RIRE PRES
Ils ne voulurent jumais monter aux salles de séance et de lecture, quelque offre séduisante qui leur fût faite.
Il me vint alors cette idée.
Le bas de l'Institut n’est pas excommunié ; il n’y a que le haut qui le soit. C'est illogique, car le ciel est en haut et l'enfer en bas.
Mais ceci démontre la différence qu'il y a vntre les édifices et les individus. Ceux-ci généralement sont excommuniés jusqu’à la troisiènre et la quatrième génération ; les édifices ne le sont même pas jusqu'au deuxième étage.
Cette visite va créer une zizanie parmi les membres de l'Institut, Ceux qui ne sont pas des scélérats fieffés comme moi, endurcis dans le crime, voudront tenir les séances dans la cave ; les autres voudront mordicus les continuer où elles se tiennent déjà.
L’Institut-Canadien-Français interviendra alors, depuis le temps qu'il en a envie, et proposera le grenier. Aféfüs fendimus / C'est lui qui se trouvera à réaliser la devise de l’Institut,
Quel pas de géant pour un enfant |
Un correspondant de l'Ordre qui signe D, lui écrit que ‘ j’attaque tout ce qui a nom, comme la vertu, l'autorité et le reste. ”
Je n’ai pas encore trouvé le moyen d'attaquer ce qui n’a pas de
nom, à moins que ce ne soit le correspondant de l'Ordre, mais je n’en
ferai rien.
Le clergé canadien est en faveur de.l’annexion, mais il ne le dit pas ouvertement, voilà tout,
Toutes les fois qu’un mariage a lieu, on voit de suite les conjoints —selon l’heureuse et fidèle expression—s’envoler à tire d’aile aux Etats-Unis.
Or il est d’usage, avant de se marier, d’aller à confesse, et là, d'entendre son confesseur donner des détails très précis sur la manière de faire ‘une foule de choses après le mariage.
La première de ces choses que l'en fait, à peine la fidélité jurée de part et d'autre, étant un voyage aux pq op j'en conclus que le clergé est annexioniste, et que, n’osant le dire iquement, il d sa revanche dans le confessionnal —. gr
Quand on doit aux Jésuites, ils sont tous et ehacun autorisés retirer leur créance, |
Quand ils vous doivent, on ne saît à qui s'adresser, On n'en trouve aucun.
Je ne dis pas qu'ils ne paient point leurs dettes; mais ils n’y mettent pas d’entrain. |
Un de mes amis, avocat de cette ville, leur devait une somme. I] les vit venir l’un après l’autre la réclamer.
I] lui arriva plus tard d’avoir une créance à exercer contre eux. Son huissier fut pendant trois mois ballotté de Caïphe ‘à Pilate, renvoyé de celui-ci qui n’avait pas d'autorisation à celui-là qui n’en avait pas davantage.
On ne pouvait pas le comprendre : il n’y a rien de si embrouillant que les chiffres,
Morale.— L'autorisation est la chose la plus facile et la plus difficile à obtenir. On est toujours autorisé à recevoir de l’argent ; on
l’est rarement à en payer, *
‘ On a souvent besoin d’un plus petit que soi ”—voilà ce que je me suis dit en acceptant le conseil que me donne le Courrier de Beauharnoïs, “ de ne jamais débiter devant le public les abominations
que j'écris dans la Lanterne, si je tiens à ma peau.”
Je ne tiens pas absolument à ma peau qui n’a pas toute la blancheur désirable, Si le public voulait s'engager à m’en donner une autre à la place de celle qu’il m’écorcherait, je me présenterais devant lui sans hésiter,
Mais, dans le doute, je m’abstiens.
Les femmes continuent à vouloir être les égales des hommes.
Le Figaro leur donne un moyen bien simple d’atteindre leur but,
“ Il est acquis par la science que le cerveau de la femme pèse cent vingt grammes environ de moins que le cerveau de l’homme.” Eh bien ! que, par un procédé quelconque, la femme trouve moyen d’avoir autant de cervelle que nous, et tout sera dit.
A votre place, mesdames, je laisserais les chocs telles qu’elles sont, me satisfaisant d la double définition suivante :
L'homme vaut plus que la femme. La femme vaut mieux que l’homme.
- Je m'entends souvent répéter ces douces paroles : “* La Lanterne a de grandes chances de succès, parce que vous ne faites que dire ce que le grand nombre pense. ”
Mais pourquoi suis-je seul à le dire? d’où vient cette hypocrisie sociale qui fait craindre un espion et un délateur dans chacun de ceux que vous rencontrez ?
Lorsque je revins au Canada, il y a six ans, on regardait comme une monstruosité que j'eusse fait une campagne avec Garibaldi.
Les journaux cagots, croyant me perdre dans l'opinion, me jetaient sans cesse ce souvenir à la face, dans l’espoir que je m 'en, défendrais,
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mais on gagne tout à rester indépendant et à garder l’orgueil de ses principes.
Je’ suis resté debout devant ceux qui croyaient me courber.
J'ai gagné tout le terrain qu'on croyait me faire perdre, je l'ai gagné contre mes ennemis, contre mes amis eux .1êmes qui me recommandaient les tristes concessions qui les ont perdus.
J'ai dit qu’il ne fallait pas prendre l'opinion telle qu’elle était, mais qu’il fallait la former.
Je me suis dévoué à cctte œuvre, et aujourd’hui je défie toutes les attaques, je brave toutcs les persécutions.
Le Gouverneur Général a souscrit cinquante dollars pour les nécessiteux de la Rivière-Rouge.
11 lui restera encore quarante-neuf. mille, neuf cent cinquante dollars sur son traitement.
Lord Monck doit bien regretter de ne plus être gouverneur l’an
* prochain, car il était parti pour faire fortune.
Il connaissait du reste le secret d'acquérir, qui est de ne pas dépenser.
On trouvera un jour sur son tombeau cette épitaphe : ‘ C'était un bon père de famille, qui fut six ‘ans gouverneur du Canada pour assurer l’avenir de ses enfants, ”
Pour faire concurrence au Grand-Tronc, les Jésuites ont institué les petits troncs.
L'année dernière, dans un bazar qu'ils tenaient à la place habituelle de leurs représentations, ils avaient mis une machine à coudre qui devait appartenir, soit à un asile protestant, soit à un asile catholique, suivant la somme que protestants et catholiques mettraient respectivement dans deux petits troncs qui leur tendaient les bras.
“ Les Anglais sont généreux, se disaient les Jésuites ; les Canadiens sont religieux...ça montera, ça montera...” et ça a monté,
monté, jusqu’à ce qu’enfin les protestants l’aient emporté.
Les Jésuites ont toujours pratiqué la tolérance. ..pas gratuite. '
Sur les murs du palais de la reine d’Espagne, on lit en grands caractères, sur un placard de deux mètres de long :
: Palais à louer
Les Jésuites ont été invités à sortir de l'Espagne. Il est douteux qu’ils acceptent,
Du reste, les Jésuites, dont la mission est de s'occuper de tout le monde, n’aiment pas qu’on s'occupe d’eux.
Ils répondront poliment à la Junte Provisoire qu’ils ne veulent pas lui donner le moindre embarras et qu’ils préfèrent rester, pour ne déranger personne.
Quant au palais de la reins, il me paraît plus difficile à remplir qu’à vider,
Les temps sont durs ; on ne se soucie guère du reste de se faire mettre à la porte avant l’expiration de son bail, même avec vingt-deux millions de réaux d’indemnité,
Mais voyez l’aveuglement des peuples! A peine se défont-ils d’un roi qu’ils en redemandent un autre.
Ce n'était pas Palais à louer qu'il fallait mettre, c'était: Palais fermé pour cause d'utilité publique.
Pa"
On va élever une statue à la reine d'Angleterre sur la Place d’Armes,
C’est une grande idée,
On en a élevé une déjà à Nelson, personnage aussi indifférent au Canada que la reine d'Angleterre.
Mais Jacques-Cartier qui l’a découvert, Champlain qui l’a fondé, Talon qui l’a colonisé, n’ont de statue nulle part,
Ceci ne prouve qu’une chose, c'est que les Canadiens sont des Canadiens et que les Anglais sont des Anglais.
Mais soyons fiers de notre nationalité, il y a de quoi!