‹ La langue théatrale, vocabulaireChapitre 10 sur 42 · scène, le costume, le jeu des acteurs. C'est ce qu'on voit rarement · texte numérisé non relu

scène, le costume, le jeu des acteurs. C'est ce qu'on voit rarement

« Flatteuse illusion I doux oubli de nos peines I

« Oh I qui pourrait compter les heureux que tu fais I »

MITATION. — Par suite du mot précédent, on tmtte le TONNERRE en remuant une feuille de tôle; la FOUDRE qui tombe, en laissant tomber sur le plancher des rondelles de fer enfilées dans une corde ; les ÉCLAIRS, avec des torches de lycopode qu'on secoue, ou de Tarcanson qu'on brûle ; la PLUIE et la GRÊLE, par des cailloux qu'on roule ou qu'on secoue dans une vanne ; la NEIGE, par des petits morceaux de papier ou de ouate qu'on jette du cintre ; le VENT, avec une roue à palettes, comme un ventilateur agricole, etc.

Imitation se dit encore de la contrefaçon que quelques acteurs essaient de faire d'autres acteurs en reproduisant leur voix, leurs gestes et surtout leurs tics. Ces imitations mettent plus en relief les défauts que les qualités.

HoLiÉRE s'est lui-même essayé à ces imitations dans Y Impromptu de Versailles^ mais alors comme critique. Ce fut pour faire ressortir le ridicule, la fausse déclamation, la manière outrée des comédiens de Y hôtel de Bourgogne, qu'il imita Montfleurt, Hauteroche, Vil-

LiBRS, Beauchateau et M"* Bbauchatbau.

C'est une leçon qu'il donna ; c'est encore le grand maître qui parle !

D'autres comédiens, ne trouvant pas dans leur propre nature une manière à eux, cherchent à imiter le jeu de quelques acteurs en réputation, et sont assez généralement de pâles copies.

INCENDIE. — Les effets d'incendie se font à l'aide de pots à feu et de lumière électrique colorée en rouge. Pour les grands effets, on jette dans des fourneaux alimentés par des soufflets du spark qui brûle en jetant une fumée noire et de nombreuses étincelles; les poutres enflammées sont figurées à l'aide de traînées percées de petits trous par où s'échappe du gaz en feu.

INDISPOSITION. — Fin de non-recevoir à l'usage des acteurs et surtout des actrices; arme offensive et défensive pour ou contre la direction. Tous les mauvais vouloirs, les mécontentements, les AMOURS-PROPRES blessés, les VANITÉS froissées, les RIVALITÉS excitées, le rôle pas assez MUR, la couturière Q^ retard, et mille autres choses, ont une indisposition en réserve, sans compter les vraies»

\ rares. Le directeur envoie le MÉDE- ;héàtre pour constater, et... ma foi...

sin constate Y indisposition ! C'est pouris voyez de temps en temps sur Taffiche ude portant : Relâche pour cause d'inon. Je vous garantis que ces indispoi ne font pas la fortune des pharmaes FEUX ont de beaucoup diminué le des indispositions,

EN CE. — Moyen préparatoire dont e souvent. Ainsi un ténor qui a laissé dans sa malle fait demander Yindul- L public en prétextant un enrouement e qui ne l'empêchera pas de toucher ointements, sans indulgence pour la Il directeur.

E, INGÉNUITÉ. — Cet emploi, qui ue grande importance du temps de !, où l'on distinguait les ingénues et les ce qui ferait supposer que Ton pou- 3 l'une sans être l'autre, cet EBiPLOi, lous, tend à disparaître du répertoire 3 comme il disparait de la société. Sous e des Fanfan-Benoîton, et nous y , l'emploi d'ingénue devrait commennourrice et finir au sevrage. Comme

nous venons de le dire plus haut, rUlusion étant la règle du théâtre, on conserve l'emploi di ingénuité; on fait mieux, on distingue la première et la seconde ingénuité. On ne peut plus dire :

€ Le vice a des degrés ; la vertu n'en a pas I »

INGRAT. — Ce mot fut longtemps, à Lyon, synonyme de billet de parterre ; voici à quelle occasion : Dans une représentation de VAmi de tout le monde , un acteur que les Lyonnais sifflaient souvent, ce qui ne le rendait pas meilleur, fut tellement sifflé ce jour-là qu'il s'avança jusqu'à la rampe en s'écriant : a Ingrat parterre^ que fai-je fait ? » Le lendemain on ne demandait plus un parterre au bureau, on demandait un ingrat,

INTERDICTION.— Un certain nombre de pièces dont la représentation avait été autorisée ont dû être interdites au cours de leurs représentations, soit parce qu'elles surexcitaient les passions religieuses ou politiques, soit par d'autres motifs. Vautrin, Y Incendiaire, le Facteur, les Dev^ Serruriers, Louise de Lignerolles, Robert Macaire, sont de ce nombre. Toute pièce interdite à Paris est par cela même interdite dans toute la France ; mais les autorités

de province peuvent interdire les pièces autorisées à Paris, si elles étaient de nature à troubler Tordre en froissant les mœurs, les habitudes ou la susceptibilité locales.

INTRIGUE. — Complication, lien, marche d'une pièce. C'est ce qu'on appelle, en style de métier, la charpente. Il y a des charpentiers dramatiques qui ne savent ni maçonner, ni peindre, ni décorer. C'est en grande partie le motif de la collaboration, qui n'est par le fait, et souvent, que la réunion et l'association du charpentier, du maçon et du peintre.

ITALIENS . — Vers 1577, une troupe de comédiens Italiens, appelés i qelosi, &t son apparition à Paris et obtint des lettres-patentes de Henri III ; leurs représentations effrayèrent tellement la morale du Parlement, qu'il refusa d'enregistrer leurs lettres-patentes. Voici ce qu'en dit notre vieux chroniqueur, Pierre de l'Estoile : a Les actrices italiennes faisaient « monstre de leurs seins et poitrine ouverte, « et autres parties pectorales , qui ont un per- «pétuel mouvement, que ces bonnes dames « faisaient aller par compas ou mesure comme « une horloge, ou, pour mieux dire, comme « les soufQets des maréchaux. » Les Italiens

ne tinrent compte de la résistance du Parlement, ni de Tamende de 10,000 livres prononcée contre eux; ils continuèrent leurs représentations , protégés par Henri III , dont la morale ne s'effrayait pas facilement, et restèrent jusque sous Henri IV.

En 1645, Mazarin fit venir une nouvelle troupe italienne. C'est ce que nous nommons Tancien Théâtre-Italien. Elle ne devait parler que la langue italienne et jouer Tarlequinade. Elle partageait avec les comédiens français Y hôtel de Bourgogne. Ces Italiens, apprenant peu à peu notre langue, l'introduisirent dans quelques scènes de leur répertoire, et finirent par la parler au lieu de l'italien.

Gomme le public s'amusait beaucoup chez eux et délaissait les comédiens français, ceux-ci leur firent un procès , motivé sur ce qu'ils ne devaient pas parler français. La cause fut portée devant Louis XIV et plaidée, pour les comédiens français, par le célèbre acteur et auteur Baron.

L'arlequin Dominique, chargé de la défense de la Comédie-Italienne , commença par quelques lazzis et demanda au roi : « En quelle langue Votre Majesté veut-elle que je parle?

— Parle comme tu voudras , répondit Louis XIV. — Je vous remercie, Sire ! Puisque vous

m'autorisez à parler comme je voudrai, italien ou français, ma cause est gagnée. — C'est une surprise , dit le roi ; mais n'importe , ma parole est donnée, je ne la reprendrai pas. » Cette troupe fut supprimée en 1697 pour avoir joué la Fausse Prude, qui désignait M°*' de Màintenon.

Les Italiens revinrent en 17i6 sous le titre de Comédiens du Régent, et s'établirent à la foire en 1721 ; c'est là que Y Opéra-Comique vint se fondre avec eux en 1762. Les deux troupes jouèrent ensemble jusqu'en 1780, où \ Opéra-Comique reprit son titre et son individualité.

Le répertoire de Vancien Théâtre-Italien est très-curieux à étudier, surtout comme parodie, genre dans lequel il a excellé ; ARLEQUIN en était le principal personnage. — V. Théâtre de la Foire,

JARDIN (côté). — On nomme ainsi le côté gauche de la scène , vue prise du spectateur. Nous donnons l'étymologie des mots COUR et jardin au mot SCÈNE.

JE NE SAIS QUOI.— Il y a dans les œuvres d'art en général , que ce soit un tableau, une statue, une mélodie, quelque chose qui plaît ou qui déplaît , sans qu'on puisse au juste se rendre compte du pourquoi ; car, dans ce qui plaît, les règles souvent ne sont pas observées, la critique a tout à y reprendre ; mais il y a un je ne sais quoi qui vous empoigne, et, dans le cas contraire , malgré l'observation de toutes les règles, un je ne sais quoi qui vous repousse.

Il en est de même pour le comédien. Quelques-uns , malgré de grands défauts , ont un je ne sais quoi qui plaît, et vice versa.

JETON. — Ce mot est remplacé par celui de CACHET dans le langage théâtral moderne.

Bien que la formule des engagements soit très-verbeuse, elle ne peut tout prévoir et laisse encore une grande place aux actes de complaisance ou de bonne volonté de la part des pensionnaires envers leur directeur ; mais complaisances ou bonnes volontés sont hérissées de difficultés que le jeton ou cachet a mission d*aplanir.

L'argent, a dit Regxarb, Est le nerf de la guerre ainsi que des amours.

!U. — Le jeu est le complément du DÉBIT et îe trouve intimement lié à l'action. Il doit îommencer à l'entrée en scène de Tacteur et le finir qu'après sa sortie , qu'il ait à parler m non. C'est ce qu'on appelle ÊTRE EN SCÈNE.

1 y a une juste mesure à observer entre un eu outré et un jeu négligé qui frise l'indiférence.

U DE PHYSIONOMIE.— V. Expression, "Physionomie.

ONE PREMIER.— EMPLOI. Le mot «jeune» stlà par tradition, car la plupart àe^ jeunes rentiers ont atteint un âge qui repousse le iialificatif. Nous avons dit au mot AGE qu'il l'y en avait pas au théâtre, et nous mainteons notre dire par des exemples : Baron, près une retraite de trente ans, reparut sur la cène et joua un rôle d'enfant dans les Mahabées, de Delamottb : il avait soixante-dix ns ; M"* Thérèse Lenoir, femme de l'auteur >ANC0URT, jouait encore à soixante ans des ôles d'ingénuité; M"® Mars a créé Marie y u les Trois Époques , — comédie dans le prefiier acte de laquelle elle a quinze ans, — à »lu8 de soixante ans. N'avons-nous pas eu l'éernelie jeunesse de M. Laferriére, qui jouait

encore des jeunes premiers âu momei mort.

JOCRISSE. — Un des types comiques i par DoRViGNY et dont le succès au thé Tœuvre du talent de Brunet. Ce pers( naïf jusqu'à la bètis0, descend des J des Pointus^ des Jeannots, personnage rement passés de mode aujourd'hui, leur étourdissant succès près de nos pères. La Sceur de Jocrisse, vaudev fait encore partie du répertoire des ce de province , a donné un regain de Jocrisses, qui vont disparaître , submei les Calinos, Au fond, c'est toujours 1 personnage, moins le nom.

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