‹ La lanterne [microforme]Chapitre 25 sur 73 · BTE · texte numérisé non relu

BTE

| k ll L'Ordre ne vit jainais pareils témoignages de: sympathie en sa FE faveur,

\ {! i Le Courrier de Sæint-Hyacinthe attribue. les. mauvaises récoltes: à TH l'indifférence. du peuple paur les prutiques religieuses, et. aw nombre HE croissant des mauvais journaua qui.se publient,

| | NA Cela est incontestable, Le nombre des mauvais journaux est: AH beaucoup trop grand, pour notro. petite: population: ;, ils: lui prennent: LE à tout son temps.

(à À il Comment le. peuple apprendrat-il à cultiver, tant. qu'il existerx | } HA des mauvais journaux comme le Courrier de Sé, Hyacinthe, le Nou- ON veau-Monde, VOrdre, le Couvrier du Canada; le Journa! de Trois: EEE Rivières, l'Union des Cantons de l'Est, la Gazette de: Sorel, le Pionnier | UE à de Sherbrooke, la. Voix du Golfe, la Gazette des Campagnes... 1 Ai L'autre raison donnée, l'indifférence pour les pratiques religieus IDE est également juste.

nt n effet, si, au lieu de labourer, les habitants passaient tout leur al temps à dire le chapelet et à embrasser M. le curé, œuvre pieuse pour HERIE laquelle il ÿ & 600 jours d’indulgence, la terre deviendrait tellement, | hi féconde qu'on: serait obligé de fabriquer un: autre petit miracle de la HUE Salétte pour: er détruire: les pro 2 ab RE : 2 ï … Ün jeûne canadien, venu des Etats-Unis dernièrement, à qui l'om nr faisait lire cet article du Courrier, s’imagina de répondre que les mau- Eu | väiees récoltes étaient probablement dues à ün mauvais système de HE | culture, où à la température, ou aux insectes, etc... mais ses: interlou | cuteurs persistèrent à dire que c'était grâce à l’indifférence religieuse. 1 {l Alors, le jeune homme: ‘“ Si vos récoltes di ainuent, dit-il, je | l'A commence à croire que c’est parce que Dieu se fait protestant ; je n'ai HU jamais vu en effet d'aussi splendides récoltes qu'aux Etats-Unis et, DA ik dans le Haut:Canada. A Chicago, le grain est abondant que le J'ai sable, et l’on ne sait plus où le mettre.” | Li Les bons habitants se signèrent, ét regardèrent leurs champs pour 4 F voir quel effet ce signe de croix produitait sur eux. Mas les champs ne bougèrent pas.

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Le culte de l'Anglais, c'est sa reine ; celui du Franggis, le beau; celui de l'Espagnol, le. pronunciamiento ; l'Italien adore la conspiration, le Yankee est amoureux fou du risque; l’idole du Canadien, c’est le...... Qu'en dira-t-on1

Nul ne se soucie autant qu’il le fait dé ce que pense, et surtout de

que dit autrui.

Un tel veut bien me donner un conseil. ‘“ Vous allez trop loin, me dit-il, vous imprimez des choses qu'on né saurait répéter, vous empêchez ainsi grand nombre de gens de vous lire; il faut mérager les susceptibilités, les idées reçues, les opinions et même les préjugés qui ont leur raison d’être, qui s'expliquent par les circonstances, et qu’on ne peut modifier ou détruire s4us changer eomplètement l'éducation, les conditions sociales, les habitudes. ..,...."

Ce refrain-là n’a pas de variantes. On reneontre un bonhomme. dans la rue, un brave citoyen qui n’est jamais sorti de chez lui, qui ne sait pas que la terre tourne, qui n'a jamais rien lu et qui, tombant par hasard sur un numéro de la Lanterne, reeule d’effroi Ce bonhomme vous dit que mon pamphlet est épouvantable, vous demande comment il se fait qu’on l'imprime, qu’il est impossible de le laisser pénétrer dans les familles, et vous qui êtes un libéral, j'entends libéral comme les cinq-huitièmes de ceux qui prennent ce nom, vous vous dites, ou

vous venez me dire que je dépasse toutes les bornes, que le seéiment

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public se prononce contre moi, que je me fais un tort énorme, outre que je ruine ma cause, *

Vous êtes très-aimable ; mais voyons. Ce que je dis se dit depuis trois cents ans dans toute l'Eurôpe, ét se dit encore tous les jours par les mille voix de la presse. Si je reproduis des choses scandaleuses, à qui la faute si ce n’est à ceux qui les font? Et pourquoi veut-on qu’il y ait en Canada une presse à part, un langage à part, une publicité bâtarde et boiteuse, faite exprès pour ce peuple qui n'aurait pas le droit d'apprendre ce que tous les autres peuples savent ?........

Je sais que la vérité claire et nue effarouche vos timides paupières, mais il vous faut en prendre l'habitude. Tout. ce qui est du ressort de la publicité doit être publié. Tout fait, qu’il soit avéré ou douteux, admirable ou scandaleux, a droit à sa place dans un journal, et on la lui donne partout, excepté en Canada, pays où la presse n’a été jusqu’aujourd’hui qu’un hosanna au clergé.

Toutes les idées, toutes les doctrines, toutes les théories se discutent dans tous les pays libres ; c’est ainsi que les hommes s’éclairent ; et vous voulez me fermer la bouche à moi, sous prétexte que nous sommes en Canada et qu’il faut ménager l'opinion! Quel aveu de notre profonde ignorance, de notre infériorité !

L'opinion ! où la voyez-vous ? Sur quoi peut. se fonder une opinion dans un pays où toute l'éducation est entre les mains d’un ordre intéressé à la donner aussi faible que possible, quand tous les journaux ne sont que d’une même couleur, quand tous les prétendus libéraux ont peur des expressions et des idées libres qui leur feraient du tort devant leur commettants ou leurs clients !

Devons-nous suivre l’ opinion, ou la guider ? Devons-nous descendre au niveau du public, ou l'élever jusqu’au nôtre? Devons-nous former ce public, ou bien nous confondre avec lui en caressant son ignorance ?

Si vous n’avez pas le courage de me suivre, pourquoi voulez-vous m'arrêter %—“ Mais nous ne ; POuvORs. pas montrer vos écrits à nos femmes, à nos filles........

Allons donc ! Est-ce que le Canada est le seul pays où il y ait des femmes et des filles? Et puis, ai-je à m'occuper, moi, que vous vouliez ou que vous ne vouliez pas montrer à vos femmes ce que

j'écris? Je vais-ma ligne droite, et je dis la vérité pour ceux qui sont pi de l'entendre. »

Je n’écris pas pour les hommes d'aujourd'hui, oh ! grands dieux ! ça n'en vaudrait pas la peine ; mais j'écris pour la génération qui pousse et celle qui la suivra, alors qu’un certain nombre d’idées auront fini par percer l'ombre épaisse qui nous enveloppe.

J'écris pour instruire et pour former une société, une jeunesse qui. s’affranchise, après quoi le peuple suivra.

Je n'ai rien à demander. aux hommes du jour, ni de peuple à

courtiser. S'il fallait parler directement au peuple ou aux familles, je n'aurais qu’à prendre le premier livre de prières venu, le transcrire en entier dans la Lanterne, et demander ensuite $2.00 au bout de l’année.

Je ne connais pas, Messieurs, ou plutôt je ne la connais que pour. la fouler aux pieds, cette hideuse tactique ‘A jésuite jésuite et dem,” comme si ce n’était pas assez d’être jésuite tout court, ou comme si l'on pouvait être plus jésuite qu’un jésuite.

La vérité est une et indivisible. L’amoindrir ou la dissimuler, c'est la corrompre. Où: en seraient donc les autres pays, si les hommes qui les ont illustrés s'étaient amusés à entourer de réticences les idées qui ont avancé la cause des peuples? Au penseur, à l’écrivain, le devoir sacré, inaltérable, absolu, de dire tout ce qu'il pense, et surtout tout ce qui est.

C'est ce que je fais, à travers les clameurs, les plaintes, les cris d’effroi, convaincu que, dans quinze ans, ceux qui trouvent que je vais trop loin aujourd'hui, me glorifieront.

L'Ordre appelle les zouaves du pape des correspondants pontificaux.

Or, un de ces correspondants pontificaux écrit au Franco-Canadien : “ Vous vous imaginerez facilement, et nos mères encore mieux, ce que devaient être des habits que nous portions depuis sept mois, je dirais presque la nuit et le jour, tant il n’est pas rare que nous nous mettions au lit habillés des pieds à la tête.”

Les voies de la perfection sont innombrables. Ainsi, dans les colléges, pour éviter le scandale, on fait coucher les élèves avec leurs pantalons. Dans les monastères, il' est expressément défendu de se laver le corps, pour s’épargner de voir des choses, mais des choses !.. comme dit l'abbé Gihsu. “ La sainteté, ” remarque un touriste célèbre qui avait visité de nombreux couvents, “ est l’art de puer suivant certaines règles.” Mais celui-là sans doute était un impie, et ne comprenait pas que le mépris d'objets matériels et périssables est un sentiment agréable au Seigneur.

Le corps est l'enveloppe boueure de l’âme immortelle : les instants employés à se décrasser sont autant d’instants perdus pour le salut de gon âme. Dieu nous réclame tout entiers, en outre des couches

graisseuses qui se superposent de mois en mois sur notre épiderme épaissi.

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Une seule fois par année, il est permis de laver les pieds des autres en signe d’humilité.

Aujourd’hui, la puanteur va prendre un caractère particulièrement agréable à Dieu; elle va devenir pontificale.

Cela me rappelle qu'une charmante dame du Canada: avait chargé son mari de lui rapporter de Rome une soutane du pape. Le mari,

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fidèle à sa mission, certain de ne pas se noyer à son retour, revient au bout de quelques semaines, repportant une soutane. Aussitôt, allégresse au logis, exhibition, découpures pour faire des reliques. Les amis sont conv'és:; l'un d'eux, quelque. peu intrigué, malgré. une foi robuste, se risque à dire : ‘“ Mais. qui. vous prouve, madame, que. cette soutane soit celle du pape? ne peut-on pas en avoir acheté ou emprunté une exprès..." Comment ! s'écria la dame indignée, cette soutane ne serait pas celle du pape ! mais vous ne voyez donc pas, vous ne voyes donc pas....comme elle est sale ?”?

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Le même correspondant continue p. nficalement :

| ‘ Aussi H fallait voir comme nous nous.da rahions dans les rues, les premiers

1 jours où nous éfrenndmes nos costumes si é.égai ts et d'une étoffe superfine. Si non

| LE NN mères nous aûsseut vus dans ces moments, elles ne se seraient pas gênées, jen suis [ei sàr, de traverser le Corso pour venir baiser leursichers et.julis zouaves. Plus tard,

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1 chères mères, vous aurez cette joui-sance. Pour le moment, il faut vous contenter EN Lie de savoir que nous sommes propres et chiguement propres encore, Puisque je suis Du qe à converser avec. nos pape mamans, je les supplierai, la mienne surtout, de nous écrire souvent. Il n’y a pas de lettres qui fassent autant de bien, au cœur et

ù | à l’âme, que celles qu’elles nous écrivent.” * * # ; 1. De son côté, le Courrier de Saint-Hyacinthe, qui appelle l’évêque | Larocque pontife, s'amuse à raconter le fait suivant :

‘€ IL y.a quelque M. Noé Raymond, qui n'est pas d'une, taille colossale était de curvee avec A 2 autres ne et aux pi dd situées près du Vati- | [ile can. Leur occupation consistait à charroyer du pain, M. Raymond se donnait pu beaucoup de peine, faisait tous ses efforts, mais n’en ployait pas moins sous le. 4h farduau. Tout à coup il aperçoit Pie IX se tenant à une croisée voinins et s’amu-

i i sant un peu de sa faiblesse et de sa misère. Les zouaves a a alors faire une AN ovation au St, Pure, qui s’éluigna de sa fenêtre, convaineu de la bonne volonté de |A RU M. Raymond.” (

Lu Et l’on voudra maintenant que les Anglais, en voyant nos journaux reproduire des niaiseries de cette espèce, ne nous prennent pas pour des êtres inférieurs! Ils auraient bien tort, À

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j A h 1 $ | LU un! "x [A l fl Ù | * Il est minuit, Minuit, c'est l'heure solennelle. .....; c'est

Ut l'heure du crime, du désespoir, de l'amour et des ronflements.

Seul, accoudé sur ma table de travail, je prépare un attentat, Que va-t-il sortir de mon cerveau ténébreux ? Une page de la Zauterne.

RE RS SES LL Rs

| [EL Ma chambre est pleine de fantômes. Dans un coin le diable rit à

| Lo se tordre. | Lier) Le Nouveau-Monde et l'Ordre; ombres épaisses. Accroupi, le Lu Courrier du Canada invoque l'Esprit Saint qui, comme tous les autres (Lin esprits, ne veut pas descendre en lui.

Le Courrier de Saint-Hyacinthe expédie des bénitiers en guise de

charrues aux habitants de la caiñnpagne qui se plaignent des mauvaises récoltes.

Le curé Picard étiquette les dernières fioles de l’Euile de Notre- Dame:de-Pitié, dont quelques-unes de ses pénitentes ont besoin cette nuit même.

L'évêque de Mottréal recire Saint Pacifique ‘qui ne voit plus que d'un œil, ét qui a perdu trois chieveux dans ja traversée de Rome à Montréal.

Le gros chanoine Lamarche signe des brevets à ceux qui invenitent lés meilleurs moyens de mentir en gardant l’anonyme.

La nuit est profonde, terne, silencieuse. Des nuages sans forme et sans couleur passent comme cés ombres qui s’abaissent subitement sur les flots ; la lune attristée n’a point d'éclat, et semble un grand œil morne ouvert sur l’immensité, (Ça et là, quelques étoiles-gisent immobiles dans les profondeurs des cieux; la nature est inerte, l’espace n’a pas de bruits ; de temps en temps, la neige tombe lourdement des toits sur le pavé muet ; l’horreur me saisit. ..,

Ce fut sans doute au sein d’une nuit pareille que les prêtres se partagèrent la conscience humaine.

‘ Il faut étouffer la pensée qui est la lumière du monde,” s#écriè-

rent-ils, et depuis lors les tyrans et. les imposteurs ont répété ces mots

qui retentissent comme un glas fünèbre parmi les pleurs des générations-

Ceux-là seuls qui disent la vérité sont les seuls qu’on n’écoute point. hi is

La vérité n’est pas encore un fruit mûr, et les larmes des hommes ne l'ont pas assez arrosée.

Quand on erre dans les chämps au lever de l’aurore, on voit les brins d’herbe se relever péniblement sous la rosée dela nuit; ainsi la vérité émerge avec peine des sueurs de ses martyrs, ;

Les gibets et les échafauds ont porté des milliers de cadavres ; mais la raison humaïne n’a pas cessé d’être immolée pendant quarante siècles. ... |

.…..... sosie étend ss de ses es essor eme douce

Je m'arrête juste à temps, Où allais-je ? grand Dieu ! Dans quelle course effrénée m’entrafnait l'imagination, cette folle du logis ?

Je deviens poétique quand, j'oublie l'Ordre et le Courrier ; mais ceite fois j'ai été absurde, Cela s'explique : entre le-génie et la folie, il n’y a qu’un pas ; mais entre le Vouveau-Monde‘et le bon sens, il y a l'infini.

C’est la même chose, c-à-d..non. .je divague.

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ed SRE À Te

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