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BILLETS D'AUTEUR. DE FAVEUR

Les correspondants de la Société des auteurs ont, indépendamment de leur entrée personsonnelle, le droit de signer quatre billets d'une personne à chaque représentation. Ces

billets, vendus aux abords des théâtres avec quelque diminution, jouissent des mêmes avantages que ceux pris au bureau; ils doivent être échangés au contrôle contre la contremarque du jour et ne peuvent être assimilés aux billets défaveur qui, eux-mêmes, donnent des droits identiques à ceux qui les ont reçus et en sont possesseurs à titre non onéreux.

BIS . — Cri, synonyme de « répétez » , poussé par le public à la suite d'un morceau de chant ou d'un couplet. Ce cri varie beaucoup, suivant le lieu et Tépoque. Tout ce qui attaque les classes supérieures est « bissé » dans les théâtres populaires ; ce qui attaque le pouvoir est « bissé » partout. Jadis tout couplet farci de chauvinisme était « bissé » avec frénésie :

c'était le bon temps des colonels du Gymnase et celui du grand succès de la Cocarde tricolore; la fibre patriotique était encore tendue. Aujourd'hui on demande bis pour Le Pied qmr'mue, ou A Chaillott C'est un signe des temps.

BONHOMIE. — Une des phases du NATUREL et la plus précieuse qualité du jeu de Gbof-

FROI.

BOUCHE-TROU. — COMPARSE intelligent auquel on confie quelquefois un rôle de Douze. Les notaires, les postillons, lés témoins, un joueur, un agent de la force publique rentrent dans les bouche-troui.

BOUFFES. — Les 6ow/fe5 italiens, ou bouffons, débutèrent à Paris en 1752, et obtinrent un grand succès. Ils avaient été précédés, dès 1724, par une troupe italienne; ce fut cette troupe qui joua en 1746 la Serva padrona (la Servante maîtresse), de Pergolêse.

En 1786, LéoiîARD, coiffeur de la reine Marib-Antoinettb, obtint un privilège à' opéraitalien et lé vendit à Giotti qui, avec Taide de Chbrubini, forma une troupe excellente qui débuta en 1789. Effrayée par le mouvement politique auquel donna lieu la Révolution, elle repartit en 1792.

Pendant les campagnes d'Italie, les Français prirent goût à Yopera-buffa, et M"® MontanàiER fit venir des bouffés en 1802. Après quelques alternatives de succès et de mauvaise fortune , ils furent organisés en troupe privilégiée sous la direction de Picard et la surveillance du grand chambellan, M. de Rébiu- SAT. C'est la source de Y Opéra-Italien actuel. F. Italiens,

BOUFFES-PARISIENS (Théâtre des). — Ce fut le 5 juillet 1855 qu'eut lieu, à la salle des Folies-Marignt/, aux Champs-Elysées, Touverture des Bouffes-Parisiens, dont le privilège venait d'être accordé à M. Offenbach, alors chef d'orchestre au Théâtre -Français. Le répertoire de ce nouveau théâtre devait se composer d'OPÉRETTES à trois personnages au plus, de SAYNETTES, de PANTOMIMES et d'arlequinades. Le prologue fut écrit par Méry sous ce titre : Entrez, messieurs, mesdames/ musique d'OFFENBACH. La Nuit blanche, musique d'ÛF- FENBACH, les Deux Aveugles, musique d'ÛF- FENBACH, et Arlequin barbier, pantomime, complétaient le spectacle de cette première représentation.

Le succès croissant, les Bouffes-Parisiens se trouvèrent bientôt à l'étroit dans leur petite salle des Champs-Elysées et vinrent ,- vers la fin de 1857, s'installer au passage Choiseul, dans la salle du physicien Comte, avec un nouveau privilège qui permettait à l'heureux maestro Offenbach d'élargir son cadre et de donner de véritables petits opéras-comiques.

Ce théâtre qui aurait pu rendre de grands services à l'art musical, en permettant aux jeunes compositeurs de se produire, en fut empêché en ce sens qu'il fut d'abord presque

entièrement accaparé par les productions de son directeur privilégié, dont la musique fit florès et créa une pernicieuse école de littérature dramatique qui a fini par envahir toutes les scènes de genre.

Plusieurs directions se sont succédé à ce théâtre depuis celle de M. Offenbach ; le genre seul n'a pas changé, et M. Comte fils, le directeur actuel, ne pourrait plus mettre en tête de ses affiches le distique qu'y mettait son père :

« Par les mœurs, le bon goût, modestement il brille, « Et sans danger la mère y conduira sa fille. >

B U I S-B U I S . — Terme populaire désignant les petits théâtres d'ordre inférieur.

BOUQUET. — Bien qu'on étudie peu le langage des fleurs au théâtre, le bouquet y ioue cependant un grand rôle. C'est une arme de guerre entre deux bonnes petites camarades qui ne peuvent se souffrir. Celle qui peut se faire jeter un bouquet par son... admirateur, ou à ses frais, ne manque jamais de le faire à l'occasion ; malheureusement, l'ouvreuse ou le vendeur de programmes chargés du jet se trompe souvent de moment et le jette trop tôt ou tard ; quelquefois aux pieds de la rivale

seule en scène ; quelquefois dans Torchestre ou sur le pompier de service. // n'y a pas de roses sans épines.

Nous admettons cependant qu'il y a parfois, surtout lors des représentations à bénéfice ou d'adieux, des bouquets jetés en signe d'encouragement ou de regrets ; mais , comme dit Bassecour, c'est la minorité.

BRULER (Se). — S'approcher trop près de la RAMPE, soit dans la chaleur de l'action, soit pour tous autres motifs, tels que se faire mieux remarquer, PRENDRE DU SOUFFLEUR, indiquer le moment au CHEF DE CLAQUE, plonger un œil inquisiteur dans les baignoires d'avantscène.

BRULER LES PLANCHES. — Se dit principalement des comiques auxquels la véritable verve fait défaut et qui la remplacent par une chaleur factice, beaucoup de mouvement, de bons poumons et une grande volubilité. Quelques bons acteurs brûlent les planches; alors c'est pour sauver la pièce, ou bien parce qu'elle les ennuie, ou qu'ils ont un souper fin qui les attend.

CABALE. — Se dit indistinctement d'une réunion qui se concerte pour faire réussir ou tomber une pièce ou un acteur. Dans la première catégorie se placent les applaudisseurs^ bisseurs, rieurs, chatouilleurs, pleureurs, pleurnicheurs, mousseurs, bonnisseurs, emblêmeurs, enleveurSy enthousiasmeurs, exclamateurs.

Dans la seconde les siffleurs, chuteurs, éternueurs, tousseurs, remueurs et crieurs,

CABOTIN. — Terme de mépris qui s'adresse à un acteur nomade et sans talent. Le cabotin est généralement envieux, potinier, et pousse le réalisme jusqu'à ses dernières limites. Il vit sans habits, sans chapeau, sans chaussures ; fléau de ses camarades, il pratique l'emprunt sur une large échelle et ne rend jamais.

CAGOt>HONIE.— La plupart des OPÉRETTES jouées sur les scènes de province avec un piano ou la musique municipale.

CACHET. -^ Le cachet est à un rôle ce que le bouquet est à un vin. Donner un bon cachet

n'est pas chose commune : Talma, Rachel imprimaient celui du génie à leurs rôles ; M^^** Mar£, celui de la grâce et de Tintelligence ; Dressant celui de la distinction.

— Se dit aussi de certaines primes accordées par la direction pour services exceptionnels. Quelques acteurs, même parmi les plus fameux, ne jouent qu'au cacA^^, c'est-à-dire sans engagement.

CADRE. — Le personnel du ballet et des comparses se classe par rang de taille. C'est ce qu'on appelle le cadre.

CAMARADE. — On est prié de ne pas confondre avec ami ; ce mot est ici comme synonyme de collègue.

Voici un exemple bon à suivre que nous ont laissé trois comédiens : Beil, Buck et Ofpland :

« Nous étions les uns pour les autres un juge « sévère ; souvent nous nous moquions de « nous-mêmes ; nous nous fâchions sans mé- « nagements de nos gaucheries, de nos mala- « dresses, soit dans les gestes, soit dans le « débit, et, lorsque l'un de nous avait aperçu « dans l'autre quelque mouvement d'une ve-

« rite frappante, il le serrait tendrement dans « ses bras. »

C'étaient de bons camarades. L'espèce en est rare au théâtre.

CANARD. — Ne cherchez ni petits pois ni navets ; le canard en question sort, de temps à autre, des instruments à vent de messieurs de l'orchestre. Il a pour prénom : Couac.

CANTONADE (Parler à la). — L'acteur qui parle à\un personnage qu'on suppose placé dans la coulisse, parle à la cantonade. Également ce qu'un acteur dit dans la coulisse avant d'entrer en scène, et généralement tout dialogue de coulisse appartenant à la pièce est à la cantonade.

CAPOT. —Nom donné à la boîte du SOUFFLEUR.

CARACTÈRE. — Physionomie particulière donnée par l'auteur à ses personnages et que l'acteur doit chercher à rendre. V Avare, le Tartuffe, le Menteur, le Misanthrope, le Glorieux, le Joueur, sont des caractères.

— Désignation d'emploi: Rôles de caractère,

CASAQUE. — (Grande, petite).

Costume des anciens valets de comédie ; ce

terme indique fempht de la grande et de la petite UVRÉE.

CASCADE. — Jadis on appelait « lazzi » ce que nous nommons aujourd'hui Cascade^ c'està-dire depuis que l'abus qu'on a fait de ce genre dans quelques vaudevilles, et surtout dans les opérettes Belle-Hélène, Duchesse de Gérolstein, Petit Faust, Œil crevé, Ckilpéric, a créé en quelque sorte l'emploi de « cascadier ». Le mot cascade est, du reste, parfait d'application : la cascade tombe de haut en bas; nous croyons que, de ce côté, l'art dramatique et l'art musical font de même.

CASSER DU SUCRE. — Quand deux actrices — ou deux acteurs — disent du mal d'une camarade absente, elles cassent du sucre.

CÉLIBAT. — Le mariage n'est pas obligatoire au théâtre, au contraire ; cependant les engagements prévoient le cas où les dames appartenant à l'ordre de notre mot ne pourraient paraître en scène, par suite d'un empêchement... momentané. Il y est dit que leurs appointements seront suspendus jusqu'au jour où elles pourront reprendre leur service de Jeanne d'Arc, de Virginie, d'Agnès et de Lu-

crèce. A défaut de mœurs, sauvons la caisse.

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