‹ La langue grecque [microform]. Mémoires & notices, 1864-1884Chapitre 7 sur 19 · SON INTRODUCTION DANS L'ENSEIGNEMENT CLASSIQUE · texte numérisé non relu

SON INTRODUCTION DANS L'ENSEIGNEMENT CLASSIQUE

Dans sa séance du 22 octobre 1864, l’Académie des inscriptions et belles-lettres recevait de M. le Ministre de l’Instruction publique, en date du même jour, une lettre relative à l'introduction possible dans notre enseignement public de la prononciation nationale du grec. « L'Académie, disait le ministre en s'adressant au secrélaire perpétuel, renferme dans son sein les hommes les plus compétents pour m'éciairer en pareille matière. Je vous serai très obligé de vouloir bien soumettre à ses lumières la question dont il s'agit, et me faire connaître son avis. »

Une commission fut nommée séance tenante. Ses membres étaient MM. Alexandre, Brunet de Presle, Dehèque et Rossignol; le bureau, composé en ce moment de MM. de Saulcy, président, Egger, vice-prési-

(1) Extrait de l'Annuaire de l'Association pour l'encouragement des études grecques (1869).

dent, Guigniaut, secrétaire perpétuel, faisait de droit partie de la commission ; M. Naudet, secrétaire perpétuel honoraire, fut également invité à y siéger, à cause de l'importance toute particulière de la question.

Trois semaines plus lard, le 18 novembre, la commission, par l'organe de M. Dehèque, présentait son rapport à l'Académie. Après avoir fait un rapide historique de la lutte engagée au commencement du xvi° siècle, et continuée jusqu'aujourd'hui, entre les partisans de la prononciation dile érasmienne, et ceux de la prononciation nationale, la commission reconnaissait, qu'en fait, les Grecs avaient conservé, au moins en grande partie, la prononciation ancienne. Elle ajoutait que la renaissance du peuple grec, commencée de nos jours, donnait à la question un intérêt pratique; qu'il en était particulièrement ainsi pour la France, à cause de ses relations nombreuses avec la Grèce, et aussi à cause de la fondation de l’École d'Athènes. En résumé, la commission déclarait à l'unanimité : « Qu'il serait opportun et avantageux de renoncer, dans l’enseignement, à la prononciation dite érasmienne, et de prononcer le grec d’après la méthode sinon antique du moins ancienne, en usage dans tout l'Orient; » — toutefois elle reconnaissait que cette mesure ne pouvait être introduite qu'avec beaucoup de prudence et de grands ménagements, et, à cet égard, elle s’en remettait au sens pratique et à la sagesse de M. le Ministre de l'Instruction publique.

Les considérations pratiques qui avaient dicté le vole de la commission n'exercèrent pas moins d'influence sur la décision de l'Académie elle-même. Elles entrainèrent, chose remarquable, l'adhésion nettement exprimée des hellénistes même qui avaient gardé l’usage de la prononciation universitaire. Ce fut seulement au point de vue scientifique que quelques membres, et en particulier M. Munk, si malheureusement enlevé depuis à l'affection de ses collègues, renouvelè-

rent l'objection déjà si souvent présentée, de l'incompatibilité de l'accentuation moderne avec la métrique ancienne. Quelques membres, entre autres MM. Egger et Rossignol, firent observer que c'était là une question encore en litige, et qui, en tout cas, ne pouvait être considérée comme décisive. Finalement l'adoption du rapport fut votée, séance tenante, à l'unanimité, moins une voix. Cet unique opposant, lui-même nous ἃ autorisé à le nommer, fut M. Mohl, et sa protestation, faite au nom de la science qu’on peut appeler rigoureuse, avait aussi, il faut le reconnaître, sa légitimité.

Tel est aujourd'hui l’état de la question. Le Ministre par sa lettre du 22 octobre, l'Académie par son vote du 13 novembre 1864, ont témoigné de leurs dispositions favorables au sujet de l'introduction dans notre enseignement public de la prononciation nationale du grec. Dernièrement, l'Association pour l'encouragement des études grecques a elle-même proposé au Ministre la nomination d’un professeur hellène à l’École normale pour l'enseignement de cette prononciation. Cependant jusqu'ici aucune mesure n’a encore été prise, rien même n’annonce qu'aucune doive bientôt l'être, pour arriver au but indiqué. On recule devant les répugnances à vaincre, devant les obstacles à surmonter. N'’estce pas l’occasion de reprendre encore une fois cette question tant débattue, de résumer les résultats obtenus, d'indiquer les voies nouvelles qu'il peut être utile d'ouvrir, les nouveaux efforts qu'il peut être nécessaire de tenter?

Déjà,. dans les documents qui précèdent, dans les articles ou les lettres de MM. Dübner, Campaux, Littré, Mendelssohn, Robert Blackie, on a pu lire des renseignements pleins d'intérêt sur l’histoire et le caractère de la lutte depuis longtemps engagée entre les deux prononcialions ; nous allons maintenant essayer de résumer le sujet dans une vue d'ensemble, et d’in-

la lutte entre les deux prononciations, une curieuse correspondance de sir John Cheke, professeur de grec à l’université de Cambridge, et du célèbre Etienne Gardiner, évêque de Winchester, chancelier de la même université. Sir John Cheke est le champion de la prononciation réformée; pour lui, le grec est une langue morte vis-à-vis de laquelle on n'est pas tenu d'observer les égards dus à la langue d'un peuple vivant. « Græca jam lingua nemini patria est. » Gardiner lui objecte avec raison l'inanité de ses efforts sur le terrain même où il prétend se placer. « Il vous est facile, lui dit-il, de mettre de côté l'usage présent, mais cela ne fait point que vous ayez retrouvé l'usage passé. » Ab usu præsente manifeste recedis, sed an ad veterum sonorum formam omnino accedas, nihil expeditum (1). D'ailleurs le tout-puissant chancelier ne fit pas seulement de la polémique en faveur de la cause qu'il protégeait; par un édit en forme, 1] prohiba, sous les peines académiques les plus sévères, à l'université de Cambridge, l'usage de la prononciation nouvelle (2); et cette fois, comme toujours d’ailleurs, l'essai de la contrainte ne fit que donner à l'insurrection plus d'ardeur et de crédit. En France même, l’Université de Paris, comme l’a montré son savant historien pour les temps modernes, M. Charles Jourdain, n'accepta pas sans résistance l'innovation érasmienne. Sous le règne de Louis XIV, Ménage lit et prononce le grec « comme toute la Grèce, dit-il, le prononce aujourd'hui; ceux qui lisent et prononcent autrement ont bien de l'entétement et de la prévention. » Sous le même règne, en 1686, Wetstein publie à Bâle son livre : Pro græca et

(1) Voyez Blackie, The Pronunciation of greehk, br. in-8°, Edinburgh, 1852, p. 7.

(2) Edictum Stephani Vintoniensis Episcopi, cancellarii Cantabrigiensis de pronuntiatione linguæ græcæ et latinæ. Datum Londini, 18 cal. jun., anno D. 1542, (Dans la Sy/loge de Havercamp.)

genuina linquæ græcæ pronuntiatione orationes apologisticæ. « La langue grecque ne nous est pas tombée du ciel, dit-il, dans un remarquable passage que je trouve cité par M. Blackie; elle nous est venue de sa terre natale avec tout l'appareil qui lui est propre, avec ses formes à elle que nous ne pouvons ni détruire ni changer, à moins de vouloir nous rendre coupables du crime de violence envers une langue indépendante (1). » En 1703, Capperonnier écrit son traité de l’ancienne prononciation de la langue grecque, très apprécié et même très honorablement récompensé lorsque l’auteur le fit connaître, digne encore d’être consulté, au témoignage de M. Egger, et cependant encore manuscrit. En 1750, le père Thomas Stanislas Velasti, de Chio, professeur de grec au collège Grégorien, à Rome, publie, pour l'usage de ses élèves, une Dissertation sur la prononciation des lettres grecques (2), dans laquelle il s'attache à justifier la prononciation nationale adoptée par lui dans son cours. Ce sont des missionnaires que Rome s'occupe de former dans ses collèges, et, avec ce but pratique devant elle, Rome ne peut se passer la fantaisie de la prononciation érasmienne.

Mais le moment était venu, où, comme le fail remarquer M. Egger, la politique devait contribuer plus efficacement que l’érudition à relever la cause de la prononciation nationale. Le xvin siècle vit commencer la renaissance de la Grèce, par la culture des lettres,

(1) « Neque enim de cœlo delapsa ad nos pervenit Græcorum lingua, sed e patria sua una cum omnibus quæ habemus subsidiis suo vestita cultu prodiit, quem tollere aut immutare velle esset imperium in linguam liberam exercere. » Voyez les Motto en tête de l'ouvrage de Blackie.

(2) L'original latin a pour titre : Dissertatio de græcarum litterarum pronuntiatione. Il a été récemment traduit en italien par M. Gherardo Nerucci et inséré par lui dans un volume intitulé : /a Pronuncia della lingua greca; Firenze, 1862.

par le développement de l'industrie et du commerce. L'insurrection du Péloponnèse, fomentée par Catherine Il, apprit à l’Europe qu'il y avait là encore un peuple vivant et un élément de puissance politique. Le voyage du comte de Choiseul en Orient ramena l’attention sur les monuments de la Grèce et sur la langue de ses habitants. L'éminent helléniste qui accompagna le comte dans son ambassade à Constantinople, d'Ansse de Villoison, revint en France avec une opinion bien arrêtée sur l'unité du grec ancien et du grec moderne, et par suite bien convaincu de la nécessité de substituer à la prononciation des écoles la prononciation traditionnelle de la Grèce. C’est pour lui que, plus tard, fut institué le cours de grec moderne à l'École des langues orientales. Il avait même obtenu que ce cours serait transporté au Collège de France sous le titre de : Cours de grec ancien et moderne, qui répondait bien mieux à sa pensée. La mort le surprit avant qu'il eût pu commencer cet enseignement ; mais, grâce à son initiative, l'usage de la prononciation nutionale fut adopté, dès cet époque, dans l’enseignement supérieur par les professeurs les plus éminents, par Hase, par Boissonade (1) ; aujourd'hui il est pratiqué par M. Egger, à la Sorbonne, et par M. Rossignol, au Collège de France.

Mais, tandis que de généreux messagers de la France allaient ainsi visiter la Grèce, un courant inverse amenait à Paris une élite de littérateurs grecs. Coraï arrivait dans cette capitale presque à la veille de la Révolution, et y commençait cette série de travaux qui devaient immortaliser sa mémoire et rendre de si éminents services à la cause de la Grèce et de la littérature grecque. A côté de son nom viennent

(1) Nous empruntons ces détails au remarquable discours par lequel M. Brunet de Presle inaugura, en 1865, son enseignement, lorsqu'il fat appelé à remplacer M. Hase dans la chaire de grec moderne.

se placer ceux de Codrikas, de Manos, de Sypsomos, de Zalik, de Nicolopoulos, de Milonas, littérateurs distingués autant que patriotes généreux, dont M. Brunet de Presle, dans la leçon que nous venons de rappeler, nous ἃ retracé l'histoire en quelques pages d'un saisissant intérêt. La conquête des îles Joniennes, en déployant le drapeau tricolore en face du littoral de la Grèce, avait fait briller aux yeux des Hellènes le signe des temps nouveaux; la guerre d’émancipation, éclatant en 1821, appela plus vivement encore sur les Grecs l'intérêt de la France et de l'Europe occidentale. Les relations entre ces deux mondes, presque interrompues pendant trois siècles et demi, devinrent journalières. On ne s’étonnera donc pas en voyant se multiplier à cette époque les travaux sur la prononciation du grec. De la part des écrivains grecs, c'est le livre de Georgiadès, publié en 1812 (1); celui de Minoïde Minas, en 1825 (2); celui d'OEconomos, en 1890 (3); tout récemment, en 1864, c'est la thèse de M. Anastase de Lunzi, à l’université de Berlin, sur la prononciation grecque (4), et dernièrement, enfin, la judicicuse dissertation placée par M. Rangabé

en têle de sa Grammaire abrégée du grec actuel (Paris,

(1) Tractatus de elementorum græcorum pronuntiatione, auctore Anatasio Georgiade, græce et latine elaboratus. Paris, 1812, in-8.

(?) Calliope, ou Traité sur la véritable prononciation de la langue grecque. Paris, 1825.

(3) Περὶ τῆς γνησίας προφορᾶς τῆς ξἐλληνιχῆς γλώσσης, ὑπὸ Κωνσταντίνου Oixovéuou. Saint-Pétersbourg, 1830, in-8.

(4) De pronuntiatione linguæ græcæ dissertatio inauguralis quam publice defendet, die XXIII M. Aprilis 1864, Anastasius comes ἃ Lunzi. Berolini, typis expressit Gustavius Shade. — Cette thèse, œuvre d’un jeune homme, offre cependant un grand intérêt, parce qu'elle représente en général l’état le plus avancé de la science allemande, Malheureusement, elle est écrite en un latin auquel nous ne sommes pas habitués, et la ponctuation, dans l’imprimé, a été tellement néghgée, que souvent il faut commencer par travailler à la rétablir avant d'arriver à l'intelligence du texte.

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πρεπέστερα ὄντα » (1). Il y eut donc en Grèce, ou plutôt à Athènes, au temps dont nous parlons, une prononciation classique, et, lorsque le grand siècle qui l'avait produite se [αἱ éteint, cette prononciation se perpétua dans le monde lettré, particulièrement dans les écoles des grammairiens et des rhéteurs ; plus tard elle fut communiquée par ceux-ci aux Romains, en même temps que la langue et la littérature classiques elles-mêmes, et alors elle se fixa dans l'orthographe latine des mots grecs transcrits par les écrivains latins.

C'est ainsi que, par une heureuse et toute naturelle coïncidence, cette phase, la plus belle de la prononciation grecque, est aussi celle sur laquelle nous possé-

.dons les documents sans comparaison les plus sûrs et

les plus nombreux. Nous avons d’abord les grammairiens grecs, Platon et Denys d'Halicarnasse en tête, qui nous fournissent sur les éléments de l'alphabet grec des données précieuses. Nous avons ensuite les écrivains latins, et en première ligne Cicéron et Quintilien, qui se sont beaucoup occupés des rapports des deux langues, et qui nous ont transmis de précieuses observalions sur la valeur comparative des lettres dans les deux alphabets. Nous avons ensuite les transcriptions de mots grecs en latin et de mots latins en grec, réglées avec beaucoup de soin et de méthode par les écrivains latins et grecs immédiatement antérieurs ou postérieurs à l'ère chrétienne. Joignez à cela quelques jeux de mots transmis par les auteurs des deux nations, quelques permutations de lettres fournies par des inscriptions ou même par des manuscrits anciens, et qui reposent par conséquent sur des affinités de son dont l'antiquité est incontestable. Dans ces espèces d'archives, faciles à réunir et à consulter, on rencontre, pour le problème que nous indiquons, les éléments d'une solution complète autant qu’elle peut l'être.

(1) Cratyle, p. 418 Ὁ.

C'est ce que Liscovius a compris, et c'est ce qu'il a exécuté, aussi bien que le permettait l’état de la science à l’époque où il écrivait. Sans doute, son livre a besoin d'être revu, et, sur bien des points, d'être corrigé, complété, perfectionné. Nous ne croyons pas cependant que ces améliorations de détail puissent rien changer à la conclusion; or cette conclusion, la voici : c'est qu'entre l’ancienne prononciation classique et la prononciation nalionale moderne (du moins en ce qu concerne le son des lettres) (1), à part trois exceptions que nous allons indiquer, et dont nous ne voulons nullement atténuer l'importance, pour tout le reste, la conformité ne parait pas contestable.

Examinons d'abord ces trois exceptions signalées par Liscovius. Les deux premières, et sans contredit les plus importantes, sont relatives au son des lettres net v, qui, à l’époque clussique, se prononçaient, la première comme un e long, la seconde comme notre w français (2), tandis que, chez les Grecs modernes, toutes deux ont uniformément le son de l’2.

Nul doute d’ailleurs ne peut s'élever sur ce que nous disons avoir élé la prononciation classique des deux voyelles. D'abord elle nous est atlestée par Denys d'Halicarnasse, qui, dans son traité de l'Arrangement des mots, nous décrit avec le plus grand soin les procédés phonétiques à l’aide desquels l'une et l’autre voyelle peuvent être articulées. Le passage est si remarquable, si important pour notre sujet, que nous croyons devoir le placer ici sous les yeux de nos lecteurs : « Entre les voyelles longues », dit Denys d'Halicarnasse, « la plus sonore est l'« long, parce qu'il se prononce la bouche aussi ouverte que possible, et que le souffle va frapper directement le palais. Au second

(1) On verra tout à l'heure pourquoi cette restriction est nécessaire. (2) Ou bien l'à allemand, distingué par le tréma de l'w ordinaire, qui, en allemand comme en italien, se prononce ΟἿ.

ne peut se passer de la distinction du nous el du vous, du votre et du notre, il a fallu dans l’usage ordinaire, créer pour vous un molnouveau, ἐσεῖς, et pour votre une forme nouvelle, l'adjonction du mot σας, au nom de la personne ou de la chose possédée. Les mots ὑμεῖς, el ont, il est vrai, repris mainte-

Lrmnr [9]

nant leur place dans la langue écrite, mais, bien évidemment, ils ne pourront jamais la reprendre dans la langue parlée, à moins que les Grecs ne se décident, ce qui ne nous semble nullement impossible, à rendre le

Là

droit de cité aux mots ἑμεῖς et Euérepos que l'on n'a heureusement pas encore réussi à expulser du langage populaire de diverses contrées de la Grèce.

Il est bien vrai d’ailleurs que ce double iotacisme, celui de l’n en particulier, est loin d'être en Grèce quelque chose de nouveau. Pour le prouver, il suffit de rappeler encore une fois ce passage du Cralyle, déjà cité, dans lequel Platon nous apprend que l'on faisait autrefois usage de Jl’: ou de l’e là où de son temps on employait ln; ainsi on avait dit autrefois ἱμέρα, d'autres èuéoa, maintenant on disait ἡμέρα (1). Chez les Alexandrins, on voit l'iotacisme apparaître dès le commencement du πιὸ siècle avant Jésus-Christ, dans la traduction des Septante. A Rome, dès le second siècle de l'ère chrétienne, il est devenu d'usage populaire. De Jà cette équivoque entre Χριστός, Christ, et χρηστός, utile, à laquelle se complaisent si volontiers les Pères chrétiens à partir de Justin, et qui ne peut s'expliquer qu'en la supposant fondée sur un usage dès lors général (2). Toutefois, si ancien qu'il puisse être, cet usage n’a pas

(1) Cratyle, 418, B : « Oisfx ὅτι où παλαιοὶ ot ἡμέτεροι τῶ ἰῶτα rai ré

JÉÂTA ευ μάλα ἐχρῶντο, χαὶ οὐχ GAUSTA αὐ γυναῖκες, κἵἴπεο μάλιστα τὴν

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(2) Voyez Liscovius, à la lettre 6:

élé l'usage classique, et là se trouve, quoi qu'en puissent dire les Grecs, la condamnation de l’iotacisme mor derne pour ce qui est de 1] Ἢ.

Quant au Son primitif de l’v (4 français), il paraît 5᾽ ὃοἷς maintenu beaucoup plus longtemps, au moins parmi es classes lettrées. Au 1rv° siècle après J.-C., d'après un passage de saint Basile (1), et même au moyen âge, autant que nous pouvons le conclure des arrangements alphabétiques du livre d'Hérodien et de celui de Suidas, le son de l’v, pareil à celui de la diphthongue οἱ, aurait encore été distinct de celui de l'tet de ln (2). | Cette dernière observation nous ramène à Ja prononciation de la diphthongue οἱ, et, par suite, à la troisième exception importante qu'admet Liscovius, à la règle de conformité posée par lui entre la prononciation moderne et la prononciation classique. Prononcée & par les modernes, de même que et v, la diphthongue οἱ, dans la prononciation classique, donnait un son représenté, comme on sait, dans les transcriptions latines par le caractère æ; mais qu'était ce son en réalité? Etait-ce celui de lu proprement dit, c'est-à-dire τὸ, comme le veulent quelques-uns, ce qui nous paraît très peu probable? Etait-ce celui de notre diphthongue eu (ü allemand)? Etait-ce purement et simplement 1᾿1, ou quelque chose d'approchant, comme semblerait l'indiquer l'équivoque célèbre signalée par Thucydide entre λοιμός et λιμός Ou bien encore οἱ n’avait-il pas toujours la même valeur, et à la fin des mots seulement, et non ailleurs, se prononçait-il ὦ, comme les Grecs le prononcent partout aujourd’hui? Cette question, la plus obscure peut-être de l'alphabet grec, ne nous paraît

(1) Zn Erotematis, p. 591 ; cité par Liscovius, p. 140.

(2) « Hoc tamen dignum animadversione sonum Tocaliumn ἀντιτα τοίχων v el οἱ eumdem esse tradi, at diversum a sono ρον) 9, &t 5 QUæ diversitas et in Suidæ lexici dispositione dette ph ouate » (Boissonade, Ἡρωδιανοῦ ἐπιμερισμοί, Præf., p. 9). C’est ce que M. Hase enselgnait aussi dans ses cours. sq)

Quant aux diphthongues, prononcées par les Grecs x comme 6, au comme av, εἰ COMME ?, su COMME eV, U comme ow, nous croyons que la conformité de la prononciation classique et de la prononciation moderne est incontestable. Il serait vraiment trop étrange d'obliger les Grecs, comme le veulent les Erasmieris, à prononcer aither, Pheidias, Euagoras, et ainsi de suite, alors que nous-mêmes, héritiers de la vieille tradition latine, prononçons éther, Phidias, Evagoras, etc.

J'ai parlé jusqu'ici de ce qui, dans le son des lettres, sépare la prononciation moderne de celle des temps classiques ; mais la prononciation ne consiste pas seulement dans le son des lettres; il y a l'accent, il y ἃ la quantité, il y a ce que l'on appelle l'aspiration. Or, il faut bien le reconnaître, l'aspiration, qui déjà semble avoir été fort atténuée chez les Ioniens et les Eoliens (4), a complètement disparu chez les modernes; rien dans la langue parlée ne distingue plus la syllabe affectée de l'esprit rude de celle qui porte l'esprit doux; la quantité aussi s’est perdue et il ἃ fallu chercher une autre base à la versification; la place de l'accent, ou pour mieux dire des accents, s’est conservée, et les signes s’en sont maintenus; mais leur valeur a plus ou moins changé. S'il fallait en croire les Grecs eux-Mê= mes, ce que l’on appelle aujourd'hui l'accent ne serait plus du tout l’accent antique ; celui-ci était un signe de tonalité: il indiquait l'élévation ou l'abaissement du ton de la voix ; maintenant l'accent, sous Ses diverses dénominations, aigu, grave ou périspomène, ne serait plus qu'un signe de quantité toujours de même valeur : il indiquerait toujours l'allongement de la syllabe. Heureusement, nous croyons que sur ce point les Grecs ne doivent pas être pris au mot; que la question ἃ be-

(1) ψυλωτιχοὶ γὰρ, ὥσπερ loss, 0070 χαὶ Αἰολεῖς. Eustathe, ad Odyss.,

soin d'être étudiée, et que l'altération n'est ni aussi profonde, ni aussi générale, ni enfin aussi irrémédiable qu'on a cru pouvoir l'affirmer.

En voyant la prononciation nationale, comme nous venons de la montrer, si semblable, sous bien des rapports, à la prononciation classique, si différente cependant sur quelques points d’une grande importance, on sera peut-être tenté de se demander s'il est en effet aussi utile, aussi opportun que nous l'avons dit, d'en introduire l’usage dans notre enseignement public. A cela nous répondrons par la raison que nous avons présentée tout d'abord, raison qui a décidé l'opinion de tant d’hellénistes distingués, et dicté le vote de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : c'est qu'ici avant tout il s’agit d’une question pratique. Quels que puissent être les défauts de la prononciation nationale, ils sont encore assurément bien moindres que ceux des diverses prononciations artificielles par lesquelles on a prétendu la remplacer. Là du moins nous sentons encore l’heureuse influence de la vie, et celle du merveilleux climat que le peuple grec n’a pas cessé d'habiter. Bien prononcé (car il ne l’est pas toujours), le grec est encore aujourd'hui une langue suave, harmonieuse, énergique. On ne peut pas d’ailleurs affirmer de prime abord que les changements introduits dans la prononciation soient tous des dégradations. A certains égards, la prononciation n'a peut-être fait que suivre la loi à laquelle ont obéi toutes les langues modernes dans leur rapport avec les langues anciennes dont elles sont dérivées, comme l'italien, par exemple, dans son rapport avec le latin. Eût-on réussi à rétablir pour un moment la prononciation de Platon et de Démosthène, est-il bien sûr qu'un retour vers quelques-unes au moins des formes actuelles ne se ferait pas aussitôt sentir?

Quoi qu'il en soit, nous ne craindrons pas de le répéter, le grand avantage de la prononciation nationale

langue unique, en fit sortir et mit à sa place la multitude des idiomes divers. Désormais incapables de s'entendre, impuissants à se concerter, les hommes durent renoncer à leur folle entreprise. Ils durent en même temps renoncer à toute grande action commune. Divisés en familles, en tribus, en nations étrangères l'une à l'autre, ils se dispersèrent sur toute la terre, où aujourd'hui même leur manque d'entente, et trop souvent leurs funestes discordes prouvent que l'anathème de Babel na pas encore cessé de peser sur eux.

Sous sa forme naïve, le vieux récit biblique renferme un grand sens. Il nous montre, sous une saisissante image, ce qu'il y a de puissance attachée à la conformité du langage, et il nous montre aussi ies maux qui se produisent là où cette conformité a cessé d’exister, ou bien n'existe pas encore; il nous indique enfin la grande conquête que nous avons à faire aujourd'hui. Sans doute l'homme n’a pas à regretter sa dispersion sur la terre, non plus que la variété de ses idiomes nationaux. Il y ἃ eu là, aussi bien qu'une nécessité naturelle, un élément fécond de civilisation. Sous l'influence des climats divers qu'ils ont habités et des langues diverses qu'ils ont parlées, les peuples ont développé chacun son individualité propre, et le génie humain s'est diversifié en une multitude de types puissants ; l'Assyrie, l'Égypte, l'Inde, la Perse, la Judée, Rome, la Grèce, et, dans les temps modernes, l'Italie, l'Espagne, la France, l'Angleterre, l'Allemagne, ont eu chacune, avec sa langue particulière, sa vie politique spéciale, et des arts, une science, une poésie, une éloquence portant l'empreinte de son caractère national. Dans ce grand assemblage, tout n'a pas sans doute la même valeur ; mais rien n’est inutile, rien n’estsuperflu. Notre humanité se sentirait diminuée s’il lui fallait renoncer à quelqu une de ces créations dont l'a enrichie le génie de ses enfants. Elle ne voudrait sacrifier, pour ne

prendre que les plus grandes figures, ni les Védas à la Bible, ni Virgile à Homère, ni Gôethe à Dante, ni Molière à Shakspeare.

Mais si la dispersion, si la variété des institutions, des mœurs, des arts, des langues, a été pour l'homme une condition nécessaire et féconde de développement, de tout temps aussi, mais surtout de nos jours, on a senti la nécessité d'établir entre les membres divers, entre les organes distincts de la famille humaine, un lien puissant d'unité. Depuis un siècle, depuis cinquante ans surtout, les barrières matérielles qui séparaient les peuples se sont incessamment abaissées ; elles s’abaissent chaque jour encore. Chaque jour les voies de communication terrestres el maritimes, les moyens de locomotion, les procédés d'information, se perfectionnent et se multiplient; le crédit transporte pour ainsi dire instantanément ses trésors d'un point du globe à l’autre; les hommes 86 sentent de plus en plus engagés dans les liens d'une irrésistible et toute puissante communauté. La grande patrie terrestre embrasse, pénètre, s'assimile la petite patrie locale, et le moment approche où Ja moindre des peuplades ne pourra trouver les conditions de sa vie que dans un intime rapport avec la grande société humaine.

Récemment un mot s’est introduit chez tous les peuples civilisés, qui est à la fois le produit et l’expression de cette situation nouvelle : c’est le mot nfernan tional. I n’y a pas plus de vingt-cinq ans, si notre mémoire est fidèle, que nous l'avons vu s'introduire en France sous les auspices de la presse britannique; l'édition du dictionnaire de Boiste publiée en 1839, que j'ai sous les yeux, ne le contient pas encore; à plus forte raison est-il absent de lexiques français plus anciens. Nous ne le trouvons pas davantage dans les dictionnaires anglais, allemands, italiens, antérieurs à cette date. Il existe aujourd’hui dans le grec moderne,

ble pour remplacer l'ordre ancien que la Révolution avait renversé, et qui, à travers des modifications successives, remontait directement jusqu'à l’empire ro-

main.

Pour ceux qui n’en avaient pas fait l'objet particulier de leurs méditations, je comprends que cette pensée, avant les évènements de 1870 et de 1871, ait pu sembler une vaine spéculation, une stérile utopie. Aujourd’hui, après l'expérience des deux dernières années, je ne concevrais plus ce dédain. Si nous voulons nous soustraire aux calamités et aux désordres dont le monde civilisé est menacé, si nous voulons ne pas être rejetés dans un véritable état de barbarie, je n'hésite pas à dire qu’il faut constituer entre les peuples, en le mettant en rapport avec l’état actuel de la civilisation, l'état de société que le christianisme avait ébauché.

Je sais que le club Cobden n'a pas adopté un programme aussi vasle. Mais, en fait, par les relations pacifiques qu'il s'efforce d'instituer entre les nations, les classes et les individus, 1] tend au même but, et 1] sera probablement conduit tôt ou tard à adopter une formule analogue. Tout se tient dans l’économie des sociétés, et l'établissement d'un système parfaitement libéral de relations commerciales et industrielles entre les peuples implique nécessairement l'organisation d'un système semblable dans l'ordre moral et polilique.

Quoi qu’il en soit, dans une hypothèse comme dans l'autre, l'adoption d’une langue internationale commune, vous-même le reconnaissez, est une condition indispensable de succès. Tel a été, depuis les approches de l'ère chrétienne jusque vers le temps modernes, le rôle du latin en Occident, celui du grec en

Orient. Une communauté de quelque ordre qu'elle soit, n’est possible qu’entie gens qui ont le moyen de s'entendre, et la communauté est d'autant plus par: faite que le moyen d'entente est lui-même plus parfait,

Mais une langue internationale ne s’invente pas; elle ne saurait être une création factice; elle ne peut résulter de conventions arbitraires. Klle s'impose en quelque sorte, soit par la conquête, comme ce fut le cas pour la langue latine dans l'empire romain et pour la langue grecque dans l'empire d'Alexandre, soit par son excellence grammaticale et littéraire, comme il arriva pour cette même langue grecque en Italie et dans la partie occidentale de l'empire romain, Pendant des siècles cet usage général des deux langues s’est d'ailleurs maintenu, pour le latin en Occident jusque il y a environ deux cents ans, en Orient pour le grec jusqu'à la conquête ottomane.

Eh bien! si nous nous transportons au tenips présent, et que nous passions en revue nos langues européennes, en trouverons-nous une qui remplisse les conditions indiquées pour pouvoir s'imposer au monde moderne comme langue internationale? Sera-ce l'an glais qui aura ce privilége ? Sera-ce le français, l’allemand, l'italien, l'espagnol, le russe ? Evidemment aucune de ces langues ne possède en elle-même des titrés suffisants à la précellence, pour nous servir du vieux mot français. Son adoption comme langue internationale ne pourrait résulter que d'une haute prépondé:rance politique conquise par la nation elleesmême, comme ce fut le cas pour l'espagnol au temps de Char les-Quint, pour le français au temps de Louis XIV. Mais une monarchie universelle ou seulement prépon: dérante, telle que celle rêvée par ces souverains; est désormais impossiblei l'empire romain ne peut pas rez vivre, pas même l'empire de Charlemagne ; l'équilibre des États européens, assuré par trois siècles de luttes, est plus fort que toutes les ambitions. Le problème que nous nous sommes posé est-il donc insoluble ? et le bienfait d'une la-zue internationale universelle n& saurait-il 56 réaliser pour nous?

Il serait étrange; assurément, que l’ordre providen-

tiel, qui sous tant d'autres rapports pousse les peuples à l'organisation d’une grande société humaine, se trouvât en défaut sur ce point essentiel. Aussi sommes-nous convaincus qu’il n’en est pas ainsi, et que la solution est toute préparée ; seulement il faut la chercher non sur les sommets où trônent les hautes puissances du du jour, mais dans des régions plus humbles et chez une faible nation qui depuis peu d'années naît ou plutôt renaît à la vie politique et prépare obscurément son avenir.

Je m'explique. Des deux grandes langues de l'antiquité qui ont eu le rôle de langue internationale, l’une, le grec, est encore vivante; c'est qu'elle n’a pas été, comme’ le latin, simplement la langue d’une cité conquérante, d’une administration, d'un état-major, Si je puis m'exprimer ainsi, mais la langue d’une ace. Comme cette race elle-même, elle a, par sa vitalité, survécu à la catastrophe qui a renversé l'empire de By zance. Comme la race grecque aussi, depuis bientôt un siècle elle a commencé à se relever de sa décadence : et maintenant elle va chaque jour se restaurant et chaque jour se répandant au dehors.

L'esprit commercial, l'amour de Ja science, les évènements politiques, avaient, à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, amené en Europe, et particulièrement en France, un assez grand nombre de Grecs. En même temps, les écoles d’une part, les élablissements commerciaux de l’autre, s'étaient multipliés parmi les populations grecques sujettes de la Turquie. Le peuple grec, cependant, demeurait encore comme effacé du nombre des nations, lorsqu'en 1821 éclate la guerre de l'indépendance. Par suite, un royaume hellénique fut créé ; les populations grecques restées soumises au joug de la Turquie, affranchies peu à peu de ce que le régime qu pesait sur elles avait de plus rigoureux, purent s'occuper de leur développement intellectuel et moral enfin la race, reprenant

après tant de siècles ses tendances cosmopolites, se répandit au dehors, et peu à peu, sur presque tous les grands marchés maritimes, des migrations grecques s'établirent, ou bien se développèrent là où un premier noyau s'était déjà formé. Il y a aujourd’hui des communautés grecques sur tout le pourtour de la Méditerranée et de la mer Noire; il y en a à Constantinople, à Varna, à Odessa, à Taganrog, à Kars, à Trébizonde, à Smyrne et sur toute la côte de l'Asie-Mineure, à Alexandrie et sur le Nil jusqu'au-delà des cataractes ; il y en a à Naples, à Livourne, à Marseille; sur l'Atlantique, elles se rencontrent en Angleterre, à Londres, à Liverpool, à Manchester: aux États-Unis, à New-York, à Boston; sur le Pacifique, à San-Francisco ; dans l'Inde, à Calcutta; dans l’intérieur de la Russie, il y a des marchands grecs à Moscou, à Saint- Pétersbourg. Partout ces migrations apportent avec elles et gardent leur langue ; elles fondent des églises, des écoles, des journaux.

Et partout aussi elles rencontrent leur langue enseignée à titre de langue classique. Je dis leur langue, car, malgré le préjugé généralement répandu, et qui tient surtout à la grande notoriété acquise par les chants populaires écrits dans un idiome rustique, il est certain que la langue moderne, régénérée, comme déjà elle l’est aujourd’hui, par son vocabulaire et sa grammaire n’est qu'un prolongement de l’ancienne. Ce n'est pas sans doute l’ancienne langue attique, langue écrite et parlée dans un milieu restreint et tout spécial, véritable langue de beaux esprits habitués à converser entre eux et à s’entendre à demi mot, langue ingénieuse et puissante, mais que l'art a marquée de sa profonde empreinte. C'est: la langue grecque telle qu'elle se constitua, à la suite des conquêtes d’Alexandre, sous le nom de langue commune, véritable langue internationale, façconnée à l’usage des populations conquises, chez lesquelles elle suppléa ou remplaça les

port et de présenter des résolutions pour le prochain congrès.

On voit donc que la question de la prononciation du grec tend à prendre dans toutes les parties du monde civilisé une grande importance, en rapport avec l’importance attachée à l'étude du grec lui-même. Introduite dans les universités d'Europe à l'époque de la Renaissance, l'étude du grec y a toujours été cultivée depuis lors avec des succès divers, bien souvent attaquée comme superflue et absorbant un temps qui pouvait être mieux employé, et jusqu'ici cependant toujours maintenue comme nécessaire à l'entretien d’une bonne culture intellectuelle chez un peuple civilisé. Il ne saurait être question de reprendre ici ce débat. Nous ferons seulement remarquer que, si l'étude du grec, à côté des avantages de haute culture intellectuelle qu’elle présente, pouvait offrir une utilité pratique, si elle pouvait fournir non-seulement un moyen de communication avec un peuple actif, entreprenant, cosmopolite, mais aussi un moyen universel d'entente, la question se trouverait tranchée. Une étude qui donnerait à la civilisation, pour langue internationale, la plus belle langue populaire et littéraire à la fois que le génie humain ait créée, cette étude ne pourrait assurément plus être abandonnée. Or ce résuitat est subordonné à l'introduction générale dans les établissements d’instruction publique d'une prononciation uniforme du grec, de lu prononcialion hellénique. Une fois ce point obtenu, le reste irait de soi-même...

Tels sont les faits sur lesquels je prends la liberté d'appeler l'attention du club Cobden. Jusqu'ici la question de la prononciation du grec a été une question purement philologique. Elle peut et doit être envisagée comme une question pratique. On en peut dire autant de l'étude du grec lui-même. C'est à ce point de vue que le club Cobden me paraît pouvoir faire entrer cette double question dans son programme, sinon pour

intervenir directement dans la solution, du moins pour signaler l'importance que cette solution ne peut manquer d’avoir au point de vue social le plus élevé. La discussion n'eût-elle d’ailleurs d’autre résultat que de mettre à l'ordre du jour, dans des termes rationnels et pratiques, le problème d’une langue internationale, son utilité serait incontestable. Elle répondrait à l’une des nécessités les plus évidentes de notre époque.

traîinement, et les communications officielles sont d'habitude rédigées dans un style nullement académique (1).

Nous avons plusieurs fois entendu quelques-uns de nos hellénistes exprimer l'effet que produisait sur eux la lecture d’une page de grec moderne en disant que, sauf la facilité à mettre en œuvre le vocabulaire, il leur semblait lire un thème composé dans un de nos colléges par un commençant. Le reproche ne manque pas de vérité, et trop souvent, en effet, le grec moderne ressemble, quant au style, à du français habillé en grec. Mais il n’y a pas lieu de s’effrayer. Nous reconnalssOns volontiers que, pour ce qui est de la pratique de sa langue héréditaire, la plus grande partie de la nation grecque est encore à l’école. Qu'importe cependant, si c'est le moyen qu'elle apprenne? Le danger serail qu'elle s’arrêtât dans son apprentissage et que l'idiôme actuellement pratiqué devint la langue définitive. Mais avec l'étude de la langue et de la littérature classiques, qui chaque jour se répand et se popularise davantage, avec le stimulant de l’amour-propre national, avec l'impulsion incessamment communiquée par les écrivains supérieurs, rien de pareil n est à craindre, et l'on peut compter sur un retour plus ou moins rapide, plus ou moins prochain, aux usages de la langue ancienne, sauf, bien entendu, les concessions à faire aux neécessi-

(1) Nous donnons à la suite de cet article deux spécimens de /anque usuelle, ayant tous deux un caractère officiel : l'un est une lettre du roi de Grèce à la chambre des députés; du 30 juillet 1869; l'autre est le commencement d'une proclamation du gouvernement provisoire de Crète, en date du 9 décembre 1867, adressée pendant l'insurrection aux Crétois musulmans. Cé dérnier document peut être considéré comme un type du gréc actuel à son dernier degré d'altération ; et cependant, même sous cette forme, c'est bien encore la χοινὴ γλῶστα. Entre la proclamation du gouvernement provisoire ΟΥΘΙΟΙΒ et la lettre du roi, on trouverait une foule de nuances intermédiaires. De même entre la lettre du roi et la langue réformée du discours de M. Basiadis.

tés de la civilisation, aux habitudes de la pensée moderne.

Ce n’est guère que du commencement du siècle dernier que date la renaissance de la langue et de la culture grecques, si maltraitée l’une et l’autre depuis la destruction de l’empire par les Ottomans, et même depuis la prise de Constantinople par les croisés. Rizos Néroulos, dans son cours de littérature grecque moderne, publié à Genève en 1826 (1), a distingué trois périodes bien marquées dans ce mouvement de renaissance. « La première, dit-il (1700-1750), comprend l'aurore de notre nouvelle littérature. Le gouvernement turc venait d'accorder aux Grecs d'importants privilèges, en choisissant parmi eux ses interprètes, et les princes de Valachie et de Moldavie. Le crédit dé ces princes auprès du ministère ottoman améliora le sort de la nation. Sous leurs auspices, les lettres commencérent à reparaitre, les écoles à s'élever, les lumières à se répandre. Dans cette première période, on s’appliqua surtout à l'étude du grec littéral.

« La seconde (1750-1800) est caractérisée par l’importation en Grèce des connaissances scientifiques de l'Europe. On traduisit quantité d'ouvrages relatifs aux sciences, à l'histoire, à la morale, à la philosophie; les écoles se multiplièrent; plusieurs d’entre elles se transformèrent en lycées et en universités. Une foule de Grecs, après avoir étudié en Europe, revinrent dans leur patrie et s’imposèrent la tâche honorable de l’ens seignement public. Gette période est éminemment scientifique.

« La troisième, qui est toute moderne, a dû ses pros grès à l'esprit d'analyse philosophique introduit dans l'instruction publique et surtout dans l’étude de la lana gue grecque. Désireux de relever leur patrie de son abaissement, des hommes supérieurs s’appliquèrent à

(1) 1 vol. in-8°, Genève; 100 édition, 1846, δὲ 2° édition, 1828,

hellènes de nos jours. Dans son livre même M. Paranikas fait usage d’une langue moins régulière que celle de la préface : certaines concessions y sont faites aux habitudes de l’idiome ordinaire. Ce n’en est pas moins une langue simple, précise, ayant avec ces qualités la richesse du vocabulaire et de la grammaire helléni-

ques.

Dans d’autres travaux, et notamment dans une histoire de la Chersonèse de Thrace, lue devant le Syllo- 405, et qui s'adresse spécialement aux savants, M. Paranikas s’est au contraire servi d'une langue très rapprochée de l’ancienne, trop même peut-être, par la

syntaxe et les locutions. Nous trouvons donc ici mis en pratique le conseil que nous avons vu tout à l'heure adressé par M. Philippos Johannou à ses concitoyens, de s'exercer également à l’usage de la langue ancienne et à celui de la langue moderne. Tel est, en effet, pour les écrivains grecs, le plus sûr moyen d'arriver à constituer définitivement le nouvel idiome national, ancien sans aucun doute par sa grammaire et son vocabulaire, ayant cependant son inspiration propre, ses allures particulières, et aussi, pour un certain nombre de choses nouvelles, des mots et des locutions nouvelles. On voit que ce n’est pas une tâche légère que celle imposée aujourd'hui aux littérateurs hellenes, et il y a bien quelque vérité dans ce que l'un d'eux m'écrivait dernièrement : « Avouez qu'il est malheureux pour un auteur d'avoir à faire usage d'une langue encore à l’état de formation. S'il écrit comme on parle, demain son style paraîtra arriéré et son livre sera délaissé ; si au contraire il écrit en vue d'une autre génération et en cherchant à deviner ce que sera la langue dans vingt-cinq ans, il ne sera pas lu avec plaisir par la génération présente. Bienheureux sont les oiseaux qui naissent et chantent avec le chant que leur a donné la nature ! Pour nous, il nous faut d’abord faire notre langue, et puis chanter après. C’est une tâche difficile

et qui arrête encore au plus haut degré l'élan de la pensée grecque. »

La difficulté est incontestable, mais il faut savoir en triompher. Elle n’est point d’ailleurs chose inouïe dans l'histoire, et qui soit exclusivement propre au mouvement actuel de réformation et de développement de la langue hellénique. Telle a été aussi la destinée de la langue latine, alors que sa littérature vint à éclore au contact du génie grec; telle aussi la destinée de la langue française, lorsqu'au xvi* siècle elle s'épanouit au souffle de la Renaissance. L'art lui-même, soit plastique, soit musical, n'est arrivé à ses plus hautes inspirations qu'après avoir traversé une période pénible d'élaboration technique.

La langue grecque, dans son travail de restauration, en est aujourd’hui à cette période, et l’a même déjà en grande partie traversée. Lorsque, par le développement chaque jour plus avancé de l'instruction populaire, les formes normales de la langue seront devenues familières à tous, lorsqu'elles auront pénétré et se trouveront acclimatées dans la langue commune, comme elles l’étaient à l’époque où furent rédigés les livres du Nouveau-Testament, elles ne seront plus une entrave, et, sous l'influence du génie antique, l’inspiration aujourd’hui comprimée prendra son libre essor ; comme elle visite déjà quelques-uns, elle se répandra sur tous.

Les travaux du Syllogos de Constantinople, les comptes-rendus de ses séances, sont en général écrits dans la langue usuelle, mais déjà très correcte. Cependant quelques-uns des rédacteurs se servent habituellement de cette langue normale dont Constantin OËconomos ἃ inauguré l'usage.

Les articles philologiques et les discours du vénérable Stéphanos Carathéodoris, enlevé il y a maintenant trois ans à l'affection de ses collègues ; les travaux de M. Maurogénis sur la psychologie, la morale

Toutefois, tant que l'œuvre ne sera pas terminée {et elle est loin de l'être encore), tant que des doutes s élèveront sur le succès final, 11] sera utile de connaître et de méditer les raisons que les réformateurs hellènes opposent aux arguments de leurs adversaires, aujourd’hui, il faut bien le dire, presque tous étrangers. « A vous entendre, leur disent-ils (1), les lettrés de la Grèce devraient mettre de côté la grammaire et le diction-

Vo | Le NE (1) « Τούτων τοίνυν οὕτως ἐχόντων, πῶς δύναταί τις ξιπεῖν σήμερον πὶ τοὺς ἐν Ἑλλάδι λογίους " — ᾿Απορῤῥίψατε τὴν ἡραμματιχὴν χαὶ τὸ PET τῆς ἀρχαίας “λώπτης, ὡς ἤδη νεχρᾶς, χαὶ συντάξατε τῆς Sn ἀρῶν y γραμματικὴν χαὶ λεξιχὸν, ἐχξίνην μὲν καταλείποντες εν τοῖς | passés ’ μένην, ὡς νεχρὰν AA ἄπνουν, ταύτης δὲ αντεχόμξενοι, ὡς πλουσεκῃ, 8 sou, τελείας χ. τ. à. Ποὸς τὸν τοιχῦτα σήμερον νουθετοῦντα χαὶ ὁ ελᾶ) τῶν Ἑλλήνων ἀπαντήσει λέγων τὰ τοῦ χωμιχοῦ * « OÙ με πείσεις, πείσης. | | | | « Μίαν ἔχει τὸ ἔθνος μου γλῶσταν, ὡς ἔχξι χαὶ μέαν θρησκείαν. Αἱ ἡμέραι τῆς δουλείας τὴν μὲν θρησχξίαν μου, ἐν τῷ νχῷ τοῦ Θεοῦ χαὶ ὑπὸ τὴν θΞίαν

᾿ / δ ων οὐ λανδ + ὦ 0 λῶσσαν MOU μετεἀντίληψιν πεοιφρουρουμένην, οὐ παρξολαψαν " τὴν OË λῶπσσαν | Ϊ ci rnb τ ΠΣ 11 ἰ ͵ ἱ

᾿ ς: ᾿ 349 ἘΦ τ ΡΟ ns AT 2.

à 2 £ x} ἐξξων 22 GCY1 ATIG Ἱ Ξ ὼς. ξελξυξοος 107 1 2, TOLNGAY OLX SEUL/ NY 255509 ZAL GANLATIG UN. 12, 27/9 ' τ ί ) 1 ὃ Ξ ΧῚ χθιστῶ βαθαηδὸν ὁπτημέραι τὰς λέξεις S χπαιόοξευομξνοξς. AYTIXAULGTO) PAT, 00 27H20 ‘ -

ἐχείνας χαὲ τοὺς σχηματισμοὺς διὰ τῶν γνησίων ξλληνιχῶν, βάσιν ξχων τὴν μίαν τῆς γλώσσης μου γραμματιχὴν, τὸ λεξιχὸν αὐτῆς, τοὺς ἀθανάτους αὐτῆς συγγραφεις. Οὕτως χπέρῥιψα μέχρι νῦν χαὶ πᾶν ἄλλο βάρϑαρον ἔθος, CLÉ 2 μοι χατέλιπεν ἡ δουλεία, χαὶ βαθμηδὸν ἀντεισήγαγον νομοθεσίκν ἐν τῇ ποι TE JU)

τῇ οἰχία μου ὁμοίαν τῇ τῶν ξΞυνημουμξένων ZA

‘ = ’ A., s 3 Ἢ Ἢ ji ἘΞ Fe ΨΩ ὰ ΡΥ τισμένων εθνῶν, χαὶ ταχέως ἀπέοξιξα πᾶσι τοῖς βουλομένοις χαὶ ουναμένοις : , A " - »:

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« ἫΣ: , = ne enr ὲ ; HN νομιῖξ τῶν EJVUY εχχληπία ἀχροᾶσξως, Μὴ σπεῦοςξ y ἀγαπητὲ, χαὶ μὴ νομιξ

naire de la langue ancienne, devenue aujourd'hui une langue morte. Ce qu'ils auraient à faire serait de composer une grammaire et un dictionnaire de la langue moderne, car l’ancienne n’est plus maintenant qu'un corps inanimé, enterré dans les livres. Qu'on l'y laisse donc reposer et que l’on se tourne vers la langue moderne, qui a pour elle richesse, souplesse, enfin la perfection. — A ces admonitions, le moindre des Grecs répondra aujourd’hui avec les paroles du poète comique : « Quand bien même tu m’aurais persuadé, per- « suadé je ne serais. »

« Ma nation n’a qu'une langue, de même qu'elle n’a qu'une religion. Les jours de la servitude n’ont point porté atteinte à ma religion, abritée dans le temple, sous la protection divine; ils ont momentanément modifié ma langue par un mélange de mots et de formes étrangères. Mais moi, maintenant libre, et élevé en homme libre, je remplace successivement chaque jour ces mois et ces formes par les vrais mots et les vraies formes helléniques. Rendu à moi-même, j'ai rejeté peu à peu toutes les habitudes barbares que la servitude m'avait laissées. J'ai peu à peu introduit une loi dans l'État, et une règle dans la maison, pareilles à celles que l’on trouve chez les peuples civilisés. EL j'ai ainsi montré à ceux qui veulent et peuvent me juger que « je ne suis pas devenu un barbare au milieu des « barbares ». Mais cette langue, dites-vous, que j'écris maintenant, est « quelque chose de neutre qui n’est ni « la langue ancienne, ni la langue vulgaire, idiome inco- « lore et inanimé, qui n’est ni ancien ni moderne ». Autant peut-on en dire d’un palais qui sort de terre et dont on ne voit pas encore ce qu’il sera. Mais ayez pa

‘ 4 ἊΝ ᾿ . s = “ , UE A ms ’ τὴν ἐχπαίζόξωσιν χαὲ τῶν γλωσσῶν τὴν μόρφωσιν μισροῦ ἀλλὰ μαχροῦ χρόνου ἔργον. Τὸ θαῦμα τῆς ἐν Βαθυλῶνι συγχύσεως τῶν γλωσσῶν,

(Lettre de M, Valettas du 1° mars 1867.)

éu)

tience, et vous admirerez, une fois fini, le majestueux édifice ! Comparez les choses écrites en grec moderne dans le siècle dernier avec celles écrites dans notre siècle, et pour notre siècle même, comparez ce qui s'écrivait il y a trente ou quarante ans avec ce qui 5 €crit aujourd’hui ; comparez le langage des marins, des artisans et surtout des femmes à cette époque avec celui que ces mêmes personnes parlent aujourd'hui, et vous reconnaîtrez qu’en même temps que la langue des lettrés se rapproche merveilleusement de la langue ancienne, celle que parle le peuple suit le mouvement de la première. Tel est le résultat inévitable de l'enseignement des écoles, de l'influence des journaux, de la fréquentation de l’église, où la langue liturgique est toujours la langue ancienne. Ayez donc moins de hâte, et croyez que l'éducation des peuples et la formation des langues ne sont pas affaire d’un jour. Le miracle de la confusion des langues à Babylone, et celui de la subite communication des langues par le Saint-Esprit à Jérusalem, sont des miracles une fois arrivés, mais qui ne se répètent plus. »

C’est encore à une lettre de M. Valettas que nous empruntons ces énergiques paroles. On y sent respirer cette foi profonde en la destinée nationale, qui donne aux efforts du peuple grec un ressort invincible. On y trouve aussi, brièvement énumérés, les moyens qui, mis aujourd’hui à la disposition des réformateurs, assurent à leur action un succès rapide : l’école à tous ses degrés, la presse et l'Eglise. Ce sont là des forces que ne peuvent bien apprécier ceux qui ne connaissent pas la Grèce, mais dont la puissance, chez un tel peuple, est irrésis: {1016 : « L'Hellène qui a reçu une éducation hellénique, disait un autre lettré grec, en répondant dans 16 journal la Co aux objections de quelques hellénistes fran çais, ne peut pas plus s’astreindre, même avec la meilleure volonté, à l'usage de la langue vulgaire, que l'homme civilisé ne peut revenir à l'état de sauvagerié

primitive. L'existence et la diffusion de la langue littéraire se lie tellement à l'existence et à la multiplication des écoles sur toute la surface de la Grèce libre ou sujette, elle en est si bien la conséquence inévitable et immédiate, que, pour arriver à la suppression de cette langue et à son remplacement par la langue vulgaire, il faudrait d’abord partout et une fois pour toutes supprimer les écoles. Mais, si cette suppression est désormais impossible, même en Turquie, il est également impossible d'empêcher la diffusion de la langue littéraire, tout comme on ne peut empêcher le développement de la chaleur de se produire aux rayons d'un ardent foyer (1). »

Il y a donc, dans la masse du peuple grec, une force intime et irrésistible qui l’entraîne à l'amélioration du langage national. Cette force est d’ailleurs incessamment accélérée par une impulsion partie des classes lettrées et de quelques grandes institutions littéraires. L'Université d'Athènes a été fondée en 1837; le Syllogos, ou Société littéraire de Constantinople, l’a été en 1861 ; la Société athénienne pour la diffusion des lettres grecques (ὃ πρὸς διάδοσιν τῶν ξλληνιχῶν γραμμάτων Σύλλογὸς), s’est constituée en 1869; des institutions analogues ont élé récemment créées, et se créent chaque jour encore dans les centres habités par des populations grecques. Toutes ces institutions propagent de plus en plus la langue littéraire; et d'un autre côté, dans l’empire ottoman comme dans le royaume de Grèce, le haut clergé, sincèrement dévoué à la cause des lettres, reste fidèle à sa vieille tradition, en maintenant la langue ecclésiastique aussi rapprochée que possible de la langue ancienne:

Ajoutons que depuis bien des siècles, et tout au

(1) λίγα τινὰ περὶ Fès λαλουμένης ἐλληνιχῆς γλώσσης, article de M. J. Stayridis, de Cônstantinople, dans le journal la Clio, de Trieste, le 8/20 septémbre 1867.

moins depuis l'époque de la décadence romaine, av sage pur et correct de la langue grecque n'a pu ee quérir que par un recours perpétuel à | étude des ΔΆ. ciens auteurs. Or, grâce à l'imprimerie, grâce aux travaux de l'érudition et de la science modernes, les ressources pour celle étude sont aujourd'hui cent et mille fois plus accessibles, plus nombreuses qu'elles ne le furent jamais dans le passé. L'Europe, sous ce rapport, a payé sa dette à la Grèce, et apres avoir reçu d'elle, au temps de la Renaissance, les trésors de l’ancienne littérature hellénique, elle les luia rendus, οἱ les lui rend tous les jours, épurés, restaurés, multipliés en nombre infini. La Grèce a dès longlemps 58 mettre à profit cette bonne fortune, dans l'intérêt de ses écoles et de sa réforme linguistique οἱ littéraire ; ellemême d’ailleurs, depuis le temps de Coraï, n a Jamais par quelques-uns du moins de ses savants, de

cessé, ᾿ art ἃ ce travail d'exégèse et de reproduc-

prendre p

tion. AT Nul doute n’est donc possible quant au Succes défi-

nitif du mouvement de réforme dont nous avons brièvement retracé l’histoire. Chez les Grecs, aussi bien que chez tous les peuples civilisés, la diffusion de l'instruction, la politesse croissante des mœurs, tendent à rapprocher de plus en plus le langage populaire les lettrés. Depuis un siècle, un immense apport dans l'Europe auses, il doit

du langage € progrès s esl accompli sous ce τὰ entière; sous l'influence des mêmes cC également s’accomplir en Grèce.

Les Grecs d’ailleurs doivent consacrer tous leurs efforts à réaliser cette conquête. Alors seulement 115 pourront se glorifier d’avoir effacé les dernières traces de leur longue décadence nationale; 1] ἢ est pas en effet de signe plus caractérislique de la civilisation d'un peuple que le degré de correction du langage populaire. Pour la Grèce, le type de la langue correcte est l'ancien hellénique. Elle-même l'a voulu ainsi; [05

solution glorieuse, mais qui emporte avec elle de sévères obligations.

Entre toutes les langues, d’ailleurs, le grec, à raison même de son excellence, est celle peut-être qui supporte le moins d'être maltraitée. Et nous ne parlons pas seulement de ces grossiers outrages à l'admirable régularité de ses formes grammaticales, si multipliés pendant la décadence, et dont la langue usuelle n’est pas encore entièrement affranchie. Nous entendons aussi cet oubli de la syntaxe hellénique qui souvent transforme une phrase grecque en une copie de phrase française ou anglaise. C’est un magnifique trésor sans doute, que cette variété de désinences fournies par la déclinaison et la conjugaison helléniques, qui permet de donner à l'expression de la pensée, par le libre agencement des mots, tant de vivacité et d'énergie. Mais il faut que cette richesse soit utilisée, mise en œuvre ; autrement elle n'est plus qu’un poids mort et une surcharge inutile. Si le travail de la construction doit se réduire à ranger des mots dans leur ordre analytique, mieux vaut mille fois s’en tenir aux formes nues de l'anglais, ou plus simplement encore du chinois. À quoi bon un bateau à vapeur pour ne le faire marcher qu'à la voile, un fusil Chassepot, pour le manœuvrer comme un simple mousquet, un instrument à clefs, pour en jouer comme d'un chalumeau ? Les Grecs ne seront donc vraiment en droit de se glorifier de leur langue que lorsqu'ils en auront réappris le maniement. Pour cela, il faut populariser de plus en plus l'étude des classiques, et hâter le moment où les œuvres perfectionnées de la littérature moderne pourront à leur tour fournir aux générations nouvelles les modèles dont elles auront besoin (1).

(1) Nous supprimons 161 une note sur la prononciation nationale, ses avantages et ses défauts, qui ferait double emploi avec le mémoire reproduit ci-dessus. Cette note se termine par les lignes suivantes : E. ΑΕ,

Dès aujourd’hui, le système de la prononciation peut du moins

» L4 L ὁτοιχεῖν χανόνι, TO ;

n ν ur ?

r κ vs ? ss Ὦ — ν TE εἰρηνὴν χα! ἄδειαν ἐν τῇ λατρεῖ

ss Ὑ".

[I - r ? ΜΕ ᾿Ξ E πὰ “πΛουσιωτατον AUTOU € 6 € RAVT

2 = - 7 L εἰς TOUS αἰωνᾶς τῶν αἰῶνὼν D,

la connaissance desquelles nous sommes parvenus, il faut suivre la même règle, les mêmes sentiments » (Philipp., ΠῚ, 17). C'est pourquoi nous saluons Votre Révérence, et la remercions d'avoir bien voulu accueillir en ami les témoignages de notre amitié. Enfin, nous prions pour vous, pour votre clergé, pour votre peuple, pour toute l'Église hellénique, pour toutes les communautés orthodoxes qui sont en communion avec le siège de Constantinople; nous demandons pour eux et pour vous la paix et la sécurité dans le culte de Jésus notre Dieu, et tous les trésors de la miséricorde divine, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles,

« Ainsi soit-il.

« Oxford, le 23 février 1870. »

Ce qui nous frappe dans le style de cette allocution, c'est son extrême simplicité. Point de prétendu atticisme : nulle recherche, nulle affectation. C'est la laneue des Pères de l’Église dans ce qu’elle a de plus simple et de plus naturel; c'est la langue moderne telle que l'écrit la nouvelle école, si bien que l'on serait tenté de se demander si les rédacteurs de l'adresse ne se sont pas inspirés de son exemple et de ses préceptes.

Sans doute parmi les hommes qui, pleins de confiance dans l'avenir de la langue grecque, travaillent à la ramener dans les voies de l’idiome antique, les opi-

nions ne sont pas unanimes, [15 n’entendent pas de la même manière, ils ne poussent pas jusqu’au même terme la transformation qui doit assimiler le grec moderne à l'hellénique.

Les uns pensent que « la langue moderne régénérée ne se bornera pas longtemps à prendre, comme aujourd'hui, pour modèle, la langue du siècle apostolique, et qu'il y a infiniment de raisons pour attendre la restauration graduelle et complète du style de Xénophon et de Platon ». C'est ainsi que s’exprimait dernièrement, dans un journal d'Athènes, un philhellène anglais, vétéran des guerres de l'indépendance, en même temps helléniste consommé, M. Édouard Masson (1). D’autres, bien qu'animés d'une foi non moins vive dans les destinées de la langue grecque, énoncent des prévisions plus modestes, et qui nous paraissent, nous l'avouons, plus sages et plus pratiques. Ici encore nous retrouvons M. Valettas (2). « Les personnes dési-

(1) Voyez l’article intitulé Horæ HeLzLenicx, dans l'Indépendance hellénique du 9 avril 1868,

(2) « Λέγω δὲ χαὶ νῦν, ὅτι où ὀρθῶς ἡράφειν φιλοτιμούμενοι, χαὶ ὁσημέρα προάγειν τὴν γλῶσσαν ἐπὶ τὸ ἀττιχώτερον, οὐ προθάλλονται ὡς ὑπόδειγμα τὸν χαθαρὸν ᾿Αττιχισμὸν τοῦ Θουχυδίδου χαὶ Πλάτωνος, ἀλλὰ τῶν ἐν τῇ χοινῆῇ ᾿Αττιχῆ γραψάντων, μόνους ἐκ τῶν ᾿Αττιχῶν μιμούμενοι ἐνίοτε τὸν Ξενοφῶντα χαὶ Ἰσοχράτην, χαὶ τούτους οὐχὶ ἐν πᾶσιν οἷς ἔφρα' ἡου συυτάξεως, συνηθέστατον παρὰ Θουχυδίδη χαὶ ΠΙλάτωνι..... Σαφήνειαν δὲ πανταχοῦ διώχουσα χαὶ ἐπιζητοῦσα, % νεωτέρα ἡμῶν ἡηλῶσσα ἔσται μετ᾽ οὐ πολὺ ἡ τοῦ Πολυθδίου, ᾿Αττικὴ δῆλον ὅτι τὸν σχηματισμὸν τῶν λέξεων, ὁμαλὴ δὲ χαὶ εὔχολος τὴν σύνταξιν. Αἴτιον δὲ τούτου ἐστὶν ὃ δὴ χαὶ ἄλλοτε ἔλεγον " ὅτι οἱ Ἑλληνόπαιδες διδασχόμενοι τὴν γλῶσσαν ἐν τοῖς δοχίμοις τῶν Ἑλλήνῶν ποιητῶν χαὶ συγγραφέων εθίζονται ἐν αὕτοῖς περὶ τὴν χρῆσιν τῶν ᾿Αττιχῶν τύπων, οὺς μόνους χαὶ ἐν τῇ γραμματιχῆ διδάσχονται" τὴν δὲ σύνταξιν ἐχείνων ἀδύνατόν ἔστιν αὐτοῖς ἀπομιμήσασθαι, διά τε τὴν τοῦ

he - 7 ᾿ « * ‘ ’ » » 2 » ν᾿ EI , . “ εθίξει αὐτοὺς εἰς τὴν τοιαύτην ἔχφρασιν τῶν ιὀξῶν " τούτοις οὲ πρόσθες, ὅτι ᾿ Ν -- - 7 “à “᾽ν ” ων Li ἣν ιν, A Ἕ“Ἄ“"...

χαὶ τὰς νεωτέρας Ἑυρωπαϊχὰς γλώσσας οιοασχόμενοι, οὐχ ἧττον ἐθίξονται MR PR AL En Es ὦ DA jo μι" εἰς τὸ ἐν αὑταῖς επιχοατοῦν ὁμαλὸν τῆς συντάξεως ὕφος.» (Lettre du 8 juin

reuses de bien écrire notre langue, nous disait-il dans une de ses lettres, et de la diriger dans les voies de l’atticisme, prennent pour type, non pas l'atticisme pur, celui de Thucydide et de Platon, mais la langue attique commune (ἣ χοινὴ ἀττιχῆ). Parmi les Attiques proprement dits, les seuls qu'ils imitent quelquefois sont Isocrate et Xénophon, et cela dans ce qu'ils ont écrit simplement, et où ne se trouve pas une consiruction compliquée très habituelle à ces deux auteurs. En ce qui est de la construction, notre langue moderne préfère et peut-être préférera toujours la simplicité des Atticistes à la savante complication des Attiques proprement dits. Cherchant avant tout la clarté, elle deviendra à peu près la langue de Polybe, attique quant aux formes grammaticales, mais simple et facile dans ses constructions. Formés à l’étude des anciens auteurs, nos enfants s’habituent aux formes grammaticales de l’attique, qui seules leur sont enseignées dans la grammaire. Ils ne peuvent toutefois s'en approprier les constructions, soit parce que la chose est naturellement difficile, soit parce que, dès l'enfance, 119 par l'usage de la langue commune, à un tour plus simple de la pensée, soit enfin parce que les langues modernes, qu'ils apprennent et traduisent, entretiennent sont habitués, et fortifient chez eux cette disposition. »

Tel est, en résumé, le programme de chacune des deux écoles qui, placées toutes deux sur le terrain classique, ne s'accordent cependant pas quant au caractère et à la portée de la restauration que doit subir la langue moderne. Si, pour mieux faire comprendre leurs tendances et aussi leurs chances respectives de succès, il fallait chercher un terme de comparaison, nous dirions que dans une certaine mesure elles nous rappellent les deux écoles qui chez nous-mêmes conçoivent d’une manière différente et encouragent en sens divers le développement de notre idiome national. L'une,

complètement ralliée à la langue moderne, telle que l’a faite et nous l’a léguée le xvirie siècle, croit et affirme qu'il n’y a rien de mieux à faire que de persévérer dans la même voie. L'autre, pleine de regrets pour notre langue du xviit et même du xvi* siècle, en désire jusqu'à un certain point le retour, et tente même parfois de nous y ramener. Pour le grec comme pour le français d'ailleurs, entre l’ancienne langue et la nouvelle, entre les circonstances qui ont présidé à leur formation et ont imprimé à chacune son caractère, il y a des analogies remarquables et que nous croyons devoir indiquer ici, parce qu'elles peuvent servir à mieux faire comprendre la transformation qui s'opère aujourd'hui dans la langue grecque, et à en mieux faire préjuger le résultat. :

Nos prosateurs du xvi® et du commencement du xvi1° siècle, les Montaigne, les Amyot (1), les hommes de la Satire Ménippée, les Bodin, les d’Aubigné, les

(1) Le nom d'Amyot et le souvenir de sa traduction des Vies de Plutarque, nous rappellent qu'une traduction de ce livre immortel, mentionnée dans le discours de M. Basiadis, a récemment paru en Grèce. On a cru voir dans ce fait la preuve d’une différence profonde entre la langue grecque moderne et l'ancienne. Mais la traduction même d'Amyot, longtemps restée si populaire en France, a dû être remplacée au siècle dernier par une autre d’un style plus moderne, En conclura-t-on qu'entre la langue d'Amyot et celle du xvim® siècle 1] y a une différence profonde? Non, sans doute ; seulement la lecture courante d'Amyot, comme celle de tous les écrivains de son époque, suppose une étude spéciale. Elle n’est pas à la portée du grand nombre, auquel cependant il est désirable de faire connaître Plutarque. C’est une raison semblable qui explique l'utilité d'une traduction de Plutarque en grec moderne. La langue est la même, sauf quelques changements dans l'emploi du vocabulaire; mais elle est autrement maniée, et cela suflit pour qu'elle ne soit pas, sans une étude spéciale, accessible à tous. A mesure que l'instruction générale se perfectionnera, à mesure aussi que la langue usuelle se rapprochera davantage de l’ancienne, le texte de Plutarque sera plus facilement et plus généralement compris de tous; une traduction sera de moins en moins nécessaire, Mais nous ne sommes pas encore arrivés là.

Balzac, les Descartes (1), et même après eux bien qu'à un moindre degré, les prosateurs du siècle de Louis XIV, furent de beaux esprits qui eux-mêmes s'adressaient à un cercle d’autres beaux esprits, au monde de la cour, ou à ce que l’on appelait la république des lettres. Leur style a de grandes qualités. Il est ingénieux et ample, apte à rendre la suite et l'enchainement des pensées. Mais, en même temps, il est compliqué, lourd dans sa marche, gêné dans ses mouvements. Nous serions tentés de le définir : un perpétuel discours.

Avec les premières années du xviri® siècle commence pour la France une nouvelle ère sociale et politique. Une puissance nouvelle, la démocratie, fait son apparition. Le monde littéraire ne se compose plus seulement d'un cercle restreint de privilégiés; chaque jour il s'élargit et tend de plus en plus à embrasser la société tout entière. Ce n’est plus seulement aux esprits cultivés, aux intelligences d'élite que l'écrivain s'adresse. Désormais la parole, comme elle appartient à tous, veut se faire entendre de tous. Sa mission nest plus seulement de disserter ; il faut qu’elle aide à l’action, il faut qu’elle soit au service de la science et des affaires. Le créateur, ou du moins le grand interprète de cette langue nouvelle, c'est Voltaire. Lamartine a dit de Jui qu'il avait donné à la langue française LA LIBERTÉ. Cela est vrai, en ce sens qu’il l'a débarrassée, non pas de ses langes, mais du costume d’apparat sous lequel elle était jusque-là condamnée à se présenter; mais il en a fait surtout une langue simple et logique, forte de tous les progrès que la méthode avait dès lors accomplis, et remplaçant la complication des phrases par l’art bien préférable du classement et de la distribution des idées. La langue de Voltaire, fortifiée au besoin d'emprunts

(1) Nous laissons en déhots de cetté énumération Rabelais ét Pascal; qui, chacun à sa facon, nous semblent des précurseurs.

bien entendus faits à l’époque précédente, est maintenant en France la langue de tous, de tous ceux du moins qui ont à cœur de bien parler et de bien écrire.

Dans ses phases successives, la prose grecque nous paraît offrir un tableau très semblable à celui que nous venons de tracer. Lorsqu'après les guerres médiques la prose se forme chez les Athéniens, elle est aussi sous la discipline de beaux esprits, sous la discipline des sophistes et des rhéteurs, qui lui donnent le senliment du nombre : l'art de la période; eux-mêmes s’adressent d’ailleurs à d’autres beaux esprits, non pas sans doute à une cour, à des salons ou à des coteries littéraires, mais à une cité, à une agora, vouées au culte de l’art et de la parole, où les hommes en perpétuel contact, et sans cesse dialoquant, s'habituent à toutes les finesses et à toutes les complications du langage. De là une sorte d'école, analogue à celle que nous eûmes en France à la suite de la Renaissance, avec les mêmes qualités et aussi les mêmes défauts. Dans son beau travail sur Isocrate (1), M. Havet a justement montré combien l'influence de ce grand rhéteur sur le siècle de Philippe et d'Alexandre fut analogue à celle exercée en France par notre Balzac sur le siècle de Louis XIV. La similitude incontestable entre les deux grands chefs d'école s'étend, nous le croyons, aux écoles elles-mêmes.

Mais avec les victoires d'Alexandre et avec la conquête macédonienne, commencent pour la langue grecque, comme pour la langue française au xvuie siècle, des destinées nouvelles. Elle n’a plus seulement à desservir l’éloquence des orateurs du Pnyx ou des sophistes de l’agora. Elle doit suffire à ce vaste mouvement politique, scientifique, commercial, littéraire, à l’activité multiple de cet ordre nouveau qui vient de surgir,

(1) Voyez l'Introduction au Discours d'Isocrate sur lui-même, tra- ; ς 5 1 , duit en français par Augusté Cartelier. Paris, 1862.

forts, les Grecs lettrés, eux-mêmes nous le disent, ne suffiraient pas à triompher de l’apathie du grand nombre. Ils ont besoin de l’encouragement, de l'exemple du dehors. Et puisque, depuis l’origine de notre Ass0ciation, ils n’ont cessé de nous donner les témoignages les plus empressés de sympathie et de concours (1), nous répondrons à leur confiance, non-seulement en poursuivant comme eux et avec eux l'œuvre commencée, mais aussi en faisant connaître à tous, autant qu'il dépendra de nous, et leurs travaux el leurs succès.

Est-il besoin d'ajouter que ce n’est pas d’ailleurs d'un intérêt purement hellénique qu'il s’agit entre nous ? La langue grecque n'est pas seulement le patrimoine de la Grèce: elle est celui du monde civilisé tout entier: et tout ce qui peut contribuer à lui rendre son ancienne splendeur, et en même temps l'adapter aux besoins de la civilisation moderne, s’accomplit non-seulement au bénéfice de la Grèce, mais aussi au bénéfice de l'humanité (2).

(1) Nos listes de sociétaires et nos comptes de cotisation disent assez quelle est l'importance de ce concours. Mais, puisque l’occasion s’en offre à moi, je ne dois pas oublier de rappeler que la plupart dés écrivains hellènes dont j'ai mentionné les travaux, MM. Valettas, Basiadis, Philippos Johannou, Paranikas, sont des membres de notre Association (M. Valettas, membre fondateur). Dans le cours de mon travail, je n’ai vu en chacun d'eux que l'Hellène; ici, je suis heureux de saluer le confrère.

(2) M. Valettas, dont nous avons si souvent cité le nomdans le cours de ce travail, vient de s'acquérir un nouveau titre à la reconnaissance de ses compatriotes et du monde savant, en publiant, avec d'importantes additions, une traduction grecque de l'histoire de la Littérature hellénique dé Donaldson (ὃ vol. in-8, Londres, Williams and Norgate).

Qu'il nous soit permis d'ajouter que depuis cette époque M. Valettas a publié en grec une traduction de l'ouvrage de mon père sur « Socrate et notre temps δὲ O0 “ὠχράτης καὶ τὰ 229 MAS, Leipzig,

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