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VÉRITÉ ET LA CHALEUR DU DÉBIT ; 4** LA GRACE

ET LE DESSIN DU CORPS. Ajoutous quc l'esprit

d'observation, la connaissance parfaite de la langue , la sûreté de mémoire , l'étude de l'histoire, surtout celle des mœurs, et vingt années d'un travail assidu suffisent à peine pour former un bon comédien.

Fleury donne, dans ses mémoires, la mesure des soins qu'un vrai comédien comme lui prenait pour représenter un personnage historique. Il devait faire le grand Frédéric dans les deux Pages. Il étudia les portraits de Frédéric II, prit des renseignements de ceux qui l'avaient connu, donna à son appartement le nom de Postdam, se fit faire un vêtemenj; militaire complet, pareil à celui du roi, et le mit chaque matin pendant plusieurs mois pour y habituer son corps et s'y trouver à l'aise. Il apprit à jouer de la flûte pour obtenir le mouvement de tête que Frédéric devait à cet instrument favori, etc.

Les grands comédiens comme Baptiste aîné et cadet, Saint-Prix, Préville, Dazincourt, MoLÉ, Talma, faisaient des études sérieuses et ne recevaient personne quelques jours avant les grandes représentations.

Les exemples que nous pourrions citer dépassant les limites de notre vocabulaire, nous nous arrêtons. D'ailleurs, serviraient-ils? on se le demande !

COMIQUE. — Emploi. Acteur payé pour faire rire le public avec Fesprit des autres qu'il finit par croire le sien.

On compte au théâtre plusieurs genres de comique : le comique noble., le comique bourgeois., le comique niais et le bas comique. En forçant un peu celui-ci, on arrive au pitre et au queue-rouge. L'échelle des comiques commence au Théâtre-Français et finit aux Funambules. On trouve au sommet Got, Coquelin, Geoffroi ; au milieu Brasseur, Gil Pérez ; au bas Paul Legrand et Debureau.

Une chose remarquable, c'est que la plupart des comiques passés et présents sont, en dehors du théâtre, tristes, moroses et ennuyés. Le célèbre Thomassin qui, sous l'habit d'arlequin, a fait rire le monde entier, attaqué d'une maladie noire alla consulter le docteur Dumoulin. Celui-ci, ne le connaissant pas, lui conseilla d'aller voir arlequin. — Hélas ! lui répondit Thomassin, il faut donc que je meure, car je suis cet arlequin auquel vous me renvoyez. Got est très-sérieux et réfléchi; Geoffroi presque taciturne ; Brasseur à peine gai ; Debureau était mélancolique et bon père de famille.

COMITÉ. — Il est établi, dans toute entreprise

théâtrale sérieuse, un comité de lecture, — il devrait du moins en être ainsi — pour la réception, le renvoi à correction ou le rejet des pièces présentées. Gela avait lieu dans l'antiquité, cela a toujours eu lieu pour la Comédie- française. A ce théâtre, on votait par bulletin motivé ; les comédiens et comédiennes faisaient partie du comité , sous la présidence du commissaire du roi. Un jour on trouva dans l'urne le bulletin suivant, émanant d'une de ces dames : « Cette petite acte m' a paru charmante, mais invraisemblable^ je la refuse. » Depuis on a remplacé le bulletin par des boules blanches, rouges et noires : c'est plus grammatical.

COMMANDE. — Quelques lecteurs bénévoles peuvent croire que les dramaturges et les vaudevillistes travaillent d'après leur propre inspiration , et qu'une pièce sort tout armée de leur cerveau : c'est une erreur ; ces messieurs ne font pas seulement la confection , ils fabriquent sur commande. Les REVUES ne se l'ont jamais autrement.

COMMERÇANT. — Les directeurs de théâtre sont considérés comme commerçants. Les auteurs ne le sont pas, les acteurs non plus.

COMMISSAIRE.— V.Pofe, eikV Appendice l'article 24 de l'ordonnance du 1" juillet 1864.

COMMISSIONNAIRE. — Y. à VAppendice l'article 44 de l'ordonnance du 1" juillet 1864.

COMPARSE. — Sorte d'automate vivant, qui obéit à un fil et exécute mécaniquement les : Ciel l Grands Dieux l Se peut-il ? Oui, oui ! Non, non ! à mort ! à mort 1 II fait les « murmures du peuple » « la foule qui remplit les salons, » les paysans et les soldats de tous les pays, recevant et donnant des coups de sabre ou de bâton. Il représente les rois muets, les diables, les ours, une jambe d'éléphant ou le train de derrière d'un chameau, c'est encore lui qui, couché sous une toile peinte qu'il soulève de temps en temps, fait le flot de la mer , etc. , etc. Tout cela pour la modique somme de 75 cent, à 1 fr. 50 par soirée.

Les chefs de comparses reçoivent une haute paie supplémentaire de 50 cent, et ont le droit d'infliger des amendes à leurs subordonnés. — Synonyme : figurant. V. Choriste.

CONCOURS. — Il y a concours pour les emplois de musicien instrumentiste et pour les choristes des deux sexes dans les théâtres

de chant. Il n'y a pas de mal à ça, si ce n'est que le concours qui a lieu pour les choses secondaires devrait exister pour les principales.

CONGÉ. — Temps accordé aux comédiens pour se reposer des fatigues de leur profession. Les congés sont d'un ou deux mois suivant les conditions de l'engagement.

Il était sage d'accorder un repos aux comédiens. Gomment en usent -ils ? La plupart revendent leur congé à la direction; les autres font des tournées en province et ajoutent aux fatigues du métier les fatigues du voyage. En résumé, les congés ne sont que des suppléments de fatigues et d'appointements : c'est à ce commerce-là que Rachel s'est tuée.

GONSERYATOIRE. — V. Ecole de chant.

GONTRE-MARQUE. — Morceau de carton qu'on distribue aux spectateurs qui sortent dans le cours d'une représentation et qui donne droit de rentrer. La contre-marque est au porteur et se négocie à la porte comme une action à la bourse : qui la vend ? qui la donne ? crient les spéculateurs de la chose à chaque sortie. La hausse ou la baisse dépendent de la pièce et des acteurs.

CONTRE-POIDS. — Pour diminuer la force musculaire nécessaire pour la manœuvre des grandes FERMES, BATIS, CHASSIS, apparitions, CHANGEMENTS A VUE, on fait usage de contrepoids équilibrés de façon à ce qu'un homme ou deux puissent faire mouvoir une masse qui en exigerait dix. Ce système des contre-poids a surtout l'avantage de pouvoir diriger le mouvement et de l'adoucir, ce qui est important pour le service des TRAPPES et des apparitions : un mouvement trop brusque, en ce dernier cas, lancerait l'acteur en l'air.

CONTRE-SENS. — Quelques acteurs y sont sujets et feraient mieux de faire des souliers ou de la maçonnerie que de jouer la comédie. L'un s'écrie : Le ciel est contre moi! et montre du doigt la terre, ou : Terre, engloutis-le ! et montre le ciel; un autre raconte un épisode tragique d'un air riant.

C'est dans le costume surtout que le contresens abonde. Regardez un groupe de paysannes, par exemple, vous n'en verrez pas deux chaussées pareillement, ni à la mode du pays.

CONTROLEUR.— Employé à l'échairge des billets, coupons de loges, billets d'auteur ou de faveur. Cet emploi est très-recherché dans les grands théâtres.

COQUETTE (grande). — L'ancien rôle des Gélimènes est connu dans le répertoire moderne sous le nom de grande coquette; en province, il est presque toujours tenu par le premier rôle femme.

CORPS DE BALLET. — On dit corps de ballet^ comme on dit corps d'armée. En effet, le corps de ballet se compose de pelotons, divisés d'abord par les sexes ; ensuite, pour les besoins du service, par quadrilles. Le Conservatoire, classe de la danse, entretient un corps de renfort que l'on prête aux théâtres subventionnés.

CORRESPOND ANT.— y. Agent dramatique,

CORRIDOR. — Les plus étroits sont les meilleurs... pour ceux qui ont besoin de s'y rencontrer. Dans certain théâtre, on pourrait établir des billets de corridor avec succès.

CORYPHÉE. — Premier choriste, ou chef d'attaque.

COSTIÈRE. — Rainure qui se trouve dans le plancher, et à chaque PLAN, au nombre de deux ou trois, suivant qu'il y a ihi ou deux TRAPILLONS. C'est par la costière qu'on emboîte

les FAUX-CHASSIS et MATS sur le chariot de manœuvre.

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