COSTUME
Par un mensonge heureux voulez-vous nous ravir? Au sévère costume il faut vous asservir ; Sans lui d'illusion la scène dépourvue, Nous laisse des regrets et blesse notre vue.
Ce quatrain est vrai. La vérité historique du costume est aussi nécessaire à la honne représentation d'une pièce que la décoration et les accessoires dont il fait partie.
Le costume historique est cependant de date récente, relativement au théâtre. Ce ne fut que vers i760 que Lekain, et, après lui, M"® Clairon, essayèrent cette révolution, qui fut plus tard continuée par Talma et M"® Mars. Figurez-vous les héros de Corneille et de Racine en habits de cour, cannes à pomme d'or, grandes perruques et chapeaux à plumes ; et Agrippine, Camille, Phèdre en paniers et vertugadins, avec poudre, mouches, etc., etc. C'est cependant ce qui avait lieu.
COULISSES. — Séjour de la désillusion.
Celui qui s'y aventure sur le prestige brillant, vu de la salle, y rencontre un amoureux poussif, une ingénue qui consulte le docteur et
cherche un parrain; la princesse fait des mots, ou des maux, avec le coiffeur; le père noble eng...treprend le lampiste pour une tache d'huile. — Pas un visage : du blanc, du bleu, du noir et du carmin en tiennent lieu. Fauxchignons, fausses dents, faux-mollets, faux... et l'on s'étonne de la hausse du coton I
Hier, chez Melpomène, aux déchirants adieux
De Titus et de Bérénice, De longs ruisseaux de pleurs coulaient de tous les yeux, Quand un rustre, attendri de ce cruel supplice,
Qui des deux amants malheureux Causait St tous les cœurs ce cruel sacrifice S'écrie : Ah ! bonnes gens, ne pleurez pas sur eux. Ils ne sont point partis : je les vois tous les deux
Qui s'embrassent dans la coulisse.
Par ordonnance de police, Tentrée des coulisses est interdite au public. C'est bien vu : il ne faut pas que le consommateur entre dans la cuisine.
COUPLE T. — Tout ce qu'un acteur a à dire, prose ou vers, se nomme littérairement coupkt
COUPON. Nom que l'on donne au billet de
loge louée à l'avance et qui doit correspondre à la feuille de location. Le coupon est plus proprement appelé lorsqu'il ne comporte qu'une partie des places que contient la loge.
COUPURE. — Retranchements faits à uni pièce, Soit par la CENSURE, soit par Tauteu pour activer la marche de l'ouvrage ou ei diminuer la longueur. — V. Rognures.
COUR (côté). — Côté droit de la SCÈNE, vui prise de la salle. — V. Jardin.
CRACHER SUR LES QUINQUETS.— Ui
acteur crache sur les quinquets, quand il faitdi vains efforts pour produire de TEFFET et m réussit qu'à montrer sa faiblesse ou^a nullité
CRITIQUE .—Bête noire de MM. les directeurs auteurs et comédiens des deux sexes.
Il faut avoir un tempérament solide, et êtn doué d'une dose prodigieuse de patience pou:
consacrer sa plume à la critique théâtrale Quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez e écriviez, vous soulevez toujours des hainei et ne recevez que de mauvais compliments Si vous louez un acteur ou une actrice, voui avez contre vous tous les bons camarades d'i ceux, qui en trouveront de suite le motif dam vos rapports, fussent-ils complètement nuls avec ceux que vous aurez loués ; si vous ave; le malheur de dire qu'une mauvaise pièce es mauvaise, ou mal montée, ou pas sue, M. 1(
directeur vous montrera les dents ; il dira que vous voulez le ruiner, que vous ne connaissez rien en matière de théâtre, et, finalement, — POUR vous PUNIR — vous Tcfusera vos ENTRÉES.
Le public, pour lequel vous écrivez, et au respect duquel vous voulez avoir droit par votre indépendance et le bien-fondé de votre jugement, ne compte pas pour ces messieurs. Ce n'est pas une plume que vous devez tenir à la main, c'est un encensoir, et encore faul^il que vous le leur cassiez sur le nez.
DANSE. — Mouvement cadencé des jambes.
La danse est universelle et aussi vieille que le monde; on danse partout, même devant le buffet.
DANSEUSE.— Bipède de Tordre des rongeurs.
S'apprivoise facilement et vient manger dans la main des fils de famille , banquiers , agents de change, diplomates et rentiers de tout âge ; vit très-bien en cage, pourvu que la cage soit dorée et capitonnée , — ne pas trop laisser la
— reporte ouverte. — Le gouvernement entretien une école d'acclimatation pour la propagatioi de Tespèce. — V. Ballet.
DÉBIT. — Manière de dire, de réciter un rôle C'est surtout par le débit qu'un bon comédie: se révèle. Les nuances en sont nombreuses le talent consiste à les savoir appliquer.
distingue le débit naturel^ agréable^ aisé, se lennelj éloquent y savant, affecté, chaleureua spirituel, facile y entraînant, net, léger, chai tant, lourd, élégant, lent, gracieux, pénibl comique, fatigant, drôle, froid, bouffon, lacrx mal, confus, monotone, etc., etc. Il y a d quoi choisir. ^
DÉBUTANT. — Celui qui s*essaie à la ca rière du théâtre et s'oflÈre pour la premièi fois au contrôle du vrai public.
U est rare qu'un débutant ne choisisse pî d'abord le genre qui lui convient le moinî ce n'est qu'après quelques essais malheureu:
assaisonnés de pommes et de sifflets, qu' trouve sa véritable voie. Le grand Talm lui-même commit cette erreur; il débuta dai les JEUNES PREMIERS , et voici ce que disait d lui le Journal de Paris du 27 novembre 1787 a Le jeune homme qui a débuté hier pa
« le rôle de Sbidb annonce les plus heureuses « dispositions, et il a, d'ailleura, tous les avana tages naturels qu'il est possible de désirer « pour l'emploi des jeunes premiers, »
Ce jeune premier est devenu le plus grand tragédien de son siècle 1
Les débutants qui ont le malheur de réussir du premier coup font rarement d'excellents comédiens. Ils s'endorment sur le premier succès et sortent peu de la médiocrité; ils ne sentent pas la nécessité du travail et le repoussent; ceux, au contraire, qui, comme Lekain et M"* Mars , ont eu des débuts trèsdifficiles, très-contestés ; qui ont la volonté, l'opiniâtreté, sont obligés de travailler, de lutter, et se font une brillante place aux premiers rangs.
DÉBUTS. — Usage qui soumet les acteurs, quelle que soit leur ancienneté , à faire trots débuts chaque fois qu'ils abordent une nouvelle scène. C'est une épreuve qui souvent ne prouve rien; une pierre de touche parfois trompeuse et qui réussit à celui qui a le plus D'APLOMB.
Du temps que les débuts étaient obligatoires, l'acteur avait droit à ses trois débuts, et quelques-uns y tenaient malgré le mauvais accueil
du public à leur, premier. On cite entre autres une demoiselle Guérin qui, comptant plus sur le talent de sa... nature que sur la nature de son talent, après une bordée de sifflets rentra dans la coulisse, changea de costume et, dit le Journal de Metz, de mai 1826, « osî « rentrer en scène avec la gorge découverte a jusqu'au milieu des seins , qui n'étaien « garantis d'une évidence complète , et mém( a d'une chute, que par une gaze légère quini « cachait que bien peu de chose ; les bras, le; « épaules et le dos étaient aussi exposés. Le a sifflets les plus aigus se firent entendre d( « partout. » Et M^^* Gubrin en fut pour se frais... d'exhibition.
Je me permettrai de comparer cette demoi selle à M""® Putiphar et les spectateurs à d< petits Joseph. La vertu triompha. Merci , moi Dieu!
Gomme il y a de vieux matelots qui ai peuvent reprendre la mer sans être malades il y a de vieux comédiens que les débuts para lysent, et qui ne retrouvent leurs MOYENJ qu'après les trois épreuves subies. Ces derniers, bien que reçus froidement, gagnen chaque jour dans l'estime du public, tandiî que ceux qui ont été reçus avec enthousiasme ont souvent de la peine à se soutenir.
Les débuts n'existent plus en droit. A Paris, ils ont peu d'importance et n'impressionnent pas la foule des spectateurs. En province, c'est différent : les spectateurs aiment à se constituer en jury dramatique, et les directeurs ont dû céder devant cette habitude.
Une circulaire du ministre d'État , en date du 6 septembre 1862, contient des appréciations très-sensées sur les débuts^ et essaie de les réglementer. Nous en détachons ce qui suit:
a La troupe nouvelle débuterait pendant un.
mois ; à la fin du mois seulement , le public qui aurait pu , à diverses reprises , apprécier les artistes dans plusieurs rôles, en dehors des émotions d'une soirée spéciale, serait appelé à statuer au scrutin sur l'admission ou le rejet de chacun d'eux.
« Un mois serait accordé au directeur pour remplacer les artistes qui n'auraient pas été admis.
« Tout artiste admis une première fois ne débuterait plus les années suivantes, tant qu'il resterait dans le même théâtre et le
même emploi.
« Seraient seuls assujettis aux déhuU les artistes remplissant les emplois ci-après :
« Dam l'opéra : fort ténor, ténor léger.
première basse, baryton, trial, forte chac teuse, chanteuse légère, dugazon ;
<c Dans la comédie, le drame et le vaudeville premier rôle, jeune premier rôle, premi( rôle marqué, troisième rôle, premier comiqu financier, premier rôle femme, jeune premi( rôle, jeune première ingénuité, soubrette.
DÉCLAMATION. — Manière emphatique ampoulée de dire le vers tragique. L'emphî tique était poussé à un tel point dans not:
ancien théâtre que Mondory y gagna ui attaque d'apoplexie en jouant Hérode < Marianne, Montfleury, Brécourt, la Cham MESLÉ furent également victimes de cet manière de déclamer. Molière a critiqué peint ce genre faux dans Y Impromptu de Ve sailles.
La déclamation était chantée. Ce n'est qi depuis la création du Conservatoire, en 178et grâce aux efforts de Molé, Dugazon ( Fleury qu'elle rentra dans les limites de ] raison.
DÉCLARATION. — Chacun peut faire coni truire et exploiter un théâtre, à la charge d'e faire déclaration aux autorités. (Loi du 6 j an vier 1864. V. à Y Appendice.)
DÉCOR. — Le mot décor est employé comme terme général par les machinistes. C'est un mot technique. Pour eux le décor est l'ensemble du magasin ou d'une pièce; pour le public, là décoration {v, ci-dessous) est la partie visible et coopérative de l'action du moment.
DÉCORATION.— Notre motn'aaucun rapport avec cette profusion de petits rubans rouges ou multicolores qui ornent les boutonnières et font ressembler la France à un champ de coquelicots et d'œillets panachés. C'est de la décoration théâtrale qu'il s'agit.
On nomme décoration toutes les^ parties peintes qui servent à l'iLLUSlON de la scène. Les Latins avaient deux sortes de décoration : l'une, tournante {versatilis), avait trois faces en forme de triangle et tournait sur un pivot; Tautre, coulante (ductilis), équivalant à la coulisse actuelle.
La décoration moderne nous vient d'Italie.
C'est à Baltazar Peruzzi qu'il faut faire remonter, vers 1516, l'invention de la grande architecture peinte. Son œuvre fut continuée par Del Pozzo et ne fut guère importée en France que vers 1582, en même temps que le ballet-opéra. Jusqu'à cette époque on se contenta, d'un écriteau sur lequel on écrivait :
a Ceci est un bois » , « Ceci est un palais. » Le spectateur se figurait qu'il voyait un bois ou un palais.
La décoration fut longtemps stationnaire et fit peu de progrès. La tragédie et la comédie durent se contenter d'une place publique, d'un salon et de la galerie d'un palais : Corneille, Molière et Racine n'en eurent pas d'autres.
C'est à Servandoni, celui-là même qui construisit le portail de Saint-Sulpice, qu'on doit le développement de l'art décoratif au théâtre. Jusqu'à lui les arbres, les monuments, quelles que fussent leur hauteur, leur importance, n'excédaient jamais la grandeur du CHASSIS sur lequel on les peignait. Ce célèbre artiste osa franchir cette limite et s'élancer dans les frises ; il donna à la décoration des perspectives inusitées et un luxe inconnu avant lui. L'essor était donné et ne se ralentit plus. La décoration joue maintenant un rôle immense et produit des merveilles.
Parmi les anciens décorateurs célèbres on cite : PiETRO Algieri, Bibiena Galli, Bo- QUET, Sparni, Bondon, Machy, Tardif et, en venant jusqu'à nos jours, Desgoty, Gué, Daguerre, Bouton, Cicéri, Philastre, Cam-
BON, SÉCHAN, DbSPLBCHIN, FbUCHÈRES, DiB-
TERLB, Chaperon, Rubé, Ghbret, Nolau, Layastre, Carpezat.
Les décorations sont composées : 1<* de CHAS- SIS ou feuilles de décoration qui manœuvrent généralement sur les côtés ; 2° de TOILES DE FONDS qui descendent du CINTRE ; 3** de ciels, PLAFONDS, BANDES D'AIR et de mer ; 4*» de FERMES, grands décors à châssis montant du dessous ; 5^ de PRATICABLES ou décors accessibles, tels que rochers, montagnes, degrés, etc. —V. Scène.
DÉCRET DE MOSCOU. — C'est ainsi qu'on nomme vulgairement le décret du 15 octobre 1812, envoyé de Moscou par Napoléon I". Ce décret, que nous reproduisons dans soti entier kV Appendice, est un chef-d'œuvre d'organisation théâtrale et applicable au seul Théâtre- Français. Bien que modifié par la force des choses en 1847 et 1850 (V. à YAppendice), il reste encore la règle fondamentale de la Comédie-Française.
DÉDIT. — Petite clause féline mise dans un £N6AG£BI£NT et à la charge de celui qui veut le rompre. Le bon côté du dédit, qui maintient les bons acteurs dans leurs engagements, est malheureusement contre-balancé par la né-
cessité d'en garder d'autres que le public voudrait voir loin. Il y a des directeurs qui engagent des demoiselles sans vocation ni talent — mais jolies — avec l'espérance qu'un amateur viendra les en débarrasser en payant le dédit,
DÉFAUTS. — L'exiguité de ce vocabulaire iae nous permet pas de traiter à fond ce mot qui demanderait un volume. Nous signalerons les principaux.
Le grand et général défaut des acteurs est de ne point jouer d'après leur organisation naturelle et de prendre des EMPLOIS en désaccord avec leur nature physique; défaut capital qui détruit TlLLUSION.
Ensuite , de n'être point à la scène ; de causer entre eux quand ils ne sont pas du dialogue; de parler au public, au lieu de le faire à leur interlocuteur; de hégliger les principes de la respiration et de la ponctuation ; de parler trop vite; de faire des liaisons... dangereuses ; de sacrifier le collègue pour faire de l'EFFET et provoquer des applaudissements; de s'habiller sans goût ou avec négligence ; de porter des moustaches et des favoris, quand la figure du comédien doit être nue pour se prêter plus facilement à représenter tous les
personnages ; de . . . mais à quoi bon poursuivre ? laissons la fin à Florian :
Chacun de nous connatt bien ses défauts ; En convenir, c'est autre chose :
On aime mieux souffrir de véritables maux Que d'avouer qu'ils en sont cause...
DÉJAZET. — V. Emploi, Travesti
DÉNOUEMEN-T. — C'est le démêloir de Timbroglio dramatique, et la partie d'une pièce la plus difficile à bien traiter. C'est le dénouement qui fait le plus d'impression sur le public ; il doit, tout en étant la conséquence logique de l'intrigue, satisfaire le spectateur et le laisser sous une bonne impression. Il doit être naturel et naître du SUJET. La comédie et le vaudeville usent et abusent du mariage comme dénouement : C'est dénouer une chose en y formant un nœud ! Le drame et la tragédie ont le meurtre, le suicide, le poison et les grandes reconnaissances : C'est ma fille I C'est mon père II
DÉSAGRÉMENT (Avoir du). — Provoquer des murmures, être un peu sifflé, c'est avoir du désagrément,
DESSOUS. — Le dessous de la scène se com-
pose assez communément de trois étages d< le plus près du plancher de la scène se nom le premier dessous , et ensuite second et tr sième, en descendant. Toute la charpente disposée de façon à laisser des vides du h; en bas sous les TRAPPES et TRAPPILLONS. i les planches du premier dessous se trouv les rails des chariots qui portent les M/ et FAUX-GHASSIS ; dans le second et le troisiè sont les TAMBOURS et TREUILS pour la d nœuvre des FERMES, RIDEAUX DE FOND autres décorations. — V. Scène.
DÉTAILLER LE COUPLET. — Scie:
presque perdue aujourd'hui où Ton ne cha plus dans les pièces du nouveau répertoi mais très en pratique du temps de Scri Brazier^ Bayard, Dumersan, qui bourrai leurs comédies et vaudevilles de coup charmants et spirituels dont le trait final mandait à être lancé. Il n'en est plus de mé à présent. Est-ce le goût du public qu changé? Est-ce l'esprit qui fait défaut ; vaudevillistes actuels ? That is the question
DICTION. — Art de fléchir la voix selon exigences du sentiment pour en faire Tint prête exact de la pensée.
Une bonne diction est une qualité précieuse qu'on rencontre rarement; elle comprend l'art de prononcer, de ponctuer, de phraser et de nuancer le discours. Le travail ei la volonté ne suffisent pas toujours pour vaincre un organe rebelle qu'on parvient à assouplir dans un discours calme mais qui reparaît dans la chaleur du débit; c'est alors que le grassaiement, le bégayementj le susseyement , le zézayement, le bredoutllement reprennent leur empire naturel, momentanément, il est vrai, mais assez pour jeter une note discordante.
DIRECTEUR. — Autocrate, pacha, sultan, placé, jadis, en vertu d'un privilège et à ses risques et périls, à la tête d'une exploitation théâtrale. Depuis la liberté des théâtres il n'y a plus de privilège de droit, mais il existe en partie de fait, surtout en province, où les salles appartiennent à la ville et à des particuliers. Le privilège ne vient plus du ministre, il émane de la mairie ou des propriétaires de l'immeuble.
Nous n'avons pas à nous occuper ici de Paris. Chaque théâtre ayant son genre, et le public pouvant choisir, vu le grand nombre, celui qui lui convient, le directeur n'est d'aucune importance pour lui.
La plupart des villes de province n'ayant qu'une salle, deux au plus, le choix disparaît et le public, forcé d'aller à ce seul théâtre ou de se priver d'un plaisir, se préoccupe du directeur dont il doit subir le goût, bon ou mauvais , le savoir ou l'ignorance , la capacité ou l'incapacité.
En effet, celui-ci est maître. Il a bien quelques obligations pour la composition de sa troupe, pour son RÉPERTOIRE ; mais il peut faire une troupe de carton^ quoique complète ; quant à son répertoire, il n'est tenu qu'à le soumettre au préfet ou au maire, et ceux-ci n'ont pas qualité pour en faire le choix. Ils ne peuvent qu'élaguer le fruit défendu.
Si un directeur est peu lettré et a peu de goût — cela n'est pas rare — vous aurez un mauvais répertoire; si le directeur est un ancien acteur, — cela est commun — vous aurez toutes les vieilles rangaines dans lesquelles il a joué; s'il joue encore et qu'il fasse partie de sa troupe, c'est bien pisl II montera les pièces pour lui et s'entourera de médiocrités pour mieux ressortir ; si c'est sa femme qui joue, même résultat. Ne croyez pas qu'il consultera le goût local, qu'il y conformera son répertoire , non ; il jouera à Rouen ou à Bordeaux une absurdité qui a réussi à Ville-
dieu-les-Poêles, sans s'inquiéter de la différence de ces villes.
Les mauvais résultats obtenus par les mauvais directeurs ne datent pas d'hier et ont donné lieu à des plaintes assez fortes pour qu'on s'en préoccupât en haut lieu. — Voici à ce sujet une circulaire que le comte de Vau- BLANC, alors ministre de l'intérieur, adressait en 1820 aux préfets , et qui semble ne rien perdre de son à-propos, malgré le demi-siècle écoulé depuis sa publication :
« Les théâtres, considérés sous le rapport « de l'art, ne peuvent être indifférents à l'au- « torité. Bien dirigés, ils offrent les plus nobles « délassements à la classe instruite de la « société; surveillés avec soin, ils peuvent « répandre de saines maximes et servir des « vues utiles.
<( Malheureusement les agents de ces entre- « prises ne répondent que bien imparfaite- « ment à ce qu'on a droit d'attendre d'eux, « et ne s'efforcent guère de justifier la con- « fiance qui leur est accordée. On les invite à « former un bon répertoire et à le renouveler « de manière à tenir les villes des départe- « ments au courant des nouveautés ; mais ils « n'ont guère pour pièces nouvelles que les « informes canevas ou les esquisses des petits
« théâtres de Paris* Ils prétendent qu'ils r a trouvent pas de spectateurs quand ils doi « nent des représentations d'ouvrages de a haute comédie ; maisilsn'ajoutentpas queci « ouvrages sont par eux si mal montés, si m « joués, qu'il est impossible, en effet, que d a hommes de goût se plaisent à les voir ain « défigurés.
« On aime partout en France les comédi « de mœurs, les jolis opéras, la bonne m « sique, les bons vers ; mais il n'y a rien < « tout cela quand il n'y a pas de bons acteur
«... Les directeurs capables sont en bi( « petit nombre. »
Un critique qui écrirait aujourd'hui 1 VÉRITÉS que M. le comte de Vaublanc me tait en évidence d'une façon si nette dans i circulaire de 1820 serait voué aux dieux infe naux. Cette mercuriale s'adressait cependai à des directeurs privilégiés , choisis , éplucb et révocables au gré du ministre. Groyez-voi que la liberté des théâtres et l'abolition d privilège les aient corrigés ? Il n'en est rien.
DISTRIBUTION. — La distribution est '.
répartition que l'on fait de chacun des rôh contenus dans une œuvre dramatique ai] acteurs qui doivent y jouer un personnag<
A Paris, la distribution est presque toujours faite par l'auteur, en tenant compte, bien entendu, de TEMPLOI de chacun. De plus, la pièce étant souvent écrite pour un théâtre déterminé, l'auteur, qui en connaît le personnel, y subordonne ses personnages.
En province , la question change de face :
chaque acteur restant strictement dans son emploi, la distribution devient plus difficile et donne lieu à de nombreux conflits, dont quelques-uns sont jugés par les tribunaux.
On appelle encore distribution la nomenclature des rôles et le nom des acteurs d'une pièce imprimés sur les affiches ou dans un
PROGRAMAIE.
DOUBLE, DOUBLURE. — Dans les grands théâtres chaque chef d'emploi a son double qui doit connaître le répertoire et se tenir prêt à jouer au pied levé en cas d'empêchement de son chef, ceci pour sauver la recette ou ne pas interrompre le succès d'une pièce. Dans les théâtres inférieurs, doublure est synonyme de mauvais acteur. Parfois cependant la doublure vaut mieux que le drap.
Drame. — Genre de pièces qui tient le milieu entre la tragédie et la comédie. Le véritable
drame moderne commence à Diderot, dî Père de famille^ et vient aboutir à DuMi et Sardou, de nos jours.
Le drame devrait toujours être le dé'^ pement d'une action intime et poignante les emphases de la tragédie ni la gaîté comédie ; mais nos auteurs modernes or lement enjambé sur les limites de cl:
genre, qu'ils ne savent plus dans lequel ser leurs productions, et que nous vc Taffiche porter : Pièce en 4 actes. Cette est-elle une tragédie? un drame? un r drame? une comédie? un vaudeville ? L'ai n'en sait rien lui-même, car il y a un p< tout. C'est une oZZa-joorfrirfa dramatique ; c'est une pièce 1
DROIT DES PAUVRES. — Ce droit ren aux origines de notre théâtre. Un arr^ 10 décembre 1541 ordonne aux entreprei du « jeu du Vieux Testament de donner « livres avœ pauvres^ après avoir vu Vét « leurs frais et gain ». — Un autre arr< François P' porte que « les théâtres batll « avj: pauvres mille livres tournois, se « ordonner plus grande somme » .
Cet impôt prélevé sur le plaisir est, m la guerre à outrance que lui font MM
directeurs, le plus juste et le plus humain qu'on puisse établir. Né, en principe, des deux arrêts ci-dessus indiqués, il fut régularisé par Louis XTV dans Tordonnance que voici :
Oedoiwànce du hoi, en date rfu 25 février 1699, pour la levée, en faveur de rHôpital-Général, du sixième en sus de ce qui se reçoit aux entrées des opéras et comédies.
« Sa Majesté voulant, autant qu^il est possible, contri- « buer au soulagement des pauvres dont THÔpital-Géné- «ral est chargé, et ayant pour cet effet employé tous les t moyeift que la charité lui a suggérés. Elle a cru devoir « encore leur donner quelque part aux profits considé-
< r&bles qui reviennent des opéras de musique et des « comédies qui se jouent à Paris par sa permission ; c*est « pourquoi Sa Majesté a OROoimÉ et ordonhe qu'à Tave- «nir, à commencer du l^r mars prochain, il sera levé et
< reçu au profit dudit Hôpital-Général un sixième en
« sus des sommes qu'on reçoit à présent, et que Ton
«recevra à l'avenir pour l'entrée aux- dits Opéras et
«Ck)médies ; lequel sixième sera remis au receveur
« dudit Hôpital pour servir à la bienveillance des pau-
«Tres,
« Louis XIV. »
Ce document ne laisse aucun doute sur Torigine et le but de ce droit tant attaqué par les directeurs, et constate d'une manière formelle que c'est le public qui le paie et non eux, puisqu'il est prélevé en sus du prix d'en-
Ce droit fut aboli le 6 août 1789, et devait être remplacé par des représentations au profit des hospices, représentations qui n'eurent ja-
mais lieu, ce qui motiva Tarrêté suivant date du 11 nivôse an iv.
« Art. le. Tous les entrepreneurs ou sociétaires « tous les théâtres de Paris et des départements S' « invités à donner tous les mois, à dater de ce « époque, une représentation au profit des pauvi « dont le produit, déduction faite des frais journali « et de la part de l'auteur, sera versé dans les cais « désignées.
« Art. 2. Ces jours-là les comédiens concourront « tous les moyens qui sont en leur pouvoir à rendn « représentation plus lucrative.
« Art. 3. Les entrepreneurs ou sociétaires seront ai « risés à tiercer le prix des places et à recevoir « rétributions volontaires de tous ceux qui désirerai « concourir à cette bonne œuvre.
« Art. 4
« Art. 5. Deux théâtres ne pourront donner le mê «jour, dans la même commune, de représentati( « pour les pauvres. »
Cet arrêté n'eut aucun effet fructueux ; représentations données couvrirent rarem^ les frais, — du moins les directeurs le dire — et une loi du 7 frimaire an v rétablit droit de un décime par franc^ en sus du p:
de chaque billet.
La loi que nous rapportons ci-dessous co firme et étend celle du 7 frimaire.
Loi du 8 thermidor^ an V (26 juillet 1797) :
< Le Conseil de Cinq-Cents, considérant combien « besoins des hospices sont pressants et l'utilité qu « peut retirer d'une augmentation de la rétributi
«imposée sur les produits des bals, concerts, feux « d'artifices, courses et exercices de chevaux, et autres « fêtes où Ton est admis en payant,
«Déclare qu'il y a urgence et prend la résolution « suivante :
« Art l®'. Le droit d'un décime par franc , établi par « la loi du 7 frimaire an v prorogée par celle du 7 «floréal dernier, continuera à être perçu jusqu'au 7 « frimaire de Tan vi, en sus du prix de chaque billet « d'entrée et d'abonnement dans tous les spectacles où « se donneront des pièces de théâtre. »
L'art. 2 concernait les bals, concerts, etc.
Cette loi fut prorogée chaque année jusqu'au 9 décembre 1809, époque à laquelle un décret déclare que ces droits seront indéfiniment ipeTqus. Enfin le budget de 1817 contient un article ainsi conçu :
• Continuera d'être faite, conformément aux lois existantes, la perception du dixième des billets d'entrée dans les spectacles , d'un quart de la recette brute dans les lieux de réunion et de fêtes où l'on est admis en payant, et d'un décime par franc sur ceux de ces droits qui n'en sont pas affranchis. »
Depuis cette époque, ces droits font partie du budget, et sont entièrement perçus par les hospices, tant à Paris qu'en province.
Devant ces pressantes sollicitations en faveur de misères à soulager, nous ne savons quelles bonnes raisons les directeurs donnent pour demander la suppression de cet impôt ; toujours est-il que la guerre contre lui re-
commence. Un directeur de théâtre vient d€ publier un long mémoire, chargé à mitraille contre ce droit. Il croit avoir trouvé un argument victorieux en établissant le bilan d'ur directeur failli et en faisant ressortir que h total de la faillite est inférieur aux sommeî payées par lui pour le droit des pauvres, Mail à ce compte-là le directeur était en faillite dèi le premier mois de son exploitation 1 Et toui les commerçants devraient demander la sup pression des impôts, car il serait facile d'éta blir dans la plupart des faillites que si Toi n'avait payé ni patente, ni foncier, ni porte et fenêtres, ni loyer, on serait au-dessus d ses affaires.
Ce n'est pas le droit des pauvres qui ruin les directeurs ; ce sont les folles dépenses faite pour monter des pièces ridicules qui, en adme tant le succès, ne couvrent jamais les frai qu'elles occasionnent. — On a établi par de chiffres que le Roi Carotte avait coûté 345,00 francs à monter, plus les frais généraux. - Ensuite le haut prix auquel on s'arracl quelques acteurs ou actrices en vogue. Noi laissons de côté la vie à grandes guides c MM. les directeurs.
Voici, selon nous, qui simplifie la question Quand un directeur entreprend Texploitatio
d'un théâtre, il connaît la loi, il connaît l'impôt, il connaît les autres charges et obligations de son entreprise ; assurément. De quel droit alors veut-il s'y soustraire après coup ? Quelle est sa qualité pour demander la suppression de Vimpôt des pauvres payé par LE PUBLIC, quand celui-ci ne réclame pas, et qu'il n'est lui, directeur, que le premier percepteur de ce droit ?
Voici les tarifs anciens de plusieurs théâtres. Parterre de l'Opéra et des Italiens^ 3 fr. 60 ; de l'Opéra 'Comique^ du Théâtre -Français^ 2 fr. 20 ; orchestre de la Gaîté, 1 fr. 80 ; parterre du Vaudeville^ des Variétés^ de la Porte- Saint-Martin^ 1 fr. 65. Ne trouve-t-on pas le décime par franc ajouté à 3 fr., à 2 fr., à 1 Tr. 50 ? Depuis , les théâtres ont arrondi les chiffres, mais en les augmentant considérablement. Gela ne détruit pas le principe.
DROITS D'AUTEUR. — Avant Beaumarchais les droits d'auteur étaient en partie un mythe, ainsi que la propriété de leurs œuvres.
'Les deux choses étaient absorbées par les comédiens, qui achetaient à forfait une pièce ^ toujours à bas prix — ou stipulaient une part d'auteur que celui-ci ne touchait jamais, heureux encore quand il échappait au sort de
La Saussaye auquel MM. de la comédie redemandèrent 101 livres 8 sous et 8 deniers, après avoir encaissé 10 à 12,000 francs avec sa pièce. Quand un génie comme Corneille n'a récolté que la misère pour droits d'auteur^ jugez des autres.
Beaumarchais leva l'étendard de la révolte, et, après plusieurs années de lutte, ânit par obtenir un arrêt du conseil, daté du 9 décembre 1780, qui fixait les droits des auteurs sur le produit des pièces. Cet arrêt fut à peu près illusoire par le mauvais vouloir ou la mauvaise foi des comédiens. Beaumarchais n'abandonna pas le terrain et la loi du 19 janvier 1 79 1 , en proclamant la liberté des théâtres, fixa pour la première fois les bases de la propriété des œuvres dramatiques et les droits d'auteur.
Aujourd'hui, excepté pour les opéras et les ballets qui sont réglés par la loi du 24 décembre 1860, rapportée à Y Appendice, les droits d'auteur résultent des engagements faits librement avec le directeur qui reçoit la pièce. Ils sont perçus par une société connue sous le nom de société des auteurs dramatiques, dont tes agents, répandus dans toutes les villes où se trouve un théâtre , facilitent cette perception pour la province. — V. à Y Appendice les lojs sur la propriété littéraire.
DUÈGNE. — EMPLOI. Vieille matrone, surveillante, mère comique. Dernière étape des actrices.
DUGAZON . — EMPLOI. — La célèbre Dugazon, jeune chanteuse de YOpéi^a-Comique^ morte en 1821, a donné son nom à l'emploi des chanteuses légères et soubrettes d'opéra-comique. Les duègnes lyriques sont appelées mères Dugazon. "
EAU. — Les effets à' eau sont assez difficiles à rendre d'une manière satisfaisante. L'eau dormante est rendue par la DÉCORATION : c'est une question de peinture plus ou moins réussie; la mer par les bandes de mer (V. Bandes d'air) placées à ras de scène sur châssis chantouméSy tirées et poussées en sens inverse par des hommes placés dans les coulisses, ou encore par une seule toile peinte étendue sur la scène et sous laquelle on place des enfants qui, en se baissant et se levant, ou avec des baleines, imitent le flot.
Veau courante, — ruisseau, torrent et cascade — est figurée par des toiles sans fin conduites sur des rouleaux. On fait encore, poui ce cas, usage d'un cylindre double et découpé dans lequel on fait passer une lumière électrique. Les découpures, en tournant, laissem de temps en temps passer la lumière, et produisent les effets de soleil sur Veau courani sur des cailloux.
Dans les cascades et fontaines décorativeî on emploie Veau naturelle, qu'on fait coulei sur une glace inclinée, ou entre deux glaces Cet effet est surtout joli en ce qu'il laisse voi le fond du décor derrière la nappe i'eau,
ÉCLAIRS. — Plusieurs moyens sont employé pour figurer les éclairs. Le plus ancien et 1( plus commun est un long chalumeau par leque on souffle du lycopode en poudre sur im< lampe à esprit de vin attachée au bout di chalumeau. Le lycopode s'enflamme violem ment en passant sur la flamme et s'étein subitement. On produit encore Véclatr ave des becs de gaz ouverts et fermés rapide ment.
Les plus beaux effets sont ceux produits pa la lumière électrique. Pour cela, on a laissdans le décor des transparents qui s'éclairen
— iOl —
tout à coup par le rayon lumineux et s'éteignent de même.
ECLAIRAGE. — C'est tout une affaire que \ éclairage d'un théâtre. Jusqu'en 1720, les chandelles eurent l'honneur de servir de luminaires et furent mouchées par des hommes habiles dont les plus experts entraient àl'Opéra. De là le proverbe : // entrera mouckeur à l'Opéra. Ce devait être, en effet, un curieux spectacle que de voir moucher la RAMPE pendant le cours de la représentation, car les chandelles n'attendaient pas l'entr' actes pour faire leur nez... ou leur mèche; aussi les plus habiles moucheurs obtenaient-ils des applaudissements et se croyaient de grands artistes, tandis qu'on sifflait celui qui éteignait des chandelles.
Mais — SIC transit gloria mundi — Argant inventa la lampe qui prit le nom de son ferblantier QuiNQUET, et la chandelle fut chassée des temples de Melpomène , vie Thalib et de Terpsichore.
Tout passe. 1822 faisait une bien autre révolution : il amenait le gaz qui chassait l'huile, comme celle-ci avait chassé la chandelle : avec cette différence, pourtant, que l'huile conserva
le service de jour et celui des dessous : le toul réduit à la simple et errante lanterne.
A part quelques plafonds lumineux, — ei existe-t-il encore? — éclairage qui manque à gaité, les salles sont éclairées par un lustr central, quelques girandoles aux galeries, < des becs englobés dans les couloirs. La sckv Test de face par la RAMPE , du haut par U HERSES, de côté par les PORTANTS, et enfin, , raz de terre , par les TRAÎNÉES. Le gazier cli< a son poste dans le couloir de la rampe où une logette lui est ménagée. Tous les rob nets de service sont là sous sa main pou faire à volonté le jour, le demi-jour et 1 nuit.
La lumière électrique est aussi employée ainsi que celle du gaz oxhydrique, pour de effets de lumière partielle dans les grand tableaux et les apothéoses. On en obtient auss de fort beaux effets de soleil avec un apparei disposé pour laisser échapper les rayons.
ÉCOLE DE CHANT ET DE DÉCLAMA TION. — C'est le titre sous lequel fut insti tué le Conservatoire, le !•' avril 1784, sous 1 direction de Gossec. Le programme d'alor dit que : « Tordre le plus sévère règne à cett» « école, tant du côté du devoir que de celu
(< de la décence, et il n'est aucune grâce que « puisse espérer un sujet, pour peu qu'il s'é- « carte de Tun de ces points. »
Nous serions heureux d'apprendre que cette tradition morale s'est continuée jusqu'à nos jours.
La rareté des sujets pour l'Opéra, et le désir d'en avoir, firent qu'on proposa une rente viagère de 500 livres à celui qui indiquerait un sujet remplissant les conditions suivantes indépendantes de la voix : « qu'il n'aurait pas « plus de viûgt-deux à vingt-trois ans, ni moins « de dix-huit à dix-neuf; qu'il aurait au moins « cinq pieds de haut, et pas plus de cinq pieds « quatre à cinq pouces ; qu'il aurait une figure « agréable ou noble ; sans défaut dans les « yeux, dans les jambes, et généralement qu'il « n'aurait aucune difformité naturelle. » Gela se comprend : la beauté devrait être obligatoire au théâtre.
EFFET. — Chaque pièce, un peu bien conditionnée, doit contenir certaines positions, certains mots qui doivent frapper le public, l'impressionner et provoquer spontanément le rire, les larmes ou les applaudissements. C'est ce qu'on nomme un effet.
Un bon comédien doit savoir préparer, ame-
ner ses effets ; il doit y disposer le public et le conduire au point voulu sans jamais dépasser le but.
Beaucoup d'acteurs neutralisent les effets de leurs camarades en ne donnant pas la RÉPLIQUE en temps, ou celle voulue; en s'abstenant d'un geste important; en se hâtant de prendre la parole, etc.
L'effet doit être amené naturellement et ne doit pas être trop prolongé. Glest un éclair dramatique.
Plus on vise à Veffet, moins on atteint son but.
ÉGAYER. — Terme de coulisses qui signifie être sifflé. Ainsi, on égayé une pièce ou un
acteur en les sifflant... légèrement.
EMPLOIS. — Classification des différents rôles en usage dans les œuvres lyriques et dramatiques et aidant à leur DISTRIBUTION.
Dans le genre lyrique on compte, pour les rôles d'hommes : fort ténor ^ ténor légjsr, baryton; première, deuxième et troisième basse^ larvstte et trial. En rôles de femmes : forte chanteuse^ soprano et contralto, chanteuse légère^ Dugazon et mère Dugazon,
Dans le genre tragique ou de comédie, côté des hommes : premiers rôles^ pères nobles.
jeunes premiers, premiers, deuxième et troisième amoureux, troisièmes rôles, grimes, manteaux, financiers, comiques nobles, deuxième et troisième comiques, utilités.
Du côté des dames : premiers et grands premiers rôles , reines , jeunes premières , grandes coquettes, premières, deuxième et troisièmes amoureuses, ingénuités, soubrettes, duègnes, utilités, plus, les travestis ou Déjazet. D y a encore quelques dénominations usitées, mais qui ne sont que des nuances, et qui indiquent plutôt une spécialité qu*une généralité, comme des Bouffé, des Arnal.
Cette classification, qui a le mérite d'éviter la confusion et de maintenir Tordre, en assignant à chacun son emploi, a l'inconvénient de créer des chefs qui, ne voulant pas tenir compte des années, se croient toujours suffisants pour le remplir. En province, où les troupes se forment et se renouvellent chaque année, cet inconvénient disparait en partie.
EMPOIGNER. —Mot à double portée. Quand un acteur a préparé un EFFET et qu'il réussit à le produire, il dit qu'il a empoigné le public ; quand, au contraire, il le rate et provoque des murmures et des marques manifestes de mé-
contentement, c'est lui qui est empoigné pw le public.
ENGAGEMENT. — Contrat synallagmatiqui passé entre Facteur et le directeur. Ordinaire ment les contrats les plus courts sont le meilleurs. Ce n'est pas le cas pour les enga gements de théâtre, qui sont, comme ceu d'assurances, bourrés d'une foule d'article souvent contradictoires, ce qui ne les ren pas plus clairs et prête, en cas de procès, de armes aux deux parties.
Les mineurs ne peuvent s'engager qu'ave le consentement de leufs parents ou tuteurs la femme mariée avec celui de son mari, o un jugement qui l'y autorise. Un procès toi récent établit que la femme, même séparée è corps et de biens, ne peut s'engager sans 1 volonté de son mari*.
Il y a, dans les petits théâtres, des engage ments,,. postiches, à l'usage des petites dain< qui ont besoin d'un semblant de profession qui, ne voulant pas prendre celle de blanchi seuses, corsetières ou piqueuses à la méci nique, se font artistes dramatiques, sai appointements. Elles trouvent toujours que qu'un pour payer les AMENDES, et parfois 1"
DÉDITS énormes, que les directeurs qui vivent de ce métier leur font stipuler. Pouah I
ENLEVER. — Terme de claque qui signifie faire un succès d'enthousiasme à un acteur ou à une pièce. C'est surtout dans im début ou dans une première qu'on enlève. Ce succès est souvent éphémère et ne dure qu'un soir.
ENSEMBLE. ^- Ce qui manque souvent pour la bonne exécution des ouvrages. Cela tient à ce que chaque acteur voulant se faire remarquer particulièrement reste dans toute la rigueur de son rôle, le détache, en quelque sorte, au lieu de le souder, de le fondre avec les autres rôles. Le manque d'ensemble se fait surtout remarquer dans les premières représentations ; puis tout se fond, s'harmonise, et ^ensemble vient donner à la pièce un attrait qu'on ne lui soupçonnait pas.
Le défaut d'ensemble provient aussi de la diversité des qualités physiques et artistiques des acteurs. C'est alors au directeur à composer sa troupe de façon à éviter les disparates trop choquantes.
ENTR'ACTES. — Nous avons dit au mot « AMUSER L'ENTR'ACTES »> notre opinion sur
la manière d'orthographier ce mot, nous n'y reviendrons pas.
Ce temps de repos entre deux actes est l'équivalent des « dix minutes d'arrêt » des chemins de fer. C'est le moment de reprendre haleine, de sécher ses yeux, de se remettre la rate. C'est lerelai du public et des acteurs; c'est le moment où les contrôleurs se réveillent pour distribuer les contremarques; où les négociants du dehors crient : a Qui vend son billet? » où les cafés voisins du théâtre se remplissent, et où les chopes se vident; où..n'allons pas plus loin.
Ne croyez pas qu'on se repose de l'autre côté du rideau. Ceux ou celles qui n'ont rien à faire à leur loge restent sur la scène. C'est alors quel'OElL DU RIDEAU devient un véritable observatoire. Le docteur fait sa ronde et demande à l'ingénue des nouvelles de sot^ petit dernier; le machiniste et ses aides changent les décors ; les pompiers sortent des coulisses et se promènent, prêts à éteindre leS feux. . . illicites qui pourraient se produire . Mais la cloche teinte et le régisseur crie : « Plac^ au théâtre l » alors tout s'évanouit.
ENTRAILLES. — L'acteur sans entrailles eS^ un tison sans chaleur. Il ne sent pas ce qu'il
dit, récite sans goût, sans intelligence, discute sans vivacité, lance Tinvective et la malédiction comme s'il disait : bonjour I sa colère n'effraierait pas un enfant ; mais celui qui a des entrailles sent et fait sentir; il communique son fluide, remue et passionne la salle si bien que le spectateur oublie la fiction pour croire à la réalité.
ENTRÉE. — Une des grandes difficultés de l'art du comédien. Dans toutes les pièces, les entrées sont ménagées, indiquées, attendues, et doivent produire un EFFET que l'acteur ne doit pas laisser échapper. Chaque personnage qui entre en scène, doit augmenter l'intérêt de l'action et piquer à nouveau la curiosité du spectateur.
MM. de la claque soignent les entrées des principaux acteurs.
— Entrée se dit encore d'un droit, acquis ou concédé, qu'ont plusieurs personnes d'entrer dans un théâtre. Les journalistes, les auteurs, les représentants de l'autorité, les propriétaires ou actionnaires des salles, et quelques privilégiés, ont leurs entrées; elles sont personnelles et ne peuvent être transmises qu'avec l'autorisation de la direction. — (V., à VAppen-
dice, Tarticle 2 de la loi de finance du 21 mars 1872.)
ENVOYER. — Ce terme -appartient au souj fleur dont l'emploi est d'envoyer le mot.
ÉQUIPE.— Se dit, dans le domaine du macb niste, d'une DÉCORATION ou d'un TRUC mis e état de manœuvrer au signal et au momei voulu. Ainsi, quand tous les FILS qui doive] enlever un décor sont attachés à lui et t tambour ou TREUIL, il a son équipe.
ESCAMOTER LE MOT. — Ceci est ui question de tact de la part de l'acteur, et su tout de l'acteur de province. Ainsi, tel mott peu grivois ou trivial qui peut être accenti au Palais-Royal ou aux Variétés^ où d'ailleu . le public va pour l'entendre, doit être escamot dit du bout des lèvres au Gymnase ou dai une salle de province, où le public n'a pas choix d'un autre théâtre.
ÉTOILE. — Cette dénomination s'appliqu»
dans le cas qui nous occupe, aux grandes céL brités féminines de la danse et du chant. L Cérito, Taglioni, Emma Livry, la Patt:
TAlbôni, la Malibran, sont des étoiles ; elle
brillent ou brillèrent au premier rang. La VANITÉ et la spéculation ont créé des étoiles factices, des nébuleuses, des étoiles errantes, qui ne brillent que sur raffiche , en VEDETTE, ou dans les réclames de journaux. Quelquesunes appartiennent exclusivement à la planète de Vénus.
ÊTRE EN SCÈNE. — Précieuse qualité dont bon nombre de comédiens font peu de cas.
Être en scène signifie que l'acteur, tout à son personnage et à Faction, oublie qu*il y a un public et qu'il n'est, lui, qu'un personnage de convention, pour se prêter du geste, du regard, de la voix, à la bonne exécution de l'œuvre qu'il interprète. Il n'est pas rare de voir des acteurs causer entre eux et demeurer aussi indifférents à ce qui se passe à leur côté, que s'ils ne jouaient pas dans la pièce : c'est ne pas être en scène,
EXPRESSION. — Nous ne cesserons de dire que tout doit concourir à l'illusion théâtrale. ^'expression est une des parties les plus importantes d'un bon ensemble ; non-seulement la figure doit rendre la douleur, la joie, la crainte, lo commandement, l'étonnement, l'obéissance, savant la leçon qu'on répète ; mais encore les
— il2 —
bras, les mains, les jambes, la tête, le corps doivent se joindre à cette expression et la compléter. Ce n'est pas tout ; il faut exprimer ce que disent les autres, et réciproquement, afin que la position générale de FACTION soit exprimée par tous.
FAIRE DE LA TOILE. — Perdre le fil de son discours et dire ce qui passe par la tête de l'acteur en attendant que le souffleur le tire d'embarras, c'est faire de la toile. Dans ce cas, Tesprit d'à-propos est d'un grand secours.
FAIRE FEU. — C'est un tic assez commun aU théâtre. Beaucoup trop d'acteurs, surtout dan^ la tragédie et le drame, accentuent leurs phrases et les fins de tirades en frappant à^ pied la scène : c'est ce qu'on appelle faire fe^- Allusion au cheval qui frappe le pavé du pi^^ et fait feu.
FAIRE LA SALLE.— Une première est Uï^ grande bataille qui doit être décisive ; auS^
acteurs et directeurs veulent la gagner, et sachant, par expérience, que le public est de la race des moutons de Panurge, trouvent plus prudent de faire la salle^ c'est-à-dire de choisir leur public ce jour-là. C'est une pluie de billets de faveur : amis du directeur ; amis du ou des auteurs; amis des acteurs, actrices, du concierge, des ouvreuses, des contrôleurs, du coiffeur, du costumier, etc., etc., en sont inondés. Les bureaux n'ouvrent que pour la forme. Il va sans dire que la claque occupe les deux tiers de la salle.
• ARGES. — Les confrères de la Passion ayant le privilège exclusif de représenter les MYS- TÈRES et autres sujets religieux, les Enfants sans souci, et les Clercs de la basoche durent chercher un genre différent et donnèrent naissance aux pièces nommées MORALITÉS, SOTIES Qt farces, qui fleurirent durant les xv«, xvi« et même xvii" siècles, car les comédiens de l'HOTEL DE BOURGOGNE jouèrent des farces et eurent des FARCEURS jusqu'à leur réunion à la troupe de Molière, en 1680.
La farce était une sorte de petite comédie généralement très-courte, roulant sur des tours de friponnerie ou sur des sujets graveleux.
On peut en juger par ces titres : Farce joyeuse
(Tune femme qui demande des arréraget à ton mari, — Farce fort joyetise^ des femmes g^ font escurer leurs chaulderons et défendent qu'on ne mette la pièce auprès du trou ; et il y avait plus fort. Bref, Timmoralité en devint tell® qu'en 1588 l'autorité en défendit les représen-f tations.
Un véritable petit chef-d'œuvre en est cep©^" dant sorti ; c'est la Farce de muistre Pathel^^y avec laquelle Bruys et Palaprat ont fait lo'^ charmante comédie. Nous croyons qu'on no"*^* saura gré de reproduire la fable suivante tiir^® de la Farce de Pathehn :
GUILLEMETTE t
n m'est souvenu de la fable 1^
Du corbeau qui étoit assis
Sur une croix de cinq à six
Toyses de haut; lequel teuoit
Un fromage au bec : Là venoit
Un renard qui vit ce fourmaige,
Pensa à luy : «c Gomment rauray-je? »
Lors se mit dessoubz le corbeau :
« Ha! fist-il, tant as le corps beau,
« Et ton chant plein de mélodie I »
Le corbeau, par sa conardie,
Oyant son chant ainsi vanté.
Si ouvrit le bec pour chanter,
Et son fourmaige chet à terre
Et maistre renard vous le serre
A bonnes dents et si remporte.
La Farce de Pathelin est de 1470, ou queX'
ê années avant ; on en ignore la date pré- I et le nom de l'auteur.
3EURS . — Lsl farce devait naturellement e naître les farceurs. Les noms des plus bres sont parvenus jusqu'à nous : ce sont i de Tabarin, GROS-GuiLLAuiiE, Gautibr-
QUILLE, TURLUPIN, GuiLLOT-GrOROU et
rscAMBiLLE. Tabarin débitait ses farcesi ou ^t ses obscénités, sur la place Dauphine, compagnie de son associé Mondor, quand i deux ne couraient pas la province.
autter-Garguille y dont la femme était ûlle Tabarin, et dont le nom était Hugues iRBT DB Fleschelles, appartenait à la ipe de Thotel de bourgogne. Il mourut à an te ans. Sa veuve se remaria avec un bilhomme normand.
roS'Guillaume se nommait Gvèbjn; il était fon boulanger avant de faire partie de VM- 'e Bourgogne, Ivrogne, gros, gras et ventru, I cerclait le corps au haut des jambes et \ les bras de façon à représenter un ton- 1. Il vécut quatre-vingts ans.
urlupin, de son vrai nom Henrt-lb-Grand, Henri lY) était, comme les précédents, ché à la troupe de Vhôtel de Bourgogne, où ma la farce pendant cinquante-cinq ans.
C'était un très-bel homme, et de plus un excal' lent comédien.
Guillot'Gorgu avait nom Bertrand Ha^*' duyn; il avait étudié la médecine et exercé ^^ profession d'apothicaire. Après avoir joué ^^ farce pendant huit ans, il s'établit médecin, ^ Melun, — pays des anguilles sensibles, — '^^ y gagna une maladie noire ou spleen, dont ^ vint mourir à Paris.
Bruscambille, nommé Deslauriers, autec^^^^^ et acteur de V hôtel de Bourgogne yy'mtlongteïrvp^^ après débiter des facéties dans les entr'acte^^' il a laissé un recueil sous ce titre : Fantaisi^^^ et Paradoxes,
FAUX-CHASSIS. — Ils se composent d^ deux montants de sapin, reliés en haut et er:^^ bas, en forme de cadre et s'emmanchant pa^^ la COSTIÈRE dans le chariot logé sous le plan^^ cher de la scène ; ils sont garnis d'une échell^^ et servent à guinder (attacher) les décors o\0châssis sur les côtés.
FÉERIE. — Pièce à grand spectacle, où b sujet est remplacé par les décors, le dialogue par les trucs, Tesprit par des actrices deminues, quand elles ne le sont pas tout à fait, au maillot près. Ce genre a pris depuis quelques
années un développement beaucoup trop grand. On croirait que MM. les auteurs s'en tiennent aux fées à défaut de génie,
PEMMES. — Dans le théâtre antique, tous les rôles de femmes étaient joués pardes hommes.
n en fut de même chez nous jusqu'au commencement du xvn* siècle ; mais il n'en était pas ainsi chez les étrangers, puisque la troupe des Gelost, qui vint en France vers 1577, (V. Italiens) et la troupe espagnole, qui vint quelques années plus tard, avaient des actrices. Deux acteurs de la troupe espagnole furent même roués pour avoir assassiné une de leur camarade, bien qu'elle leur fût commune. On ne sait ni dans quelle pièce ni dans quel rôle parurent les premières femmes dans des pièces et sur des scènes françaises. Il y avait encore en 1616 un acteur qiii jouait les rôles de femmes sous le nom de Perrine; en 1637 Alison jouait les rôles de soubrettes et de nourrices. Plus de trente ans après, Molière fit spécialement pour le comédien Hubert les rôles de la comtesse d'Escarbagnas, de M™* Pernelle, de M""® Jourdain et de M™® de Sottenville. Hubert ne quitta le théâtre qu'en 1685.
Ferme. — On nomme ferme tous les grands
décors de fonds portant bois et fermree, portci, fenêtres, balcons. A de rares exceptions près, les ferma montent du dessous et se plantent par les TRAPPILLOXS.
FEUX. — On appelle ainsi les sommes données aux comédiens en dehors de leurs appointements fixes. Assez généralement les feux sont consignés dans les engagements, mais ils résultent toujours d'une circonstance yariable et intermittente : feux par répétition; fear par représentation; feux pour déplacement; feux pour costumes ou toilette.
Ce mot, assez obscur appliqué à Tusage actuel, vient de ce que jadis les acteurs recevaient le bois et la chandelle pour se chauffer et s'éclairer dans leurs loges, et ce, en dehors des appointements. Cette distribution en nature fut plus tard faite en argent et prit le nom de feux, ce qui s'explique ; la chose disparut, mais le nom resta, bien qu'appliqué è de nouveaux usages. En somme, c'est unf rémunération.
On supposera naturellement que les feu sont un accessoire ? ce serait une erreur. lO les comédiens en vogue en ont fait le pri' cipal. Le chiffre des appointements est là po la forme; les feux sont là pour le fon
3,000 fr. d^appointements et 25,000 fr. de feux, La sauce vaut'mieux que le poisson. — V. Cachet. s
FICELLES. — Ce mot tiré des fantoccini ou marionnettes, qui rie remuent qu'autant qu'on tire les ficelles — c'est-à-dire n'empruntent rien à la nature — s'applique à quelques comédiens 'qui arrivent, à force de travail, d'études patientes , à produire de grands effets où le NATUREL n'a aucune part. Quelques-uns approchent si près de la nature qu'on ne voit pas les ficelles] mais le plus grand nombre, dédaignant ce travail, frappent un grand coup et laissent voir les ficelles.
Heureusement pour eux qu'il y a des myopes.
FIGURANT. — V. Comparse.
FIL. — Pour le machiniste, tous les cordages employés pour la manœuvre se nomment fils, et la réunion de plusieurs fils, poignée.
FINANCIER. — EMPLOI dont le titre indique suffisamment le genre.
FOLIES-DRAMATIQUES (Théâtre des). — Ce théâtre fut construit après la révolution
de juillet 1830 sur remplacement de Tancî Ambigu-Comique^ incendié en 1827; il :
inauguré en 1831 et eut coup sur coup de immenses succès avec la Cocarde tricolo des frères Gogniard, et la Fille de l'air, féer ensuite vint le Robert Macaire, avec Frédb:
Lemaitre. Il fut, en outre, une pépinière d sortirent d'excellents sujets, parmi lesquel MM™" Judith et Nathalie.
Démoli avec les autres théâtres du bouleva il transporta son titre heureux à la salle qi occupe actuellement, et qui fut érigée 1862. h'opérettQ à cascades semble être genre qu'il affectionne le plus et qui lui ré sit le mieux : Y Œil crevé, le Petit Fat Chilpéric, Héloîse et A beilard, en ont fait beaux jours. La Fille de if"*« Angot, d'un gei plus relevé, y a fait courir la France entière les étrangers ; elle y est encore reprise chac fois qu'il faut remplir la caisse.
FOUDRE. — Une fusée allumée descend rapidement sur un fil conducteur proc l'effet voulu. Un transparent en zig-zag, écla subitement par la lumière électrique, encore un moyen employé pour imiter foudre et produit un bel effet.
FOUR. — On écrivait jadis fowTC, probal
ment du verbe « fourrer » : se fourrer dedans, ce qui est à peu près la siguification actuelle du mot ; ainsi, compter sur une pièce, compter sur un succès, compter sur une recette, et échouer, c'est faire four,
POYER. — Salle des pas perdus où le public vient se promener dans les entr' actes. C'est un salon commun où l'on discute du mérité d'une pièce ou des acteurs, surtout au moment des débuts ou d'une première représentation.
Il existe derrière le rideau un foyer pour les acteurs. Quand nous disons un foyer ^ comptons; car, dans cette république théâtrale, la fraternité et l'égalité existent comme... partout ailleurs. Nous avons donc le foyer des acteurs, foyer du chant, foyer de la danse, foyer des musiciens, foyer des comparses. C'est donc au théâtre qu'on devrait trouver la paix, la douceur et la vertu du foyer,,. Allez -y voir 1
PRISE. — Toutes les bandes de toile peinte qui descendent du CINTRE pour venir porter par les extrémités sur le sommet de la coulisse se nomment frises. Jadis les plafonds étaient figurés par des frises, ce qui ofîrait une grande difficulté pour l'efTet d'optique qu'on n'obtenait jamais d'une façon satisfaisante pour
tous, par suite des diverses positions qu'o< cupent les spectateurs. Aujourd'hui les ph fonds sont d'une seule pièce.
FUGUE. — Déménagement spontané d'un c d'une pensionnaire. La fugue n'est pas rar et cause parfois un grand préjudice au dir©< teur. La fugue des dames est bien plus fr< quente que celle des hommes, et cela i conçoit : l'enlèvement d'Hélène est un terrib^ précédent... amour I
FUSILLADE. — Les effets de fusillades soi assez communs au théâtre, même dans h pièces qui ne sont pas militaires ; dans ce oi la fusillade se passe à la CANTONADE et s*invi1 avec une forte crécelle sur pieds qu'on fa tourner avec une manivelle. Dans les pièc< militaires, où la fusillade a lieu en scène, c sont les ARMES A FEU et la TRINGLE qui fon( tiennent.
GAITÉ (théâtre de la). — C'est le doyen d€ théâtres du second ordre; il remonte à 176
et fut fondé par le fameux Nicolbt, dont la devise était : « De plus fort en plus fort I » Il eut pour premier titre : Théâtre des grands danseurs du Roi. La danse de corde, les pantomimes et les funambules, de petites pièces grivoises ou bouffonnes, formaient son répertoire; l'acteur Taconnet, un des plus grands buveurs dramatiques connus, en faisait les délices.
En 1792, un nouveau baptême lui donna le nom de Théâtre d'émulation; enfin, sous la Terreur, il prit celui de la Gaîté — le moment était bien choisi — qu*il a toujours conservé depuis.
Le théâtre de la Gatté ayant trouvé son nouveau nom à Tépoque ci-dessus indiquée devait — naturellement — être le berceau du mélodrame : il n'y manqua pas. Victor, DucANGB et GuiLBERT de PixÉRÉcouRT y donnèrent leurs premières œuvres. Thérèse ou ^Orpheline de Genève y fit verser de tels torrents de larmes qu'on aurait pu se dispenser de remplir les réservoirs. Cependant, on n'y pleurait pas toujours, puisque c'est là que l'éternel Pied de Mouton a vu le jour. Ce n'était qu'un pied d'agneau en comparaison du Pied de Mouton actuel qui a grandi, bien qu'il ne soit pas espagnol.
La salle de la Gaîté construite sur le boule vard du Temple, dit du Crime, en 1808, fu incendiée en 1835 et reconstruite la mêm»
année sur le même emplacement. Le succè semblait s'être attaché à ce théâtre : la Bell écaillère, le Sonneur de Saint-Paul, le Courrie de Lyon, les Cosaques, la Grâce de Dieu y attî rèrent le public pendant de longues années.
L'expropriation des théâtres du boulevar»
du Temple en chassa celui de la Gaîté, qu vint s'installer au square des Arts-et-Métiers où nous le voyons aujourd'hui. Il fut construi en 1861-62 par l'architecte Hittorf. Une nou velle combinaison vient d'en changer le titr en en faisant le THÉÂTRE LYRIQUE.
GANACHES et PÈRES DINDONS. - Personnages remplis par les comiques GRIMES
GARDE -ROBE. — On nomme ainsi la collée tion de costumes appartenant aux comédien et dont la valeur représente, pour d'aucuns une somme de plus de cinquante mille francs Un comédien ou comédienne, chanteur oi chanteuse, qui n'aurait pas de garde-robe trouverait difficilement un engagement ei province, où les directeurs n'ont pas de MA GASIN de costumes, si ce n'est pour les figu
rants et les utilités. U n^est pas nécessaire d'avoir absolument tous les costumes de son RÉPERTOIRE, mais il faut en avoir assez pour y faire face, en les rafistolant un peu.
GARGARISER (Se). — Ce mot, inventé par le chanteur martin, s'applique au roulement des notes dans la gorge, ce qui, en effet, imite assez bien le bruit d'un gargarisme. Il se dit aussi d'un acteur de drame ou de comédie qui^ fait RONFLER les R.
GAUTIER-GARGUILLE. — V. Farceurs.
GENRE. — Les différentes productions dramatiques sont classées par genre : genre lyrique, gm^e tragique, genre comique. Gomme la logique est bonne fille, et qu'on la respecte juste autant qu'on fait des Constitutions, on appelle « théâtres de genre » ceux qui n'en ont pas de défini; ainsi les Variétés, le Vaudeville , le Gymnase sont des théâtres de 9^re, Le décret du 27 avril 1807, que nous donnons à Y Appendice , donnera une idée exacte des genres tels qu'ils étaient compris 6t exploités à cette époque.
GLOIRE. — Quelques philosophes ont pré-
tendu que la gloire est une fumée. La nôl est de toile et de bois, et descend du GINT sous forme de nuage lumineux contenant u déesse, un dieu, un génie ou une fée qu< conque, le tout attaché avec des cordes. Il ^ quelques périls pour celui qui descend ain il peut s'écrier, comme le Cid :
a A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire
GOURER (Se). — Ce mot, conservé dans langue des coulisses, est presque synonyme « CONTRE-SENS ». Ainsi, jouer un rôle mendiante, ou celui de Mignon, au prem acte, avec .des boucles d'oreilles en diam£ et des bagues aux doigts, ou celui d'un aveuj avec un lorgnon, écrire sur un carnet n derne quand l'action se passe avant Jési Christ, mettre des souliers de satin pour ti verser un glacier, c'est se gourer.
GRANDE CASAQUE. — V. Casaque.
GRANDE COQUETTE. — V. Coquette.
GRATIS. — Le répertoire des représentatio gi^atuites est toujours, surtout à Paris, cho avec goût; les comédiens, sachant qu' ont affaire à un public d'autant plus dif&c:
qu'il ne paye pas, apportent le plus grand soin à leur JEU. Il n'y a pas de claque ce jour-là ; cependant, il n'y a pas un mot marquant, une situation intéressante, une tirade remarquable qui ne soient saisis , appréciés et applaudis par ce public. Auteurs et acteurs peuvent être fiers de ces applaudissements de bon aloi.
GRATTER au FOYER. — Cette locution, très-ancienne , provient d'un acteur de la Comédie italienne qui, n'ayant jamais rien à faire, « sa valeur attendant le nombre des années », s'amusait à gratter les murs du foyer. Aujourd'hui, on dit d'un acteur qui attend un rôle et d'un auteur qui attend le tour de sa pièce, qu'ils « grattent au foyer ».
GRÊLE. —V. Pluie,
Gril. — Premier plancher général au-dessus de la SCÈNE, après les corridors du CINTRE.
Son nom vient de ce qu'il est effectivement fait comme un grïl, aucune des pièces de bois ou de fer qui le compose n'étant proche l'une de l'autre et laissant un intervalle entre chacune d'elles. C'est sur ce plancher que sont attachées les poulies oii passent les nom-
breux FILS qui supportent et font manœuvrei les rideaxjLX de fond, bandes dCair, frises^ plafonds, etc., à Faide des treuils et tambour auxquels ils communiquent. Il y a souven au-dessus du gril un petit gril.
GRIMAGES. — J.-J. Rousseau a dit a L'expression des sensations est dans les grt a maces , et l'expression des sentiments es « dans les regards... » Il faut croire que h philosophe de Genève a forcé le mot pou:
mieux exprimer la chose, car le bon comé dien ne doit jamais aller jusqu'à la grimace. ce qui serait fausser et forcer l'expression Dépasser le but n'est pas l'atteindre.
GRIME. — EMPLOI. Il consiste principalemeU' dans les rôles de vieillards qui représenten un caractère comique , ridicule ou sérieux pai la tête. L'art de se grimer, ou, pour mieui dire, l'art de se faire une tête est difficile i atteindre ; il demande une longue étude et deî notions de peinture et de dessin. Les rôles de l'Avare, de Bartholo, de Sganarelle sont des grimes.
GROS -GUILLAUME. —V. Farceurs.
GROSSESSE. — On ne s'attendait certes
pas à trouver ce mot dans un vocabulaire théâtral, et il ne s'y trouverait pas s'il n'était urgent d'apprendre au spectateur qui pourrait s'étonner de voir paraître en scène une ingénu qui aurait besoin de la sage-femme que, par jugement du tribunal de commerce de la Seine, en date du 2 janvier 1857, il a été décidé « qu'une actrice non mariée ne peut invoquer son état de grossesse pour se dispenser de remplir les devoirs de son engagement ».
n nous semble que, dans l'espèce, ce n'est plus un engagement, mais un contrat à la grosse,
GRUES. — Les savants prétendent que c'est un oiseau de Tordre des échassiers ; d'autres, que c'est une construction mécanique destinée à soulever les fardeaux.
Nous sommes fort embarrassés, car les caractères de la grue, oiseau, sont d'avoir les jambes demi-nues, d'aimer à voyager, d'avoir le sommet de la tête nu et rouge ; et la grue mécanique se compose d'engrenages, de pignons, de treuils, est mobile ou fixe, simple ou double.
Notre grue participe un peu des deux : elle est simple, a souvent les cheveux rouges, beaucoup d'engrenages et les jambes assez
nues, — sans compter le reste ; — a quelquefois pignon sur rue ; est mobile et voyageuse. Elle vit un peu partout et s'acclimate surtout dans les petits théâtres de Paris. Appartientelle à Tornithologie ou à la mécanique ? Nous sommes perplexes.
GUILLOT-GORGU. — V. Farceurs.
GYMNASE-DRAMATIQUE (Théâtre du).- La création de ce théâtre fut autorisée en 1820 comme succursale du Théâtre-Fromçais et de V Opéra-Comique. Son privilège lui donnait le droit de jouer les .pièces d'auteurs lyriques morts depuis dix ans au moins.
Son existence assez précaire se vit assurée solidement par le titre de Théâtre de Madone) que son directeur, M. Poirson, obtint le droit de prendre par la faveur de la duchesse <fe Berry, après une saison dramatique passée à Dieppe, où madame prenait les bains, et par l'engagement que prit Scribe de travailler exclusivement pour ce théâtre. Après la révolution de 1830, il reprit son premier titre.
Ce théâtre est le seul où les traditions du bon goût se soient conservées au milieu du dévergondage de la littérature dramatique moderne. Toujours peuplé de comédiens d^
— iSI —
valeur et alimenté par des auteurs cotame Emile Augier, Sardou, Dumas fils, il voit ses acteurs et ses pièces passer au Théâtre-Français,
HABILLEMENT. — Le mot habillement n'a pas rapport au mot COSTUME, comme nous Tavons traité, mais bien à la manière de le mettre, de Tendosser, de s'en vêtir ; il s'applique également à l'habit de ville.
L'acteur doit veiller à ce que son habillement n'ait pas l'air d'un musée dont chaque pièce appartient à une époque ou à une nation différente, ce que nous voyons trop souvent.
Si vous voulez vous rendre compte de la manière dont on procède à cet article, regardez le chœur des Écossaises de la Dame blanche; vous n'en trouverez pas deux chaussées de même : vous y verrez des pantoufles, des souliers à rubans, des souliers lacés, des bottines à boutons, à lacet, à caoutchouc, et des bottes à glands. Comme tout cela est couleur locale !
HABILLEUSE. — Préposée de Fadministration pour remplir les devoirs de sa charge, et ayant la discrétion du dieu Terne.
S'il n'y a pas de héros ni de grand homme pour son valet île chambre, y a-t-il de belles actrices pour Y habilleuse? spectateurs éblouis, ravis, transportés, enchantés parla richesse des formes que votre lunette, lorgnon, binocle ou jumelle vous révèlent, allez demander à Y habilleuse ce qu'il en est.
« Gardez-vous de vouloir, faibles et curieux,
« Pénétrer des secrets qu'on voile à tous les yeux. »
On prétend que Y habilleuse , bien que n'étant nullement reçue par l'administration des postes, en fait le service : toujours des méchancetés I II est possible qu'elle s'exerce à débuter en disant :
« Et voici-z-une lettre,
« Qu'entre vos mains, Madame, on m'a dit de re-
[mettre. *
mais en tout bien, tout honneur.
HERSE. — Pour obtenir un jour égal sur 1^ scène et éviter les ombres, il fallait l'éclair^^ par en haut comme elle Test par en bas • c'est l'office de la herse ^ galerie lumineuse» suspendue librement, se déplaçant suivant 1^ besoin et rattachée au grand tuyau du gaz pB^
des tuyaux en cuir ou en caoutohouc. L'illumination des édifices publics par le gaz donne l'idée de la herse; seulement dans celle-ci le rayon lumineux est renvoyé sur la scène par un réflecteur.
HEURES. — Les ordonnances de police, tant générales que locales, portent que les représentations ne doivent pas passer minuit, sous peine d'amende. Ces ordonnances sont assez peu observées et les amendes encore plus rarement appliquées. C'est plutôt une mesure d'ordre qu'une mesure de rigueur.
Les heures des représentations ont beaucoup varié depuis l'origine de notre théâtre. Les MYSTÈRES se jouant dans les rues avaient lieu le jour. Quand les comédiens abandonnèrent les tréteaux pour se loger dans des salles, la police réglementa les heures. Ainsi, sur la plainte du curé de Saint-Eustache, le Parlement, à la date du 6 novembre 1574, condamna « les maîtres et gouverneurs .de l'Acte/ de Bourgogne à faire ouvrir les portes de la salle dudit hôte., pour les représentations de comédie, tt trois heures sonnant, et non plus Wt». En 1609, les théâtres devaient ouvrir leurs portes à une heure ^ commencer à deux et avoir fini à quatre et demie. Au xviii® siècle,
les représentations avaient lieu de cinq à neuf heures; de 1800 à 1815, de sept heures à dix et demie, onze au plus tard. Du temps que florissait le mélodrame, on commençait à cinq heures; aujourd'hui c'est de sept à huit et l'on finit qua'nd on peut. « // ny a pas d'heure pour les braves, » — (V. à Y Appendice l'ord. du 12 nov. 1609 et Fart. 61 de Tord, du 1" ju^let 1864.)
HOQUET. — Respiration bruyante qui approche du râle et qu'on nomme le hoquet dramatique. Quelques comédiens le doivent à une mauvaise manière de respirer, d'autres à la faiblesse de leur organisme ; un petit nombre croient faire plus d'EFFET en l'aflfectant. Quel que soit le motif qui le fait naître, il est trèsdésagréable et fatigant pour le spectateur.
HOTEL DE BOURGOGNE. — Cet joue un trop grand rôle dans l'histoire du Théâtre-Français y dont il fut en quelque sorte le berceau, pour que nous le passions sous silence ; il existait sur des terrains situés rue Mauconseil et rue Française. *
Lorsque les Confrères de la Passion durent abandonner l'hôpital Saint-Laurent, ils achetèrent ce qui restait des bâtiments ruinés de
Tancien hôtel des ducs de Bourgogne et les terrains en dépendant, ainsi que les hôtels d* Artois et de Flandres, dont la vente eut lieu le 20 décembre 1543, et y firent construire leur théâtre, qui fut terminé en 1548, ce que confirme un arrêt du Parlement du 17 novembre de cette même année, où il est dit : « Qu'il est permis aux maîtres de la confrérie « de pouvoir représenter jeux profanes, hon- « nétes et licites, et défend à toutes personnes « de jouer et représenter, sinon au profit de « ladite confrérie et sous le nom d'icelle. »
Les Confrères jouèrent jusqu'en 1588*, époque à laquelle ils louèrent leur salle à une troupe de comédiens français permissionnés par le roi.
En 1600, cette troupe se divisa en deux parties dont Tune fut s'établir à l'hôtel d'Argens, rue de la Poterie, et bientôt après rue Vieille-du-Temple , et enfin rue Michel-le- Comte. C'est ce qu'on nommait la troupe du Marais , à laquelle vint se réunir celle de
' Cette date de <588, indiquée par tous les auteurs, semblerait fautÎTe devant le document suivant, d'où il résulterait que cette Mncession a été faite en 1578.
«a* juillet «578. — Marché fait entre les maîtres de Vffôtel de « Bourgogne et Àow aw Sa»at, Pubhbb Dcbuc et autres compagnons
• comédiens, paiMievant Maechaih» et Bbuoait, notaires, par lequel
• iceux compagnons comédiens promettent de représenter comédies,
• Bioyennaiit le prix porté au marché. »
MoLiéRE après la mort de cet illustre maître.
La troupe de Vhôtel de Bourgogne continua d'y jouer jusqu'en i680, où elle prit le titre de Comédiens du roi, en même temps que la troupe du Marais se fondait avec elle par ordonnance royale. Les comédiens français quittèrent alors la salle de Vhôtel de Bourgogne pour venir s'installer rue Guénégaud.— V. Théâtre-Français.
Une troupe italienne jouait alternativement avec la troupe depuis 1662; en 1680, elle y demeura seule et y joua jusqu'en 1697, où le théâtre fut fermé, pour réouvrir de 1716 à 1783, où il ferma définitivement. Ce fut dans cet ancien théâtre qu'on établit la halle aux cuirs. On avait déjà dû y en entendre plus d'un.
ILLUSION. — Au théâtre, tout est fiction et illusion. Le comble de l'art est donc de faire approcher ces deux filles du mensonge le plus près possible de la vérité, de la réalité. Tout doit y concourir : la décoration, la mise en