nouveaux devoirs. ἃ côté de l'enseignement scientifique, qu’il a fallu introduire, une large part a dû être faite à l'étude des langues vivantes, devenues l'instrument nécessaire des communication entre les peuples, maintenant privés d’un idiome commun. En présence de ces impérieuses innovations, les deux vieilles langues classiques ne pouvaient conserver le rôle prépondérant, on peut presque dire exclusif, qui leur était dévolu dans l’ancienne organisation ; elles ont été réduites à un rôle secondaire, dont elles ne sont pas même sûres de pouvoir jouir sans conteste.

Entre ces deux langues, objet d'une commune défaveur, une différence existe cependant, différence capitale, dont jusqu'ici on n’a pas tenu compte, qu'à peine on ἃ remarquée, parce qu'elle n’est clairement apparue et ne s’est nettement caractérisée qu'à une époque véritablement récente. Le latin est bien une langue morte ;

en dehors des rites de l'Église romaine, en dehors des manifestes du pontife romain et de la curie romaine, il n’a plus d'emploi actuel. A la différence du latin, l'autre langue classique, de formation pourtant plus ancienne, est restée une langue vivante. Sous une forme plus ou moins régulière, le grec est aujourd’hui écrit et parlé par quelques millions d'hommes, soit dans le royaume hellénique, soit dans les nombreuses populations et communautés grecques réparties sur les rives du Bosphore, de la mer Noire, de la mer Égée, de l’Adriatique, de la Méditerranée occidentale, et même de l’Atlantique ; il est écrit et parlé à Constantinople, à Odessa, à Taganrok, à Salonique, à Smyrne, en Crète el dans les iles grecques soumises à la domination ottomane, à Alexandrie, au Caire, à Trieste, à Vienne, à Livourne, à Marseille, en Corse, à Leipzig, à Londres, à Manchester, à Liverpool, aux États-Unis, même jusqu'à San-Francisco, à Calcutta, à Saint-Pétersbourg. Grâce à la multiplication des écoles et au développement de la presse périodique depuis l'époque de l'émancipation, cette langue écrite ou parlée est partout à peu près la même. Plus libre dans ses allures, moins régulière que la langue écrite, la langue parlée se maintient cependant dans un rapport intime avec elle et s'associe peu à peu à ses progrès. De son côté, la langue écrite, bien plus rapprochée de la langue ancienne, tend chaque jour à s'en rapprocher davantage. Sous sa forme Ὀγzantine, elle est d’ailleurs toujours restée la langue de l'Église, qui s’est attachée à cultiver en elle, en même temps que la plus haute expression du génie national, la langue des Septante, du Nouveau Testament et des Pères. Elle n'a pas cessé non plus d’être la langue des lettrés qui, non moins que l'Église, ont vu en elle le rage etla sauvegarde de l'existence nationale (1). Et de-

(1) Voyez dans la Nouvelle bibliographie générale, de Didot, l'article de M, Fustel de Coulanges sur le célèbre drogman et secrétaire

puis plus de trois siècles, clergé et lettrés, unis dans un même sentiment patriotique, n’ont cessé de travailler tout à la fois à l'amélioration de la langue populaire et à la restauration de la langue écrite. Il se sont efforcés de relever celle-ci au niveau de la langue ancienne, non pas certes de l’attique (dans sa perfection, l’attique n'a cependant jamais été qu'un dialecte}, mais de cette langue commune, de cette χοινὴ γλῶσσα qui, devenue après la conquête d'Alexandre, la langue usuelle de l'Orient hellénisé, après la conquête romaine pénétra jusqu'aux limites de l'Occident romain et y porta avec elle, en même temps que la vie grecque, la foi juive et la foi chrétienne.

Dans ce généreux effort, il y a eu sans doute des tendances diverses. Les uns ont poussé l’ardeur de réforme jusqu'au purisme et au pédantisme ; les autres, séduits par le charme et la naïveté du langage populaire, ont défendu ses droits. Aujourd’hui, grâce à l’étude de plus en plus répandue de la langue ancienne, grâce aux ressources que fournit cette langue pour suffire aux besoins de la civilisation moderne, grâce à ce merveilleux instrument, la presse, mise au service de la culture hellénique, une langue écrite s’est aujonrd'hui constituée, qui, à part certaines anomalies qui peuvent et doivent disparaître, représente assez bien ce qu'a été l’ancienne χοινὴ γλῶσσα. Elle a donné nais-

d'État de la Porte, Alexandre Mavrocordato. « Il désirait que la race grecque, avec sa croyance propre, conservât aussi sa langue pure du mélange des mots turcs et des tournures des langues d'Occident. Sa correspondance est pleine de recommandations à ce sujet. Il voulait que le grec ancien fût enseigné dans les écoles, et il avait l'ambition de faire renaître chez les Grecs une langue savante et littéraire, en même temps qu’une société éclairée et polie. A l'exception du traité de médecine qu'il publia en Italie, il écrivit tous ses ouvrages en grec et se rapprocha autant qu'il était possible de la langue ancienne. »

Les lettres de Mavrocordato, la plupart en grec pur, quelques-unes n grec vulgaire, ont été publiées par M. Livadas, à Trieste (Αλεξανou

£ “ y, . mr LL νὸν oi Aie , ““... ων Μαυροχοροάτου, τοῦ ἐξ χποῤῥήτων ἐπιστολαὶ Ρ΄͵ (Τεργέστῃ.) 1879.

sance à de nombreux travaux originaux ; je me bornerai à citer ici, comme exemples, l'Histoire de l'insurrection grecque, de Tricoupi, et l'Histoire du peuple grec, de Paparigopoulo, deux ouvrages qui ont leur place marquée dans toutes les bibliothèques historiques. Comment ne pas mentionner au moins les innombrables articles, souvent d’un réel intérêt, insérés dans les recueils périodiques et dans les publications des sociétés savantes de Constantinople, d'Athènes, de Smyrue, el jusque dans le Bulletin de correspondance hellénique, publié par l’école française à Athènes ? La langue écrite actuelle est aussi incessamment appliquée à traduire les œuvres les plus importantes de la littérature et de la science occidentale. Dans cette dernière catégorie, figurent un bon nombre d'ouvrages relatifs aux sciences, particulièrement aux sciences médicales, physiologie, pathologie,anatomie, etc. Cessciences sontd'ailleurs largement représentées dans les cours de l'Université d'Athènes. On comprend que la langue d'Hippocrate et de Galien, qui a fourni aux sciences médicales la plus grande partie de leur vocabulaire, ne se soit pas trou-

vée embarrassée pour suivre ces mêmes sciences dans leur progrès moderne (1).

La meilleure réponse à la question qui fait l’objet de cette lettre serait bien évidemment l'étude linguistique des ouvrages que je viens de mentionner. Il y aurait à constater jusqu’à quel point ils possèdent les qualités

(1) Parmi les publications de cette nature, je puis citer, d'après les indications qui me sont fournies par un jeune physiologiste hellène, quelques ouvrages dont il est habituellement fait usage dans l’enseignement médical en Grèce. En voici les titres en français. Manuel de physiologie de l'homme, d'après Küss et Duval, par Santorinaios, Athènes, 1876. — Manuel de l'anatomie de l'homme, par Paulos Joannis, professeur à l'Université d'Athènes, 1879. — Pharmacologie, par Théod, Aphendoulis, professeur à l'Université d'Athènes, 1870, — Actes du congrés des médecins hellènes à Athènes, en 1882, par MM. G. Makka et Ch.-G, Ralli, secrétaires généraux du congrès.

essentielles d'une langue scientifique ; bon vocabulaire, précision et clarté. Comme prélude de ce travail, il y aurait lieu d'en donner ici même un court spécimen. Je ne possède, je ne connais même aucun de ces ouvrages ; le cours habituel de mes études m'a porté d’un tout autre côté ; mais, de ce côté-là même, j'ai rencontré des travaux physiologiques, qui pour nous peuvent avoir un intérêt supérieur, parce qu'ils prouvent à la fois et l'aptitude de la langue grecque à traiter les questions physiologiques, et la facilité avec laquelle ces questions vulgarisées sont aujourd’hui acceptées ct comprises par le public grec.

Il paraît à Trieste, depuis une vingtaine d'années, un journal grec hebdomadaire, ἣ Κλειώ /la Clio), dont le but spécial est de recueillir, soit par le dépouillement de la presse étrangère, soit avec l'assistance de corres pondants bien informés, tous les faits, tous les documents qui intéressent plus particulièrement la Grèce. Sous l'habile et savante direction de MM. Dionysios Thereianos et Theagenis Livadas, la Clio s'est acquis dans le monde hellénique une autorité bien méritée et compte de nombreux lecteurs. Selon la coutume d’aujourd’hui, elle a ses feuilletons, mais ce sont des feuilletons très sérieux; analyses d'ouvrages récemment parus, études philologiques ou scientifiques, notamment physiologiques. Depuis environ une année, {a Clio a publié une série d’études de cette dernière classe, empruntées à de célèbres physiologistes allemands ; à Hæckel, à Klebs, à Henle {1}.

(1) En voici la liste :

Κυττάρων Ψυχαὶ rai τὰ ἔμψυχα χύτταρα (les ämes des cellules et Les cellules des ämes]; discours de Hæckel, prononcé au Cercle de La Concorde (Λέσχη τῆς Ὁ μονίας), à Vienne, en 1878 (nos 1110-13 de Za Clio, 1882);

᾿Αρχὴ χαὶ ἀνάπτυξις τῶν αἴσθητηριων (Origine et développement des organes des sens]; discours de Hæckel, prononcé au Cercle scienti-

fique (Ἐπιττημονικὴ Λέσχη) de Vienne (n°5 1147-9 de {a Clio, 1883); ς

Or, parmi ces articles, il en est un, le discours de Hæckel sur les âmes des cellules et les cellules des âmes, dont nous possédons une traduction francaise de la main de M. Jules Soury (1). J'en détacherai les deux premiers alinéas, pour les placer à la suite de cetarticle en face de la partie correspondante de la traduction grecque. Ce rapprochement rendra plus facile la comparaison des deux textes et le jugement à porter sur la traduction grecque.

Je regrette seulement que l’espace qui m'est accordé, et la nature de cette Æevue ne me permettent pas de faire précéder la traduction grecque de quelques indications sur les différences les plus saillantes qui distinguent le grec moderne du grec ancien, différences qui parfois peuvent arrêter l'helléniste qui ne les connaît pas. Toutefois pour signaler les plus caractéristiques, il suffit, je crois, de noter que la conjonction νά (que) est un abrégé de iva, et que eïve, altération de l’ancien ἔνι, s'emploie concurremment avec ἐστί, commé troisième personne du présent du verbe substantif,

Cette comparaison des deux textes, je l'ai d’ailleurs faite moi-même, ligne par ligne, mot par mot, et je suis certain de ne pas être démenti, si j'affirme qu’on trouvera les deux interprétations parfaitement d'accord pour le sens, toutes deux également claires, Peut-être

Ὀλίέγα τινὰ εἰς τὸν περιοριτμὸν τῶν νοσῶν (Quelques mots sur les moyens d'empécher la communication des maladies); travail du professeur Édouard Klebs (n° 156-66 de Za Clio, 1883);

Φυσιχὴ ἱστορία τοῦ στεναγμοῦ (Physiologie du soupir), par le professeur Henle (n° 1167-8 de Za Clio, 1883).

Pour ie premier article nous n'avons que l'initiale X du traducteur. Les trois derniers ont été traduits par M. Théodore Ch. Flora, à Leipzig.

(1) Essais de psychologie cellulaire, par Ernest Hæckel, traduit de l'allemand et précédé d'une préface, par Jules Soury (2° édition), un vol, in-12, Paris, Germer Baillière et Cie, 1880.

M. Soury, plus maitre du sujet, ayant à sa disposition une langue mieux fixée, s'est-il laissé moins dominer par le texte original. Le traducteur grec semble s'être cru obligé à une marche plus timide, à un respect plus rigoureux de la lettre, D'ailleurs, vivant en Allema-

gne, il ἃ pu se trouver plus particulièrement sous l’influence de la langue allemande.

Voici maintenant les deux textes :

cette modification avec plaisir; car l'affectation d'écrire en tout comme les anciens entrainerait à ne se permettre d’autres pensées que les leurs. Pour mol, je suis d'avis que le latin de Bacon et de Descartes est un grand progrès sur celui de Cicéron. Des penseurs comme eux, s'ils eussent existé au temps des Césars, auraient certainement enrichi et agrandi le latin classique. Quand 1] se trouvera en Grèce un homme du génie de Platon ou d’Aristote, il fera faire à la langue des progrès pareils à ceux que lui firent faire ces philosophes. »

Ma tâche est maintenant terminée. Dans le cadre restreint qui m'était imposé, je me suis efforcé de résumer ces arguments qui ont déterminé chez moi une conviction déjà bien ancienne. Mais cette conviction n’est ni aveugle ni opiniâtre. Qu'une solution meilleure soit présentée : je suis tout prêt à m'y rallier. Mais qu'on la présente, car je n’admets pas que l'état d'anarchie, si bien dépeint par la Revue, puisse indélimment se perpétuer.

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